‹ Bibliothèque d'AnjouChapitre 50 sur 89 · Labbe, Concil. t. X, col. 603 circà · texte numérisé non relu

Labbe, Concil. t. X, col. 603 circà

10. Cf. Mabillon, Acta Cenonamens. episcop. Veter, anal, t. III, p. 3o3 ; — Ducjiesne, Script, Franc, t, IV, p. 353. Orderie Vital, Hist, ecclés., t. IV, ap. lib. X ; - D. Bouquet, Histor, de France, t. X, col. 671» , et t. XII, col. 591* ; — Hebert-DuperroA, de vitâ Hild., p. 29; ^ Deservillers, Hild, et son temps, p. 26.

BIBLIOTHEQUE d'aKJOV 55

L'an 1098, Marbodus estoit à Angers, où il fut un des juges dans un procès entre les moines de S. Nicolas et ceux de S. Aubin, avec Raoul, Archevesque de Tours, Hildebert du Mans et plusieurs Abbez ^. Il estoit encore dans cette ville au mois de septembre l'an i loo, et il fut présent à l'accord et Société que firent ensemble les Moines de S. Nicolas et les Chanoines de S. Pierre*.

Le dernier Editeur de Marbodus écrit que ce Prélat avoit esté déposé dans le Concile de Poitiers tenu l'an i loo. Est*<:e que ce bon homme, âgé de 80 ans, a lu Marbodus, Evesque de Rennes, pour Norgaudus, Evesque d'Autun ? Ce qu'il y a de vrai, est que l' Archevesque de Tours et Marbodus de Rennes défendirent d'abord Norgaudus ; mais les Chanoines d'Autun leur ayant fait connoistre tout ce qui s'estoit passé, ces Prélats changèrent de sentiments et abandonnèrent Norgaudus *.

L'an iioi fut très-désagréable à Marbodus, et il paroist difficile de le justifier de ce qu'il fit dans l'élection de Raynauld, Evesque d'Angers *. Car Geoffroy de Mayenne ayant quitté son Siège et s'estant retiré dans l'Abbaye de Cluni où il prit l'habit monastique, on songea à luy donner un successeur, et on fixa le jour de l'élection. Marbodus ne nous dit point ce qui l'engagea à soutenir Raynauld de Martigné-Briant, jeune homme qui n'avoit pas l'âge prescrit par les Canons et qui n'estoit pas dans les Ordres sacrez, contre le sentiment des plus vénérables de l'Eglise d'Angers et d'autres personnes constituées en dignité. Quoiqu'il en soit des raisons qu'il eut de se jetter dans ce mauvais parti, il nous apprend dans sa Lettre à Rainauld ' « que lorsqu'il alloit de Rennes à Angers pour se trouver à l'élection, il fut arresté et renfermé dans une prison par les intrigues d'Estienne Doyen de l'Eglise d'Angers, qui estoit fort opposé à Rainauld *. Que s'estant échappé il ne cessa point de soutenir opiniâtrement le dessein qu'il avoit pris de faire élire Rainauld, et d'appuyer par toutes sortes de moyens ce mauvais choix, contre l'avis des meilleurs ecclésiastiques, qui, pour plusieurs causes, Timprouvoient, comme faite par le peuple sans leur consentement, et contre leur réclamation et leur opposition, parce que Rainauld n'avoit pas l'âge prescrit par les Canons ^ ; qu'il n'estoit pas dans les ordres, et que l'élection s'estoit faite dans un tumulte populaire d'une manière séditieuse* ; que Raoul, Métropolitain de la Province, avoit desjàcédé aux opposants et qu'il avoit résolu de renvoyer l'affaire au Pape piutost pour casser l'élection que pour la confirmer ; mais que luy Marbodus, alors prévenu en faveur de Rainauld, fit tant d'efforts, qu'il parla, raisonna, pria tant l'archevesque, qu'il le fit consentir à sacrer Raynauld *, ce qu'il fit avec Marbodus **. Quelques-uns luy ayant reproché que c'estoit une iniquité, il répondit follement et imprudemment,

1. GalL christ nov.y t. XIV, col. 746 ; — Rangeard, t. II, p. 61.

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