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ites de bouquinistes et les i importantes de livres à la salle Silvestre.
Cette indépendance relative ne suffisait
M. Rochebiliere : il se trouvait é : la carrière artistique ne convenait
aptitude^. Il ne son-
;u"à dire un éternel adieu à son bu-
rîn, -i quitter pour toujours la gravure et
rer exclusivement à ses chers
bouquins.
P isséder une édition originale de Rotrou, de Corneille, de Racine, etc.. etc.. découvrir un exemplaire du Molière de nicun carton, ni retranchement, IC du Pauvre dans son intégrité primitive; rencontrer l'édition hollandes Maximes de I.
chefoucauld, à laquelle le savant auteur Elzevier, M. Willems, a consacré une n oi Rationner
avec un soin particulier une nouvelle acquisition. L'éplucher pa^e par yM^c. ligne par ligne, même mot par mot. y remarions non . ir tes bit . était pour ce type curieux
i Personne, avant M. Rochebiliere, n
A Y ANT-PHOI'OS
de bibliophile la plus grande jouissance a laquelle il put aspirer et la plus parfaite des béatitudes.
Les vœux de ce fanatique amateur ne se réalisèrent qu'en i85o, quand il devint emplové au Catalogue du département des imprimés de la Bibliothèque Nationale, qu'il quitta, en i 856, pour passer à la Bibliothèque Sainte-Geneviève, où il ne tarda pas à être nommé bibliothécaire, puis conservateur- adjoint. Ses rêves étaient accomplis; il avait enfin des occupations appropriées à ses goûts; rien ne le détournerait plus de ses études favorites. Il put alors consacrer tout son temps à des recherches bibliographiques et historiques, et rédiger ces innombrables notes qui offrent tant de documents précieux et inédits pour l'histoire bibliographique d'une partie si notable de notre littérature.
Quel malheur que ses parents, voyant son apathie pour les arts, ne Paient pas, à
vu qu'une impression des Caractères de La Bruyère portait, dans le chapitre des grands. le mot ignominie au lieu d'ignorance, qui se trouve dans toutes les autres éditions. On pourrait en dire autant des cartons des Œuvres posthumes de La Fontaine.
la tin de ses études, place chez un libraire instruit et bibliophile, ou ne l'aient pas fait entrer dans une de nos Bibliothèques publiques: Il y aurait trouve de rares facilités pour satis instincts bibliographiques; nous aurions un nom de plus a ajouter a la liste des Van Praet, des Barbier, des Brunet. des Quérard. des Didot, des Bourquelot, des Lorenz, etc. M. R >chebilière eût éte: mieux que tout autre à même d'élever un véritable monument bibliographique en l'honneur du xvir siècle français, s'il avait su trouver le temps de terminer son catalogue commencé depuis plusieurs années sur les invitations pressantes d'amis dévoue
Comme la plupart de ses confrères en bibliophilie, M. Rochebilière n'aimait pas à prêter s. cependant quand on
s'adressait a lui pour une publication sérieuse, il montrait une rare complaisance, dont l'auteur de cette notice a profité plusieurs fois. S'agissait-il de renseignements bibliographiques et historiques. sur le xvn" siècle, on trouvait auprès de lui un accueil des plus bienveillants ; il n'épargnait ni son temps ni sa peine, et il se mettait tout entier a la disposition de se^ amis. Parmi
r- propos
les nombreuses personnes qu'il a aidées dans leurs travaux, o'n peut citer Victor Cousin pour ses études sur le grand siècle, Walckenaer pour ses diverses publications, Monmerqué pour son Sévigné, Tàschereau pour ses biographies de Corneille et de Molière, surtout Sainte-Beuve, qui, lorsqu'il s'occupait de ses Lundis, avait, presque chaque jour, recours à ses connaissances spéciales, pour éelaircir quelquepoint douteux.
M. Rochebilière avait commencé tout jeune à bouquiner sur les quais, comme nous l'avons déjà dit ; il était à peine âgé de quinze ans quand il acheta son premier volume. C'était alors l'époque des trouvailles et des bonnes fortunes bibliographiques : on ne songeait guère à former des collections d'éditions originales de nos grands auteurs, et ce n'était pas encore l'usage de publier des réimpressions fidèles et exactes de nos écrivains classiques, en relevant les variantes introduites dans les différentes éditions, comme on Ta fait depuis dans les Grands Ecrivains de Hachette et dans les Bibliothèques littéraires sorties des maisons Lemerre, Garnier, Jouaust, etc.
Doué d'un tact et d'une patience a toute
épreuve, noire infatigable collectionneur esi parvenu à former une bibliothèque unique re: on ne trouverait nulle pan ailleurs une suite plus nombreuse d< de plusieurs écrivains françai On se crofrail transporté en plein ivir1 siècle, quand on voit tous ces volumes de RotTOU, Corneille, La Fontaine. P Molière. Racine, etc., dans leur état primitif et naturel, dans leur première reliure, purs de toute fraude et de toute sophistication. L'aspect du cabinet ou ce bibliophile convaincu entassah ses trésors bibli phiques. produisait une certaine impression sur ceux qui ont pu y pénétrer après sa mort. C'était a se croire en pleine Galerie du Palais, au milieu des boutiques des Barbin, des Billaine, des Courbé, des de Luvne. etc.
M. Kochcbiliere avait une singulière façon de bouquiner : rencontrait-il de nouveaux exemplaires d*ou vraies dont il possédait déjà plusieurs doubles apparents, il n'hésitait pas a les prendre afin de le
>ur ne parler que de La Rochefoucauld I i Bruyère, il Lai - - ►mplète
:10ns originales avec les cartons et les chant
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mettre à la vérification minutieuse qui lui a fait découvrir tant de tirages avec cartons et changements que Ton avait toujours négligés jusqu'alors et laissés de côté comme des doubles sans valeur (i . L'expérience lui avait appris qu'en fait de vérincation de doubles, il faut agir avec beaucoup de soin et de circonspection et qu'on ne doit jamais se fier à l'apparence. Aussi ses collations des plus scrupuleuses eurentelles parfois des résultats inespérés qui récompensaient son opiniâtre persévérance.
Il fut un des premiers à s'apercevoir que les auteurs avaient souvent dû modifier leur rédaction primitive et y introduire des changements importants et caractéristiques, au moyen de cartons, même pendant la mise en vente, comme le démontrent les coups de canif donnés, dans quelques exemplaires devenus rarissimes, par les censeurs du temps, ou par des protecteurs ou des amis, pour indiquer les cartons nécessaires.
Dans ce catalogue descriptif et raisonné.
(1) C'est ainsi qu'il a pu indiquer neuf états différents de la première édition française des Maximes de La Rochefoucauld, portant tous la date de |665.
\ VANT-PROPOS Mil
M. Claudin a décrit avec une grande exactitude ces curieuses particularités qui éclairent d'un jour nouveau la science bibliogra phi que. Dés >rmais, dit-il avec raison dans
la première annonce qu'il a t'ait de cette vente curieuse, il ne suffira plus d'une date pour acquérir une édition originale, il faudra l'examiner avec soin et vérifier dans quel degré l'auteur a corrigé son texte en y introduisant plus ou moins de changements. On comprend quelle variation de prix s'en suivra si l'on a des exemplaires de première émission ayant échappe a la censure volontaire de l'auteur... Nous ne »ns pa^ de dire que cette vente fera non parmi les bibliophile
Mai
Alph. Pauly,
de la Bibliothèque Nationale