‹ Bibliothèque d'AnjouChapitre 40 sur 89 · Ch. n«, livre V«,(I« partie · texte numérisé non relu

Ch. n«, livre V«,(I« partie

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estoit Angevin, très connu dans PEglise d^ Angers, et en qualité d'Abbé de Vandômei il estoit possesseur du Prieuré de TEsylère qui est dans la ville d'Angers ^. Ainsi, les Chanoines de S. Maurice et nommément : Estienne, Doyen ; Hubert, Chantre ; et W. ou Garnier, Archidiacre; luy envoyèrent cette Lettre • :

« Estienne, Doyen, Hubert, Chantre» et Garnier, Archidiacre, à leur très-aimé Père et très cher « ami Geoffroy vénérable Abbé de Vandôme.

c Nous supplions vostre Paternité de ne point différer de secourir TEglise d'Angers, et comme « un Père très-prudent> comme Catholique, comme fils de l'Eglise Romaine, de luy donner « conseil et secours. Car nous voulons avec ;l'aide de Dieu, parler et traiter de l'élection d'un « Evesque, le lendemain de S. Pierre, avec les Evesques voisins, les Abbez et autres personnes € Religieuses, et terminer cette affaire autant que nous pourrons. Nous désirons donc que vous € soyez présent i cet entretien, et nous vous supplions de ne nous pas priver de vostre secours et c conseil, mais au contraire de nous le donner. Car nous avons confiance que par la miséricorde c de Dieu, nous conduirons cette affaire à une heureuse fin. Portez vous bien, et accordez nous € ce que nous demandons. »

Le Père Mabillon •, qui a tiré cette Lettre des Archives de Vandôme ^ écrit que l'Abbé Geoffroy se trouva à l'Election ; mais qu'il n approuva pas celle qu'on fit de la personne de Rainauld. Ce dernier fait est certain, mais le premier ne le paroist pas. Au contraire, cet Abbé répondit en ces termes au Doyen, Estienne, et aux deux autres :

« Je vous rends grâce de ce que vous m'avez appelle, quoique indigne et pécheur, à l'élection de « votre Evesque. J'aurais consenti volontiers à votre invitation, si je n'avois craint à cette occasion « de souffrir ce que je ne veux pas dire. Mais comme vous ne pouvez pas m'avoir avec vous selon c vostre demande, je lotie quoique absent ce que vous ferez selon Dieu *. »

Estienne fut fort opposé à l'élection de Renauld et se retira mesme de l'Assemblée, ne voulant point consentir à une proclamation irrégulière et tout à fait indigne. De plus, voyant que Marbodus, Evesque de Rennes, favorisait Renauld, il fit arrester ce Prélat, le fit mettre en prison, où il le fit enchaîner '. Mais dans la suite il s'accomoda avec Rainauld *. Ainsi, il ne profita pas des avis salutaires que l'Abbé Geoffroy luy donna dans une seconde Lettre qu'il luy écrivit ainsi qu'aux deux autres durant le cours de cette grande affaire qui fit naître une très fâcheuse dissention.

Guillaume, archidiacre, soutint aussi les vues de Rainauld, comme Marbodus nous l'apprend '.

FOULQUE RECHIN, Comte d'Anjou kt de Touraine

AnN. 1109* — * Foulque IV surnommé Rechin, ou Richin, à cause de la dureté de ses mœurs a esté un homme assez extraordinaire, fon meslé de bien et de mal, ayant de grandes qualitez et de

I. Chron. des EgU d'Anjou, (l'Esvière, p. 172); — V., L. Compain, Etude sur Geoffroy de Vendôme, (Bibl. <lc l'École des Hautes Etudes, p. 190, note i, 86* fasc.) ; — Hauréau, Une élection d'Mq. au XII^ s., (Revue des Deux- Mondes^ août 1870, p. 553).

3. V. copie qui en existe à la Bibl. Nat. (coll. D. Housseau, t. IV, 1200).

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