‹ Bibliothèque d'AnjouChapitre 21 sur 89 · Acta SS., t, I, p. 55, i«' mars · texte numérisé non relu

Acta SS., t, I, p. 55, i«' mars

1 3. Ms. in-4«, dont il ne restait plus que 26 ff. au XVI* siècle, consenré à l'abbaye de Saint-Aubin et contenant des enluminures représentant les miracles du saint, avec deux ou trois vers latins de commentaires en légende. (Rangeard, Hist. de l'Université, ch. zux).

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L'auteur fait mention de Tabbé Hubert qu'il appelle un homme d'une simplicité et d'une douceur admirable ^ Vautier fut doyen du Monastère pendant son gouvernement, et lui succéda. Il mourut l'an io55. Il parle aussi de l'abbé Othbran, célèbre dans l'Histoire par ses démeslez avec les Moines de Vendôme, pour le monastère de S. Clément de Craon. Othbran fut élu l'an 1060 et mourut Tan io8i.

Ce Religieux, dont le nom n'est pas connu >, a écrit avec beaucoup de simplicité et de piété, de sorte qu'on ne peut pas raisonnablement rejener son témoignage. Il a écrit vers l'an i o5o, puisqu'il a écrit sous l'abbé Vautier. Ainsi il faut dire que le dernier miracle qui est rapporté, est d'un autre Moine de S. Aubin, et qu'il a esté ajouté aux autres sous le gouvernement d'Othbran. On peut néanmoins avancer sans blesser la vrai-semblance, qu'il a esté ajouté par le mesme auteur après Tan 1060, sous l'abbé Othbran, qui succéda à Thierry.

BERNARD, Mustrb-Ecolb d'Angbks

Ann. 1055. — Bernard, surnommé le Scholastique, Angevin, estoit frère de Robert, qui fut élu abbé de S. Paul de Cormeri, l'an 1047 ou 1048, et qui est le second de ce nom. Il succéda à Robert I*' et acheva le bastiment de son monastère que son prédécesseur avoit commencé, et fit faire la Dédicace de l'Eglise, l'an 1054. Je trouve que ce Robert II a esté surnommé l'Angevin*.

Bernard fit de grands progrès dans l'étude de la Grammaire et de la Philosophie, qu'il enseigna depuis à Angers avec grande réputation. Il fut disciple de Fulbert, célèbre Evesque de Chartres, vers l'an 102 5, ou plutost il demeura long-temps à Chartres pour se former et profiter de ce sage et sçavant prélat *. Bernard nous apprend que pendant ce temps-là, il alloit souvent dans la petite Eglise de S^ Foy, qui estoit en ce temps-là hors la ville, ou pour prier, ou pour écrire quelque chose. Et comme on parloit beaucoup alors de tous costez des miracles extraordinaires et fréquents que Dieu faisoit dans l'église de S^ Foy à Conques» dans le Roûergue, il fit vœu d'y aller et de voir luy-mesme ce qui s'y passoit. Il ne put pas néanmoins satisfaire son désir aussitost qu*il auroit voulu. Car il fut obligé d'aller à Angers, y estant invité par l'Evesque Hubert, où il passa près de trois ans à des choses peu importantes. Enfin il se débarrassa de tout ce qui l'arrestoit à Angers, et il alla tout droit à Conques, oti il vit un très-grand nombre de personnes qui rapportoient une multitude infinie de miracles. Il se mit à en écrire plusieurs, et il commença par le plus célèbre, parce qu'il avoit pour témoins tout ce qu'il y avoit d'hommes dans la Province, ayant esté fait dans la personne d'un nommé Gilbert, à qui ses ennemis avoient arraché les yeux jusqu'à la racine, et à qui Dieu rendit la vue, en présence de tout le peuple. Gilbert (ou Witbert) luy dicta luy-mesme toute son Histoire.

Pour les autres miracles, il fit choix de ceux qui s'estoient faits depuis peu d'années, et dont les témoins étoient encore vivants. Il les écrivit en peu de mots, se proposant de les rapporter plus au long lorsqu*il seroit retourné dans sa patrie et qu'il en auroit le loisir. Bernard proteste qu'il avoit recherché et examiné la vérité sur les lieux avec tout le soin imaginable : qu'il n'avoit esté

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