MYA DISTORTA. PI. 4, fig
Mya. Coquille subpellucide, mince, fragile, blanche, rugueuse et diversement contournée ; les valves sont convexes, le plus souvent de forme subovale ; mais elles sont renflées à l'umbo, et tournent derrière le bord où commissure; le crochet est petit, à peu près central, et n'est incliné d'aucun côté. Dans les exemplaires les plus larges, la charnière est placée plus près de l'extrémité la plus grande. En général, il n'en est pas de mème des coquilles inégales et rugueuses que de celles de forme plus suborbiculaire ; mais elles sont toutes plus ou moins sinueuses et dentelées au bord : intérieur blanc ; charnière pourvue d'une large dent subtriangulaire dans chaque valve, déprimée au milieu, et dirigée horizontalement en dedans, de la même manière que dans la M. pubescens. Comme dans les deux espèces précédentes, les dents se couvrent l’une l'autre lorsque les valves sont fermées, et elles sont réunies par un ligament.
Cette coquille, qui a quelques rapports avec les deux espèces précédentes, est beaucoup plus convexe que la M. prætenuis, et la dent n’est pas si longue ni si arrondie Par la forme de la dent, elle diffère aussi de la M. pubescens, et, d’ailleurs, elle n’est pas tronquée ; elle diffère de l'une et de l'autre par sa rugosité et sa forme contournée.
C'est à Falmouth que nous avons remarqué d'abord cette espèce, dans la vase retirée du port pour servir d'engrais, et depuis nous l'avons trouvée, à Plymouth, logée dans une pierre calcaire, dans laquelle elle avait pénétré, comme les pholades; c'est à cela qu'est due probablement sa difformité. On la trouve aussi dans quelques parties de la côte du sud de Devon, mais en petite quantité.
L'exemplaire le plus grand que nous ayons rencontré n'a pas plus de trois quarts de pouce de longueur et un pouce de largeur ; d’autres exemplaires sont aussi longs que larges. Quoique cette espèce et les deux précédentes n'appartiennent peut-être pas positivement au genre Mya, elles ne peuvent cependant pas être placées plus convenablement dans aucun autre des genres de Linné. Le docteur Pulteney nous apprend que si le docteur Solander eût assez vécu pour finir sa Description systématique du cabinet de Portland, 1 avait l'intention de constituer un genre nouveau , dans lequel devaient être comprises la Mya pubescens, la prætenuis, le Solen bullatus, et d’autres coquilles de ce cabinet.
Si ce nouveau genre avait été formé, il n'y a aucun doute que cette espèce n'y eût été placée ; mais nous ne nous croyons pas autorisé à faire une telle addition pour une ou deux espèces à un ouvrage purement local.