‹ Bibliothèque critique des poëtes françaisChapitre 1 sur 88 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

POEMES ÉPiaUES, HISTORiaUES, FANTASTIQUES ET SATIRlttUES.

ou LA SAINTE COURONNE RECONQUISE, poëme épique, par le P. Le Moyne, de la Compagnie de Jésus. — 16:53-1 6S6.

Au milieu du dix-septième siècle, dans riiitervalle qui s'écoula entre l'apparition de Nicoméde, le dernier des chefs-d'œuvre de Corneille, et celle <ï Andronmque , le premier des chels-d'œuvi'e de Racine, le \ent tourna tellement à l'épopée sur notre parnasse qu'en moins de douze ans la France applaudit une douzaine de poèmes héroïques. Dès lOol, le P. Le Moyne, jésuite *, obtenait \e privilège du roi pour l'impression de son Saint Louis, , dont les sept premiers chants parurent en 105.3 et les onze derniers en l(ïo6. Dans une seule année, en 1654, apparurent le Saint Paul d'Antoine Godeau , évèque de Grasse et de Vence ^ le Moine sauvé de Saint-Amant, l'Alaric ou Borne vaincue de Georges Scudéri; qui furent suivis, en dt)56, par le Clovis ou la France chrétienne de Desmarets, par la Pucelle ou la France délivrée de Chapelain, attendue et promise d'avance comme une Iliade; par la Pharsale de Brébeuf, qui, bien qu'elle ne fût qu'une traduction, eut presque les honneurs d'une inspiration nouvelle. Ce n'est pas tout, bien que ce soit le principal : Lesfargues publia son David en 1660; Jacques de Coras, après avoir débuté, en 1663, par son Jonas ou Ninive pénitente, publia un autre David, un Sarnson et un Josué; Le Laboureur, en 1664, dédia son Charlemagneau prince de Condé; Jacques Carel de Sainte-Garde mit au jour, deux ans après, Childebrand ou /es Sarrasins chassés de France.

* Né en 1G02, mort en 1G71. — ^ \\ avait déjà publié en 164G son poëme de l'Assonipiion de la Vierge, en trois clients.

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