‹ Bibliothèque conchyliologiqueChapitre 473 sur 500 · BULLA APERTA · texte numérisé non relu

BULLA APERTA

LOBARIA QUADRILOBATA. Mull., zoo. dan., 1, t. 100 (animal). — [d., prodr., n°9 2741. — Gmel. syst., p. 3143. — Turt., iv, p. 113.

BULLA APERTA. Lin. trans., vin, p. 121.

L'animal auquel appartient cette coquille constitue un genre distinct dans la classe des mollusques du système de Muller et occupe une place séparée entre les genres Ascidie et Clio; mais cet auteur fait remarquer, dans sa Zoologia danica, que la coquille de l'animal ressemble à la Bulla aperta de Linné. Gmelin dans sa classification le place parmi les Lobaria entre les Holothuria et Triton, et donne à cette espèce le nom spécifique de Quadrilobata, sans donner aucunement à entendre que ce soit l'animal de la Bulla aperta. Souvent les livres d'histoire naturelle sont torturés et laissent dans l'embarras, parce qu’une partie de l'animal est décrite dans la classe des Vermes testacea et une autre dans celle des mollusques comme si elles étaient distinctes. Ascanius appelle l'animal Philine quadripartita.

BULLA HYDATIHS.

Lin. trans., vin, p. 123.

A l'aide de l'examen que nous avons pu faire d’un animal vivant appartenant à cette

coquille et de taille supérieure, nous pouvons rectifier l'erreur que nous avons commise dans notre première description et jeter plus de lumière sur le sujet.

L'animal, étendu et en mouvement (il ressemble alors à celui d'une Limace), est presque aussi long que la coquille ; sa couleur est un mélange de pourpré brun, de cendré et de jaune orangé disposé en petites taches réunies ; la nuance peut cependant changer aussi bien dans des individus séparés que dans des parties différentes du même individu : au milieu du bouclier antérieur sont deux petits yeux noirs, éloignés l'un de l'autre et placés au fond de petites cavités de couleur pâle ; le sustentaculum est trèslarge et s'étend derrière et sur un des côtés en forme de grandes nageoires semblables à des membranes qui sont réfléchies et cachent entièrement la coquille; celles des côtés tiennent en dessous par leurs bords antérieurs au bouclier ; la membrane postérieure est séparée des autres par une sinuosité profonde. Le côté droit est étendu sur l'endroit où il rampe ; le côté gauche tourne autour de l'extrémité postérieure de la coquille et retourne au - dessus. Lorsque le bord du bouclier est en haut et laisse voir la division longitudinale qui sépare cette partie du sustentaculum, on aperçoit sur chaque côté une tache jaune avec d’élégantes ramifications comme une plume d'oiseau, mais elle n’est pas détachée comme dans l'animal de la Bulla plumula.

Le peu de spécimens de taille extraordinaire qu'on a trouvés dans le bras de mer de Kingsbridge nelaissent pas de doute que cette espèce n’habite quelque partie de ce détroit ; mais, quelque locales que soient les productions de la nature, ce n'a été qu'après cinq années de constantes recherches que nous avons découvert la localité précise ou place de refuge où on les trouve généralement en grande abondance au reflux d’une grande marée. C'est sur la côte sud d'une petite île connue généralement sous le nom de Salt-Stone qu'on peut recueillir les plus beaux spécimens que nous ayons jamais vus : quelquesuns ont un pouce et un quart de longueur et sont toujours recouverts d'un épiderme couleur de rouille.

BULLA FONTINALIS.

HELIX BULLAOIDES. Don., br. shells, v, t. 168, f. 2. — Lin., trans. Vin, p. 223.

BULLA FONTINALIS. Lin., trans., vin, p. 126, t. 4, f. A. — Pull., hutch. Dorset, t. 24, f. 6.

Nous n'avons pas été peu surpris de trouver cette espèce très-commune de Bulla hétérostrophe décrite et figurée par M. Donovan pour la coquille rare et singulière du cabinet de Portland, et appelée par le docteur Solander Helix bullaoïdes, pour la description et le dessin de laquelle nous renvoyons à la Voluta bullaoïdes de cet ouvrage.

Un conchyliologiste de nos amis, qui nous a donné le Bullaoides de Portland, nous a assuré que M. Donovan possédait un semblable échantillon, mais que le dessin de la B. fontinalis avait été substitué par erreur. Maintenant, comme jamais la B, fontinalis ni la B. hypnorum (deux spécimens qui ont été quelquefois confondus) n'ont et n'auront d'autre place parmi les coquilles d'Angleterre, il était naturel de penser que l'auteur avait fait quelque erreur de nom en renvoyant au Bullaoides du cabinet Portland surtout, puisque non-seulement ce n'est pas une espèce, mais qu'elle est encore extrèmement différente de l’autre sous plusieurs rapports. On se rendra compte de cette circonstance jusqu'à un certain point en remarquant que le docteur Solander a nommé deux espèces différentes du nom de Helix bullaoides, celle que nous avons nommée Bulla fontinalis et celle décrite plus bas comme étant la Voluta bullaoides ; mais il avait marqué la différence entre elles en ajoutant Lincoln au nom de la dernière, Il est évident que la confusion est venue de cette circonstance fâcheuse : on a figuré une coquille

sous le nom de FH. bullaoides, avec la conviction qu’une espèce portant ce nom dans le cabinet de Portland était tout à fait différente de la Bulla de Linné.

Pour le dessin de la Bulla hypnorum, nous renvoyons aux Transactions de la Sociélé Linnéenne, vol. vu, tab. 4, fig. 3, et à Pulteney, Hutchins’s Dorset, tab. 18, fig. 20.

BULLA RIVALIS.

BuLLA RIVALIS. Lin. trans., vint, p. 126, t. 4, f. 2.

Coquille ovale, pellucide, avec cinq tours proéminents renversés et un apex aigu ; ouverture ovale-oblongue.

Cette espèce de Bulla hétérostrophe tient par sa formele milieu entre la Bulla fontinalis et l’kypnorum, bien qu'elle diffère évidemment de l’une et de l’autre. On la distingue facilement de la première en ce qu’elle est plus proéminente, plus aiguë au sommet et plus contractée dans la partie inférieure de l'ouverture, et de la seconde par la forme conique de ses tours et par sa pointe qui est plus aiguë. Cependant quelques auteurs distingués ont exprimé des doutes sur la différence entre les deux dernières coquilles mentionnées ; de pareils doutes peuvent exister pour celle-ci et doivent plutôt servir à affermir l'opinion de ceux qui manquent de moyens de comparaison en la supposant être un âge intermédiaire qui les réunit. Mais il est juste d'observer qu'autant que notre humble opinion peut affermir la respectable autorité de ceux qui les premiers ont fait connaître cette coquille au public, nous n'avons pas hésité, lorsque nous en avons reçu un échantillon du révérend M. Rackett, à reconnaître l'identité dela Bulla rivalis comme espèce distincte.

On dit que c'est M. James Hay qui le premier l'a découverte dans le Hampshire; mais on n'a mentionné ni l'habitat ni une description de l'animal. Nous pouvons cependant dire avec raison que c'est une espèce aquatique. On peut voir en consultant les Testacea britannica que les animaux qui habitent les Bulla fontinalis et hypnorum sont tellement différents qu'il ne doit plus rester aucun doute aux sceptiques les plus déterminés. il serait à désirer que dans la coquille en question, comme dans celles qui ont une semblable aflinité, on se servit de l'animal comme du moyen le meilleur et le moins sujet à discussion.

Cette espèce paraît être commune dans les Indes occidentales et atteindre le double de la taille des spécimens d'Angleterre; nous en avons reçu un grand nombre de cette contrée.

BULLA TRUNCATA.

BULLA RETUSA. Lin. frans., Vir, p. 198. — Pult., hutch. Dorset, t. 18, [. 13.

VOLUTA.

VOLUTA TRIPLICATA.

VOLUTA TRIPLICATA. Don., Br. shells., IV, t. 138.

Il y a sous ce nom une coquille dans les British shells que l'on donne comme une production de cette contrée sur la simple autorité d’une note manuscrite de Da Costa attachée à cette coquille et qui dit : « Cette coquille est figurée par Walker. » Personne

n'a cependant depuis avancé l'opinion qu'on eût trouvé une telle coquille en Angleterre, mais le Turbo bidentata de Walker est la coquille que l’on regarde comme s’en rapprochant le plus dans l'ouvrage cité par Da Costa. Nous pouvons affirmer avec la plus grande certitude que ce n'est pas le Turbo bidentata de Walker, parce que nous avons reçu à plusieurs reprises cette coquille de M. Boys, avec le n°50, renvoyant aux Testacea minuta rariora. Nous avons eu aussi la Voluta triplicata de Guernesey. Il est vrai que M. Donovan a placé après cette citation un point d'interrogation.

Coquille ovale, polie, d’un brun châtain, avec six tours, le premier occupant les trois quarts de la coquille : ouverture contractée; columelle à trois phs. C'est une coquille forte dont les tours sont extrèmement aplatis et marqués seulement par une ligne de séparation. Longueur, à peine un demi-pouce.

Pour comparer ces coquilles nous renvoyons à l'ouvrage cité plus haut, et à notre Voluta denticulata, tab. 20, fig. 5; ce qui nous évitera de faire ressortir leur grande différence, car, que ce soit réellement une espèce anglaise ou non, il est essentiel d'empêcher qu’on ne confonde les deux espèces, puisqu'on a renvoyé pour la Triplicala à la Denticulata, dans les Transactions linnéennes, vol. vi, p. 430.

VOLUTA BIDENTATA. PI. x11, fig. 15.

Coquille forte, épaisse, conique et d'un blanc pur, avec six ou sept tours assez lisses et quelque peu lustrés, rayée de quelques rides distantes longitudinales qui font onduler la ligne de séparation, le premier tour occupe les deux tiers de la longueur; l’apex est pointu : ouverture étroite, d'environ la moitié de la longueur de la coquille, contractée à l’angle supérieur; lèvres épaisses; columelle très-épaissie et formant en se repliant un subombilic; elle est garnie de plis en forme de dents. Longueur, un quart de pouce.

Nous sommes redevable de cette nouvelle espèce de Volute à M. Laskey, qui l'a découverte sur la côte d'Écosse, près de Dunbar; mais il fait observer qu’elle est rare et qu'on ne la trouve qu'après une tempête. Depuis que nous avons recu les échantillons de M. Laskey, nous l’avons découverte à l'état vivant sur la côte du Devon, beaucoup plus grande, mais à peine aussi large , et jamais mêlée à des Voluta denticulata.

Cette espèce ressemble beaucoup plus à la V. denticulata qu'à la V. triplicata, et bien qu’elle s’en rapproche étroitement, il y a des différences caractéristiques invariables qui suffisent pour les faire facilement distinguer. Elle en diffère en ce qu'elle est généralement blanche, plus épaisse, et toujours quelque peu ridée ; l’ouverture est plus contractée, la lèvre interne épaissie n’a jamais plus de deux plis, et aucune dent ne se voit sur la lèvre externe; mais la couleur de la coquille, et son corps plus gros en proportion de sa longueur, la font distinguer à la première vue, ainsi qu’on peut s’en assurer par la comparaison des dessins.

L'animal est une Limace blanche qui a deux tentacules anguleux très-courts, ordinairement bordés de noir, et deux veux noirs placés derrière à leur base : sustentaculum bifide, s'étendant en avant de la tête. Locomotion extrêmement restreinte.

VOLUTA HYALINA. PI. xu, fig. 46.

Coquille pellucide, blanche et polie, se terminant en pointe obtuse, avec six tours plats à peine définis par la ligne de séparation; le premier occupe plus de la moitié de la longueur de la coquille, l'ouverture est tronquée, la base tronquée et canaliculée; la lèvre externe est polie : columelle plissée, avec sept ou huit stries

MONTAGU. 397 filiformes, qui prennent naissance derrière la lèvre interne. Longueur, un quart de pouce ; largeur, plus du tiers de sa longueur.

Cette espèce nouvelle et élégante du cabinet de M. Laskey a été trouvée par lui sur le banc de coquilles, près de Dunbar.

VOLUTA ALBA.

Très-petite espèce qui se rapproche te'lement de la coquille qui, dans l'origine, nous à été envoyée par M. Boys, pour le n° 61 de Walker, que nous n'osons pas, d’après l'échantillon unique et quelque peu usé que nous possédons, la donner comme distincte, Il y a certainement beaucoup de confusion dans les coquilles de Walker. Parmi les nombreuses et excellentes communications de notre ami, M. Boys, à jamais regrettable pour la science, il nous a été envoyé, pour la comparer, une petite espèce accompagnée d’un dessin. En comparant cette coquille avec le dessin de celle-là, nous sommes maintenant obligé d'émettre une opinion. Par une inadvertance inexplicable, feu notre digne ami avait, dans son cabinet des Testacea minula rariora, donné ce nom à une jeune Bulla obtusa; et nous ne pouvons nous empêcher de douter que Walker n'ait réellement donné cette coquille-la pour elle, et que, par quelque erreur, ces deux coquilles n'aient été confondues.

Celle que nous publions aujourd'hui se rapproche beaucoup du spécimen original de la V. alba de M. Boys; elle est également petite, ovale, avec quatre plis sur la columelle ; l'ouverture est étroite et ouverte à la base comme la F. pallida, mais elle n'a pas le contour de cette coquille; les tours supérieurs sont quelque peu usés, mais l’apex est assez avancé pour en indiquer trois où quatre. Il y a sur la columelle, outre les plis, quelques légères dentelures plus saillantes.

Trouvée par M. Laskey, dans le sable de la côte de Dunbar.

VOLUTA BULLAOIDES. PI. xx, fig. 14.

Coquille ovale, de couleur de corne pèle, tournant au pourpré-brun à l'extrémité , avec onze ou douze tours apiatis; ils ne sont divisés par aucune ligne déprimée, mais ils sont repliés l’un sur l’autre, laissant le bord saillant et non tourné en dedans ; le premier tour occupe les trois quarts de la coquille, ceux qui suivent ne sont pas très-petits, mais les quatre ou cinq derniers décroissent si subitement qu'ils forment un mamelon sur la coquille comme le style à lextrémité d'un gland, auquel cette espèce ressemble beaucoup. L’apex est le plus petit de toutes les coquilles que nous nous rappelons avoir vues; l'ouverture est très-contractée; la lèvre externe s'étend sur la moitié environ de la longueur de la coquille; la lèvre interne est presque lisse et sans aucun pli; mais à la base ou partie inférieure de l'ouverture la lèvre externe retourne subitement, entre dans l'ouverture et forme un repli épais ou arête sur la columelle dont on peut’suivre le trajet en spirale à travers la coquille, bien qu'elle soit très-épaisse et opaque; le repli subit de la lèvre qui forme l'arèête spirale de la columelle forme aussi une sorte de canal ou gouttière. Longueur, trois huitièmes d’un pouce.

La forme et la structure de celte curieuse coquille ressemblent quelque peu à celles de la Voluta tornatilis, et nullement à la Bulla fontinalis, qui, ainsi que nous l'avons fait remarquer en parlant de cette espèce, à été prise pour elle.

Il paraît singulier qu'on soit resté aussi longtemps sans rechercher si cette intéressante petite coquille était réellement d'origine anglaise; et aujourd'hui nous la donnons comme indigène dece pays sur l'autorité du cabinetde Portland, où elle était placée parmi

les coquilles de terre et d’eau douce. A la vente de ce cabinet, cette coquille, avec un grand nombre d’autres, toutes anglaises, a été achetée dans le lot 2487, avec le mot Lincoln à la suite de son nom, donnant à entendre ( on le présume) qu'elles venaient de ce comté. Ce spécimen identique est maintenant dans le cabinet de M. Laskey, dont la bonté nous à mis à même d'en donner un dessin; nous ajouterons à ce que nous en avons déja dit que nous devons avouer qu'aucun collecteur moderne, que nous connaissions, ni nous non plus, n'avons jamais été assez heureux pour la trouver ou découvrir quelques traces de son habitat.

VOLUTA CATINATA.

Dans un lot de coquilles occidentales nous en trouvons un grand nombre de cette espèce qui ne diffèrent que par l'absence de taches rouges; et les bandes de taches blanc opaque varient en nombre depuis quatre jusqu'à sept ou huit, et sont si obsolètes qu'on peut à peine les suivre à l'œil nu.

BUCCINUM.

BUCCINUM LAPILLUS.

Lin. trans., Vin, p. 435. — Pult., Hutch. Dorset, t. 15, f. 1-4, 9 et 12.

Dans la première descriphion que nous avons faite de cette coquille, nous avons omis de parler, d’après notre propre expérience, du fluide si extraordinaire produit par l'animal, bien que nous ayons fait mention de la belle couleur qu'il donne, et renvoyé aux auteurs qui pouvaient ajouter quelques éclaircissements sur ce sujet. Nous nous sommes livré depuis attentivement à des expériences sur la teinture où matière colorante que l’on entire, comme de l'animal du Turbo clathrus ; une courte description ne paraîtra pas superflue aux plus philosophes de nos lecteurs, surtout parce qu'on y a inséré des circonstances curieuses qui ne paraissent pas avoir été connues.

Depuis l'essai donné par M. Cole dans les Transactions philosophiques, réimprimé après et vendu séparément en l'année 1689, il ne paraît pas que personne ait tenté d’autres expériences, si ce n’est un naturaliste français ; et encore ne prouvent-elles que l'existence de la couleur pourprée dans l'animal du Buccinum lapillus, couleur qui était considérée comme la fameuse pourpre de Tyr des anciens ; l'auteur n’a fait que détailler la manière de s'en servir !. !

L'animal est de couleur pèle, avec des tentacules grèles sur lesquels sont placés les yeux à la moitié environ de leur hauteur ; les extrémités des tentacules jusqu'aux yeux sont rétractiles à la manière des escargots ordinaires ; il y a aussi au canal de la coquille un petit appendice saillant.

La partie qui contient la matière colorante est une petite veine longitudinale, placée immédiatement au-dessous de la peau du dos, derrière la tête, paraissant plus blanche que le reste de l'animal, Nous avons cassé plusieurs de ces coquilles dans un petit éfau (ce qui est moins sujet à endommager l'animal qu'un coup de marteau), et avec une aiguille nous avons ouvert la veine que nous avons trouvé contenir une matière visqueuse

1 Duhamel a publié quelques expériences sur la matière colorante de la pourpre avec des remarques sur l'espèce : elles ont été insérées dans les Mémoires de l’Academie royale des sciences pour 1736. Ce philoso phe croit que la pourpre des anciens était tirée d'uue espèce de Murex, et diffère en cela de l'opinion de son compatriote Réaumur, qui supposait que c'était du Buccinum lapillus.

Jjaunètre, de la couleur et de la consistance d'une crème épaisse; et après y avoir introduit la pointe fine d'un pinceau dur, nous avons fait plusieurs marques sur de la toile, de la soie et du papier ; aussitôt que le fluide fut exposé à l'air il devint d'un jaune plus brillant, tourna promptement au vert pâle sur les divers tissus, et continua à devenir insensiblement plus foncé, jusqu'a la teinte bleuâtre, et de là il passa au rouge pourpré plus où moins foncé selon la quantité employée : ces changements étaient plus ou moins accélérés par la présence ou l'absence des rayons solaires; mais sans l'influence du soleil il passait à ces diverses nuances dans l'espace de deux ou trois beures.

Une portion de fluide mêlée avec de l'acide vitriolique étendu, de prime abord, ne semblait pas sensiblement affectée; mais en les mêlant plus intimement au soleil, elle devenait d'un pourpré pàle ou rouge pourpré, sans passer par aucune des teintes intermédiaires.

On fit plusieurs marques sur du calicot fin pour essayer s’il était possible d’effacer la couleur à l'aide de quelques moyens chimiques ; et on a trouvé qu'après que cette couleur était arrivée au pourpré, l'acide nitrique, non plus que l'acide vitriolique, n'avaient d’autres effets que de la rendre plus brillante; l’eau régale avec ou sans solution d'étain, et l'acide marin, ne produisaient pas de changement ; l’alcali non fixé ou volatil ne produisait pas non plus d'effet. Il ne donne pas du tout sa couleur à l’alcool comme la cochenille et le suc de l'animal du Turbo elathrus ; mais 1l lui communique à un tres-haut degré une odeur fort désagréable ; tellement qu'à l'ouverture de la bouteille ses effets sont plus puissants sur les nerfs olfactifs qu'une saturation d’assa fœtida, auquel on peut la comparer !. Toutes les marques qui avaient été soumises à l’action de l’alcali ou de l'acide, et celles qui n'avaient été soumises à aucune de ces actions, redevenaient, après avoir été lavées dans l'eau et le savon, d’une couleur uniforme, plutôt plus brillante qu'avant, et étaient d’un beau cramoisi inaltérable.

Comme la tache faite par ce fluide animal était (aussi loin qu'a été poussée notre expérience) indestructible, nous essayàmes d'en réunir une certaine quantité pour marquer du linge, lorsqu'on ne pourrait se procurer de coquilles fraîches. Plusieurs coquilles furent broyées, toutes possédaient plus où moins de fluide colorant ; il fut extrait, à l’aide d'une paire de ciseaux à pointes fines, avec le moins possible de chair environnante, et posé sur un morceau de verre plat avec quelques gouttes d'eau de source. Ainsi préparé et de consistance raisonnable, il était de couleur vert sombre, qui resta longtemps stationnaire; mais une portion qui était un peu étendue prit la nuance pourprée dans le cours de la journée sans l'assistance du soleil; nous avons observé cependant qu'elle paraissait verte lorsqu'on Ôtait la lumière. Un peu de cette matière parfaitement desséchée, prise avec un pinceau, trempée dans l'eau et appliquée sur de la toile, fut, à l’aide des rayons solaires, promptement changée en pourpré foncé, et ensuite, en la lavant avec du savon, en cramoisi, peu inférieur à la teinture fraîche, mais jamais aussi prononcé.

n'y a pas de doute que la matière colorante de cette espèce était employée par les anciens, quoique chaque animal n'en produise qu'une aussi petite quantité.

Nous savons qu'un naturaliste espagnol a découvert sur la côte de Guayaquil et Guaümala, au Pérou, une coquille qui produit une couleur pourprée. Toute la description que nous ayons de cette coquille, c’est qu'elle est de la grosseur d'une noix, et que la teinture, semblable à celle du Buccinum lapillus, change du blanc au vert, et ne passe pasau pourpré avant d’être sèche ; la manière de l'extraire prouve que c’est une espèce tout à fait

! Pour plus ample description de la matière colorante, voyez le Turbo clathrus.

différente de celle-ci. On fait cette opération soit en tuant et pressant l'animal, ou en le tirant en partie de la coquille et en le pressant pour extraire le fluide qui sert à colorer ; on répète cette opération quatre fois à différents intervalles, mais toujours avec un succès décroissant. Si on la renouvelle trop souvent, l'animal meurt. Aucune couleur connue aujourd'hui, dit l'abbé Raynal, ne peut lui être comparée pour le brillant, la vivacité ou la durée t,

Nous recommandons particulièrement l'usage de cette sécrétion lorsqu'on veut avoir une matière colorante indélébile; les lettres marquées sur la toile ou d’autres vêtements avec lanimal vivant paraissent indestructibles, et défient les procédés chimiques; cette couleur serait extrêmement utile et d'un emploi facile. Presque tous les exemplaires possèdent ce fluide sans avoir égard au sexe ou aux saisons.

BUCCINUM MINIMUM.

BUCGINUM BRUNNEUM. Don., br. shells, v, t. 179, f. 2. BUCCINUM MINIMUM. Lin., trans., vu, p. 439.

BUCCINUM GLACIALE.

BUGCINUM GLACIALE. Gmel., syst, p. 3491. — Turt., linn., 1v, p. 404. — Chem. conch., x, t. 452, f. 1446-47. — Don., br. shells, v, t. 154. — Lin., trans, NII, p. 136.

TRITONIUM GLACIALE. Mull., zoo. Dan., prodr., n° 2942.

En donnant place à cette coquille dans un ouvrage principalement destiné aux coquüles d'Angleterre, nous ne faisons que suivre l'exemple de M. Donovan, qui reconnaît n'avoir d'autre autorité que celle de M. Agnew, jardinier de feu la duchesse douairière de Portland, qui dit lavoir trouvée dans les îles Orkney, et elle a été, en conséquence, placée dans la division des coquilles d'Angleterre du muséum de Portland. Il n’est pas certain que le docteur Solander ait mis en doute.cette autorité; mais nous savons de bonne source que cette espèce, qui avait dans le muséum le numéro 569, portait la note suivante : « Du Groënland et très-rare. »

Coquille un peu mince, eflilée, et de couleur brun livide, avec environ neuf tours striés en spirale; le sommet de chaque tour est dentelé ou à petites côtes ; près de la base se trouve ordinairement une seule strie transversale plus large que les autres, ce qui fait qu'on l'a décrite comme légèrement carénée ; l'ouverture est ovale, la lèvre externe mince, et dans les échantillons avancés en âge, un peu étendue. Longueur, deux pouces ou plus.

I semblerait, d'après la description qu'en ont faite la plupart des auteurs, que la iégère arête unique entourant la spire est un caractère constant. On a mentionné une variété dans laquelle on a remarqué la raie spirale sur tous les tours jusque très-près du sommet, et l'on nous a dit que dans d’autres la levre externe est non-seulement étendue, mais ENCOre épaisse.

STROMBUS.

STROMBUS TUÜURBOFORMIS. PL x, fig. 40.

Coquille ayant sept tours, dépourvue de stries en spirale; Îles tours sont

1 ÆEncyclopædia brilannica, article Murer.

bien marqués par la ligne de séparation : l’apex est obtus, la base lisse, l'ouverture suborbiculaire; la lèvre externe s'épaissit vers le bord et est un peu étendue; la couleur est d'un rouge brun-pàle, la bouche et l’apex sont presque blancs. Le nombre des rides est d'environ quatre-vingts. La longueur dépasse plutôt un quart de pouce; la largeur à la base est du tiers de la longueur.

Cette espèce ressemble beaucoup au Strombus costatus ; mais les rides sont plus grossières et elle n'a pas cette sorte de fil en spirale qui entoure la base de chaque tour dans ce dernier.

Habite les côtes de l'île de Nun, en face de Jona, ou Y. Columb-Kill. Rare.

MUREX

MUREX DESPECTUS.

MuREx ANTIQUUS. Mull., zoo, dan., nt, t. 118.— Don., br. shells, 1, t. 31. — Lin. trans, VI, p. 145. — Pult., Hutch. Dorsel, t. 17, f, 4.

Nous voudrions que dans le catalogue des British shells on remplacàt le nom d’Anliquus par celui de Despectus donné à la figure tab. 31, l'auteur ayant dessiné, vol. 5, tab. 180, une coquille qu'il regarde comme étant le véritable Despectus de Linné, parce qu'il a deux lignes élevées en spirale.

Il paraîtrait que Linné ayant fait quelque confusion en citant pour son Despectus des figures qui ne s'accordent pas avec «anfractibus octo lineis duabus elevatis, » à servi de guide à des auteurs qui ont donné sa synonymie à notre Despectus. Nous devons cependant admettre que le caractère de son Antiquus « anfractibus octo teretibus » répond parfaitement à notre Despectus.

Dans son Iter Westgothicum, Linné semble avoir représenté, fig. 8, tab. 5, l'espèce que M. Donovan considère comme le véritable Despectus, bien que le premier renvoie à Lister, Angl., tab. 3, fig. 4, ce qui s'applique évidemment à son Antiquus.

Nous remarquerons encore ici que l’auteur des British shells a considéré notre Antiquus comme une espèce distincte, et à la fin de son ouvrage il exprime le désir que l'on donne le nom de Duplicatus à une coquille qu'il regarde comme tout à fait différente de son Carinatus, tab, 109.

Si nous nous guidions sur les auteurs qui paraissent avoir eu occasion d'examiner ces coquilles, il y aurait bien lieu de douter si les quatre espèces ne sont pas réellement la même. Il est d'abord si difficile de déterminer ce qui distingue ces coquilles qui semblent si intimement unies par leur gradation qu'une autre séparation ne ferait que jeter de la confusion jusqu'à ce qu’on püt mieux éclaircir le sujet; mais nous approuvons M. Donovan lorsqu'il renvoie au Despectus des collecteurs anglais pour l'Antiquus de Linné.

Martini fait remarquer qu'on trouve toutes ces variétés en grande abondance sur Ja côte, à Elseneur, et qu'il les a toutes considérées comme étant de véritables variétés de l'Antiquus de Linné. Nous renvoyons pour de plus amples informations aux arguments de cet auteur et aux différents dessins donnés vol. 1v, tab. 138.

La raison qui a fait que nous n'avons pas réuni dans une seule espèce les coquilles unies et ridées, c'est que nous n'avons jamais rencontré un seul exemplaire de ces dernières parmi celles prises sur toutes les parties de notre côte; elles sont quelquefois extrèmement épaisses, pesantes et ridées, surtout celles de la côte du Lincolnshire.

La coquille figurée par M. Donovan pour le Despectus de Linné ayant été dessinée

plutôt comme point de comparaison que pour la faire entrer dans le Catalogue des Coquilles d'Angleterre, nous ne pouvons la donner comme une espèce anglaise.

Nous remarquerons ici que M. Laskey a pris dernièrement sur la côte d'Ecosse un spécimen du Murex carinatus de Pennant, et en faisant cette communication, il nous faisait observer qu'il le pensait distinct et non une variété de celui que nous avions d'abord considéré comme l’Antiquus.

I est à propos de noter ici que nous avons reçu d'un de nos amis une coquille sous le nom de Murex decollatus, et qui est sans doute un jeune individu de cette espèce.

La plupart des collecteurs dans cette branche de la science possèdent sous ce nom les jeunes de quelques espèces de Hurex, d'où il suit que toute coquille non formée et dont l'apex est tronqué, est considérée comme de la même espèce ; car presque toutes les coquilles plus grandes présentent dès leur sortie de l'œuf un apex arrondi. Celles fisurées par Pennant et Donovan semblent différer de celle dont il est question. Sa forme et sa couleur sont celles de notre Despectus, et elle n'en diffère que par l’apex qui est globuleux et l'absence de repli ou d'épaisseur sur la columelle; elle est légèrement striée en deux sens comme cette dernière coquille, et la columelle, au lieu d'être repliée, a deux petites raies qui se dirigent en spirale vers l'ouverture, mais dans les coquilles plus âgées elles sont recouvertes et perdues dans l'épaisseur du test.

On ne l’a jamais trouvée au-dessus d’un pouce de longueur, bien qu’on l'ait prise à l'état où elle a atteint sa plus grande taille.

Après tout nous ne pouvons considérer ces coquilles décollées que comme les jeunesnon formés de quelque coquille plus grande, car c'est cequi arrive pour les jeunes du Buccom undalum, ainsi que l'ont vu ceux qui ont pris la peine de les extraire des œufs qu'on trouve si communément en grappes sur nos côtes.

MUREX ACCINCTUS.

Coquille conique avec six ou sept tours, à côtes ou stries légèrement anguleuses dans le milieu de chaque tour; les tours ont aussi des stries fines en spirale : l'ouverture est oblongue, le canal court. Couleur blanc-jaunâtre, avec une bande obsolète brune sur le milieu du tour inférieur, et qui se prolonge jusqu’à la base du supérieur. On remarque à l'aide d'une lentille que cette bande est composée de trois ou quatre lignes conuguës semblables à un fil et de couleur brune. Largeur, une ligne.

Cette coquille a quelque peu de ressemblance avec le Murex gracilis, mais elle en diffère essentiellement par l'ouverture et par le canal. Elle est dépourvue d’entaille à l'angle supérieur de l'ouverture ; les stries spirales sont beaucoup plus fines.

Cette coquille extrèmement rare existe dans le cabinet de M. Laskey, qui l'a prise dans la mer, dans le détroit de Forth.

MUREX SUBULATUS. PI. xnr, fig. 41.

Coquille mince, blanche, ayant environ quinze tours à peine élevés, marqués par une ligne spirale d’un brun pourpré; chacun d'eux a deux rangs de grains, séparés par une. ligne déprimée, sur laquelle on remarque de petites stries élevées dans un sens opposé ; ouverture petite, canal court et penchant vers la gauche. C’est ce qui la fait ressembler au Murex tuberculatus, mais le canal est plus incliné : la base est unie ou privée de tubercules et d’une couleur brun foncé. Longueur, trois huitièmes de poucc.

On a trouvé cette coquille dans le sable de la mer, à Scalasdale, dans le détroit de Mull. Très-rare,

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