NAUTILUS
NAUTILUS BECCARIL PI. vin, fig. 11.
NauriLus BEccaR. Linn. trans., vint, pe 116. — Pulteney, Hutch. Dorset., t. 19, f. 28:
Ce Nautile et le Beccarit perversus ne sont pas rares à l'état fossile; M. Head nous en a donné des exemplaires trouvés dans les Apennins, près de Sienne , en [italie. Us sont enfoncés dans une matrice de terre jaunâtre, mêles avec le Nautilus crispus, rarement avec une autre très-petite espèce non décrite, et moins fréquemment avec la Serpula lobata.
Ces deux Beccarit ont plus du double de la taille des coquilles vivantes qu'on trouve sur nos côtes; c'est l'effet d'un climat plus chaud. Plancus les a observés parmi d'autres petites espèces, dans les sables, sur la côte d'Areminum, aujourd'hui Rimini, dans l'Adriatique.
L'ouverture ou entrée du siphon dans ces coquilles est située au côté intérieur, près du second tour, et se continue au travers des nombreuses cloisons sans interruption. On examine plus facilement et avec plus de soin la structure sur des restes antédiluviens que sur des coquilles fraiches, parce qu’ils se brisent moins facilement.
Le Beccarii perversus est sans aucun doute entièrement distinct de l’autre, et n’est m un jeune ni une variété accidentelle. On le trouve en plus grand nombre, et ils sont tous deux trop communs pour soutenir l'opinion que l'un est une variété de l'autre.
NAUTILUS LÆVIGATULUS. PI. vu, fig. 9 et 42.
NAUTILUS I ÆVIGATULUS. Linn. trans., Vi, p. 115.
Nous avons trouvé cette coquille dans le Boysian cabinet, mêlé par erreur avec les Nautilus depressulus et calcar ; et un très-bon dessin de notre N. calcar, venant du même endroit, portait le n° 67, et renvoyait, dans les Testacea minula rariora, à pareil numéro qui représente le N. lœvigatulus : on peut donc en conclure que ces deux coquilles ont généralement été confondues. La première description que nous avons faite de cette coquille était seulement copiée dans Walker, parce qu'alors nous n'avions pas pu l’observer ; mais comme la description concise de cet auteur n'est certainement pas suflisante pour définir les caractères distinctfs de cette espèce, nous allons la décrire d’après les individus que nous avons sous les yeux.
Coquille opaque, polie, d'un brun de rouille pàle, avec environ dix raies visibles flexueuses, indiquant les cloisons; elles sont de couleur un peu plus foncée, légèrement élevées ou en relief, et rayonnant à partir du centre ; les deux côtés sont pareils et trèsconvexes, se terminant par un tranchant marginal arrondi, et ne sont pas fortement carénés; la bouche ou chambre extérieure est entourée d'un bord ou extrémité formant un triangle ; de telle sorte que le corps n’est pas coupé par l'extrémité antérieure, mais la spire se termine juste au-dessous du bord de la première cloison.
C'est en cela surtout qu'elle diffère du AN. calcar , dont le corps estembrassé tout à fait par le bord de la cloison antérieure, ce qu’on peut voir en comparant la fig. 4, tab. 15, et les fig. 7, 8, tab. 18. Cette espèce en diffère aussi par la couleur, elle est plus large et les cellules plus nombreuses.
Ouverture, un petit siphon près de l'angle extérieur, et non avancé.
NAUTILUS CALCAR.
NAUTILUS ROTATUS. Linn. trans., Vur, p. 4114.
On à vu que, pour les premiers synonymes que nous avons appliqués à cette coquille, nous avons renvoyé, tout en hésitant, à Walker et à Adams pour notre calcar ; la lumière qu'a jetée sur le sujet le Boysian cabinet nous oblige à transporter ces renvois au Naulilus subarcuatulus, décrit ci-après. La seule autorité qui nous ait fait renvoyer à la figure 66 de Walker pour notre calcar, est celle de feu notre estimable ami, M. Boys, qui, à l’époque de sa maladie, ne put séparer des individus aussi petits avec son attention ordinaire.
Martini donne la figure d'un Nautilus qn'il considère comme une des variétés du Calcar de Linné, bien qu'il diffère tout à fait de cette coquille. M. Mead a découvert près de Sienne cette coquille, pour laquelle on peut consulter Martini, Conch., 1, tab. 20, fig. 182, 183, à l'état fossile, ainsi que celles mentionnées plus haut. Les spécimens que nous avons examinés n'avaient pas plus d'un pouce dans leur longueur et un peu moins dans leur largeur ; ils sont extrêmement comprimés, avec douze ou quinze chambres visibles; les quatre où cinq dernières cloisons seulement sont élevées ou dé-
passent la surface, et elles sont légèrement ridées : ouverture du siphon étroite, subcrénelée et placée près du bord extérieur près de la carène ; nous croyons que ce fossile des Apennins n’a pas encore été trouvé en Angleterre, soit dans cet état, soit à l'état vivant; mais il paraîtrait qu'il existe à ce dernier état dans l'Adriatique, puisqu'il a été décrit parmi les petits Nautiles observés dans les dépôts de la mer, sur la côte de Rimini.
Fichtel a représenté plusieurs espèces de Calcar ; il y en a quelques-unes privées de carènes, d’autres fortement carénées et qui ont même dans cette partie la forme d'épines. Si l'on admet que ce soit la même espèce, et surtout les figures D, E,F, tab. 12; on nous permettra de douter de la définition spécifique : mais cet auteur capable n'est pas le seul à supposer cette espèce anssi indéterminée dans sa forme. Bien que nous différions d'opinion avec M. Fichtel, en cela surtout, nous ne pouvons pas ne pas lui rendre justice pour son bel ouvrage sur les petits nautiles, intitulé : « Testacea microscopica aliaque minula ex generibus argonauta et Nautilus, ad naturam picta et descripta. Ce savant naturaliste voulait diviser les Nautiles de Linné en quatre genres sous les noms de Nautilus, Hammonium, Lituus et Orthocerus : nous regrettons qu'il n'ait pas ajouté trois autres genres.
NAUTILUS DEPRESSULUS. PI. vu, fig. 7.
NAUTILUS DEPRESSULUS. Lin. lrans., vint, p. 115.
Plusieurs individus de cette espèce, qui sont dans le Boysian-cabinet, nous ont permis d'en faire une description plus complète, accompagnée d’une figure.
Coquille sémi-pellucide, polie, blanche, déprimée, avec environ neuf cloisons visibles rayonnant du centre en lignes courbes, marquées par leur opacité, mais n'apparaissant pas du tout en relief : côtés semblables; vers le centre est une petite marque pellucide que Walker à probablement prise pour un subombilic. -
La bouche ou extrémité antérieure est presque comme celle du N. calcar, mais elle n'embrasse pas autant le corps. Elle diffère aussi de cette coquille par la couleur, elle est comprimée sur une plus grande étendue, elle n'a pas de carène et le nombre des cloisons est plus grand ; elle est aussi moitié moins grande que cette coquille.
NAUTILUS UMBILICATUS. PI. vu, fig. 8.
NAUTILUS UMBILICATUS. Linn. trans., VIN, p. 115.
C'est une autre des plus rares espèces de Nautiles, dont nous sommes à mème de donner une description plus comparée, en ayant pris quelques spécimens sur des Sabella penicillus dans la baie de King's-bridge, où cette espèce etl'Amphitrile ventilabrum sont en grande abondance, et fournissent, en quelque sorte, une collection complète des petits Nautiles les plus communs.
Coquille comprimée, subpellucide, blanche, avec neuf ou dix nœuds élevés ; l'extrémité antérieure ou bouche embrassant le corps de spire, presque égale et en dedans de laquelle se perd le tour intérieur qui forme un ombilic sur les deux côtés.
C'est la plus petite espèce de Nautile que nous ayons encore examinée; elle est moitié moins large que le Crassulus avec lequel elle a quelque rapport. Mais, outre qu'elle est subhyaline, les cloisons sont moins nombreuses et les nœuds disparaissent après le premier tour, tandis que dans le Crassulus la spire ne se termine pas à la bouche et ne disparait pas; mais une partie du second tour est visible après sa jonction avec le prenuer, et se perd insensiblement dans lombilic.
NAUTILUS CRASSULUS. PI. var, fig. 10.
NAUTILUS CRASSULUS. Linn. trans., Vi, p. 117.
C'est encore le Boysian cabinet qui nous à mis à même de décrire cette coquille plus complétement que nous ne l’avions d'abord fait: ce que nous en disions alors était copié d'après Walker, à défaut de connaître alors par nous-mêmes cette rare espèce.
Coquille spirale, épaisse, opaque, d'un brun pâle, avec de nombreux nœuds saillants ; côtés comprimés, semblables, ombiliqués, laissant voir une partie du tour intérieur en dedans de l'ombilic : bouche un peu oblique, embrassant à peine le corps et garnie d'un siphon.
Cette espèce très-petite avait dans le cabinet le n° 70, comme renvoi à la figure qui porte ce numéro dans Walker.
NAUTILUS SEMILITUUS. PI. vu, fig. 45.
NAUTILUS SEMILITUUS. Linn. trans., Vin, p. AS.
A l'aide du Boysiancabinet nous voyons que cette espèce n’est pasle Nautilus subar cuatulus d'Adams, et par conséquent non plus la figure 73 de Walker, comme nous avions été dans l’origine induit à le penser : elle en est tout à fait distincte et n'avait pas été décrite auparavant comme une coquille d'Angleterre. Nous prions donc qu'on veuille bien négliger le renvoi à ces auteurs, puisque nous indiquons par erreur le Nautilus subarcuatulus. Nous n'avons rien rencontré qui ait ébranlé l'opinion que nous avions que c'était le Semilituus, figuré dans l'origine par Plancus, tab. 1, fig. X. O et X. P.Il est vrai que le spécimen qui a servi à notre dessin n'a pas de tour recourbé à l'extrémité, mais dans d'autres cette partie est moins douteuse : et dans un dessin d’un individu en la possession de M. Henry Boys, nous apercevons une terminaison enroulée très-distincte à l'extrémité postérieure. Les coquilles sujettes à de telles variations sont difficiles à déterminer, et conséquemment les erreurs dans les synonymes sont quelquefois inévitables, ce qui est plus excusable que de multiplier les espèces au delà de leurs limites naturelles.
NAUTILUS SUBARCUATULUS. PI. vu, fig. 20.
Adams. microse., p. 642, €. 14, £. 38. — Turt., Linn., 1v, p. 307.— Walker, min. shells, f. 73.
NAUTILUS CREPIDULA. Fichtel., t. 19, g. h.1.
Coquille subarquée, subenroulée, semi-pellucide, polie, blanche ; la partie antérieure ou droite contient environ quatre des cellules, la partie postérieure est à demi enroulée; douze chambres visibles, très-distinctes ; les cloisons sont plus opaques et un peu élevées : dos caréné et légèrement dentelé au point de division des cellules : les cloisons antérieures sont placées trèes-obliquement, ce qui fait incliner cette extrémité d'arrière en avant, à l'endroit où est placé le siphon: le bord antérieur n'est pas caréné, mais obtus et arrondi. Longueur, un huitième de pouce.
Nous regardons cette coquille comme le Subarcuatulus n. 73 de Walker, par la raison qui nous à fait transporter les renvois ci-dessus du N. semilituus à cette coquille ; nous en avons découvert un bel échantillon dans le Boysian cabinet avec un autre trèspetit et pas encore arrivé à l'état parfait. Dans ce dernier, qui est presque transparent, les chambres sont moins nombreuses et l'extrémité enroulée moins formée. Avec c:s coquilles il v en avait plusieurs autres mutilées, avant atteint leur plus grande taille et
qui avaient perdu leur partie droite : la portion enroulée qui reste correspond si exactement à la fig. 66 de Walker, que nous sommes porté à considérer cette coquille comme un Subarcuatulus mutilé, et non pas (ainsi que nous le soupÇçonnions auparavant) comme un spécimen imparfait de notre Calcar.
M. Fichtel a donné un dessin très-exact du plus petit individu dont nous venons de parler et qu'il a également bien décrit. Trouvé en Toscane.
NAUTILUS INFLATUS. PI. vu, fig. 7.
Coquille spirale, opaque, brune, avec trois tours arrondis; sur le premier sont cinq nœuds extrêmement renflés; l'extrémité antérieure est subglobuleuse, le siphon placé comme dans le Nautilus Beccarii. Elle n’est pas aussi déprimée que ce dernier : les nœuds sont aussi moitié moins nombreux, mais beaucoup plus renflés; elle est de moindre taille.
Espèce non décrite qu’on trouve rarement dans le sable sur la côte du Devon.
NAUTILUS RECTUS. PI. vus, fig. 46, 18, 49.
NAUTILUS RECTUS. Linn., {rans., vi, p. 419.
La découverte récente du vrai Nautilus legumen nous oblige à effacer les renvois indiqués pour cette coquille dans les Testacea britannica, puisque dans ce supplément nous en donnons l'indication correcte.
NAUTILUS LEGUMEN. PI. vu, fig. 24.
NAUTILUS LEGUMEN. Linn., syst., p. 1164.— Gmel., syst., p. 3376. — Turt., Linn., IV, p. 309— Guall., t. 19, P.— Martini, conch., 1, vig. 1, E. e. — Walker, min. shells, f. 74. — Linn., trans., vur. p. 118.
Coquille subarquée, polie, lustrée, pellucide, blanche, quelque peu comprimée, et de grosseur presque égale dans toutes ses parties: les extrémités sont arrondies et un peu contractées ; celle antérieure est entourée d'une arête oblique ou bord, au-dessus duquel commence un siphon obtus avec une grande ouverture près du côté concave; c'est de ce côté que les cloisons, au nombre de huit ou neuf, obliquent en bas et apparaissent au travers de la coquille. La dimension des chambres décroît graduellement en se rapprochant de l'extrémité postérieure; le côté concave est opaque par la raison que le siphon se continue à travers les cloisons, mais il n'y a alors sur aucun des côtés ni bord ni carène.
Longueur, environ un huitième de pouce; largeur, un sixième de sa longueur. Extrèmement rare dans les sables sur les côtes de Kent et du Devon sud.
C’est sans aucun doute le Nautilus legumen de Linné et bien certainement aussi la coquille décrite par Walker; aussi avons-nous rapporté ici tous les synonymes du N.rectus qu'on y avait placés avec quelque hésitation.
Nous sommes aujourd'hui à pen près certain que notre digne ami M. Boys nous a envoyé cette coquille-là par erreur pour la figure 74 de Walker, espèce qui ne semble pas bien connue de cet excellent conchyliologiste; car, parmi les dessins que nous avons vus, il y en avait, de lui et de M. Henry Boys, deux qui ne ressemblaient pas à cette coquille. La figure donnée dans les Testacea minuta rariora n'est nullement correcte.
NAUTILUS COSEATUS. Var. PL vix, fie. 22
Le dessin auquel nous renvoyons ici peut, selon nous, être considéré comme une
véritable variété de celui que nous avons donné antérieurement dans les Testacea britannica, tab. 14, fig. 5; et si nous en jugeons par nos observations , cette espèce est sujette à beaucoup varier.
Nous l'avons trouvée dans le cabinet de M. Boys. Elle est presque cylindrique, avec cinq articulations et sept rides longitudinales ; une extrémité est tronquée, l'autre se termine par un appendice mince de forme cylindrique, et de la longueur de la première articulation. Longueur, un dixième de pouce.
Nous trouvons à l’une des extrémités de ce spécimen une pointe saillante, qui n’est pas l'ouverture du siphon, elle est solide comme la coquille : l'ouverture est à l'extrémité tronquée, et peut être imparfaite ou varie dans ce cas-ci.
M. Henry Boys en a découvert une autre variété parmi les coquilles de son père (nous en avons reçu dernièrement un dessin) ; elle a cinq articulationset quatre rides : sous les autres rapports elle ressemble à celle que nous venons de décrire.
On remarquera cependant qu'outre l'absence de l'extrémité antérieure conique, ces coquilles n'ont pas cette forme pyramidale graduée, décrite et dessinée pour le costatus.
Si c'est réellement une variété de cette coquille, il est possible que le Ramphanus, Lin. syst., p. 1164, en soit une aussi, l’Orthoceras minimum de Gualtieri, tab. 49, L. L. M., figuré dans l’origine par Plancus, tab. 1, fig. 6, et copié par Martini, 1. vig., 1 fig., À, a, B, c. Ces figures se terminent plus en pointe, possèdent plus de rides qu'aucune de celles que nous avons examinées et sont arrondies à l'extrémité la plus petite ; la plus grande à un siphon en saillie entouré d’un bord festonné formé par les rides.
Ces auteurs ont donné une autre figure dépourvue de rides et de bord crénelé, qui laisse voir la structure interne des chambres : le siphon de chaque cloison est semblable au premier.
La coquille la plus élégante de ce genre se trouve à l’état fossile dans les Apennins près de Sienne. M. Mead et M. Higginson nous en ont donné quelques-unes. Elles varient un peu ; mais les plus parfaites ont un pouce de long, sont tout à fait de forme cylindrique, excepté la dernière articulation, qui est un peu plus grande et se termine en cône; l'extrémité est une petite protubérance de près de moitié aussi longue que l’articulation à laquelle elle appartient : leur extrémité antérieure, qui semble parfaite, est un peu contractée, arrondie et polie ou s'avancant au delà des rides; au centre est placée l'ouverture ou siphon, dont le bord est légèrement crénelé. Elles varient aussi beaucoup autant dané le nombre des chambres que dans celui des raies; elles ont de dix à quinze des premières et de neuf à douze des secondes : les articulations ne sont pas très-élevées, mais ordinairement deux ou trois à l'extrémité antérieure le sont plus que les autres. La coquille, proportion gardée, est extrèmement épaisse; et nous trouvons, en en séparant plusieurs par le milieu, que les cloisons sont également épaisses et possèdent chacune dans le centre une petite perforation crénelée et non pas un siphon continu : les cellules ne sont pas rondes, mais paraissent à la section concavo-convexes. Sa couleur est d’un
blanc de perle.
Ne serait-ce pas une variété du AN. costatus de grande taille, produit par un climat plus chaud? Mais où le trouver, aujourd'hui, à l'état frais ou vivant? c'est ce que nous ignOrops.
NAUTILUS SPINULOSUS. PI. vi, fig, 47.
Coquille possédant trois articulations extrêmement rondes de couleur châtain-clair, recouvertes d'épines; l'articulation supérieure est légèrement allongée pour former le siphon, les épines sont toutes inclinées vers l'extrémité postérieure.
Depuis que notre figure a été gravée, nous avons recu le dessin d’un spécimen en la
possession de M. Henry Boys; il est subarqué et quelque peu conique, avec huit articulations pas aussi renflées, et il semble plutôt garni de tubercules que d'épines. Longueur, un dixième de pouce.
Il est probable que c’est une coquille plus avancée en àge que celle figurée par nous, car dans la plupart des individus de ce genre de coquilles, le nombre des chambres augmente avec l'âge. Notre échantillon a été découvert dans le cabinet de M. Boys mêlé avec le Nautilus radicula, et il y a tant de ressemblance entre quelques-unes des nombreuses variétés de cette espèce, qu'on doit admettre comme principales différences pour celle-ci sa couleur et son aspect épineux ou tuberculeux.
NAUTILUS BICARINATUS.
Coquille subcylindrique, arquée, avec onze articulations subglobuleuses, bicarénées ou garnies d’une légère ride longitudinale le long de l'arc, et d’une autre sur le côté opposé; la plus grande extrémité se termine par un siphon saillant : les articulations décroissent graduellement vers la partie postérieure, qui est arrondie. Longueur, un huitième de pouce ; diamètre à sa partie la plus large, environ un huitième de sa taille.
Nous devons à M. Henry Boys un bon dessin de cette nouvelle espèce de Nautile, trouvée parmi quelques petites coquilles de Sandwich, d'où on l'a rapportée sans aucun doute et qui appartenaient à feu notre digne ami, et nous regrettons qu'elle soit arrivée trop tard pour que nous puissions en donner la figure.
Sa forme est en quelque sorte celle du N. subarcuatus, tab. 6, fig. 5, mais elle est plus courbée et se distingue de suite par ses côtés carénés.
NAUTILUS LINEARIS. PI. x, fig. 43.
Coquille polie, lustrée, droite, un peu comprimée, linéaire, de grosseur presque égale dans toutes ses parties ou quelque peu conique, et garnie à l'extrémité plus petite de légères rides qui prennent une direction oblique et s'étendent à peine jusqu'à la moitié de la longueur de la coquille : elle est d’un blanc transparent, excepté le long des côlés et aux séparations des cellules, qui sont opaques et marquent les chambres; les cloisons, au nombre d'environ quatorze, sont placées un peu obliquement et ne sont pas tout à fait régulières; l'extrémité antérieure est presque polie et terminée par un siphon en saillie; l’autre extrémité est arrondie. Longueur, près d'un quart de pouce; largeur, environ le huitième de sa longueur,
Nous l'avons trouvée parmi un lot de petites coquilles que nous envoyait M. Laskey et qu'il avait prises sur le banc coquillier, près de Dunbar dans le nord de l'Angleterre. Elle se distingue du N. legumen en ce qu’elle est droite et ridée à sa plus petite extrémité.
NAUTILUS LACUSTRIS.
NAUTILUS LACUSTRIS. Lin., trans., Vin, p. 114. Cette coquille est le Nautilus Ypsilon du cabinet de Portland.
CYPRÆA.
CYPRÆA EUROPÆA.
CYPRÆA PEDICULUS. Test., brit., p. 200.
Dans la première partie de cet ouvrage, nous avons exprimé le doute que la coquille ordinairement connue sous le nom de Cypræa pediculus, dans les cabinets des collecteurs de testacés d'Angleterre, fût le vrai Pediculus, puisqu'elle en diffère si essentiellement sous plusieurs rapports, et surtout par le caractère qui semble marquer la principale différence spécifique, c'est-à-dire l'absence du sillon dorsal. S'il avait été réellement prouvé que la coquille sillonnée eût été trouvée sur nos côtes, aurions-nous dù la considérer comme la même espèce, quand Linné n’a pas donné à entendre que c'étaient des variétés, en remarquant que les coquilles d'Europe étaient dépourvues du sillon longitudinal? La conclusion naturelle est que Linné n’a pas cru que la coquille sillonnée se trouvàt en Europe.
On à contesté notre opinion dans un ouvrage périodique en disant qu'on avait trouvé l'espèce sillonnée sur les côtes du détroit de Forth, presque vis-à-vis d'Edimbourg; c’est une assertion fondée sur un dire et non pas sur une observation oculaire. Nous avons dirigé notre attention, sur cette question; et après une recherche consciencieuse de plus de deux années sur cette côte par deux conchyliologistes capables, ils n'ont trouvé aucune coquille semblable, quoiqu'ils aient observé assez communément celle qui avec trois taches dorsales est privée de sillon, de même que la C. aretica ou variété plate, aussi bien vis-à-vis d'Edinbourg que sur la plupart des côtes du détroit de Forth !. D'après cela, nous devons non-seulement continuer à douter de l'existence de l'espèce sillonnée comme anglaise, mais même comme européenne : nous n'avons pas la moindre hésitation à déclarer que notre opinion est qu'elles sont tout à fait distinctes, et sous l'empire de la plus ferme conviction, nous avons séparé les espèces d'Europe de celles de l'occident sous le titre que nous leur avons donné ci-dessus.
Nous ne saurions trop répéter quel grand soin et quelle attention il faut apporter pour certifier que des espèces sont anglaises, car la confusion devientinévitable lorsqu'une fois elles ont été admises dans les collections étrangères ou ont été mèêlées accidentellement avec des espèces exotiques par des amis qui, dans le but d'obliger, ont ramassé tout ce qu'ils ont pu obtenir d’autres personnes sans certitude personnelle.
Si nous avions suivi une crédulité aveugle, nous aurions admis dans cet ouvrage au moins une vingtaine d'espèces supplémentaires ; mais elles ont été soigneusement exclues de notre cabinet de Testacés britanniques lorsqu'il y avait quelque doute, ou quand, après une stricte recherche, il y avait quelque raison de supposer qu'un mélange d'espèces indigènes et exotiques avait occasionné l'erreur et que des envois sibséquents de la mème localité ne venaient pas annuler notre première opinion.
Il est réellement surprenant de remarquer combien fréquemment en histoire naturelle on considère comme des variétés de la même espèce des individus qui ont des signes caractéristiques etinvariables de distinction, tandis que d'autres dépourvus de différences essentielles sont séparésen espèces distinctes. On admettra facilement que l'âge occasionne
1 M. H. Boys et M. Laskey, deux personnes dont la richesse conchyliologique d'espèces du Nord a nonseulement été mise amplement à profit par l’auteur, mais dont le public a pu facilement se convaincre dans ces pages.
une grande variété, et que lorsqu'on n'a pas été à même d'examiner les gradations du jeune âge à l'âge adulte, on fasse quelquefois plusieurs espèces d’une seule. Nous sommes tous susceptibles de tomber dans cette erreur ; mais la sincérité appelle la vérité lorsqu'elle est connue, et il y a certainement autant de mérite à découvrir la vérité qu'à découvrir une nouvelle espèce.
Lorsque, dans la première partie de cet ouvrage, nous donnions aux Cypræa arctica et bullata des places distinctes, c'était parce que nous n'avions pas de preuves suffisantes pour nous faire réellement différer d'opinion avec de respectables conchyliologistes , tout en exprimant, ainsi qu'on l'a vu, quelques doutes à ce sujet. Depuis lors nous avons eu assez d'occasions pour pouvoir réunir les coquilles dans leurs différents âges et même dans celui qui les rapproche de la Bulla diaphana, ce qui nous fait réunir sans hésiter les quatre espèces en une seule. Il est vrai que quelques conchyliologistes de nos amis ont exprimé des doutes sur la Bulla diaphana, soupconnant que c'était une jeune Cypræa ; nous étions de leur opinion, car l'animal diffère à cet âge autant de l'adulte que la coquilleelle-même, c’est ce qui nous a trompé. Dans son jeune àge, l'animal ne recouvre pas la coquille avec la membrane réfléchie comme à l’âge adulte, et dans le premier âge l'animal n’est pas aussi bien formé ni coloré dans cette partie.
Reconnaissant notre erreur lorsque nous avons fait de la Bulla diaphana une espèce distincte, nous prions qu’on veuille bien la corriger.
La Cypræa europæa avec marques, et sans marques appelée Arctica, peut être considérée comme une variété tout à fait formée; l'espèce lisse, nommée dans l'origine Bullata, est la même espèce moins àgée, et la Bulla diaphana est le premier âge moins forme.
CYPRÆA VOLUTA.
VoLurTa LÆvis. Don., br. shells, v, t. 165. — Lin. trans., vi, p. 133.
M. Donovan nous informe que les dessins qu'il a donnés de cette espèce ont été faits d'après des spécimens du cabinet de Portland et qui avaient été pris dans les eaux profondes à Weymouth.
BULLA
BULLA LIGNARIA.
Ayant eu dernièrement l'occasion d'examiner l'animal dans plusieurs de ces coquilles vivantes, nous avonsété conduits à ajouter quelques remarques à celles que nous avions déjà données dans le vol. 11 des Transactions de la Société Linnéenne.
L'animal est très-grand, de couleur laiteuse, s'étendant beaucoup hors de sa coquille ; il est composé de trois lobes, outre la partie pleine de la coquille, qui est comparativement pelite : le front, ou bouclier recouvrant toute l'extrémité antérieure qui fait saillie, est quelque peu arrondi et festonné, mais ni les yeux ni les tentacules ne sont visibles. Le sustentaculum est très-grand, s’avance même avec le lobe antérieur ou bouclier et s'étend sur chaque côté, un peu réfléchiet recouvrant à peine une partie de la coquille; en avant et entre ces deux parties se trouve cachée la bouche, dont les lèvres sont noires; outre la partie du corps enroulé dans la coquille, il y a une membrane qui s'étend vers l'ombilic.
Cette masse informe en apparence est très-remarquable par son estomac ou gésier,
qui a été si bien décrit et dessiné dans l'ouvrage ci-dessus mentionné qu'il serait inutile d'entrer dans des détails sur sa structure; mais il est bon de remarquer que nous avons plus d’une fois trouvé dans l'estomac de cette bulla une petite coquille très-épaisse, la Mya inæquivalvis, qui est probablement la mème espèce que celle décrite par l'auteur en question : mais elle n'avait pas de perforation semblable à celle indiquée dans cet ouvrage, qui donne à entendre que la Bulla a dans son estomac quelque organe pour percer les coquilles qui sont trop dures pour être écrasées par l'action des pièces de cet organe l’une contre l'autre. Si nous considérons la force musculaire de l’estomac de quelques espèces d'oiseaux et la comparons avec celle bien supérieure de celui des Bulla, augmentée par deux plaques testacées larges et épaisses et de la plus forte texture, nous ne serons pas surpris qu'il puisse broyer les individus les plus compactes de la plus petite coquille dont on trouve souvent, en grande abondance dans cet organe, les débris réduits en poudre. Un animal qui possède une force aussi extraordinaire pour màcher et briser sa nourriture ne saurait avoir besoin d'un instrument particulier destiné à percer des trous pour aller rechercher l'animal que contient une coquille ; il n'est pas non plus probable qu'un Murex ou qu'un Trochus ait cette propriété qui leur a été si souvent attribuée.
BULLA PATULA.
On a pris à l’aide de la drague sur la côte du Devon, parmi des Sertularia, un spécimen frais de cette coquille d'Angleterre qui est très-rare. Il avait environ trois quarts de pouce dans sa longueur.
L'animal quoique desséché fut ouvert pour chercher l'estomac qu'il possède, dit-on ; mais on ne trouva rien.
On verra, dans le catalogue des coquilles du nord de l'Angleterre que nous avons ajouté à cet ouvrage, que l'on a trouvé cette espèce dans plus d'un endroit de nos côtes septentrionales.