A MON PETIT LOGIS
Épitre familière de Ducis '.
Petit séjour commode et sain, Où des arts et du luxe en vain On chercherait quelque merveille; Humble asile où j'ai sous la main Mon La Fontaine et mon Corneille,
1 Cette petite pièce et la suivante figurent dans les Poésies diverses de Ducis. Nous avons cru pouvoir les ranger parmi les épîtres, puisque ce genre poétique, qui rigoureusement n'aurait dû renfermer que les lettres proprement dites, a été étendu par l'usage aux discours versifiés qu'on adresse nonseulement à des personnes réelles et absentes, mais aussi à des êtres inanimés. C'est ainsi que Boileau adresse une épître à ses vers, et Horace à son livre. Chez les latins ces sortes de poésies familières étaient indifféremment appelées episiolce ou sermones.
ducis. 277
Où je vis, m'endors et m'éveille Sans aucun soin du lendemain, Sans aucun remords de la veille; Retraite où j'habite avec moi, Seul, sans désirs et sans emploi, Libre de crainte et d'espérance ; Enfin, après trois jours d'absence, Je viens, j'accours, je t'aperçoi.
0 mon lit ! ô ma maisonnette !
Chers témoins de ma paix secrète, C'est vous, vous voilà, je vous voi !
Qu'avec plaisir je vous répète :
Il n'est point de petit chez soi !