‹ Bibliothèque d'AnjouChapitre 9 sur 89 · V. Charte de juin 969 ; — D., Housseau, (n" 201 et 2o · texte numérisé non relu

V. Charte de juin 969 ; — D., Housseau, (n" 201 et 2o

5. Brève chronicon monasterii S. Florentii Salmuriensis ; — {Chroniques des Églises d'Anjou, t. I, pp. 181 à 195 ;

— Historia Monasterii 5. Florentii Glonnensis, p. 207, et introduction, p. XX).

6. Thibaud le Tricheur, comte de Blois, mort en 959. — (Chron, des Egl, d'Anjou, (S. Florent, pp. 209 et 229).

— Aubineau, pp. XXIX et XX.

7. Historia Monasterii S«* Florentii ; (V. note 5 ci-dessus ; — D. Marténe et D. Durand, Ampl collectio, t. V, 1 08 1 ; — D. Lobineau, Histoire de Bretagne, II, 82 ; — D. Bouquet, Historiens de France, X, 264 ; XI, 276 ; XIX, 5o6).

BIBLIOTHEQUE d'aNJOU I I

ODON, Abbé db Glanopkuil, ou dk S. Maur sur Loire, puis des Fossez

Ann. 880. — Odon, célèbre dans le IX« siècle, estoit Abbé de S. Maur-sur-Loire sous le règne de Charles le Chauve. Les Normands ravageant l'Anjou, l'an 863, l'Abbé Odon transféra de GlanfeUil le corps de S. Maur dans le Diocèse de Sées, et il y demeura un an. De là il passa en Bourgogne, où après avoir séjourné plus de trois ans, le saint corps fut porté aux Fossez à deux lieues de Paris, l'an 868, et Tannée suivante le Roy Charles établit Odon Abbé des deux Monastères des Fossez et de Glanfeûil.

Au mois de Novembre, il commença a écrire l'Histoire de la Translation du Corps de S. Maur dans le Monastère des Fossez, et il la finit en 869, vers le 20 de février. Il commence par la destruction du Monastère de Gianfeûil ; puis il décrit son rétablissement. Il rapporte ensuite les miracles faits au tombeau du Saint Abbé, et enfin la Translation de son corps dans le monastère des Fossez. Il narre tout cela sur la foy de témoins illustres et dignes de foy qu'il nomme. Il dédia cet ouvrage a Adelmode Archidiacre du Mans, son ami particulier. Odon ayant esté le principal ministre de la Translation il parle comme témoin de tout ce qui se passa dans cet événement. Personne ne révoque en doute la vérité de cette Histoire, et les Critiques en parlent avec estime ^.

Plusieurs ont attribué à Tabbé Odon la vie de S. Maur disciple de S. Benoist, qui se trouve communément. D'autres jugent cet ouvrage, dans l'état où on le trouve aujourd'hui indigne de cet Abbé et ils accordent seulement qu'il a pu laisser quelques Mémoires sur S. Maur auxquels l'Auteur aura ajouté diverses choses. Ceux qui croyent que c'est une pure fiction vont assurément trop loin et se livrent peu prudemment à leurs préjugez. Il y a quantité de choses dans cette pièce qui ne peuvent estre venues que d'un Auteur du sixième siècle; qu'un Auteur de la fin du IX«ou du X« n'auroit pas pu scavoir^ ni écrire sans s'égarer continuellement. Il faut donc dire que Odon ayant trouvé la vie de S. Maur écrite par Fauste entre les mains de quelques étrangers qui revenoient de Rome, il Tacheta, la polit et la publia en France. Mais il changea quelques endroits et y ajouta aussi apparemment quelque chose, scavoir: quelques noms que l'Auteur n'avoit pas marquez, ce qui a gâté l'ouvrage de Fauste ; car on ne peut pas dire qu'il soit d'Odon, puisqu'il est cité par Adrevald qui vivoit du temps d'Odon, et mesme, selon quelques auteurs, par Amalalre plus ancien qu'Odon.

Au reste, Odon estoit sçavant, il écrivoit assez bien, et il paroist homme de bien, pieux et fort sincère. Ce qui fait croire, que la plus grande faute qu'il a faite dans la vie de S. Maur consiste en ce qu'il a voulu marquer les noms des personnes que Fauste avoit seulement désignées par leurs qualitez.

ADALBERGE

Ann. 910* — Pendant que Rainon gouvernoit l'Eglise d'Angers, et estoit en mesme temps Abbé de S. Serge, comme nous venons de dire, une noble Dame Angevine nommée Adalberge, qui estoit veuve, donna à l'Eglise et au Monastère de S. Serge une Terre allodiale qui luy appartenoit, parce que son mari, Fromond, la luy avoit donnée pour sondotiaire. Cette Terre estoit en Anjou dans le Canton

I. Hittoria translatUmis eorporU 5. Mauri, abbatu^ (MabiUon, Âcta S. S. ordin. Bened. Sœc. rv,t. II, p. i65 ; •— D. du Brauil, Antiquités de Parité supplément, i6i4)«

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de Craon, ce me semble, dans un village nommé Nubiliac ou Noûillac. Adalberge la donna avec tout ce qui en dépendoit. Cette donation fut faite le 24 de septembre Tan quatre du règne de Charles le Simple depuis la mort du roy Eudes, qui avoit esté reconnu dans TAnjou*.

Cette pièce confirme ce que nous avons dit de la donation de l'Abbaye de S. Serge par Alain Comte de Bretagne à Rainon et à son Eglise. Elle est conservée dans les Archives de TEglise Cathédrale de S. Maurice. Cela me fait souvenir de ce q}Xt faj entendu dire au Père Mabillon, qu'il n'avoit jamais vu de si belles Archives et dans un plus bel ordre que celles de la Cathédrale d'Angers ; ce que je suis bien aise de remarquer ici. La stérilité de ces temps-ci m'a poné à faire mention de cette Dame.

FOULQUE LE BON, Comte d'Anjou

Ann. 968* — Foulque le Bon, 2« du nom, fils de Foulque le Roux succéda à son père dans le Comté d'Anjou. Il avoit deux frères Gui et Ingelger, et il laissa aussi trois fils : Geoffroy surnommé Grise-tunîque« Gui et Drogon ou Dreux, et Adélaïde, femme de Guillaume I, comte de Provence'.

Foulque le Bon fut fort pacifique, il ne fit point de guerre, et vescut dans une grande piété. Il sçavoit bien la Langue Latine. L'Auteur des Gestes des Comtes d'Anjou, qui a adressé son ouvrage à Henri II, roy d'Angleterre, dit que Foulque écrivit une Lettre à S. Odon *, le priant instamment d'écrire l'Histoire de la Translation et du retour du corps de S. Martin de Bourgogne à Tours, parce que Ingelger son ayeul l'avoit ramené et que S. Odon l'avoit exécuté. Nous avons la lettre de Foulque, la réponse de S. Odon, et l'Histoire de ce retour du corps de S. Martin % ces pièces furent imprimées à Paris dès l'an i5i i, chez Jean Petit, puis dans le 3« tome de la Bibliothèque des SS. Pères, de la seconde édition; dans la dernière de Lyon; dans la Bibliothèque de Cluni*.Mais quelque ancien que soit l'Auteur des Gestes des Comtes d'Anjou, je ne croy point que cette Histoire soit de S. Odon. Car on y trouve des choses tout-à-fait fabuleuses et contraires à Sulpice Sévère que S. Odon avoit bien lu *.

Le mesme Auteur des Gestes rapporte une Lettre ou un billet que Foulque écrivit au Roy de France qui vivoit alors, et qui estoit peut-estre Louis d'Outre Mer. Ce comte est mort l'an 949, selon les uns, ou l'an 958 selon les autres.

NEFINGUE, EvESQUE d'Angers

Ann. 073. — Jean de Launoy a prétendu ' que cet Evesque estoit le second de ce nom, et que le premier a gouverné l'Eglise d'Angers après S. Maurille, parce qu'il a retranché S. René ; mais il a esté abandonné de tous les scavants. Rainon estant mort, l'an 906, on luy donna pour successeur

I* Gallia christ, (t. XIV, p. 643, ann. 894).

2. V. Chronica de gestis Consulum Andogavorum, (Marchegay et Salmon, pp. yS et Saa).

3. Ibid. — p* 69 ; — Vie de St Odon, par Jean, son disciple, (Lib. 1, 1 1 31 et a 3).

4. En t6te du récit des miracles opérés après le retour du corps de S^Martin, en Touraine^ attribué à Herbeme ; — V. Les Invasions normandes dans la Loire et les pérégrinations du corps de SS^Martin, par Mabille, (pp. 1 5 et 16] ; Mabillon, Ann. bened.y Gib. XLI, n« 53) ; D. Rivet, Hist. litt. de France, (t. VI, p. a65).

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