M YA
MYA GLYCYMERIS.
Mya GLycyMERIS. Gmel. syst., p. 3292. — Turt., 1, p. 178.— Lister, Conch., t. 404, f. 258. — Chem., Conch., vi, t. 2, ©. 25. — Don., br. shells., iv, t. 143. — Linn., trans., VIN, P. 34.
J'ai hésité pour savoir si j'admettrais cette coquille dans cet ouvrage, puisque ce n’est que d'après oui-dire, et sans aucun fait, que dans l'origine M. Donovan l’a introduite comme espèce anglaise; il exprime quelque doute, ilest vrai; mais il fait observer qu'elle est regardée comme telle par la généralité des collecteurs d'histoire na turelle en Angleterre; et il affirme qu'on l'a pêchée dans les eaux profondes, entre le Dogger-Bank et la côte orientale d'Angleterre.
Puisque cet auteur l'a, de son autorité, placée dans le catalogue des British testacea, nous avons jugé à propos d'en faire une courte description.
Coquille oblongue, tres-épaisse, ridée transversalement et ouverte aux deux extrémités ; sa couleur est cendrée ou ocracée; charnière garnie d’une dent principale trèsgrosse, et d'une autre plus petite avec une série de rides. Longueur, six pouces ;
largeur, neuf ou dix.
ES
Cette coquille est regardée comme le passage du genre Mya au genre Solen ; mais ses caractères se rapprochent plutôt de ceux du premier. On la trouve dans la Méditerranée et quelquefois sur les côtes de France et d'Espagne.
MYA DECUSSATA. PI. x, fig. 14.
Coquille ovale, blanche, avec des sillons concentriques irréguliers, coupés à angle droit par des stries régulières longitudinales, formant des tubercules au bord de l'extrémité antérieure. Umbo obtus, recourbé et placé tout près d’une des extrémités. Intérieur uni, blanc, avec une languette formant impression, et s'étendant depuis le côté le plus long jusqu’au milieu; sur une valve est une dent forte, droite; sur l’autre est une lame saillante avec une petite cavité pour recevoir les dents de la valve opposée. Longueur, près d'un demi-pouce ; largeur, un peu plus. Le développement irrégulier de cette coquille et sa forme générale la font ressembler quelque peu à une variété de Donax irus, mais elle en est essentiellement distincte, et c'est une espèce rare et nouvelle du détroit de Forth.
MYA PHOLADIA.
Dans la première partie de cet ouvrage on a fait remarquer que la cavité dans laquelle est logée cette coquille est fréquemment tapissée par elle comme celle des autres Térédines. Elle a dans beaucoup de cas une demi-ligne d'épaisseur et est composée d'une multitude de lamelles ; quelquefois les fourreaux dépassent d’un quart de pouce ou plus la surface de la pierre, en forme de tube, dont l'ouverture est ovale, avec une côte interne sur chaque côté, correspondant aux creux formés par les siphons de l'ani-mal, qui sont unis sur toute la longueur, de même grandeur que la coquille, et par conséquent s'étendent hors du tube pour chercher la nourriture; cette structure est tant soit peu semblable à celle du Teredo gigantea, représentée dans les Philosophical Transactions, 1806, tab. 10, fig. 3-5; mais ils ne sont pas réunis, et forment deux tubes distincts au moyen d’une cloison.
Nous avons des échantillons de cette Mya dans la pierre calcaire ordinaire, dans le fluor et le granit; mais nous ne prétendons pas déterminer de quelle manière est détruite la silice du granit. L'animal peut-il rejeter par ses tubes les grains de silex, lorsque les parties calcaires, micacées ou autres, qui sont agglomerées, ont été dissoutes”? ou peut-il sécréter un dissolvant semblable à l'acide fluorique, et par ce moyen détruire le tout?
MYA PURPUREA.
Coquille ovale, légèrement ridée transversalement et de couleur pourpre vers l'umbo, nuancée de blanc près du bord; umbo placé très-près d’un côté et tourné vers l'extrémité la plus courte. Intérieur plus pâle à bords unis : charnière avec une seule dent, qui est droite, sur chaque valve, un peu bifide. Longueur, pas plus d'un pouce, et quelque chose de plus en largeur.
Prise parmi les corallines dans les eaux profondes. Côte du Devon. très-rare.
MYA FERRUGINOSA. PL x, fig. 41.
Coquille subovale, assez convexe, avec des rides obsolètes ; umbo obtus, placé très-près d'une extrémité ; le bord antérieur est presque droit. Intérieur d'un blanc uni; charnière garnie de deux dents saillantes, l’une d'elles est droite, l'autre est tournée
vers l'intérieur, et inclinée en bas; ces dents sont séparées par un large espace triangulaire qui se dirige vers umbo. Longueur, au moins un quart de pouce ; largeur, près du double de la longueur. Cette nouvelle espèce de Mya est ordinairement recouverle d'une couche épaisse, tenace, ferrugineuse, formée de terre argileuse, qu'il faut ôter pour découvrir la couleur réelle de la coquille. M. Laskey le premier, et après lui M. H. Boys, l'ont donnée comme provenant des sables de Belton, près de Dunbar, en Ecosse ; nous en avons recu des exemplaires accompagnés de notes qui nous ont appris que c'était une espèce rare.
LIGULA, ANIMAL D'ASCIDIE.
Coquille bivalve ; équivalve.
Charnière avec une forte dent saillante en dedans sur chaque valve, et garnie d'une fossette ou cavité destinée à recevoir le cartilage ; 1l y a dans quelques espèces une petite dent droite.
On a vu plus haut que c'était l'intention du docteur Solander, s'il eùt vécu, de fair un nouveau genre de ce groupe de coquilles qui ont été partagées entre les genres Mya et Mactra, sans appartenir, de fait, à aucun d'eux, d'après le système de classification par la structure de la charnière. Petiver a fort bien appelé une de ses espèces Spoonhinge, à cause de la dent qui, étant concave, ressemble quelque peu an gros bout d'une cuiller. Nous avons pensé dans le temps qu'il n’était pas nécessaire de faire un nouveau genre pour les quelques coquilles anglaises que l’on considérait alors comme appartenant strictement à ce groupe; mais un examen plus approfondi de la structure des charnières, et de nouvelles découvertes, nous ont démontré que plusieurs espèces étaient improprement classées parmi d’autres genres, et devaient être considérées comme très-distinctes; nous avons jugé convenable de placer ce nouveau genre près des Mya, et nous demandons que l’on ajoute à ce genre les espèces suivantes, de notre ancienne classification : Mya prætenuis, pubescens, distorta; Mactra compressa, tenuis, et Boysi: nous avons à y joindre les nouvelles et intéressantes espèces ci-après.
LIGULA PRISMATICA. PI. x, fig. 10.
Coquille oblongue, plate, mince, polie, blanche, diminuant beaucoup à une extrémité, avec des stries lisses et concentriques ; l'umbo est très-petit, et placé près de l'extrémité la plus petite ; intérieur uni et lustré; charnière garnie d'une dent horizontale, d'une dépression subtriangulaire pour recevoir le cartilage, et d'une petite dent droite sur les deux valves, indépendamment d'une lame ou dent latérale écartée, de chaque côté, sur une valve; l'autre en est dépourvue. Longueur, trois huitièmes de pouce ; largeur double de la longueur.
Cette espèce de Mactre non décrite a d'abord été remarquée en 1803, par M. Laskey, sur les sables de Belton, près de Dunbar en Ecosse; et depuis par la même personne et par M. H. Boys, sur les sables entre Portobello et Musselburgh, où elle est quelquefois assez abondante après une mer agitée.
Ces messieurs, à qui nous sommes redevable des exemplaires que nous possédons, lui ont donné le nom spécifique ci dessus à cause de la propriété qu'elle a de présenter les belles couleurs du prisme, ce qui est en partie son caractère distinctif, cette couleur resplendissante n'est cependant pas particulière à cette coquille, car la Tellina fabula, qui lui ressemble quelque peu en apparence, présente aussi les reflets du prisme.
Une seule valve de cette espèce a été trouvée sur la côte du Devon; c'en est assez pour certifier qu'elle est une production de l'Angleterre du sud.
Coquille subovale, blanche, et subpellucide, avec des stries éloignées, polies, élevées et longitudinales ; umbo proéminent mais non incliné; la charnière a une légère saillie à l'intérieur et est bordée comme pour former une cavité. Diamètre, un dixième de pouce. Prise parmi les corallines en pèchant sur la côte du Devon; extrèmement rare.
Cette espèce, quoique n'ayant pas strictement une charnière en cuilleron, se rapproche plus du genre Ligula que d'aucun autre.
SOLEN.
SOLEN VAGINA.
SOLEN MARGINATUS. Pult. hutch., Dorset.,t. 4, f. 8.
SOLEN VAGINA. Linn., (rans., VUI, p. #2.
Cette coquille, vivante ou fraîche, est regardée ordinairement comme rare ; mais nous avons eu dernièrement le bonheur de la découvrir dans son lieu natal. Sur un banc de sable dans le bras de mer de Kingsbridge, elle n'est pas rare à la profondeur de deux pieds. On reconnaît la présence de ces coquilles à un petit godet; elles ne rejettent pas l’eau en déplaçant le sable qui les entoure, comme les autres espèces de ce genre. Les spécimens de cette localité sont d'une grandeur extraordinaire et ont souvent plus de cinq pouces de largeur sur un de longueur; mais ils sont ordinairement sales et dépourvus d'un bel épiderme poli.
L'animal, comme tous ceux appartenant à cette famille de coquilles, autant que nous ayons pu l’examiner, est une vraie ascidie avec des siphons réunis; ceux-ci sont d’une couleur jaune-päle, striés longitudinalement, et ont des anneaux bruns; les ouvertures sont frangées. Le sustentaculum est large et en massue. Au moyen de cet organe, il s'ouvre promptement un passage sous le sable humide, lorsqu'il est à la surface : l'extrémité la plus voisine de la charnière fait saillie, et cette partie, qui dans ces coquilles est toujours en bas, leur sert lorsqu'ils percent ou se cachent sous le sable.
SOLEN FRAGILIS.
Par un malentendu dont nous ne pouvons nous rendre compte, nous voyons que notre ami, le revérend M. Rackett, nous cite, au sujet du Solen antiquatus, dans son Descriptive Catalogue of British Testacea, publié dans les Linnean Transactions, vol. vint, page 46, comme ayant réuni les solen fragilis et antiquatus en une seule et même espèce. Qu'il nous soit permis de dire que cela tient à quelque méprise; car notre opinion bien arrêtée et sans équivoque est que ces deux coquilles sont parfaitement distinctes. Le S. fragilis est beaucoup plus large en proportion de sa longueur, plus comprimé et subarqué sur le bord antérieur que ne l'est l'antiquatus ; il peut toujours s'en distinguer par son aspect brillant, l’autre étant opaque même lorsqu'on a enlevé l'épiderme ; ils diffèrent en outre par la structure de leurs dents.
La figure donnée dans Hutchins's Dorset, tab. 4, fig. 5, est celle du fragilis, que l'on peut comparer avec l'antiquatus, figuré dans le British zoology, tab. 46, fig. 25.
TELLINA.
TELLINA INÆQUIVALVIS.
TELLINA INÆQUIVALVIS. Linn., trans., van, p. 50.
Un examen récent nous a porté à croire que notre solen pinna déjà décrit n'est qu'un jeune individu de cette espèce : la charnière est exactement la même quant aux dents et au cartilage remarquable, qui s'étend sur toute la largeur de la coquille depuis l'umbo placé près d’une extrémité. Si notre conjecture est bien fondée, nous avons la preuve qu'on trouve cette espèce sur la côte ouest.
Si nous examinons les caractères de cette coquille, nous trouvons que la charnière se rapproche plus de celle des Solens que de celle des Fellines.
TELLINA POLYGONA. PI. xx, fig. 43.
TELLINA POLYGONA. Gmel., syst., p. 3245.
TELLINA GUINAICA. Chem. Conch., x, t. 470, f. 4650—53.
Coquille subovale, suborbiculaire, d'un blanc sale, ornée de très-belles stries concentriques qui sont traversées par des lignes extrèmement fines, invisibles à l'œil nu; l'umbo est petit, et n'est ni placé au milieu ni penché vers aucun côté ; l’extrémté la plus courte est subtronquée et subangulaire ; l'extrémité la plus longue est arrondie. L'intérieur n’est pas très-uni, le bord est inégal; deux dents larges et espacées sur une valve; sur l’autre une dent très-large, triangulaire, bifide, et placée près d’une autre petite qui peut facilement passer inaperçue., Longueur, un demi-pouce; largeur, un peu plus. L'umbo, dans le seul spécimen que nous ayons examiné, est ferrugineux ; mais il avait dù être plus coloré.
Chemnitz remarque que ce n'est réellement ni une Mya ni une Tellina, mais il pense qu'elle se rapproche plus de ces dernières.
L'échantillon qui a servi à la description ci-dessus fut pêché par M. Laskey, près de l'île de Cramond, dans le détroit de Forth.
TELLINA LASKEYI. PI. x, fig. 42.
Coquille ovale-oblongue, unie, et de couleur blanc-pourpré, plus foncée vers l’umbo ; mais lorsqu'elle est fraiche elle est recouverte d'un épiderme jaune-olive ; lumbo n'est pas tout à fait au centre, mais il est obtus ; les côtés diffèrent entre eux : l’un est arrondi, l’autre est effilé sans pointe, dans le genre du Donax trunculus, auquel elle ressemble beaucoup par son contour ; mais elle n’a pas le bord épais de ce dernier. L'intérieur est blanc autour du bord et n’est pas crénelé; le centre est plus ou moins foncé de pourpre; sur l’une des valves sont deux dents rapprochées , .subbifides ; le bord est cannelé depuis les dents et presque jusqu'à l'extrémité du côté le plus long; de l’autre côté des dents le bord est replié derrière le cartilage inséré entre les deux dents de Ja valve opposée, lesquelles sont recues réciproquement dans une cavité qui existe de chaque côté ; le bord est dépourvu de cannelure. Longueur, un demi-pouce ; largeur, trois quarts.
M. Laskey a découvert cette nouvelle espèce comme une production de Ecosse ; il en a pris plusieurs en péchant dans le détroit de Forth. Le public en général, et nous-même
en particulier, nous devons beaucoup à ce naturaliste, tant pour les espèces non décrites que pour la lumière qu'il nous a mis à même de jeter sur d’autres espèces de coquilles d'Angleterre qui étaient restées douteuses.
CARDIUM.
CARDIUM EDENTULA.
MaCTrRA RADIATA. Don., br. shells., v, L. AGE. — Linn., {rans., Vu, p. 69.
Coquille subovale, mince, arrondie à une extrémité et subangulaire à l'autre, marquée de quelques stries concentriques larges, distantes et étroites; elle a, en outre, de nombreuses stries fines, polies, longitudinales ; l'umbo est pointu et penche un peu vers un côté; sa couleur est cendrée, plus pâle sous l’'épiderme, avec une teinte couleur de chair. L'intérieur est lustré, blanc; les stries sont également visibles, comme à l'extérieur, sur la partie mince de la coquille; bord plat. Elle est privée de dents principales, mais elle a immédiatement au-dessous du crochet une petite dépression avec un rudiment en forme de denticule petit et oblique, et un peu plus loin, sur chaque côté, est une petite lame. Longueur, deux pouces et demi; largeur, trois pouces.
Il parait que c’est une espèce très-rare sur notre côte, puisqu'elle n'a été trouvée que par M. Laskey, sur la côte près de Portsmouth, après un orage; c’est lui qui nous en à donné un échantillon pour le décrire et nous a assuré en même temps que c'était la même espèce que le docteur Solander a nommée Cardium edentula; c'est pour cette raison, et à cause de sa ressemblance avec le Cardium lævigalum, que nous avons jugé convenable de lui conserver ce nom.
CARDIUM FASCIATUM. PI. x1, fig. #.
Coquille suborbiculaire, subpellucide, avec eaviron vingt-six côtes lisses, lustrées, aplaties; légèrement tuberculée du côté le plus court et quelquefois autour du bord; sa couleur est d’un blanc rougeâtre, avec trois ou quatre bandes d'un rouge brun plus fortement marquées du côté le plus long et ordinairement plus tranchées dans l’intérieur de la coquille, où les côtes sont également sensibles. Sa longueur excède rarement les trois huitièmes d’un pouce ; sa largeur est plutôt supérieure.
Cette coquille est connue depuis longtemps dans le Cornouailles, le Devon et sur les autres côtes, et a été considérée comme étant probablement une espèce distincte ; mais nous hésitions à la donner comme telle avant que le temps et une longue expérience nous aient démontré qu'on ne pouvait considérer cette coquille comme un jeune individu d'une espèce plus grande. Nous rous sommes trouvés, MM. Laskey, Henry Boys (qui l'ont trouvé sur les côtes d'Écosse), et d'autres amis qui s'occupent de conchyliologie, d'accord sur lopinion qu’elle est distincte de toute espèce décrite Jusqu'ici, et nous nous hasardous, d'après cela, à l'ajouter à notre catalogue.
CARDIUM ACULEATUM.
CARDIUM SPIXOSUM. Br. miscel., 1, t 32.
CARDIUM ACULEATUM. Lin., (rans., VIN, p. 62.
Nous pensors que l'auteur que nous avons cité le premier, ainsi que les autres, nous pardonneront lorsque nous différerons d'opinion avec eux. C'est un devoir que
le public est en droit d'attendre de tout écrivain, et surtout de ceux qui cultivent les sciences qui ont pour but de débattre des sujets particuliers, qu'il exprime son opinion personnelle. Comme cet auteur l’a observé, nous avons trouvé beaucoup de coquilles semblables au Cardium spinosum sur la côte du Devon; mais nous devons reconnaître que nous n'avons pu trouver la plus petite différence entre elles et le Cardium aculeatum.
Il faut admettre aussi qu'il y a une grande difficulté à distinguer plusieurs espèces de ce genre avant qu'elles soient parvenues à leur entier développement : il est donc essentiel, pour les séparer, de les examiner dans leurs divers états de croissance, etc'est parcemoyen que nous avons été mis à même de présenter notre opinion. Le C. aculeatum, dans son plus jeune âge, ressemble tellement au C. ciliare, que, si ce n’est pas le même, nous ne pouvons indiquer la plus petite différence, et nous avouons que c’est l'opinion générale qui nous a conduit dans l’origine à les décrire comme distincts dans les Testacea britannica. Nous nous sommes procuré dernièrement une grande quantité de ces coquilles dans tous les états intermédiaires, depuis la grosseur d’un pois jusqu’à celle de près de quatre pouces de diamètre. La plus grande d’entre elles est, selon nous, regardée comme l'Aculeatum de Linné, et il semble rationnel de penser que le Ciliare est réellement un jeune individu de cette espèce, et que le Spinosum en est un état intermédiaire; il n’y a du reste aucune différence pour nous entre la coquille donnée dans les British miscellany, et qui vient de Corbay, et celles de notre cabinet; la description ne présente non plus aucune différence. Il faut rappeler que dans les spécimens épineux ou tuberculés, ces appendices sont toujours plus délicats et plus aigus dans leur jeune àge : ainsi dans les coquilles que nous avons regardées comme étant le Ciliare, les côtes s'élèvent en sommets aigus et membraneux, et les épines sont plates et toujours aussi minces ; dans cet état de croissance, cette coquille est presque orbiculaire; mais lorsqu'elle approche de la dimension d'un pouce et un quart, elle prend une forme subtronquée et s’avance un peu sur le devant, les épines perdent leurs pointes aiguës et les plus grandes d’entre elles commencent à avoir l'apparence d'un sillon. Dans l'état plus avancé, les épines croissent en longueur et deviennent plus arrondies, mais les plus grandes sont toujours plus comprimées sur les côtés et plus ou moins cannelées.
On observe la même gradation dans les €. echinatum et edule ; ce dernier est beaucoup plus orbiculaire et tuberculé dans son jeune âge, et souvent, comme le Ciliare, de couleur blanche. Ces changements ont causé beaucoup d’embarras et occasionné le double emploi de cette espèce ; mais de toutes les variétés que nous avons devant les yeux, nous Concluons que le Spinosum est un jeune Aculeatum, et nous serons fort obligé au conchyliologiste qui voudra, au moyen de spécimens, nous montrer une différence entre le Ciliare et le jeune Aculeatum de mème grandeur.
Dans le Cardium echinalum il y a aussi une variété qui a été considérée comme une espèce distincte, et appelée (nous le savons) par le docteur Solander du nom Spatula, à cause de la forme de ses épines. L'Echinatum, comme on peut le voir, a les épines plus ou moins concaves d’un côté et étendues à leur sommet. Cette coquille, appelée Spatula (nous en avons devant nous un échantillon pris en Écosse), ne diflère en rien de plusieurs spécimens de l'Echinatum de mème grandeur, de notre cabinet, si ce n’est que les épines sont plutôt plus longues et plus distantes qu’elles ne le sont ordinairement dans cette coquille ; mais nous ne pensons pas que ce soit suflisant pour former une espèce. Lorsque, dans les Addenda to the Testacea britannica, nous avons publié notre opinion au sujet du Cardium tuberculatum, nous n’avions jamais trouvé cette coquille vivante ; mais depuis lors on en a pris une sur la côté du Devon; elle était aussi épaisse et de même poids, et exactement semblable par sa forme, si ce n'est qu'elle avait des épines comme à celles de l'Echinalum, mais en plus grand nombre. Toutes ces petites va-
rialions s’enchainent tellement avec d'autres, qu'il est tout à fait impossible de caractériser les espèces qu'on a supposées; tout conchyliologiste peut alors les séparer ou les réunir selon son opinion personnelle. Autant que nos observations nous le permettent, nous avons mille raisons de croire que le Cardium aculeatum, Spinosum et Ciliare constituent une espèce; et nous penchons à considérer (d’après les échantillons que nous avons sous les yeux) le €. tuberculatum et la coquille d'Écosse appelée Spatula comme nétant qu'une variété de l'Echinatum ; mais, comme nous n'avons examiné qu'un échantillon de la Spatula du cabinet de M. Laskey, une autre occasion pourra décider tout à fait si c'est où non une espèce réellement distincte. La grandeur de cette coquille est d’un pouce et demi de diamètre.
MACTRA.
MACTRA TRUNCATA.
MACTRA SUBTRUNCATA. Don., br. shells, 1v, t. 126.
Coquille triangulaire, extrèmement forte, épaisse et presque polie, mais ordinairement marquée de sillons lustrés ; umbo central, large et très-proéminent; les côtés sont égaux, très-aplatis et tronqués; le bord antérieur est arrondi; charnière très-solide, dont les dents ressemblent, quoique plus fortes, à celles de la Hactra solida ; la cicatricule est plus large que dans cette espèce, mais elle ne va pas si loin dans la coquille; la couleur est d'un blanc jaunâtre. Longueur, un pouce et demi; largeur, un quart de pouce en plus.
Cette coquille, qui a été confondue avec les 4. Solida et Subtruncata, est extrèmement commune sur les côtes du détroit de Forth, en Écosse, où la Solida est plus rare et de grandeur insignifiante. Elle diffère de cette espèce en ce qu'elle est plus pesante ; ses côtés sont aplatis comme ceux de la Subtruncata, et elle est plus triangulaire, la longueur égalant presque la largeur ; la Solida, de mème largeur que celle-ci, est d'un demi-pouce moins longue. Dans son aspect extérieur elle est généralement beaucoup plus unie, les rides ne sont pas aussi épaisses, ni aussi nombreuses; les valves sont aussi beaucoup plus profondes; sous ce rapport, elle se rapproche plus de la Subtruncala; mais, outre que cette coquille est généralement plus ou moins inéquilatérale, les stries transversales fines et régulières qui la sillonnent la distinguent tout d'abord de cette dernière. Ces trois espèces conservent invariablement leurs caractères distinctifs dans tous les degrés de développement, depuis la plus petite jusqu’à la plus parfaite ; mais toutes ont une ressemblance remarquable dans la structure ce leurs dents latérales, dont l’intérieur est régulièrement crénelé.
Cette coquille est celle que M. Donovan a figurée pour la Wactra subtruncala; nous venons d'annuler le renvoi dans cet article aux Addenda to testacea brilannica, puisque nous avons réuni cette dernière espèce à celle dont il est question. Cet auteur est certainement dans l'erreur lorsqu'il rapporte sa coquille à la Trigonella subtruncata de Da Costa, qui est sans aucun doute notre Mactra sublruncalta, pl. x1, fig. 4. Suivant le même auteur, on a trouvé cette coquille dans le Hampshire et le Devonshire; mais, n'ayant jamais pu la découvrir dans l'ouest de l'Angleterre, nous en concluons que c’est une espèce rare dans ces parages. Deux de nos amis versés dans les sciences, M. H. Boys et M. Laskey, nous ont clairement démontré la différence qui existe entre les trois Mactres en question, lorsqu'ils nous en ont envoyé des échantillons de chaque espèce pris sur la côte septentrionale, et en leur donnant les noms ci-dessus.
278 BIBLIOTHÈQUE ÇCONCHYLIOLOGIQUE.
MACTRA CINEREA.
Coquille mince, subtriangulaire, tronquée et de couleur cendrée; l'umbo est large et tres-proéminent ; le crochet est légèrement penché vers un côté, il y a au-dessous une dépression ou subarcuation dans son contour ; le côté opposé est très-comprimé latéralement. L'intérieur est blanc avec une teinte rougeâtre; la charnière ressemble à celle de la Mactra stultorum, mais les valves sont beaucoup plus profondes, et l'umbo dépasse beaucoup plus le bord.
Nous devons la connaissance de cette espèce, qui n’a pas été décrite, à mistriss Bryer, veuve de feu notre digne ami qui a si largement contribué à la première partie de cet ouvrage. Cette dame nous a continué cette libéralité si remarquable en mettant à notre disposition son cabinet, qui contient surtout les espèces de coquilles appartenant à la côte près de Weymouth, et parmi lesquelles nous avons eu le plaisir de remarquer celleci, indiquée comme indigène.
[Hi est presque impossible pour un conchyliologiste de la comparer avec la B£, stultorum sans voir de suite la différence; il y a de fait entre elles la même différence qu'entre la Mactra truncata et la solida, sous le rapport de la profondeur de la coquille, de la proéminence de l’umbo, et des côtés aplatis et tronqués. Les valves de la AL. cinerea sont plus concaves que celles de la AZ. stuliorum, plus anguleuses, et plutôt plus larges en proportion de leur longueur. Il se peut que ces deux coquilles aient été confondues Jusqu'ici, mais il faut avouer que nous n’avions jamais examiné cette espèce, bien que nous ayons reçu la M. stuliorum de différentes parties éloignées du royaume. Les rares échantillons de A. cinerea que nous possédions sont presque dépourvus de caractè res particuliers, ils n'ont qu'une ou deux raies unies, pâles, et le bord est seulement recouvert d'un épiderme, qui est brun, avec une teinte ferrugineuse à une extrémité.
MACTRA SUBTRUNCATA. PI. x, fig. 1.
MACTRA SUBTRONCATA. Pull. hutch., Dorset, t. 5, f. A0. — Linn., lrans., van, À 1, f. 41.
Nous avons recu dernièrement d’un conchyliologiste de nos amis une variété trèsmince de cette espèce, comme étant une coquille différente ; il est donc fort à propos de remarquer qu'on la rencontre quelquefois sur nos côtes, où les plus grandes abondent aussi bien que les exemplaires de toutes les dimensions.
On a observé aussi une autre variété qui ressemble beaucoup dans son contour à la Mactra truncala, étant presque équiangulaire et ne s’allongeant pas à l'extrémité comme d'ordinaire; mais on la distingue de la Truncata par des stries fines et transversales.
MACTRA MINUTISSIMA.
Coquille subtriangulaire, blanche et presque polie; umbo proéminent. Intérieur lisse; charnière forte; deux dents principales sur une valve, séparées par une cavité destinée à recevoir une seule dent large placée sur la valve opposée.
Cette espèce est une des plus petites de la division des bivalves, et peut facilement être prise pour la Mactra triangularis si le bord postérieur n'était crénelé. Elle n'est pas cependant tout à fait aussi angulaire, ni aussi longue en proportion de la largeur ; on ne la rencontre pas toujours aussi grande que cette coquille. On en a trouvé plusieurs, dans des espèces nouvelles de corallines, avec le pecten fragitis.
Nous avons placé cette espèce dans le genre mactra, parce que la coquille dont elle se rapproche de si près a toujours été placée là. Ces deux coquilles ressemblent tellement par leur forme, et paraissent tant se rapprocher par les dents, de la venus tripla de Linné, comme on peut le voir en consultant Chemnitz, vol. vi, tab. 31, fig. 330, qu'il serait peut-être plus à propos de les classer dans ce genre.
DONAX. ’
DONAX RUBRA.
Coquille cunéiforme, polie, et de couleur rougeâtre, tronquée à une extrémité ; umbo obtus. L'intérieur est de même couleur et le bord plat ; charnière ayant sur chaque valve deux dents placées angulairement, et se rapprochant du crochet. Elle est trèspetite et n'a pas une ligne de largeur. Prise parmi des corallines dans des eaux profondes ; très-rare.
VENUS
VENUS LAMINOSA.
VENUS GANCELLATA. Gmel., syst, p. 3270? — Turt., Linn., 1v, p. 220. — Chem., conch., vi, t. 29, f. 304—207 ? — Don., br. shells, 1v,f. 1157
Rien ne nous a autant embarrassé que les opinions différentes au sujet de plusieurs Venus parmi lesquelles la Fenus cancellatu semble être peu déterminée. Gmelin a renvoyé aux trois figures de Chemnitz; l’une d'elles paraît être d’un genre différent et ne ressemble pas du tout aux autres; et, pour plus grande confusion, il a donné deux coquilles sous le nom de cancellata, et pour la seconde de ces dernières, n° 96, il cite Lister.
M. Donovan, comme nous l'avons fait remarquer plus haut, a donné une coquille sous ce nom, et l’on verra que nous avons hasardé l'opinion qu'il était possible que ce füt un jeune individu de la V. verrucosa. Si cependant les coquilles décrites ici prouvaient que c’est la cancellata de cet auteur, nous serions très-heureux de corriger cette erreur ; mais, autant que nous puissions en juger d'après les matériaux que nous avons devant nous, nous avons beaucoup de doutes pour savoir laquelle est réellement la cancellata de l’un des auteurs que nous avens cités plus haut. Il est possible que ce soit le Pectunculus membranaceus de Da Costa.
Coqui!le ovale, avec de nombreuses stries concentriques en forme de lames, très-peu inclinées : ces stries ne sont pas tout à fait régulières ni placées à égales distances, mais elles sont fines et comme si elles étaient toujours membraneuses; entre les lames vers la région umboniale, il existe une décortication naturelle qui est finement striée dans une direction longitudinale, et qui prouve que les jeunes échantillons sont plus généralement garnis de ces stries. Dans les grands spécimens que nous avons eu l'occasion d'examiner on observe rarement de telles marques, et ce n’est encore que lorsqu'on a ôté la surface de la vieille coquille; umbo est pointu, et trés-penché vers un côté sous lequel il y a une large dépression cordiforme; mais ni cette dernière, ni le cartilage oblique, ne diffèrent en couleur du reste de la coquille, qui est tout entière d'un blanc sale ; intérieur blane. Charnière garnie de quatre dents sur chaque valve:
mais celle qui est le plus en dehors au-dessus de la dépression cordiforme, sur l'une des valves, est obsolète, ou formée seulement par une cavité destinée à recevoir la dent correspondante de la valve opposée. Le bord est finement crénelé. Longueur, plus d’un pouce ; largeur, au-dessus d’un pouce un quart.
La description qui précède est faite d'après une coquille du cabinet de M. Laskey, qui nous l'a donnée dans ce but et nous a assuré en même temps qu'il l'avait prise en pêchant près de l’île de May, dans le détroit de Forth, en l’année 1804.C’est une preuve que c’est l'espèce décrite par l’auteur des British shells; nous ne savons de son habitat que ce qu'il cite de Da Costa, qui a décrit cette coquille d’après un spécimen de la collection du docteur Fothergill, et qui venait de la côte occidentale.
Nous n'avons dans notre cabinet qu'une seule valve, d'environ moitié moins grande que celle décrite plus haut, et qui a été trouvée dans le Devonshire. A l'aide d'une loupe, on peut y voir les stries longitudinales dans les sillons, entre les sillons transverses.
VENUS REFLEXA.
Coquille suborbiculaire, garnie de nombreuses stries minces en forme de lames, qui sont réfléchies, et très-aigues sur le cartilage oblique, plus élevées, ondulées et tournées en avant ou dans une direction contraire à celle des autres parties : ces lames ne sont pas tout à fait régulières et placées à égales distances; car on voit quelquefois un petit espace intermédiaire où deux lames plus larges sont plus rapprochées que les autres ; on observe à l’aide d'une loupe, mais non pas à l'œil nu, des stries longitudinales, obsolètes entre les lames ; sa couleur est d’un brun pàle jaunàtre, avec deux ou trois raies interrompues de couleur de rouiile, allant de l'umbo au bord opposé ; dans beaucoup d'échantillons elles ressemblent à des têtes de flèches tournées vers le crochet, et dont six ou sept forment une raie ; l'umbo est pointu et tourne vers un côté sous lequel est une dépression cordiforme couleur de rouille ; le cartilage oblique est épais et marqué transversalement de trois ou quatre lignes irrégulières pareilles. L'intérieur est blanc ; la charnière garnie de trois fortes dents sur chaque valve, celle du milieu subbifide ; le bord est fort élégamment crénelé. Diamètre, environ un pouce ; la largeur excède plutôt la longueur.
C'est une autre espèce de Venus à laquelle il est extrêmement difficile de fixer des synonymes ; elle a tant soit peu l'aspect de la Venus striatula, mais son contour est plus orbiculaire, elle n'est pas marquée de ces bellesstries, et les stries sont plus hautes, plus minces et plus éloignées.
C'est nous qui le premier avons remarqué cette espèce dans un lot de coquilles d'Ecosse qu'on nous avait envoyé du même endroit que le dernier pour les examiner ; on nous assura qu'elle avait été prise vivante près de l’île de May. On en a depuis trouvé un échantillon, semblable sous tous les rapports, sur la côte sud du Devon.
VENUS ORBICULATA. PI. xu, fig. 4.
Coquille blanche, orbiculaire, déprimée et cancellée ; l'umbo, d’une petitesse remarquable, a au-dessous de lui une petite dépression cordiforme. Intérieur blanc; bord plat ; dents, les deux principales rapprochées, et une éloignée placée transversalement ; le bord sur lequel est placée la dent latérale forme un angle. Diamètre, cinq huitièmes de pouce. Cette coquille a probablement été confondue avec la Venus tigerina; mais elle en diffère tant soit peu dans son contour, elle n’est pas aussi plate, plus ronde, plus grossièrement croisée, et la dent latérale beaucoup plus éloignée que dans la Tigerina. Elle à éte trouvée par M. Laskev sur le rivage près de Dunbar.
VENUS DYSERA.
VENUS DYSERA. Ginel., syst., p. 3268. — Turt. Lin., 14, p. 219.— Chem., conch., vi, t. 28, f. 287-290. — Lister., conch., t. 277-278.
Coquille subovale, subcordiforme, avec des stries concentriques éloignées, élevées et réfléchies; les interstices sont grossierement striés dans une direction longitudinale ; umbo petit, très-incliné, et sous lequel il y a une dépression cordiforme. La couleur est blanche, mais il y a sur le cartilage oblique d’une valve plusieurs lignes transversales d'un rouge brun. L'intérieur est blanc, la charnière est garnie de trois dents sur chaque valve ; mais sur celle où le cartilage oblique est dépourvu de marques, la dent extérieure près du crochet est très-petite; le bord est crénelé. Diamètre, pas tout à fait les trois quarts d'un pouce.
Plusieurs coquilles présentant ces caractères furent prises par M. Laskey dans le détroit de Forth, et, bien que roulées, elles étaient cependant encore assez parfaites pour ne pas laisser douter que ce ne fussent des Dysera, car en les comparant avec des exemplaires exotiques on à vu qu'elles ne différaient en rien ‘de quelques-unes des variétés, même dans les marques près du cartilage et le bord pourpré autour de la charnière.
Il faut avouer que les types exotiques varient beaucoup suivant l'opinion des divers auteurs; mais ceux en question sont semblables à ceux figurés par Chemnitz, fig. 289.
VENUS COMPRESSA. PI. x, fig. 44.
Coquille forte, épaisse, suborbiculaire, comprimée et légèrement sillonnée ou ridée irrégulièrement; sa couleur est blanche mais elle est ordinairement recouverte d'un épiderme épais, brun-jaunâtre : l'umbo est proéminent et incline vers un côté sous lequel est une petite dépression lancéolée cordiforme. Intérieur poli, blanc, avec une large dépression cartilagineuse près de chaque extrémité, et le bord est singulièrement plat et épais; la cavité commence tout à coup depuis lui, mais elle n’est pas trèsprofonde; charnière très-épaisse avec deux grosses dents sur chaque valve et une dent transversale placée au-dessus de l’une d'elles qui tient à la dépression cordiforme.
Elle nous a été communiquée par M. Laskey, qui l'a trouvée sur le banc de coquilles près de Dunbar et sur d'autres parties de la côte ; elle est ordinairement de petite taille et excède rarement un demi-pouce de diamètre. Mais, comme preuve qu'elle atteint une taille supérieure, nous avons pu examiner un échantillon qui était long d’un pouce, de fort peu de chose plus large et d’une couleur plus foncée ; c'est le seul qu'on ait pu se procurer de cette taille même en employant la drague. La très-crande ressemblance qui existe entre cette espèce et la Venus suleala à probablement causé de la confusion. I n'est pas douteux qu'elle se trouve en Écosse ; mais pourquoi a-t-elle été confondue avec la Venus sulcata et considérée comme étant d'Angleterre, c'est ce qu'il n’est pas en notre pouvoir de décider autrement que par l'autorité établie avant nous, et comme nous n'avons pas de renseignements établis sur une conviction personnelle, il est à désirer que cette coquille puisse, un jour à venir, être trouvée sur nos côtes par quelque conchyliologiste pour faire disparaître tous les doutes à son sujet.
La différence matérielle entre ces deux coquilles, c'est que celle-ci est plus large que longue et qu'elle a un bord plat, tandis que l'autre est plus longue que large et que le bord est crénelé.
VENUS SCOTICA.
VENUS scoTicAa. Linn., trans., vinr, p. 84, t. 2, f. 3.
Coquille épaisse subcordiforme, subcomprimée, avec beaucoup de siries régulières parallèles et transversales ; umbo incliné ; dépression cordiforme lanceolée. Intérieur blanc, poli ; dents fortes, obliques ; bord plat. Longueur, un demi-pouce; largeur, cinq huitièmes d'un pouce.
Cette espèce, décrite pour la première fois par le docteur Maton et M. Rackett, dans l'ouvrage cité plus haut, fut découverte, par M. Leay, sur la côte de Caithness. Nous en avons reçu d'Écosse un exemplaire recouvert d’un épiderme d’une couleur pâle ou jaunâtre ; mais les parties élevées, qui sont usées, démontrent que la coquille est blanche. On ne compte pas moins de vingt-deux sillons dans cet échantillon.
Nous avons vu des spécimens du détroit de Forth, de très-petite taille, n'excédant pas un quart de pouce en diamètre, et d’un blanc pur.
VENUS DANMONTITA. PI. x11, fig. 3.
Coquille épaisse, ovale transverse, subcomprimée, et garnie d’un grand nombre de côtes régulières, placées à égales distances, et qui sont, ainsi que les sillons intermédiaires, presque unies, mais recouvertes d'un épiderme épais rouge sous lequel la coquille est blanche ; l'umbo est placé presque au centre et quelque peu incliné ; le cartilage oblique, linéaire ; dépression cordiforme, lanceolée. Intérieur blanc mais non poli, excepté autour du bord, qui est finement crénelé ; la charnière est garnie de deux fortes dents principales sur chaque valve; longueur, un pouce; largeur, un pouce un quart.
Un échantillon vivant de cette espèce nouvelle et intéressante a été pris par un voyageur dans les eaux profondes de la côte du Devon, et nous a été apporté avec l'animal qui s’y trouvait encore.
Cette coquille se rapproche tellement, sous beaucoup de rapports, de la Venus scotica, qu'à la première vue on peut être tout naturellement conduit à la prendre pour elle ; mais après examen, et en les comparant, la différence est évidente autant par son contour que par la structure de sa charnière, et devient encore plus sensible par les crénelures du bord, circonstance suflisante pour établir une distinct'on spécifique, lorsque les autres manquent. C’est un caractère invariable qui peut servir plus qu'aucun autre à fixer et déterminer les espèces de Mya et de Mytilus qu'on trouve dans nos eaux douces, et qui, étant ordinairement privées de caractères spécifiques constants, sont souvent multipliées ou réduites au gré du conchyliologiste ; ce à quoi nous sommes tous exposés lorsque les caractères ne sont pas fixés d'une manière évidente et que des nuances intermédiaires tendent à les confondre. Dans le sujet dont il s'agit ici, bien que les caractères puissent s'accorder sous les autres rapports avec la Venus scotica, la construction du bord doit être considérée comme invariable : il est rare qu'une coquille à bord uni présente une variété à bord crénelé, mais non réciproquement. Ce caractère évident de distinction est également essentiel pour séparer la VW. sulcata d'avec la Compressa.