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Suite da si^ge de S«iiit-Jeui-d*Acre.— -AcCioo générale entre
les deux armées.
Suite de Vannée 585 [1189], Cependant, au rapport dlbn-alatîr , les chre'tiens se dirent entre eux : « Si à présent » que Saladin n'a pas encore reçu ses troupes d'Egypte , nous 9 n'osons en venir aux mains avec lui , que sera-ce quand il » aura rassemble toutes ses forces? II faut l'attaquer dès de- 9 main ; peut-être en triompherons-nous, n La vérité est , reprend l'auteur , que dans ce moment les troupes musulmanes étaient dispersées. Une partie était près d'Antioche , occu{>e'e à protéger les terres d Alep; une autre ^ dans le voisinage de Tripoli, pour défendre les terres d'Emèsse; une autre devant Tjr. Enfin les troupes *d'Egypte étaient éparpillées dans Alexandrie, Damiette et les autres villes maritimes menacées par les Francs. Ajoutez à cela que plusieurs musulmans , bar ennui de cette guerre (1), avaient néglige jusque-là de se rendre à l'armée. Telles furent les raisons qui décidèrent les Francs à livrer combat. Le lendemain, 91 de schaban [fin de septembre], ils sortirent en armes. Les soldats de Saladin étaient alors cpars çà et là : dans l'armée musulmane , il n'y en avait habituellement qu'une partie sous les armes ; le reste demeurait sous la tente ou
(i) i^jLxAj ij^oJ, Les dictionnairea arabes ne fout point mention de cette expression ; mais diaprés un grand nombre de passages, on ne peut pas la rendre autrement que nous ne favons fait. Voyez entre autres les Annales d'Abouiféda , t. IV, p. 123.
vaquait ù ses aftaires. Taut-à-coup on vît les chrétiens sVbranler 9 semblables à des nuées de sauteaellesy et couvrant la terre en long et en large. On remarqua qu'ils se portaient vers Paîle droite musulmane , commandée par Taki-eddin. En un moment cette aile fut obligée de lâcher pied. Satadin , qui était au centre , envoya son infanterie au secours des musulmans (l); les chrétiens qui formaient le corps de ba* taille , voyant le centre dégarni , se portèrent de ce coté et y mirent le désordro (9) : tous les musulmans qui voulurent résister furent tués et souffrirent le martyre. Les Francs vinrent jusque sur la colline où était la tente de Sidadin ; au nombre des personnes qu'ils y tuèrent, était mon maître, poète distingué. Par la plus grande faveur de Dieu, la tente -. du sultan ne fut pas renversée : si elle Pavait été , nul doute l que le reste de l'armée ne se fut aperçu du désordre ; et alors la déroute devenait générale. Cependant les Francs furent attaqués sur leur derrière. La gauche musulmane , voyant les chrétiens aux mains avec l'aile droite et le centre , vint se placer entre leur camp et la colline où était la tente de Saladin. Les chrétiens qui étaient sur la colline se hâtèrent de retourner sur leurs pas : mais en chemin , ils furent reçus par la- gauche musulmane ; en même temps les soldats de Saladin, qui s'étaient ralliés (3), les prirent en queue et pas un n'échappa; presque tous furent tués , le reste fait prison-
(l) SaÎTâDt Boha-eddin , dès qa*ii avait vu les chrétiens s'ébranler^ il envoya ses he'raats par le camp , avec ordre de crier : • 0 masul- • mans i 6 vous qai n adorez qu an seul Dieu!... » A ces mots , ajoutet-il, les soldats montèrent à cheyal, résolos de sacrifier leur yie pour gagner Te paradis. Le cri êits he'raats faisait allnsion à Topinion où sont les masnlmans qae , par la croyance à la sainte Trinité , les chrétiens adorent trois dieux; dans cette idée, ils les traitent de polythéistes, et les appellent par mépris, trinitaires, (jivÂÀxil, ou partisans de fa trinité, i^>Juull Jl^T* Voyez la DtscripUon du Monumens musuimans du cahittet de M, le ibtc de Blaeas, t» II , p. 8 jet sniv.^
(s) Émad-eddin attribue cette défaite k Tinexpérience des troupes de la Mésopotamie I qui avaient leur quartier au centre , et qui , faute de connaître la manière de combattre des Francs , furent tellement effrayées , qa*au premier choc elles prirent la fuite.
(3) Émad-eddin rapporte que quand Saladin vit son centre en désordre , son premier moavement avait été de tourner sa pensée vers Dieu y et qu*il se mit d'un coaur ferme à parcourir les rangs , excitant
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nier ; de ce nombre fut le grand«niaitre des templiers , déjà . pris une fois à Ift bataille de TibeViade , et que eette fois 1 Saladin fit mettre à mort. Le nombre des morts fut de plus 1 de dix mille (l). Saladin fit jeter les cadavres dans le fleuve. | La plupart étaient des cavaliers; Tinfanterie chrétienne ' n'avait presque 'prb aucune part au combat. Parmi les captifs , il se trouva trms femmes qui avaient combattu à cheval , , et qui furent reconnues après qu'on les eut dépouillées 4e ' leur armure (9),
L'historien Bohfreddiny qui se trouvait à cette bataille, et qui est entre à cet égard dans de forts longs de'taiis, raconte que le roi de Jérusalem en personne dirigeait le combat. Il faisait porter devant lui le livre des évangiles, enveloppé ? dans une étoffe de soie et soutenu aux quatre coins par quatre l hommes. L'auteur arabe ajoute que, parmi les musulmans de distinction qui soufllrirent en ce jour le martyre , était le frère du docteur Issa. «Je vis, ajouté-t-il, le jour même Issarajon- 9 nant de foie dans sa tente;' et comme ses amis venaient « pour s'affliger avec lui de la mort de son frère , il les reprit « doucement et dit : Vovs devez me féliciter , au lieu de me 9 faire des eomvîimens de condoléance, «
L'historien Emad-eddin assistait aussi à cette bataille; il fut même du nombre de -ceux qui se trouvèrent sur la colline, à l'instant que les chrétiens se portèrent de ce câté. On sera curieux de l'entendre parler lui-même, a Le mercredi , 9 91 de schaban, dit-il, les Francs s'avancèrent avec liUrs 9 croix, et vinrent à notre colline avec l'ardeur du cheval qui « court au pâturage. En un moment ils se répandirent comme m un déluge ou comme une mer en furie. Leur choc fut tel.
set soldats et leur proposant la fôlicité ëtemeile pour récompense. Dans cette circonstance , ajoate-t-ii , I« sultan se trouva pins d*une foia livre à lui-même sur le champ de bataille. Sans doate 8*il échappa k tons les dangers , 8*il parvint à décider en sa favenr la victoire* c'est que Dien avait envoyé ses anges pour le secourir.
(i) Emad-eddin suppose que les chrétiens qui prirent part à Faction étaient au nombre de plus de cent mille. Il fait mention d'une particularité qui donnera Tidée de Tacharnement des musulmans. Un soldat de sa connaissance assurait avoir tué ce jour-là pour sa part qaaiante-trois chrétiens.
(s) Ce combat a été décrit par Ctantier Vînisauf , auteur anglais , an tome II de b Bibliothèqtu des Croisaties, ii' partie*, p. 679.