TURBO RUDIS
Tur8o rupis. Don. br. shells., 1, t. 33, Ê 3. — Turt. Lin , 11, p. 480. — Chem. conch., v, t. 185, f. 1853.
TurBo. Coquille épaisse, forte ; cinq tours renflés, bien définis par une ligne de séparation, et parfois marqués faiblement de stries spirales, plus remarquables à la base ; apex ordinairement en pointe; ouverture suborbiculaire ; lèvre interne épaisse, un peu réfléchie et qui forme quelquefois, dans les individus âgés, une petite dépression, ou subombilic : couleur d’un blanc jaune, gris ou brun. Longueur, trois quarts de pouce; largeur , plutôt moins.
Les jeunes coquilles sont de couleur brun-foncé ; elles ne se distinguent pas des premières sous tout autre rapport, si ce n'est parce qu'elles sont proportionnellement plus délicates.
Cette espèce, que sans aucun doute on a confondue avec le T. littoreus, se distingue facilement par ses tours renflés, arrondis, dans tous ses divers degrés d’accroissement. Elle n’est pas si commune que cette coquille, mais on la trouve en assez grande quantité sur les rivages près de Falmouth, surtout au-dessous de Pendennis Castle, adhérente aux rochers. Nous l'avons trouvée aussi à Plymouth et sur d’autres points de la côte du Devonshire; mais elle avait rarement plus d'un demi-pouce de longueur.
L'animal est jaunâtre, sans taches ni raies ; il a deux tentacules sétacés de même couleur, le plus ordinairement marqués d'une raie grise longitudinale à l'extérieur.
La différence constante entre la couleur des animaux de cette coquille et celle des animaux du littoreus fournit une bonne distinction caractéristique. Ils diffèrent aussi par l'opercule : celui-ci est plus arrondi et plus fortement strié en spirale ; mais ils sont tous les deux également cornés et permanents.
Nous avons eu le plaisir de recevoir dernièrement de M. Henry Boys de Sandwich, quelques notes accompagnées d’élégants dessins de divers sujets d'histoire naturelle, parmi lesquels est une très-bonne figure de cette coquille, avec les remarques suivantes :
« Elle a beaucoup de l'aspect du Turbo littoreus, et les variétés de ces deux co- « quilles ont un grand rapport; cependant la première diffère par le caractère distinct « de ses tours, par la couleur qui est généralement jaune ; elle est plus petite et ovipare ; «enfin, il est rare qu'on rencontre ensemble les deux coquilles; on ne trouve aucun « T, littoreus dans les localités où se trouve le rudis, quoique le premier soit en grande « quantité dans les environs. On le trouve à Whitstable, entre la limite de la haute et « de la basse marée. »