Vet. Anal. (t. IV, p. a32, !*• édit
BIBLIOTHèQUB d'aNJOU 5
jusqu'en 43 1 et que cet ouvrage selon quelques exemplaires, a esté paraphrasé depuis par S. Magno» baud ou Maimbeuf Evesque d'Angers*. D'autres ne font point mention de Juste, et croyent que S. Maimbeuf est le premier auteur de la vie de S. Maurille.
S. LEZIN, EvBSQUB d'Angers
Ann. 805. — Quoique le nom de ce saint Evesque soit Romain, son Historien n'a pas laissé d'écrire, qu'il estoit sorti du sang royal de France. Il effaça l'éclat de sa naissance par l'excellence de sa foy et de sa vertu. Son père qui tenoit une des principales dignitez à la Cour du Roy Clotaire !«', le fit élever avec soin dans les bonnes lettres et Tétude des Saintes Ecritures, où il fit de grands progrès. Il avoit d'ailleurs toutes les qualitez de corps et d'esprit, qui font considérer un jeune homme de la première qualité. C'est pourquoy le Roy le fit grand Ecuyer et Comte d'Anjou, et ses parents le pressèrent de se marier, car il paroit qu'il estoit unique. Sa fiancée s'estant trouvée tout d'un coup lépreuse, il renonça au siècle, reçeut la tonsure cléricale, et se mit dans une communauté de clercs. Il y vescut d'une manière si exemplaire que l'Evesque Audouln estant mort l'an 595, les peuples le demandèrent pour leur pasteur. Le Clergé de la ville s'y joignit et l'élection fut approuvée par le Roy Clotaire II. Lezin s'acquitta exactement de tous les devoirs de sa charge : il voulut mesme quitter son siège, mais on ne le luy permit pas. Il mourut l'an ôoS» le premier jour de Novembre âgé de 65 ans, après avoir gouverné l'Eglise d'Angers durant dix ans et cinq mois. Son corps fut enterré dans l'Eglise du Monastère de S. -Jean -Baptiste, qu'il avoit fondé pour s'y retirer. Sa feste fut transférée ensuite au 1 2 de Février, qu'on croit estre le jour de sa Canonisation. On fait encore une autre feste de ce saint Evesque le 8 de Juin, qu'on prétend estre le jour de son ordination. L'an 1 169, on leva son corps de son tombeau avec grande solennité. La vie de S. Lezin a esté écrite par un Angevin dans le septième siècle, et fut retouchée à la fin du XI* par Marbodus, Archidiacre d'Angers, depuis Evesque de Rennes'.
S. Lezin avoit écrit des lettres et quelques opuscules qui n'ont pas esté conservez : car l'ancien auteur de sa vie dit, qu'il avoit appris la plus grande partie de sa vie et de ses actions par le moyen de Daniel, son disciple ; et qu'il avoit trouvé aussi quelques particularitez dans les Lettres et les Opuscules du Saint Evesque et de ses Disciples.
S. Lezin eut pour successeur Cardulfe, à qui on donne trois ans d'épiscopat, et néanmoins on marque sa mort l'an 607 et l'élection de S. Maimbeuf; ce qui n'est pas exact. Mais il y a une grande obscurité dans les Catalogues des Evesques de cette Eglise qui ont gouverné dans le VII et le VIII« siècle.
Je ne dois pas oublier que l'an 601, S. Grégoire le Grand écrivit une Lettre à Sept Evesques de France entre lesquels est S. Lezin, les priant d'aider les Moines qu'il envoyoit en Angleterre, de tout ce qui leur seroit nécessaire, afin qu'ils ne fussent pas obligez de rester longtemps dans les Gaules '.
t. V. Vie de 5. Maurilley par S. Maimbœuf (BolL, Acta SS., Sept, t. IV, p. 71, n« 40). 9. Voir note 3, page 6, et Marbode, sa pie et ses œuvreM, par Léon Emault, p. 87.
3. V, Carmen. 5. Licinio Andegavensiwn episcopo, à la fin des poésies latines de Pierre du Vachet, prêtre de rOratoiie, dédiées au P. Senault, supérieur général des Ardilliers de Saumur, Emou, Saumur, 1664).
BIBLlOTldlQUB D^ANJOU
ANONYME, AUTEUR db la vib db S. Lezin*
Vers 880. — La vie de S. Lezin *, Evesque d'Angers a esté écrite par un Angevin qui vivoit peu de temps après luy, sur les Relations de Daniel, l'un de ses disciples, et de diverses autres personnes qui avoient connu paniculièrement ce saint Prélat. Et, pour les miracles que Dieu avoit faits à son tombeau, il en avoit vu la plus grande partie.
Ce que cet auteur dit au commencement de son ouvrage, n'est pas fort clair * ; au moins je ne l'entends pas: Hujus itaque Sancti viri laudabilia facta quœ gessit, nonnulla ego à familiaribus ejus narrantibus, qui ejus discipulos viderunt, à quitus ethœc quœ mihi tradiderunt perceperant... ; car il semble qu'il faut lire : à familiaribus meis ; ou bien il faut effacer ces mots : qui ejus discipulos viderunt Car cette particularité devient inutile, s'il avoit consulté les amis de S. Lezin, et appris d'eux ce qu'il a écrit. Quoiqu'il en soit, il faut avouer que cet Angevin écrit assez mal, et sans beaucoup d'ordre, de sorte qu'il ne faut pas s'étonner si Marbodus, Angevin, retoucha cette vie environ 5oo ans après '. Car il luy donna un stile plus étudié et plus clair, il retrancha plusieurs endroits, et l'augmenta en d'autres sur quelques anciens mémoires, qui avoient esté conservez.
S. MAGNOBAUD ou MAIMBŒUF, Evesque d'Angers
Ann. 654. — Cardulfe ^ successeur de S. Lezin estant mort, on élut Evesque d'Angers Magnobaud, nommé vulgairement Maimbeuf, Tan 607, qui fut ordonné avec le consentement du Roy Clo-> taire II. Il estoit Angevin. S. Lezin lui donna la tonsure cléricale ; puis il l'ordonna prestre vers l'an 598. Ce saint Prélat ayant fait bastir une église à l'honneur de S. Jean-Baptiste dans un faux-bourg d'Angers, envoya Maimbeuf à Rome pour obtenir du Pape des Reliques. Puis il le fit Abbé de Chalonne, lieu qui est 4 lieues au-dessous d'Angers *.
Dix ans après son ordination S. Maimbeuf écrivit la vie de S. Maurille, un de ses prédécesseurs qui a vescu dans le cinquième siècle. Il semble dire, qu'il avoit plutost expliqué celle que le prestre Juste avoit faite * ; qu'il ne l'avoit composée de son fonds. Elle n'a pas esté imprimée telle que l'avoit Claude Menard '. L'an 625, le quarante-deux du Roy Clotaire II, il souscrivit au Testament de S. Longils, Abbé dans le Maine, avec quelques autres Prélats. Cinq ans après, il assista au Concile de Reims assemblé par l'Archevesque Sonnatius, où les Pères firent vingt-cinq canons. Car les autres Statuts au nombre de vingt-et-un qui se trouvent, paroissent plus nouveaux. S. Maimbeuf fit bastir un Monastère avec une Eglise, qui porte son nom depuis plusieurs siècles *. Mais il la dédia sous le titre de Saint-Saturnin. Ce Monastère servoit aussi d'Hôpital. Le Saint
I. Vita S. Liciniiy (Boll., Acta SS., i3 Février, t. III, p. 679), traduite par Arnault d'Ândilly, (Vies de plusieurs Saints illustres^ 1664, p. 387).