‹ Bibliothèque critique des poëtes françaisChapitre 80 sur 88 · LEBRUN · texte numérisé non relu

LEBRUN

Puis des pamphlets qu'on dit économiques ; Je lus encor préfaces de Piron, Et du Laharpe et même du l^éron :

Bien n'opérait. J'ouvre enfin ce poi-me Plus ennuyeux cent fois que l'ennui même. 0 Mois ! ô Mois ! vous m'avez endormi De prime abord pour un siècle et demi*.

Sur les poètes de l'Académie,

Malgré deux succès dramatiques, Laharpe n'est qu'un rimailleur ; Champfort - polit des vers étiques, Lemierre '•' en forge d'helvétiques; Saint-Lambert les fait narcotiques ; Marmontel ne plaît qu'au railleur.

L'adroit et gentil émailleur Qui brillanta les Géorgiques Des poètes académiques Delille est encor le meilleur.

Éloge d'Urbain Doniergue '^.

Ce pauvre Urbain, que l'on taxe D'un pédantisme assommant.

Joint l'esprit du rudiment

Sur Gin 5, qui postulait pour l'Acadcmie.

Sur notre Pinde académique.

Qui du vrai Pinde est peu voisin.

Notre Euripide limousin,

1 \oYez les Mois de Roucher, recueil précédent, p. 76. — ' Poëte dramatique, mort en 1794. — ^ Autre poëte dramatique, mort en 1793. 11 a quelque chose du style dur de Chapelain, dont la muse était allemande en français. (Ci-dessus, satire neuvième de Boileau, p. 260.) — * Célèbre grammairien, l'un des premiers membres de l'Institut, qui eut le grand tort de vouloir faire des vers. 11 est mort en 1810- — ' Mort en 1807. Auteur d'une foule d'écrits médiocres.

32S ÉriGRAM.MES.

Marmoiitel;, hurle du tragique; Sedaine ' gâche du comique; Ghabanon^ racle du lyrique; Lemierre en rime didactique Nous trace l'art du Pérugin ' ; Laharpe dans la poétique Est seul Aristote et Longin ; Guibert est Yégèce en tactique '' :

Eh! que sera donc monsieur Gin?

Réconciliation avec Laliarpe.

Hélas! oui, je sitfiai tes Brames:

J'*ai mes torts; n'as-tu pas les tiens? Passons-nous-les en bons chrétiens :

riublions tout, jusqu'à tes drames ^

Sur la fraternité ou la mort.

Bon Dieu ! l'aimable siècle où l'homme dit à l'honnne : Soyons frères... ou je t'assomme !

Moyen sîiv de parvenir.

Un chêne était sur la cime hautaine Du mont Ida, roi des monts d'alentour.

Un aigle était sur la cime du chêne ; Près de l'Olympe il y tenait sa cour.

A l'improviste apparaît, un beau jour,

' Voyez le recueil précédent, p. 272. — ^ Traducteur de Pindarc, mort en 1792. — 3 Lemierre a fait un poëme sur la peinture, — * Guibert, militaire et écrivain, avait publié un Essai sur la tactique. Il mourut en 1790. Végèce, qui florissaità la fin du quatrième siècle, est le plus célèbre des auteurs latins qui ont écrit sur l'art de la guerre. — = Il fallait en rester là. Lebrun, qui manque souvent de précision dans le développement d'une pensée, a gâté cette épigramme eu ajoutant :

Laharpe, avec bénignité,

Je le pardonne en vérité

Tes plats vers, tes jalouses trames,

rt ta lourde malignité,

Kt mes petites épigrammcs.

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