‹ Bibliothèque conchyliologiqueChapitre 466 sur 500 · CHITON · texte numérisé non relu

CHITON

CHITON MARGINATUS. P. 1.

Les pièces séparées de cette espèce, que nous a données M. Laskev, font penser qu'en Écosse elle atteint une grande taille : leur largeur prise, en dehors, est d'un pouce et demi ; on en rencontre beaucoup, mais il n'y a pas d'exemple d'un spécimen d’une telle dimension.

CHITON SEPTEMVALVIS. P. 2.

CHiToN piscors. Linn., (rans., VIH, p. 20.

Nous sommes disposé à croire que c’est une variété du Marginatus.

BALANUS.

BALANUS RUGOSUS. P. 5.

LEPAS BOREALIS. Don., br. shells, 11, t. 160. LEPAS RUGOSA. Linn., trans., v, 11, p.25, t. 14, f. 5. — Pult., hutch. Dorset, (09, f 10:

BALANUS STRIATUS. P. 6.

LEpas srRoEMIA. Gmel., syst., p. 3214.—Muil., zool. Dan., 111, t. 94.

LEPAS INTERTEXTA. Lin., trans., vit, p. 26. — Pult., hutch. Dorset, t. A, L. 9.

Quoique cette espèce de balane diffère matériellement par sa structure des autres espèces du genre, un examen consciencieux est venu nous prouver que c'est une multivalve et non une bivalve, ainsi que nous l’avions insinué dans les Addenda to Tes- Lacea britannica.

L'opercule est mobile au moyen d’une charnière cartilagineuse, et il ferme complétement l'ouverture de la valve inférieure ; mais comme il est composé de deux parties unies intimement dans leur longueur, et qu'il est susceptible d'un petit mouvement in-

dépendant qu'on peut aisément remarquer, c'en est assez pour constituer une coquile multivalve.

BALANUS SPONGEOSUS. PI. 7, fig. 4.

Coquille ovale, avec six pièces anguleuses, ridées, se terminant en pointes élevées, et garnies de nombreuses épines; les trois pièces antérieures sont plus larges et moins longues que les trois autres; la base est aplatie et présente des rides concentriques ; sous la base, est fixée une coupe arrondie au fond, dont le bord correspond avec la circonférence de la base et avec laquelle il est lié par un ligament fixé au bord crénelé de la coupe ; cette partie est creuse en dedans et n’est pas destinée à loger l'animal, parce qu'il n’y a pas de communication intérieure entre elle et la coquille supérieure. Par sa forme elle ressemble tellement à la Patella antiquata retournée, qu’en la trouvant séparée on à pu facilement la prendre pour elle, ayant de semblables rides transversales et le bord incliné vers un côté, et lorsqu'elle est dépouillée de son épiderme elle est blanche. L’opercule est composé de quatre valves; la paire postérieure est plus longue et un peu recourbée en avant; la paire antérieure est rude avec des stries croisées ; couleur brun livide, tirant sur le pourpré vers les pointes du sommet: longueur, un demi-pouce; largeur plutôt moindre.

Les habitudes de cette coquille (qui, si l’on ne donnait un peu de latitude au caractère générique, ne pourrait trouver place ni parmi les balanes, ni parmi les lepas, puisqu'elle n’est ni sessile ni pédiculée) sont extrèmement curieuses ; on la trouve enveloppée, ou couchée dans une espèce particulière d’'éponge, ne laissant voir que les pointes de l’opercule. L’éponge se rapproche un peu de la Spongea tubulosa, dont elle est probablement une variété, mais son tissu est plus grossier, et elle n’est pas aussi régulièrement tubulée que celle figurée par Ellis; nous n'avons pu la trouver parmi les zoophytes de ce naturaliste, bien qu’elle soit commune sur la côte occidentale.

Au milieu des fibres réticulées de cette éponge le balane trouve un abri sûr dans son jeune âge, et il est bientôt enfermé par l'accroissement de l'éponge, à l'exception d’une petite ouverture tenue libre par le tourbillon qu’occasionne le mouvement continuel des antennes ou tentacules du triton qui habite la coquille. Les conchyliologistes doivent cette découverte à feu M. Bryer de Weymouth, qui trouva plusieurs de ces coquilles non décrites dans le bras de Portland ; quelques-unes étaient fraîches et contenaient leurs animaux.

Cette personne nous fit remarquer, en nous en envoyant des échantillons, que bien qu’elle eùt souvent trouvé la mème éponge dans la baie de Weymouth, elle n'avait jamais observé auparavant qu'elle fût habitée par ces coquilles, d'où elle conclut que c’est une production pélagienne : c’est probablement une espèce très-rare, car nous ne l'avons jamais rencontrée sur la côte du Devon, où l'éponge est assez commune. Dans un fragment de la même espèce d éponge nous avons trouvé un autre balane, appartenant, suivant toute apparence, à la famille du B. spongeosus ; mais la valve supérieure étant mutilée, nous n'avons pu le définir : la coupe ou base, qui a la forme d'un cône renversé, perforé à son extrémité inférieure ou plus petite, est très-épaisse, et le bord est semblable à un tranchant qui est strié; l’intérieur est garni d’arêtes annulaires et revêtu d’une membrane ; l'extérieur est tuberculeux, avec des plaques ou lames larges gt saillantes.

LEPAS

LEPAS FASCICULARIS. P. 242.

LEPAS DILATATA. Don., br. shells., V, t. 164.

LEPAS FASCICULARIS. Linn., trans., VIN, p. 30.

M. Donovan, comme nous, s’en rapporte à Ellis pour cette coquille, et l'a figurée comme une production anglaise, avouant cependant qu'il ne l'a ni trouvée lui-même, n} reçue d'aucun de ses amis; mais 1l nous informe que le spécimen en sa possession est probablement le même que celui qui fut envoyé par M. Ellis à la duchesse de Portland ; il passa ensuite dans le cabinet du docteur Fordyce, à la mort duquel il l’obtint sous le nom de Lepas segellatum de Solander.

Nous sommes heureux de le posséder, afin de pouvoir donner cette espèce rare de Lepas comme véritablement anglaise, en ayant reçu un échantillon du conchyliologiste feu M. Bryer, notre ami, qui le prit sur la côte près de Weymouth, depuis la publication des Testacea brilannica.

Cette coquille est d'une couleur de corne bleuâtre, très-mince et diaphane; la valve antérieure la plus basse est ridée au centre depuis l'angle extérieur jusqu'à la base, et faiblement radiée ou réfléchie; elle traverse les rides ; sa base et la valve correspondante sont curieusement étendues ou réfléchies; la valve supérieure est aussi un peu ridée. L'ouverture faiblement recourbée en arrière; la valve dorsale, qui est subcarénée, n'atteint pas tout à fait le sommet de celles supérieures, mais elle s'étend sous la base en angle droit, devient plus large et s’arrondit au bord, où elle s'unit avec le pédicule, et est, en cet endroit, garnie d'épines concentriques. La coquille est recouverte en entier d'un épiderme très-mince.

Longueur, pas tout à fait un pouce.

LEPAS POLLICIPES. P. 41, fig: 9.

LEPAS POLLICIPES. Gmel., syst., p. 3213.— Chem., conch., 114, . 551, 552. — Turt., Linn., 1v, p. 174.

Coquille composée de valves nombreuses, dont cinq peuvent être considérées comme principales ; les plus petites, ou auxiliaires, entourent la base, et sont au nombre de vingt. Beaucoup d’entre elles sont très-petites; toutes les valves sont unies et polies ; la plus grande des principales de chaque côté est plutôt concave, conique, à la partie supérieure; le sommet obtus et parfaitement droit; la valve antérieure est subovale, épaisse, convexe et arrondie; la plus grande partie des valves plus petites est triangulaire. La longueur du pédicule est près du double de celle de la coquille ; il est un peu resserré et sa texture est des plus singulières ; il est recouvert d'un nombre infini de petites écailles placées d'une manière imbriquée et qui cachent complétement la peau, qui est coriace. Ces testacés, véritablement semblables au chagrin, sont d’une couleur brun-cendré et très-polis. Longueur, deux pouces et demi, y compris le pédoncule. Cette espèce curieuse, que beaucoup de naturalistes ont appelée Cornucopia, a été prise plus d'une fois sur la côte d'Angleterre; celle qui a servi à cette description fut trouvée par M. Laskey sur du bois flottant dans le détroit de Forth.

Cette personne nous à assuré qu'elle avait observé cette espèce sur la carène d’un vaisseau qui avait été renversé et remorqué à Dartmouth, mêlée à l'anatifera et

l'anserifera qui couvraient complétement la partie basse du vaisseau. Elle habite les mers de Norvège aussi bien que la Méditerranée.

TEREDO, ANIMAL D’ASCIDIE.

Coquille composée de deux valves principales demi-sphériques, tronquées et ouvertes à l'extrémité, et de deux petites valves lancéolées éloignées. Charnière garnie d'une longue dent recourbée sur chaque valve. Tube testacé, subcylindrique, courbe, dans lequel l'animal réside ; mais il n’y est pas attaché.

TEREDO NAVALIS. P. 229.

Terebo. Linn., trans., vin, p. 249. — Pult., Hutch., Dorset, t. 18, f. 21. — Phil. trans. 1806, part, 11, p. 276, t. 12 et 13.

Dans notre première description de cette coquille, on observera que nous avons suivi l'exemple des plus grands naturalistes en la plaçant parmi les plus simples coquilles univalves, Cependant une occasion récente d'examiner plus minutieusement le sujet nous a entièrement confirmé dans notre première opinion, que si on ne peut strictement la placer parmi les Pholades, il faut la rejeter dans la division des Multivalves.

Les plus grandes valves, qui cachent une des extrémités de l'animal, ressemblent à quelques espèces de Pholades ; et, quoique privée de valves accessoires à la charnière, cette coquille est garnie d’une longue dent recourbée qu'on observe ordinairement dans les espcèes appartenant à ce genre. Les valves accessoires ou auxiliaires de celles-ci sont placées à l'extrémité opposée, et cette seule particularité demande une place séparée. Ces quatre valves, qui sont attachées et sont une partie inséparable de l'animal, constituent une coquille multivalve, sans considérer le fourreau ou tube testacé formé par l'animal pour sa plus grande sécurité dans sa cellule, comme une dépendance réelle ; car, bien qu'on puisse le considérer comme une partie nécessaire dans l'économie de l'animal, il en est cependant tout à fait indépendant, et n'est autre chose qu'un canal formé par la transpiration visqueuse qui se coagule entre les lames papyracées, et s'épaissit avec l’âge.

L'animal est certainement une Ascidie, et non une Térébelle, comme on le croit ordinairement. Tout son corps est parfaitement doux au toucher, dépourvu de tentacules, organes du toucher ou autres appendices, et sans la moindre apparence de branchies, mais il est hyalin, et tout à fait simple dans sa structure externe; il a deux tubes ou siphons à la plus petite extrémité, et placés entre deux valves lancéolées testacées.

Les tubes sont semblables à ceux des autres ascidies.testacées, frangés à leurs extrémités, et sont divisés presque depuis leur naissance jusqu’à leur jonction aux valves qui doivent à volonté fermer l'entrée de la cellule ; au moyen de ces tubes, l'animal

1 Dans les Transactions philosophiques citées plus haut, M. Home dit qu’il y a adhésion avec la coquille cylindrique dans un endroit où le corps de l’opercule (les valves lanceolées) est joint à l'animal. Que ce soit accidentel ou occasionné par de petits organes à ce destinés, c’est ce que nous ne pouvons déterminer ; mais, d’après notre expérience, nous pensons que ce ne doit pas être constant. Nous avons dit ailleurs que la Myu pholadia se construit elle-même, dans la pierre, une semblable cellule testacée, mais elle n'y est pas adhérente. (Voyez Mya pholadia.)

MONXTAGU. 267

aspire l'eau et avec elle sa nourriture; puis comme les autres Ascidies il rejette les fluides.

Il n'a pas de dents ou substance dure à l'extrémité la plus grande, si ce n’est les valves qui le garantissent et le cachent; l’ouverture, qui est semblable à celle de l'animal d'une Pholade, est simple, défendue seulement par une substance interne hyaline cartilagineuse.

Sous le rapport du tube testacé qui recouvre les excavations faites par ces animaux, il y a quelques différences dans leur structure.

Dans quelques morceaux de bois de chêne parfaitement sain nous avons vu ces cellules tubuleuses tellement serrées que l'animal paraissait avoir été forcé de creuser chacune des autres cellules dans les parties non protégées par la concrétion testacée ; dans cet étui, la partie envahie semble une retraite, et pour plus grande sûreté il place une cloison voûtée au travers de la galerie à l'endroit où se termine le tube calcaire, et s’enferme ainsi lui-même avec sécurité derrière un mur de sa propre préparation, ce qui est une preuve contre une perforation ultérieure dans cette direction.

Plusieurs de ces fourreaux tubuleux que nous avons examinés ne présentent plus la structure épaisse et lamelleuse à leur extrémité la plus petite ou extérieure, et n’ont seulement qu'une perforation oblongue pour allonger les siphons de l'animal. Ceux qui sont garnis de lames en présentent en nombre différent, sans avoir égard à la gran . deur des tubes, et elles varient depuis quatre jusqu'à vingt. Nous en avons examiné un en particulier qui n'en avait pas moins de vingt-neuf, dont six de chaque côté étaient garnis d'une côte moyenne placée sur le plat des lames comme un sommet caréné.

Cet échantillon était de grandeur ordinaire et il avait un pouce et demi de longueur à cet endroit.

Il est difficile de déterminer le but particulier de cette singulière structure depui que nous avons trouvé de ces animaux qui ne la présentent pas ; mais nous pouvons conclure qu'elle a son usage, puisqu'il y en à peu, proportion gardée, chez lesquels elle n'existe pas.

C’est probablement dans le but de tromper les petits animalcules marins que l'animal dévore sans aucun doute, et qui dans ce labyrinthe sont facilement pris et attirés par l'extrémité tubulaire de l’Ascidie.

Les valves auxiliaires lancéolées qui sont fixées à l'extrémité extérieure de l'animal se ferment sur l’intérieur ou la paire de lames la plus avancée, et servent non-seulement comme moyen de défense contre l'envahi:sement d'espèces plus fortes qui pourraient léser le corps délicat de l’animal, mais encore à conduire le fluide qui l'entoure dans la cellule; car, au moyen de cet appareil, toute l’eau circumambiante peut être rejetée à volonté par les siphons extérieurs.

Comme la partie lamelleuse du tube ne dépasse pas la surface du bois perforé, on ne peut voir les siphons de l'animal que dans son élément naturel, lorsqu'il est à l'affüt de quelque proie, comme les autres Ascidies testacées; et comme elles, il a le pouvoir et l'instinct de détruire les matières par quelque dissolvant ou autres moyens inconnus, c’est une chose certaine ; mais avec cette différence que le Teredo navalis ne peut dissoudre que les matières ligneuses, tandis que les Pholades et quelques autres sont capables de dissoudre les pierres aussi bien que le bois, Quels que soient les moyens par lesquels s'effectue cette singulière opération, il est évident que tous l’accomplissent à l'aide de cette partie qu'entourent les valves prin- Cipales, et que c’est par l'extrémité opposée ou extérieure qu'ils prennent toute leur nourriture au moyen de leurs siphons, et que la seule partie de ces animaux qui soit analogue n’est pas destinée à l'alimentation, mais bien à leur procurer un

logement sùr. Il est donc plus raisonnable de conclure que les excavations du bois ou de la pierre dans lesquelles nous les avons trouvés logés ont été pratiquées par un dissolvant semblable au suc gastrique, si essentiel aux facultés digestives de l'estomac.

La découverte d’une nouvelle espèce de Teredo sur la côte de l’île de Battoo, près Sumatra, par M. Griffiths, et décrite dans les Philosophical Transactions of the Royal Society 1806, avec des notes par M. Everard Home, est extrêmement intéressante, non-seulernent sous le rapport de l'énorme grandeur de son tube, mais encore parce que ses caractères serviront à prouver sans doute que les coquilles attachées à ces animaux, et appelées perforantes, ne sont pas essentiellement nécessaires pour percer le bois ou autres corps durs, puisque le Teredo gigantea', qui habite la vase au fond de l'Océan, où il n'a pas besoin d’un tel appareil pour percer, est cependant garni de pièces tout à fait semblables à celles du Teredo navalis.

Il n'est pas dans notre intention de faire une description de la structure’interne de l'animal, ce qui a été exécuté avec beaucoup de succès et une grande habileté par M. Home, professeur d'anatomie comparée, et rentre plutôt dans l'helmintologie que dans la conchyliologie; car bien que la dernière, comme science détachée, s’aide beaucoup d'un examen approfondi de la forme extérieure des animaux testacés, le testa= céologiste ne doit attendre que peu de résultats en disséquant des animaux aussi mous, à moins qu'il n'ait la main et l'expérience d'un SwamMEerpam. Notre désir est de faire admettre l'opinion que l'animal en question n'est qu'une Ascidie testacée formée de pièces comme celles d’une Pholade, pour défendre cette partie qui est essentielle à l’accomplissement du vœu de la nature, et auxquelles on a attribué avec si peu de raison une faculté qu’elles ne peuvent avoir, à cause de leur fragilité.

Avec un peu d'attention, nous serons de suite convaincus de l'impossibilité que le bois de chène soit creusé par de semblables moyens, soit que la coquille coupe par son tranchant, soit qu'elle lime avec sa surface rugueuse. D'ailleurs, une autre preuve qu'il n’en est pas ainsi, c'est que l'on voit toujours les coquilles vivantes avec un bel épiderme olivâtre qui n'existerait pas à cause du frottement nécessaire pour percer ou user le bois. La substance transparente cartilagineuse que l’on a nommée proboscis et sur laquelle l'animal tourne lorsqu'il perce, doit être destinée à un usage tout différent, elle tient probablement la place des os, comme nous le voyons dans la Sepia media, et peut seconder les organes dans l’accomplissement de l'ouvrage en question.

Si le Teredo navalis était réellement le seul mollusque que l'on eût connu susceptible de percer des substances aussi dures, il ne serait pas surprenant qu'une telle opinion eut prévalu si longtemps, car d'après les lois de la nature le frottement doit toujours amener la destruction; mais dans ce cas l'épiderme de la coquille serait detruit le premier par son contact avec des corps plus durs. Raisonnant par analogie, nous trou vons une semblable disposition dans le Teredo gigantea, dont les habitudes ne demandent plus un tel appareil, et beaucoup d’autres ascidies testacées, dont les caractères sont semblables à ceux du Teredo navalis, et qui sont capables de ronger la pierre calcaire la plus dure et même celles composées de sable mêlé avec la terre calcaire. Ces faits nous conduisent à chercher quelque autre moyen à l’aide duquel ce travail puisse s'accomplir.

I n'y a, dans ce pays, guère moins de douze espèces d’Ascidies testacées qui soient perforantes : toutes les Pholades percent le bois, et quelquefois les pierres et l'argile

1 Le plus grand tube de Teredo gigantea décrit est de cinq pieds quatre pouces de long, neuf pouces de circonférence à sa plus grande extrémité, et deux pouces et demi à la plus petite. Nous renvoyons à l’o-

riginal pour plus amples détails concernant cette coquille, et pour la description anatomique de l'animal du Teredo navalis.

durcie. Les Donar irus, Mytilus rugosus, Venus perforans, Mya pholadia, distorta et suborbicularis, creusent la pierre la plus dure, et cependant il n'y a aucun organe dans les coquilles de ces dernières qu'on puisse croire capable d'accomplir une pareille tâche ; beaucoup d’entre elles sont régulières, entières et presque unies, surtout la Mya suborbicularis, qui est très-lisse.

Voyant alors l'effet que produisent ces animaux, sans user leurs coquilles, sur des substances qui par le frottement pourraient réduire en poudre ces mêmes coquilles, n'est-il pas plus raisonnable de conclure qu'ils peuvent sécréter quelque liqueur dissolvante et qu'avec elle seule ïls atteignent le but de la nature? Et ces deux larges glandes, décrites par M. Home, sur le côté droit de l'œsophage dans l’animal du Teredo navalis, ne seraient-elles pas destinées à une sécréuon particulière ?

Il est reconnu que les animaux, de même que les végétaux, préparent pardivers moyens cachés des fluides puissamment corrosifs; les fourmis et quelques autres insectes rejettent un acide capable de dissoudre la pierre calcaire. Il est beaucoup plus raisonnable d'admettre que c’est par de tels agents chimiques préparés dans le grand laboratoire de la nature que ces Ascidies testacées atteignent le but que leur à assigné le créateur de l'univers.

L'examen des animaux testacés perforants découverts jusqu'ici dans les mers d’Angleterre à prouvé que c'étaient des Ascidies, possédant deux tubes terminaux, plus ou moins unis, par le seul moyen desquels elles prennent leur nourriture; mais il est probable que le plus grand tube est le principal instrument qui sert à prendre le fluide, et avec lui les innombrables animalcules qu'il contient, et le plus petit tube doit rejeter celte eau après qu'elle à parcouru les viscères de l'animal, ainsi que l'observe M. Home en parlant du Teredo. Nous avons cependant remarqué que quelques Ascidies testacées prennent l'eau et la rejettent au moyen des deux tubes indifféremment. Dans tous ces animaux les tubes ou siphons ne communiquent avec l'eau que par une petite ouverture quis'élargit à mesure que le développement de l'animal le demande, et non dans le but de le nourrir; car, bien qu'on ait trouvé une partie de matière ligneuse dans l'estomac de l'animal d'un Teredo navalis, nous n’en concluons pas que cette matière ait été absorbée comme aliment; mais la seule manière de l'ingérer était de la prendre par le tube le plus long, après avoir divisé le tissu ligneux au moyen de sa puissance dissolvante.

La contraction du tube , mentionnée par M. Home, n'a rien de particulier; plusieurs animaux marins ont cette propriété, et mème quelques espèces de limaces marines, comme on peut le voir dans le Turbo clathrus indigène, qui rétracte sa longue trompe tubulaire de la mème manière. Nous n'avons pu trouver d'Ascidie testacée qui n'ait deux tubes à bords plus ou moins frangés comme le sont nos spécimens de l'animal du Teredo. De tout cela il faut conclure que les coquilles appelées improprement coquilles perforantes, comme le Teredo, ne sont autre chose que des Pholades semblables à tous les autres animaux qui ont reçu le nom linnéen de Vermes Testacea.

Les caractères des animaux de toutes les espèces de coquilles qui s'enferment dans le bois ou la pierre ressemblent beaucoup à ceux du Teredo et de quelques Pholades, coquilles qui ont toutes beaucoup d'analogie. C'est une chose remarquable que dans les exemplaires examinés par M. Hoine, 1l ne s’en soit jamais rencontré dont l'étui ou tube dans lequel réside l'animal fût terminé par des lames. Il a remarqué cependant quelques étuis voûtés ou couverts à leur plus grande extrémité. Nous ne devons pas attribuer cela, comme on l'a supposé, à ce que l'animal avait pris son entier développement, puisqu'on l'a fréquemment observé sur de très-petils comme sur de grands individus. Dans les morceaux de bois qui sont trop pleins ils ne peuvent jamais parvenir à la moitié de leur grandeur naturelle, parce que les coquilles n'ont pas de

place pour s'étendre; d'où il suit que lorsque le bois a été détruit dans tous les sens, il v en a probablement quelques-uns qui meurent; mais le but de la nature étant réalisé, le bois tombe en pièces et l'animal devient la proie des poissons, fin nécessaire à la transmutation de la matière.

On a l'habitude d'appeler la partie de l'animal du Teredo qui est enfermée sous les valves, la tête; d’où il suit qu'on a donné le nom d'œsophage au canal qui part de ce point; mais ne pourra-t-0on pas mettre en doute cette dénomination, puisque l’ouverture qu'on remarque est la seule analogie qu'il y ait avec une tête? et il est bien positif qu’elle ne remplit pas l'office d’une bouche, comme on l’a clairement démontré et comme c’est l'opinion de M. Home, du moins lorsque l'animal est enfermé à l’extrémité la plus large de son tube testacé. Raisonnant par analogie, l'opinion contraire sera, que tous ces animaux ont évidemment leur coquille attachée à l'extrémité postérieure. L'examen anatomique d'animaux aussi mous est si difficile et si minutieux, que nous craignons d'ajouter trop de foi aux conjectures; nous dirons cependant que la description de leur structure interne par M. Home semble prouver que l’animal est hermaphrodite, et qu'il est probablement dans le cas de tous ceux qui ne peuvent se mouvoir. Cet observateur à évidemment accordé beaucoup d'attention au sujet, et son intéressant traité mérite au plus haut degré d’être lu attentivement par les conchy-lologistes.

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