Cf. D. Chamard, eod. loc. p
9. D. Bernard, Epist. n* 340 ; — Tresvaux, Hist. de l'Egl. d'Aug., Append. n* XII, p. 439.
(I). D. BonqoM, t. XV, p. 408. — P. Mdaféfnt, Clrpnu nmc. FMitf».» t. II, pp. 457*458.
8a BIBLTOTHiQUB d'aNIOU
reste à Geoffroi, Evesque de Chartres, son Légat, et aux Archevesquesde Tours (•) et de Bordeaux*. Il exhorta en même temps les Religieuses à éviter les procez, et à conserver la paix pour terminer une affaire qui duroit depuis si long-temps. Le Pape ne vouloit pas aussi que l'Eglise d'Angers souffrit quelque perte. C'est pourquoy ayant exigé la restitution, il veut néanmoins que cela se fasse sauf la justice due à l'Evesque et à l'Abbaye de S. Serge d'Angers. Il paroist clairement par cette Lettre que les Ecrits d'Ulger ' avoient fait impression sur l'esprit d'Innocent, et qu'il avoit reconnu par là, que les Religieuses poussoient l'affaire au-delà des bornes de la modération. En effet, ce long procès ne fut point terminé entièrement sous Innocent, ni sous ses deux succeseurs. Ce n'est que sous Eugène III et après la mort d'Ulger, qu'Engelbault, Archevesque de Tours, y mit fin, l'an 1 149, lorsque Normand de Doé remplissoit le siège d'Angers '. Nous trouvons mesme que Lucius II qui, pendant le Pontificat d'Innocent, avoit soutenu fortement les Religieuses agit, estant Pape, avec plus de réserve. Car dans une Lettre écrite à l'Abbesse de la communauté de Fontevrauld ^, il leur dit: « qu'il estoit sincèrement affligé de ce long procez qui duroit encore entre elles et son vénérable Frère, Ulger, Evesque d'Angers, et qu'il travailloit volontiers à le finir d'une manière avantageuse aux deux parties ; qu'ainsi il écrivoit à l' Archevesque de Bordeaux et aux Evesque de Chanes, de Soissons, de Saintes et de Poitiers, de s'assembler dans quarante jours après que l'Evesque d'Ulger sera retourné de Rome dans son Eglise, pour finir cette affaire, soit par un accord» soit par un jugement. Il prie l'Evesque d'aimer et de soutenir l'Abbaye de Fonte*vrauld. Il avenit TAbbesse de se trouver à l'assemblée des Evesques lorsqu'elle y seraappeliée et de se soumettre humblement à ce qui sera réglé. »
Cette Lettre de Lucius fut écrite, l'an 1 144 ou 1 145.
On peut conclure de tout ce que nous venons de dire : i* que la Lettre de S. Bernard à Ulger n'a pas esté écrite, l'an 1 140, mais deux ou trois ans plutost, scavoir : dès le commencement de ce grand et long procès ; 2^ que TEvesque Ulger eut besoin de beaucoup de patience et d'une grande fermeté ; 3o que ce bon Prélat fit le voyage de Rome, l'an 1 144, puisque Lucius manda à cinq Evesques de France de s'assembler et terminer ce différent après qu'Ulger seroit retourné de Rome en son Eglise. Ce que je remarque, parce que j'ay lu en quelque endroit, que Lucius ayant invité Ulger à venir à Rome, cet Evesque s'en excusa sur sa vieillesse et ses infirmitez, et qu'il envoya en sa place Peloquin, son Officiai*.
On voit parmi les Poésies (THildebert^ alors Archevesque de Tours, une petite pièce qui a pour titre: Disputatio inter Pontificem Romanum et Ulgerium Andegavensem Episcopum, et qu'on doit entendre sans difficulté de cette fâcheuse affaire de Fontevrauld *. Car les suites qu'elle eut sont assez marquées par ces mots, missa privetur , Cette pièce paroist faite contre Innocent II, en faveur d'Ulger, à qui l'auteur semble attribuer la raison, la justice et les loix. Quoiqu'il en soit, il n'y eust que l'intérest de son Eglise ou l'honneur de l'épiscopat qui porta Ulger à tenir ferme dans cette
(a) L'Archevesque de Tours est le célèbre Hildebert.
I. V. le P. de la Mainferme, Clypeus nascentis Fontebrald., t. Il, pp. 457-458; — Rangeard, ibid. t. II, p. 100; — Tabbé Edouard, 1. 1, p. 194, ubi suprà.
a. V. notamment sa lettre apud Duchesne, Hist. Franc, Script. ^ t, IV, p. 770.
3. GalL christ vet, t. II, col. iSa et «ov., t. XIV, col. 569 a (ann. 1149); — H. Niquet, Hist, de VOrdre de Fontevrauldj livre IV, p. 400; — La Mainferme, Clypeus nascentis, t. II, pp. 482-483 ; — D. Bouquet, t. XV, p. 419.
4. De La Mainferme, Clypeus nascentis, t. II, pp. 459-460; — Bulle, n* 1137; ^ Rangeard, ibid. t. II, pp. 100loi ; ~ Tabbé Edouard, loc. cit. t. II, p. 194 ; — Pavillon, Preuves de la vie de R. d*ArbriselleSy p. 278.
5. V. Duchesne, Hist. Francor. Scriptores, t. IV, p. 770 et Rangeard, Hist. de VUniverS** d'Ang., t. II, p. 100. 6* V. Hildeb. et Marbod. Opera^ éd. Beaugendre, Poimata.
longue et fftcheuse affaire. Car S. Bernard mesme qui écrivit à ce Prélat dans les commencements, reconnoist qu'on ne pouvoît luy reprocher que cette seule action dont il ne connaissoit pourtant le fond que sur les relations de l'Abbesse de Fontevrauld *. D'ailleurs, Ulger aimoit beaucoup l'état Monastique. Car, l'an 1 1 3 1 , il donna à l'abbaye de Marmoutier une Eglise et une Chapelle ; puis considérant que ce fameux Monastère n'avoît point de retraite dans la ville d'Angers, il luy donna un Verger», Il termina aussi un procès entre le Curé de Vernetiil et l'Abbaye de Fontevrauld*. Je ae scay en quel temps. Il confirma à Robert, Abbé de Toussaints d'Angers, les Eglises dont il estoit en possession*. Ulger donna des marques éclatantes de son amour pour son Eglise, et de sa sollicitude pastorale ; ayant retiré un grand nombre d'Eglises de la main des laïques, il en racheta plusieurs. Il recouvra l'Eglise de S. Maimbeuf, qu'on appelloit l'Abbaye de S. Saturnin, des mains de trois gentilshommes, en présence de Richard, sous-doyen, de Boëmond, Raoul et Normand, ses Archidiacres*. Le Comte GeoflFroy ayant restitué les Eglises de S. Jean l'Evangéliste et de S. Lezin qui estoient dans un fauxbourg de la ville d'Angers, en présence de Normand, Doyen, de Thibauld, Trésorier, de Guillaume de Chemillé, etc., Ulger donna au Comte mille sous angevins et autant à Thibauld de Blazon*. Il reçût aussi l'Eglise de S. Just, dans la ville de Chasteau-Gontier, des mains d'Adelard, Seigneur du lieu, et l'abbaye de S. Pierre, dans un faux-bourg d'Angers, qui luy fut restituée par Abbon de Rochefort. On trouve un acte d'Ulger, qui contient une Relation de cette restitution, qu'Abbon et son fils, Geoffroy, firent à cet Evesque et à soç Eglise, de l'abbaye de S. Pierre, l'an 1 140 '. Il acquit de mesme l'Eglise de S. Léonard de Chemillé et plusieurs autres qui estoient en main laïque, comme celles de Botiilly, de Précigné, deCormeil, et quelques autres. Tout cela est dû à ses prédications, et au soin qu'il prit d'instruire son peuple.
Hiret écrit qu'il donna l'Eglise de Livré à Robert, Abbé de la Roë*, et à ses moines ou chanoines, du consentement de Richard, archidiacre, connu par lesLettres de Geoffroy, abbé de Vendôme, et de F.,., archiprestre.
L'an II 3 1, Ulger obtint du Pape Innocent II, la confirmation des possessions et des privilèges de son Eglise. Le Pape le nomme, « un homme prudent et amateur de la Religion *. »
On a publié une Lettre ou plutost un fragment d une Lettre de Guillaume Quadrad, Evesque de Saintes, fils du Baron de Jonsac, à Ulger, où il luy demande son secours. Il appelle l'Evesque d'Angers, «son maistre et seigneur », et prend la qualité «de son clerc »; ce qui donne lieu de croire
I. V. lettre de S. Bernard à Innocent II en faveur d'Ulger r.« 340, (Tresvaux, Hist, deVEgU d*Ang.^ t. I, Append. n* XII, p. 439).
a. GalL christ, nov., t. XIV, col. 568 et Cartul, de Marmoutier \ — Rangeard, Hist. de V Univers. d*Ang.f 1. 1, pp. 98-99; t. II, p. 171, pièce justificative, n^ XVI.