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» que la terre trembla et que i'air fut obscurci. Je me trou- » vais alors sur la colline avec quelaues pieux musulmans , n regardant les deux armées. Nous étions loin de croire que » l'ennemi viendrait jusqu'à nous. Quand nous vîmes les chre- 9 tiens approcher et sur le point de nous envelopper , nous 9 qui étions sur nos mules , sans défense , nous dames songer
• à notre salut. Nous nous retirâmes crante d'accident, et « nous courûmes sans nous arrêter jusqu'à Tiberiade , où j» nous passâmes le Jourdain ; et comme tous les pajs que 9 nous traversions étaient en proie à la terreur, nous conti- 9 nuâmes de courir, toujours à l'Orient, le cœur brisé de 9 la défaite de l'armée musulmane. Aucun de nous ne pen- » sait à manger; aucun n'était tenté de s'arrêter. Nous tenions
• d'une maiii ferme la bride de nos chevaux, respirant à peine, 9 et ajant l'ame oppressée ; plusieurs même s'enfuirent jus- 9 au'à Damas. Pour nous , nous essayâmes enfin de prendre 9 du repos , le cœur plein d'efiroi et adressant des vœux à 9 Dieu. Cependant certains bruits commençaient à se ré* 9 pamire; on disait : Le courage est revenu aux musulmans; 9 r islamisme est vengé; les infidèles ont été rompus; Faile 9 gauche a tenu bon ; les mameloucks du sultan ont repoussé 9 l'ennemi. Ces discours se répétèrent; des courriers les con- 9 firmèrent : enfin , le lendemain matin j'entendis tout-à-coup 9 la voix d'un mamelouck qui criait : Oà est Émadrcddin ? la 9 victoire qu'il desirait s'est réalisée, A ces mots, nous cou- 9 r jbnes au mamelouck ; nous lui fîmes question sur ques- 9 tion : Comment cette victoire nous est-^lle arrivée ? Corn- 9 ment le sultan Fa-t-il emporté ? Comment le décret de Dieu » a-t'il prévalu? Alors nos esprits se calmèrent, et nous 9 eûmes du regret de nous être enfuis si vîte. 9
Il résulte de ces divers récits, confirmés par celui des chrétiens, que cette journée tourna au désavantage de Farmée chrétienne. Aussi Ibn-alaûr fatt-il observer que peu s'en fallut que les Francs ne fussent anéantis ; car les oataiflons musul- ^ mans qui tinrent bon , montrèrent une telle ardeur , qu'ils poursuivirent les chrétiens jusqu'à leur camp. 0 Malheureusement, ajoute-t-il, pendant le désordre occasionné par la défaite du centre, les valets de l'armée croyant la cause de l'islamisme perdue , se mirent à piller les bagages : après le combat, les soldats musulmans n eurent rien de plus pressé que d'aller à la recherche de leurs effets; et quand le sultan voulut les ramener à la charge, il ne trouva plus personne.
DBS CROIflADBS. S53
Alors il fit puUier que les ralets eussent à rendre ce qu*ils avaient pris : cet ordre fut exécute; chacun recouvra ce qu'il avait perdu; mais l'occasion e'tait manquée. 9
Ëmad-eddin rapporte qu'après la bataille , Saladin parla ainsi aaz émirs : « Nous avons abattu les forces des infidèles ; n nods avons écrase leur puissance , rafentî leur impe'tuosité, n éteint leur ardeur, tué leurs plus vaillans guerriers. Si nous 9 les laissions maintenant tranquilles , ib reprendraient cou* ! n rage. Attaquons-les donc sans relâche, et dès demain aohe- - « vons leur défaite. 9 Mais, ajoute l'auteur , ce discours resta sans effet, à cause de la dispersion de Parmée musulmane. Pendant ce temps, les Francs réparèrent leurs pertes; et comme ils reçurent par mer de nouveaux secours d'Occident , ib se trouvèrent bientôt aussi forts qu'auparavant.
S xLvra.
Abattement de Farmëe musulmane. — fialadin lève son camp et
sVIoigne de Saint-Jean-iTAcre.
iStiiVe de Vannée 585 [1189]. Ibn-alatir remarque que le nombre des chrétiens tués dans le dernier combat avait été si grand , et les exhalaisons des cadavres si pernicieuses, que l'air fut infecté, et Tétat de Saladin devint inquiétant. Ce prince était alors attaqué d'une colique à laquelle il était sujet; il était à craindre que sa vie ne féx en danger : cependant il montrait toujours la même ardeur.
Boha-eddin cite une délibération qu'il eut avec ses émirs et les membres de son conseil. On était alors à l'entrée de l'hiver , au moment que la mer cessait d'être praticable. « Je me trouvai à ce conseil, ajoute l'auteur : le sultan, après avoir invoqué le nom de Dieu et fait des vœux pour notre prophète, parla ainsi ; « Vous savez que les ennemis de Dieu « et de nous se sont établis dans notre pays ; ils foulent le sol de 9 l'islamisme : mais déjà , grâces à Dieu , l'étendard de la vic- 9 toire s'est déployé contre eux ; les voilà réduits à un asser. n petit nombre. Chassons-les de nos terres; Dieu nous en fait 9 un devoir. Vous n'ignorez pas que nous ayons ici toutes 9 nos forces , et qu'à l'exception des troupes d'Egypte qui vont » arriver, il ne nous reste aucun renfort 11 attendre : eux , au
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9 contraire, recevront, au printemps procbain, de grands se- » cours d'Occident. Profitons de l'occasion; prenons garde 7f de laisser l'ennemi en repas. Si nous difierions , et que la 9 mer devint libre, ndus aurions à nous en repentir: mon 9 opinion ! oui , le but constant de toutes mes pensées est de 9 leur livrer combat. Que chacun de vous dise son avis, n
9'LH-desso8 les émirs déiibérèreot un moment; mais comme ils étaient fatigués de cette guerre, et que ia plupart d'entre eux soupiraient après le moment de revoir leurs foyers , ik furent d'anris de s'éloigner et de se retirer à Karouba, coilîne située à quelques lieues d'Acre. Ils dirent qu'en attendant, les hommes et les chevaux prendraient du repos; Malek'adel arriverait avec les troupes d'Egypte; le sultan , respirant un air plus pur, se remettrait de sa maladie, et ia belle saison venue, on combattrait avec plus d'ardeur qu'auparavant. »
L'historien Emad-eddin , qui assista à ce conseil, se montra d'un autre avis que les émirs. « On commença, dit -il, à mettre en délibération si l'on continuerait la guerre , ou si l'on s'éloignerait; et les opinions émises à ce sujet furent agite'es comme on agite le lait pour en faire sortir le beurre. Leç émirs représentèrent avec force que les courages étaient épuisés; que depuis plus de cinquante jours on se battait sans relâche ; qu'il valait mieux faire un appel général aux musulmans, pour qu'ils prissent part à la défense de l'islamisme, et en attendant se reposer. Cet avis ne me plut pas l et ye dis : u Par ma vie , la décision que vous prenez n'est ' 9 pas bonne. Jusqu'ici lès Francs n'ont pas fait de grands 9 progrès ; îts n'ont pu occuper tout le circuit de ta ville. Si 9 nous nous éloignons, leur extermination sera retardée; ils 9 auront le champ libre et s'étendront à leur gré. Dans ce 9 moment, la porte d'Acre, du câté de la mer, vers le nord de 9 la ville, nous est ouverte ; le chemin qui j mène est libre ; 9 on peut de ce câté introduire des secours dans la ville : si 9 nous nous retirons, les Francs occuperont ce passage, et 9 noua leur aurons rendu facile ce qui était jusque-là dîf- 9 ircile; iT A "cela les émirs répondirent : tt Notre avis est évi- 9 demment le meilleur : nous ne demandons pas mieux que 9 de voir les chrétiens étendre leurs lignes et quitter leurs 9 retranchemens pour se répandre dans la plaine ; quand ils 9 j seront établis, nous viendrons à eux à l'improviste, et nous 9 fondrons* sur eux comme Pépervier sur la timide colombe. «
Il fut donc décidé qu'on se retirerait. Ibn-aiath* rapporte
DBS * CROI8ADB8. 955
que les émirs espe'raient qu'en loîssaiit les chrétiens tranquilles , ils s'en iraient d'eux-m^iBes. u Nous les avons telle* 9 ment pressés, dirent-ils au sultan, que Feussent-ils voulu, n ils n'auraient pu se- retirer ; éloignons-nous et iaissons«Ieur 0 le chemin libre. S'ils partent, nous avons atteint notre but; » Donsi serons délivrés du mai qu'ils nous causent^ et ils le n seront de celui que nous leur faisons. S'ils demeurent, eh « bien! noas-renendrons pour les combattre, et nous serons j» comme nous sommes à présent. » Les médecins parlèrent comme les émirs, et le sultan céda 4 leurs raisons. Dieu le voulait ainsi ,> remarque l'auteur arabe; quand Dieu veut vous affliger^ le mieux est de- se soumettre. Comment l'empéoher? Dieu seul eut pu prévenir une décision si mauvaise. * Une partie de Farmee musulmane se retira donc sur le mont Karouba; le reste s'en retourna en Mésopotamie et dans ses autres cantonneraens. On étail alors au 14 de ramadan [dans le mois d'octobre]? II ne resta sous les murs d'Acre que quelques troupes , chargées de servir de sentinelléfs avancées , et d'avertir Saladin de tous les mouvemens des chrétiens. Alors, reprit Ibnalatir, on s'aperçut de la faute qu'on avait faite. Dès que l'armée se fut éloignée , les chrétiens •' occupèrent tout le circuit de la ville. Non contens de s'é- ; tendre, ils creusèrent des fossés autour de leur camp; et de la 1 terre qu'ils en tirèrent ils se firent un rempart inexpugnable; \ en peu de temps ce travail fut porté à un degré de perfec- \ tion qu'on n'aurait pas cru possible (1). En vain les avantpostes musulmans ne cessaient de les harceler; ib restaient
(l) L*hit0neo fies patriarches d'Alexandrie dit que les, phrétieDS conatroisireiU sur les bords da fossé da camp , du c6té qui faisait face à rarmée de Saladin, un mur' de briqnes derrière lequel ils placèrent nif rang de soldats qui lançaient le ztnhourtk. II a|ou(e que le senbpfirek ^ ^j^y » ^tait une flèche de iVpaisseur dp ponce , de k iong«earil*«ne condée» qni .avait quatre faces.; la pointe de la flèche était eonfer» %x, des plnmeaieat readaient le vol pla» rapide. Partout oÀxe .trait. tombai ti il tsan^pengait; il traverMît quelquefois dn mAmecoup deux honuaes placés fnn derrière TantUB,. perçant àla-fbia iaxnirassevét rhabillement du soldat; il allait ensuite se planter en. terre ; il pcnétcait méiùe dans la pierre des murailles. D*après eetle description, le zenbourek paraît a-pen-près répondre, à Tarme terrible connue dans le moyen Age sous le nom de qaadrtUuê ^ earellus, mots expliqués par du Gange dans son Giossaire de ia basse
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inébranlables , uniquemement occupe's de leurs fosses et de leurs retranchcmens. Ils fortifièrent sur-tout le oÂte' du nord , ui jusque-là était reste' libre, et par lequel on introduisait es provisions dans Acre. Chaque four ils faisaient de nouveaux progrès. Pendant ce temps, Saladin e'tait maiadéet hors d'état de rien entreprendre. Quelqu'un lui ajant oeneeîllé d'envoyer au moins son armée pour troubler les travaux des chrétiens , il repondit : « Je connais mon armée; si je ne rais « avec elle , elië ne fera rien , ou plutAt le mal qu'elle fera sera « cent fois plus grand qae le bien qu'on en peut attendre. 9
Il paraît que celui qui donna ce dernier conseil à Salàdîn, n'est autre que l'historien Emad-eddin. « Un jour, dit-il, fesn sayai d'engager le sultan k permettre à ses soMafesde prendre 9 les armes; à quoi il répondit : Mon armée me fera rien que
', et dont il reste encore Texpression emrrtentx de lajemére. Les Grecs parussent avoir connu quelque chose d'analogue au zenbourek sons le mot t^ac»^. Voyes ce mot dans le Giossmire de la basse grécité de du Cange. Si Ton admet que les mois carreau, T^eiyy^ et zenbourek expriment la même arme, il faudra conclure que les chrétiens en avaient fait usage dès la première croisade. On peut voir k ce sujet du Caoge aux endroits cités, et YAlexiadé d*Aane Comnène, p. S9i. Mais ensuite cette arme ëtait tombée en désuétude. Les papes, par un sentiment bien louable d'humanité, la prohibèrent entre chrétiens; ii ne commence même à être question du senbourek dans les auteurs arabes qu'an siège de Tyr par Saladin en 583. L'usage continua au siège de Saint-Jeai|-dr Acre , comme le prouve le passage de Thistorien des patriarches d'Alexandrie. Richard Cœur-de-Lion adopta le zenbourek pour ses troupes , Comme on le verra ci-dessous ; et à son retour en Europe , an grand scandale des chrétiens, if le maintint dans ses armées, d'où il se ré^pandit de nouveau dans le reste de TEurope. Richard pérît hii-raéme d'un coup de carreau , et sa mort fut regardée par Tes contemporains comme une juste punition de Dieu. Il est remarquable que les musulmans ne firent qu'assez tard nsage du senbourek. Gémal-eddin est le premier auteur arabe qui , sons ia datedei'an 643 de rhégire , cite cette arme comme servant aux guerriers mnsalmaas. Mais bientôt fusagc en devint eemmua en Orient; et dans la suite les Turcs ottomans eurent dans letuv armées an corps de soldats appelés zenbaurekgi. Maintenant, depuis la découverte des âmes à feu , ce mot a tout-à-fait changé d'acception , et l'On dontae en Pkrse le nom de aenbcurek à une petite pièce d'artillerie légère^ Voyes le Voyage de M'. Jaubert , p. s 80. Voyez également ci-dessous à l'an 6SS.
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m lorsque je monterai à cheval pour me mettre à êa tSte. II n disait vrai , continae Emad-edain : il connaissait ses soldats; « avec lui ifs se sacrifiaient et se précipitaient aB milieu des 9 rangs des infidèles, n
En attendant, les Francs continuèrent leurs travaux , repoussant à-Ia-fois les attaques des avant-postes musulmans et les sorties de la garnison. Bientôt le camp des chrétiem se trouva fortifié comme une ville. L'historien des patriarches 'd'Alexandrie remarque avec e'tonnement qu'on y avait pratiqué des églises pour prier Dieu, des écuries pour loger les chevaux, &c.
Sur ces entrefaites, Malek-adel arriva avec les troupes d'Egjpte, et remplit le vide occasionné par le départ des troupes de la Mésopotamie ; ce renfort releva le courage des musulmans. Peu de temps après , on vit entrer dans le port d'Acre la flotte égyptienne , commandée par l'émir Loulou , homme brave et marin habile. Loulou s'empara en chemin d'un navire chrétien chargé de provisions. En ce moment, la ville d'Acre était accessible par mer ; et la flotte chrétienne , à cause de Fhiver , s'était réfugiée à Tyr et dans les ports de l'Occident. Saladin profita de l'occasion pour introduire des secours dans la ville. Pour lui , il était toujours à Karouba. Les brouUlards et les pluies rendaient la saison fort incommode : les chemins étaient couverts de boue, et l'on avait de la peine à marcher; tout était dans le repos. Cependant un jour que Saladin était allé à la chasse aux faucons , les chrétiens attaquèrent vers le soir les avant-postes musulmans et les mirent en désordre; il n'j eut que les troupes de Malekftdei qui tinrent bon : la nuit sépara les combattans. Saladin , à son retour, se hâta d'envoyer du renfort aux siens; mais il était trop tard , et les Francs venaient de rentrer dans leurs retranchemens.
Les chrétiens, malgré la mauvaise saison et les tempêtes, recevaient de temps en temps des secours d'Occident. Emadeddin fait mention d'une dame chrétienne qui se mit en mer avec un vaisseau équipé à ses frais, et portant cinq cents hommes. A la hauteur d'Alexandrie , le vaisseau fut attaqué et tomba au pouvoir des musulmans ; on le trouva plein d'argent et de provisions destinés à l'armée chrétienne.
A propos de cette dame, Émad-eddin fait quelques réflexions sur les femmes chrétiennes qui avaient endossé la cuirasse et qui se battaient comme les hommes. «Celles,
aîoute-t4l , qui n'étaient plus en e'tat de supporter le fardean dfes armes , on les chargeait d'exciter ou de calmer l'ardeur des guerriers, de les pousser ou de les arrêter , d'enflammer leur enthousiasme ou de le modérer. N'est-ce pas, conclutil, une chose bien singulière que ce concours d'hommes et de femmes pour une pareille entreprise (1) ? «
Saladin était en proie aux plus vives inquiétudes. Il était instruit de l'armement de l'empereur d'Allemagne et du départ de ce prince pour venir l'attaquer. Il craignit de ne pouvoir résister à tant de forces réunies, et se hâta d'écrire au calife de Bagdad et a tous les princes musulmans. Le com-
f>ilateur des Deux Jardins nous a conservé aa lettre au caife ;^ la voici :
a Espérons de la bonté de Dieu que le danger où nous n sommes réveillera le zèle des musulmans , et qu'ils s'efforp ceront d'éteindre l'ardeur de nos ennemis , d'abattre i'édifiûe n que les Francs ont élevé. Dans l'état actuel des choses , n tandis que nos ennemis accourent par mer et par terre, » notre pays est menacé des plus grands malheurs ; nos cœurs » sont frappés d'une blessure qu'aucun remède ne pourra n guérir. Que sont donc devenus l'ardeur des musulmans j.
(i) Emad-eddin fait encore mention d'un fait d*nne nature bien différente. Une troupe de trots cents femmes, dît-if, ponsaéea par le libertinage. Tinrent au milieu de oe rassemblement de cëlibatahnea et d'hommes séparés de leurs épouses. Mogir^ddin a aussi parlé de ce fait Nous emprunterons à ce sujet les expressions dont s*est servi M. de Hammer dans la traduction française qu'il a donnée de ce passage ,jlftne« de l'Orient, t. III , p. s i s : « Trois cents jolies femmes » Iranques , ramassées dans les lies ( les pays d'Occident) , arrivèrent » dans un Taisseau pour le soulagement des soldats francs, auxquels » elles se dévouèrent entièrement; car les soldats francs ne Tont » point au combat s'ils sont privés de femmes. Les musulmans ayant » appris cela, un grand^ nombre de mameloucks et Signorans sui- » virent cet exemple. » Emad-eddin ajoute que , parmi les chrétiens , le commerce entre personnes libres était regardé comme licite, et que les prêtres n'imposaient pour cela aucune pénitence. Il est probable qu*£mad-eddin se sera mépris ; une chose assez présumable , c*est que , puisque à TArrivée de ces trois cents femmes les mameloucks musulmans étaient aflés au camp des chrétiens , les courtisanes n'étaient pas tolérées dans leur propre camp. On verra pins tard un exemple de la même sévérité de moeurs dans les années du sultan Bibars.
9 Porgueii des gens pievx t le zèle des amis de la vérité? Ce jf oui imiis étonne y oest de voir l'émaiation des infidèles et » I indittérence des vrais crojans. Y a-t-il an seul musnlman 9 qui re'ponde à l'invitation , qui vienne quand on Pappelle ? 9 Voyez cependant les chre'tiens ; voyez comme ib viennent « en foule , comme ib se pressent à Fenvi , comme ib se sou-
* tiennent mutuellement , comme ils font le sacrifice de leurs 9 richesses , comme ib se cotisent ensemble , comme ib se 9 resignent aux plus grandes privations! Chez eux, pas de « roi , pas de seigneur , pas d'île ou de cite' , pas d'homme tant « soit peu marquant, qui n'envoie à cette guerre ses paysans 9 et ses sujets , qui ne les fasse paraître sur ce théâtre de la « bravoure; pas dliomme puissant qui ne prenne part à cette 9 expédition : tous veulent se rendre utiles k l'objet impur de 9 leur attachement. Ib le font dans l'ide'e que par-là ib servent 9 leur religion ; voilà pourquoi ils consacrent à cette guerre 9 leur vie et leurs richesses. Dans tout cela ib n'ont en vue 9 que la cause de celui qu'ils adorent, la gloire de celui en n qui ils ont foi; il ne leur vient pas seulement en pensée que 9 peut-être toute la Palestine sera subjuguée, que le voile de n rhonneur des chrétiens sera déchire , qu'ils perdront leurs 9 domaines, et les verront passer en d autres mains. Les 9 musulmans, au contraire, sont mous, découragés, apa- 9 thiques , ennuyés , frappés de stupeur , sans zèle pour la 9 religion : c'est au point que si, ce qu'à Dieu ne pUse ! les 9 rênes de l'islamisme venaient à prendre une mauvaise di- 9 rection, on ne trouverait ni en Orient, ni en Occident, 9 ni loin dlci, ni auprès, un seul homme qui voulut se dé- 9 vouer à la cause de la religion de Dieu, qui entreprit de 9 défendre la vérité contre Terreur. Nous voilà cependant au 9 moment où la temporbation n'est plus de saison , ou nous 9 avons besoin du concours de tous les amis de la religion , 9 des pays éloignés comme des lieux proches. Espérons que 9 Dieu voudra bien nous accorder son appui ; aue les in- 9 fidèles, par la grâce de Dieu, seront extermines; que les 9 vrab croyans seront sauvés et mb hors de péril. 9
Non content de cette lettre pressante , Saladin fit partir un homme de confiance pour hâter Penvoi des secours qu'il demandait a C'est moi, dit Boha-eddin, qu'il choisit pour 9 cette mission.- Je me rendis sur«le«hamp auprès des princes 0 de Shigar , de Gézire, de Moussoul et d'autres villes de Mé»
* sopotamîe, et f exhortai tons les musnimansà venir prendre
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0 part a fa guerre sacrée. J^aliaî aussi à Bagdad pour m'ac- 9 quitter de la même commission. Dieu favorisa mon yojage; « je vis tous ces princes , et tous promirent de faire ce que n je demandais. «