‹ Bibliothèque critique des poëtes françaisChapitre 8 sur 88 · LA CAPTIVITÉ DE SAINT MALC · texte numérisé non relu

LA CAPTIVITÉ DE SAINT MALC

poënie liislorique. par La Fontaire — 1673.

Déjà célèbre depuis quinze ans lorsqu'il entreprit ce poëme historique et religieux, La Fontaine semblait n'avou' que deux cordes à sa lyre, l'une innocente, mais profane, potu" faire parler les bètes et pour pleurer les disgrâces d'un ami; l'autre criminelle et voluptueuse, pour chanter le vice et mêler d'impures harmonies aux chœurs de Bocace, d'Arioste et de Rabelais ; et voilà qu'il en trouve subitement une troisième pour invoquer la Reine des esprits puis et soutenir les cantiques des vierges du désert. Vous diriez, en lisant cette douce et pieuse inspiration, qu'il s'est enivré à deux sources dont l'alliance est malheureusement trop rare, à celle où saint François de Sales avait bu tant de suavité et à celle d'où devait sortir, douze ans plus tard, le charmant conte imité d'Ovide, Philémon et Baucis.

Reine des esprits purs. Vierge, enfin je t'implore*. Fais que dans mes chansons aujourd'hui je t'honore : Bannis-en ces vains traits, criminelles douceurs. Que j'allais mendier jadis chez les neuf Sœurs.

1 Saint Malc, moine de SjTie, est mentionné dans le martyrologe romain au vingt et unième jour d'octobre. Saint Jérôme, qui l'avait connu, a écrit sa vie vers 392 [Oper. t. IV, p. 2, p. 90 ; et c'est dans les pages de ce Père de l'Église que La Fontaine a pris l'idée de son poëme. — * La Fontaine, alors âgé de

r.A FONTAINE. — Ifi*!.!. ^21

Dans ce nouveau travail mon but est de te plaire.

Je chante d'un héros la vertu solitaire.

Ces déserts, ces forêts, ces antres écartés.

Des favoris du ciel autrefois habites :

Les lions et les saints ont eu même demeure.

Là Malc priait, jeûnait, soupirait à toute heure,

Conservait avec soin le trésor précieux

Que nous tenons de Feau dont la source est aux cieux.

Rien de phis simple que ce petit poème, composé de cinq cent quarante-huit vers. Un jeune moine de Syrie, habitant d'une solitude placée entre Irama et Béroé, qui est aujourd'hui la ville d'Alep, apprend la mort de ses parents, songe à recueillir leur héritage et médite son retour au siècle.

Funeste appât de Tor, moteur de nos desseins. Que ne peux-tu sur nous, si tu plais même aux saints? Il veut fonder un cloître, et destine le reste A vivre sans éclat, toujours simple et modeste.

Le sage directeur auquel il découvre son projet cherche en vain à le dissuader.

Mon fils, dit le vieillard, il faut qu'avec franchise Je vous ouvre mon cœur touchant votre entreprise. Où vous exposez-vous? et qu'allez-vous tenter? En de nouveaux périls pourquoi vous rejeter? De triompher toujours seriez-vous bien capable? Ah ! si vous le croyez, l'orgueil vous rend coupable ; Sinon votre imprudence a déjà mérité Les reproches d'un Dieu justement irrité. Fuyez, fuyez, mon fils, le monde et ses amorces:

cinquante-deux ans, n'avait, en effet, invoqué jusque-là que les Muscs d'É?ope et d'Anacréon. A cette époque de sa vie il tourna quelquefois ses regards vers le ciel et demanda des inspirations à la harpe du roi-prophè(e. En 1671 il inséra une paraphrase du psaume xviie dans un Recueil de Poésies chrctieimes . En 1094. infirme et converti, il traduisit le Dies irrp et lit fïc% Stances mr lu ioumiisinn que l'on cLjit à Dieu.

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