‹ Bibliothèque des croisades (volume 3)Chapitre 47 sur 55 · CV · texte numérisé non relu

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Reprise des hostilités. — Mort de Kélaonn. — Préparatifs de son fils

contre Saint-Jean-frAcre.

Suite de r armée 689 [1290 de /. C], Sur ces entrefaites, b guerre recommença entre le sultian et la principauté d'Acre. Plusieurs auteurs arabes ont parlé de cette rupture; nous ci^' terons de préférence l'auteur de la vie de Kelaoun , écrivain contemporain , dont le témoignage est appuyé sur Mohieddin , le même qui a figuré dans plusieurs négociations précédentes, et qui eut encore part à celle-ci : u Quelques musulmans établis dans Acre avaient été assassinés par les chrétiens delà vUIe : les magistrats, elFravés , écrivirent au sultan pour s'excuser, disant que ces musulmans avaient fait une partie de débauche avec des chrétiens nouvellement arriva d'Ocofdent; qu'au* milieu des plaisirs de la table, une rixe s'était «levée, et que les musulmans, s'étant portés à (quelques violences, avaient été massaer<». Mais, ajoute l'auteur «rabe, ces excuses étaient sans fondement; fe tieiis d'une personne qui était idors dans la ville , que la chose s'était passée de cette manière : Un musulman ayant séduit là femme d'un riche bouf^eois d'Acre , aVatt fait avec elle une partie de débauche dans un jardin hôré de la ville ;- tout-àconp le mari était arrivé, et, les surprenant ensemble, les avait poignardés l'un et l'autre; ensuite, dans sa fureur, il s'était jeté, te fer à la main, sur tous les mûsidmans qui s'étaient trouvés sur son passage , et en avait tué plusieurs, n

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« Le suitan assembla son cooseil pour délibérer fur cette «ffaire. II était décide' d'avanoe à profiter du moindre prétexte pour reprendi*e les armes et achever la ruine des colonies chrétiennes ; mais $e5 émin commençaient à désirer le repos , et aspiraient à jouir des richesses acquises par leurs nombreuses victoires. On apporta une copie du traité fait précédemment entre le sullan et la principauté d*Aore; les articles en furent soigneusement examinés. Après une mure ajttentioiii la plupart pensèrent qu'il n^y avait pas lieu à recommencer les hostilités; tel fut Tayis de Fath-eddin lui-même, qui avait rédigé le traité. Pour moi, poursuit Mohi-eddin, je n'avais liea dit jusque*là : Fath-^ddin , se tournant vers moi , me demaioda mon avis; je répondis : « Moi, je suis toujours de Tavis du n sultan : s'il veut annuller le traite' , le traité sera nul ; s'il n veut le maintenir, il sera valide. 9 — « Ce n'est pas de cela 9 qu'il s'agit, reprit Fath-eddin; nous savons que le sultan n veut la guerre, n Je répliquai : « Je le répète; moi, [e sais « de l'avis du sultan ^ « La-dessu$, je citai un article du traité qui portait que , s'il venait à Acre des chrétiens d'Occident f|ui formassent de. mauvais desseins contre les musulmans, ce. serfût aux magistrats et au gouverneur de la ville de les réprimer. J'ajoutai que, dans le cas présent, les magistrats auraient du prévenir ce meurtre, ou au moins le punir^ que, s'ils ne s'étaient pas trouvés assez forts pour le faire , ils devaient au moins le dénoncer eux-mêmes, afin qu'on j portât remède. A ces mots, le sultan jm put contenir sa joie, et commença ses préparatifs, n

Telle est la manière dont cette rupture est racontée par Tauteur arabe. Son, témoignage est d'autant moins suspect, qu'il n'était que trop disposé à trouver les chrétiens en faute. Il est vrai que, dans un autre, endroit, il fait aux chj^tiens un reproche beaucoup plu^ grave; il dit ou'après le meurtre commis sur. la personne des musulmansy tes magbtrats d'A* cre» voulant se donner les apparences de la justice, savaient arf été d'autres musulmans , qu'ils babillèrent en chrétiens , «^t les avaient pendes à la place des vrais coupables. Mais si ce fait était vrai*, pourquoi ne fut-il pas allégué dans le confit qui eut lieu en présence du sultan? Il est certain que jamais le gouvernement. d'Acre ne se montra plus disposé à remplir ses engagemens. De l'aveu de l'auteur déjà cité , un an auparavant, lorsque l'amiral ^^éi|ois Benoit Zakaria se mit à courir «ur,Ies vaisseaux musulmans, non-seulemeni les

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magistrats (f Acre ne trempèrent point dans ces brigandages, maïs ils fermèrent les ports -de leur principauté à ce chef de pirates. Cependant ii faut être juste; si ie gouvernement e'tait innocent , ies particuliers ne Tétaient pas. Outre le fait deja mentionne 9 Makrizi rapporte que les Francs qui Tenaient de ^Occident dans la Palestine , étaient en ge'ne'rid des aventuriers et des hommes capables de tons les crimes. Sans doute ces reproches avaient quelque fondement; car les auteurs chrétiens du temps sont unanimes sur la corruption et Fesprît de violence qui régnaient alors dans les colonies chrétiennes.

Quoi qu'il en soit, Kelaoun n'eut pas le temps d'accomplir ce qu'il avait projeté ; au moment où ii allait se mettre en marche pour attaquer Acre, il tomba malade aux environs du Caire , et mourut quelques joui*s après. Malek-aschraf , son fils et spn successeur , se hâta de lui rendre les derniers devoirs , et s'occupa d'achever l'ouvrage commencé. .

Au rapport dlbn-férat, le nouveau sultan envoja dans toutes les provinces les ordres les plus .pressans pour l'armement général des troupes musulmanes et la confection dea machines. De toute part on courut aux armes : les guerriers de Damas, de Hamah, du reste de la Sjrie, de l'Egypte, de l'Arabie, se mirent en mouvement; tout fut dispose pour subjuguer. la ville d'Acre; les forêts du Libaa servirent à Ii^ construction des machines. En vain les habitans envoyèrent demander à plusieurs reprises la paix; leurs excuses ne furent pas admises. Le sultan , avant de se mettre en marche, rassembla les cadis , les lecteurs de l'Alcoran et ies docteurs de la loi , dans la chapelle où étaient déposés les restes de son père; ils lurent toute la nuit l'Alcoran a l'intention du défunt. Le sultan distribua au peuple de l'argent; il fit de grandes aumônes; après quoi il se disposa à partir. On était alors au commencement du mois de aehï premier 690 [ mars ISBldeJ.C.]^ •

f CVL

Prise de Saint-Jean -dTAcre par les musoImaoB. — Destruction des colonies chrétiennes. — Fin des croisades.

An 690 [129i deJ, C.J, Nous donnerons d'abord le récit d'Abouimahassen.

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« Le sîége d'Acre y dit-il, commença un |eadi, 4 de rébi second [commencement d'avril (l) ]. On y vit combattre des guerriers de tous les pays. Tel etoit l'enthousiasme des Hiasulmans , que le nombre des yoiontaîres surpassait de beaucoup celui des troupes réglées. Plusieurs macbinea furent dressés contre la ville (8); une partie provenait de celles qui avaient été prises auparavant sur les Francs : il y en avait de si grandes , qu'elles lançaient des pierres pesant on quintal et même davantage. Les musulmans firent des brèches en di&rens endroits. Pendant le siège, le roi de Chypre vint au secours de la ville : la nuit de son arrivée, les assiégés ailumèrent de grands feux en signe de foie ; mab il ne resta dans la ptace que trois jours; ayant vu Pétat désespéré des assiégés, il craignit de partager leurs périls et se retira. Cependant l'attaque ne discontinuait pas. Bientôt les chrétiens perdirent toute espérance : vers le même temps, ils se divisèrent , et dès*lors se trouvèrent Aùbles. Pendant ce temps le siège faisait toujours de nouveaux proerès ; enfin , le vendredr 17 de giounuuli premier [milieu de mai (3)], au point du jour, tout étant prêt pour un assaut général, le sultan monta à cheval avec ses troupes; on entendit le bruit du tambour mêlé 'à des cris horribles; L'attaque commença dès avant le lever du soleil : bientôt les chrétiens prirent la fuite et les musulmans entrèrent l'epée à la main. On ^tait alors vers la troisième heure du jour. Les chrétiens couraient vers le port; les musulmans les poursuivirent, tuant et faisant des prisonniers : bien peu se sajuvèrent. La ville fut livrée au Ipiilage ; tous les habitans furent massacrés ou réduits en sei^ vitude. Au milieu d'Acre s'élevaient quatre tou^ appartenant aux templiers , aux bospitaliers et aux chevaliers allemands

(i) Abonifédft fait commencer le si^ge iiii mois plos tard; mait quoiqu'il se tronvAt lui-même an aîége , son récit est moins digne de foi.

(f) Aboulfarage, dans sa Chronique sjriaqne, en compte trois cents, et Makrizi seulement quatre-vingt-douze; on en avait fait venir de toutes les places Toisines. Abouiféda cite celles qu*on amena de Hamub, parmi lesquelles il 8*en trouvait une que cent chariots avaient peine à porter. Aboulfarage ajouté que , devant chaque tour de la ville , on avait place mille mineurs qui devaient les attaquer par les fondemens.

(3) Aboulfcda recule encore cet événement d'un mois.

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on teuloniqaes : les guerriers chrétiens se disposèrent à s'y deYendre. Cependant le lendemain samedi , quelques soldats et volontaires musulmans s'étant portes contre la maison des templiers et une de leurs tours , ceux - ci ofirirent d'eux* mêmes de se rendre : leur demande fut accueillie ; le sultan leur promit surete ; un drapeau leur fut donne' comme sauvegarde , et ils l'arborèrent an haut de la tour : mais lorsque les portes furent ouvertes, les musulmans s'y jetant en desordre, se disposèrent à pilfer la tour et à faire violence aux femmes qui s'y e'taient réfugiées ; alors les tempUers refermèrent les portes y et, tombant sur les musulmans qui étaient dans la tour, les massacrèrent. Le drapeau du sultan fut abattu ; la gnerre recommença; la tour fut assiégée en règle : on corn» battit tout le samedi; le lendemain dimanche, les templiers ayant de nouveau demiindé à capituler, le sultan leur promit la vie et la faculté' de se retirer où ils voudraient : ils descendirent donc et furent egorge's, au nombre de plus de deux mille ; un égal nombre fut retenu prisonnier ; quant aux femmes et aux enfans qui e'taient avec les templiers j on les conduisit au pavilAn du sultan. Ce qui porta le sultan à ne pas exécuter sa parole, c'est que les templiers, non oontens d'avoir d'abord massacre' les musulmans qui e'taient entre's dans la tour , avaient tue' un e'mir charge' d'aller apaiser le tumulte, et coupé les jarrets à toutes les bâtes de somme qui étaient dans la tour, afin de les mettre hors de service : voilà ce qui avait allumé ia colère du sultan. Cependant, ceux d'entre les chrétiens qui tenaient encore , ayant appris le traitement fait à leurs frères, résolurent de mourir les armes à la main y et ne voulurent plus entendre parler de capitulation : \€nw acharnement fut tel, que cinq musulmans étant tombés entre leurs mains , ils les précipitèrent du haut d'une des tours; enfin, lorsque la tour fut entièrement minée, et que les chrétiens eurent été admis à se rendre ^ avec promesse de la vie , les musulmans s'étant approchés pour en prendre possession , la tour s'écroula toutà-<coup , et ib furent tons ensevelis sous ses ruines, o

u Quand .le combat eut cessé , le sultan fit mettre à part les hommes qui avaient échappé au massacre, et on les tua tous, jusqu'au dernier; le nombre en était fort grand. Ce qu'il y eut de plus admirable, c'est que le Dieu très-baut voulut que la ville* fut prise un vendredi, à la troisième heure , au même instant ou les chrétiens y étaient entrés sous

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le sultan Saladin. De plus, les chrétteos, en s'en rendant maîtres , ayaient promis la vie à ia garnison et FaTaient ensuite massacrée (l) : Dieu permit qu'en cette occasion le sultan reçut aussi les chrétiens à composition et les fît ensuite mourir. Voilà comment Dieu les punit à la fin de leur manque de foi. 9

Ainsi parle Âboulmahassen : son récit s'accorde assez bien avec celui des chrétiens (9). L'historien Âbouiféda, qui se trouva à ce siège avec les guerriers de Hamah, rend hommage à la bravoure des Francs, u Leur ardeur, dit-ii, était telle, qu'ils ne daignaient pas même fermer leurs portes. Les troupes de Hamah étaient, comme à l'ordinaire, placées • l'extrême droite de l'armée; nous avions la ville en faee et ia mer à notre droite; près de nous étaient postées des barques chrétiennes, munies de mantelets, 4'où l'on nous inquiétait à coups de javelot et de traits d'arbalètes : il fiedlait nous défendre à-la-fois des attaques de la garnison et de celles des vaisseaux. Une nuit, les Francs firent une sortie et pénétrèrent jusque dans nos tentes ; un de leurs cavaliers se trouva pris dans la fosse d'aisance d'ud de nos émirs ; on eut beaucoup 'de peine à les repousser; à la fin, cependant, les guen*iers de Hamah les- obligèrent à se retirer, après avoir donné la mort à un grand nombre d'entre eux. Le lendemain, au point du jour, le prince de Hamah fit suspendre les tétcs des morts aux cous des cheyaux et se présenta ainsi au sultan. •

De son coté, Makrizi fait mention de quelques nouvelles circonstances. En parlant du dernier assaut, il dit que le sultan , pour étourdir les oreilles des chrétiens , avait fait mettre, de grand matin, trois cents tambours à dos de chameaux, et ces tambours causèrent un bruit effroyable^ 11 ajoute que lorsque la ville eut été prise,. dix mille chrétiens environ se présentèrent en supplians , et furent distribués aux émirs, qui les massacrèrent. Ensuite, il poursuit ainsi: <r Le siège d'Acre dura quarante jours ; quelques émirs et plusieurs soldajks j soufirirent le martyre. La ville fut entièrement démolie ; les remparts furent abattus ; on rasa les égUses et les maisons. Dans une des églises , on trouva un

(i) Voyet ci -de vaut, pag. sis.

(s) Voycx entre autres \e» Annales de Safnt-Bertin , daaa le Nopms Tke$aums de llartemie » tome III , page 7 sa et suiv.

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mAiisoIeeen marbre rouge , au milieu duquel était une grande table de piomb avec une inscription grecque en plusieurs lignes : l'inscription portait que ce pays serait subjugue par un peuple appartenant à la nation arabe et éclaire de la . vraie religion ; que ce peuple triompherait de tous ses ennemis , et que sa religion l'emporterait sur toutes les autres; qu'il dominerait sur toutes {es provinces de la Perse et de l'empire grec, et que, vers l'approche de l'année 700 de l'he« gire ^ ce même peuple chasserait entièrement les Francs et de'truinôt leurs églises. Il j avait encore cinq lignes eflfacees qu'on ne put lire ; le reste fut lu au sultan , qui en fut dans l'admiration. «

Apres ia prise d'Acre, les villes qui restaient encore aux chrétiens, à savoir Tyr, Tortose, et qui avaient fait leur paix particulière avec les musulmans, furent si effrayées,

Ju'elles n'osèrent tenir un moment et offrirent elles-mêmes e se rendre : toutes ces villes furent détruites. Restait encore Be'ryte : un* émir musulman étant venu pour en prendre possession, les habitans sortirent au-devant de lui et redoublèrent de soumissions. L'e'niir occupa paisiblement la ville : pour les habitans , on fit les hommes prisonniers; les femmes, les enfans et les vieillards furent envoyés charges de chaînes à Damas et de là en Egypte. Là , le sultan , touché du sort de ces malheureux , les fit mettre -en liberté'^ et leur laissa le choix de retourner à Beryte , ou de se rendre dans l'île de Chypre ; ce qu'ils préférèrent presque tous. Il tïe resta dans la Palestine que les chrétiens qui se soumirent à payer le tribut.

Tous ces succès , si l'on en croit Makrizi, avaient été prédits d'avance; dès avant que le sultan se mît en marche pour la ville d'Acre, un schéikh (l) avait vu, pendant son sommeil, un homme qui récitait ces vers (S) :

(i) Ce schéikh se nommait Scheif-eddin Bousîri ; c'est le même qui 8*est renda célèbre par un poCme arabe à la louange de Biabomet , poSme qui est intitule ^on/b, et qui joatt de la pins grande estime «n Orient. Voyez notre Dtscription du cabinet de M, le duc de Blacas, 1. 1, p. 60.

(t) l Cl—A oj ^ «*» i\ àà^ 03

^^.>IXUI tj. »-Aat^

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«Les musulmans se sont^mpares d'Acre , et ont acc»bie' » les îo fidèles de coups.

9 Notre sultan a marche contre eux avec des chevaux qui * renversent tous les obstacles (l).

9 Les Turcs (soldats du sultan ) ont pré de ne plus rien 9 laisser aux chrétiens, «

Le scheîkh fit part de sa vision i plusieurs personnes, et elle ne tarda pas à se veVifier.

Le cadi Mohi-eddin avait aussi composé ces deux Ters, qui se trouvèrent d'une justesse parfaite :

« O enfans du nord (S) , vous allez encourir la Tengemnoe 0 inévitable de Dieu.

j» Malek-aschraf est descendu sur vos cAtes ! attendez-Tous 9 à des coups non interrompus (3). »

Le sultan, suivant Novaîri, se fit on devoir de convertir

(l) Li(tër«Iemeiit, qui renversent entièremeni les w^numgnes. Cette expression paraît imitée de YAlcaran^ sonr^ ucxxix , vers. ss«

(a) Les mots que nous traduisons par enfans du Nord , signifient proprement enfans du jaune ou du blond. Les Orientaux donnent cette e'pitbète ans Francs et aux peuples du nord de TEurope , dont la plupart ont en efiet les cheveux blonds. Les Persans le disent aufûunlliui des Russes. Voyez le Voyage de M. Gaspar Dronvilfr II parait au reste que cette dénomination a eu primitrrement ont tonte autre origine. Voyez le recueil deu Notices des manuscrits de la Bibhothèque du Roi, tom. IX, p. 437. Voyez aussi une note de Reîske sur les Annales d^Abonlféda, tom. I, note 17.

J ^ p y. .Y y JÛ\ jm) *-Jî-i

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en legs pîeax une partie de ces belles conquêtes. Il en «fiecta , une [iortîon considérable à rentretien de la chapelle sépulcrale de son père, et de celle qu'il faisait bâtir pour luimême.

Ensuite il se rendit à Damas, Aboulmabassen rapporte que « le jour de son^entrée dans cette yille fut comme un jour de triomphe. Les rues furent tapissées; les habitans des pajs voisins accoururent pour jouir de ce spectacle. Le sultan fit son entrée ayant devant lui les prisonniers chrétiens a cheval, avec les ceps aux pieds. Parmi ses soldats , les uns portaient à la main des drapeaux chrétiens renversés, d'autres des têtes de morts plantées au bout d'une pique. Cette journée fut un véritable jour de fête, en un mot ul/^ grand jour. Le sultan passa environ un mois à Damas, attendant que ses troupes eussent achevé d'occuper les provinces chrétiennes. Lorsque tout fut fini, il se remit en marche avec son armée pour le Caire. Son entrée dans cette capitale fut encore plus brillante; il j eut un concours immense ; on eut dit que toute PEgypte était accourue pour prendre part à ce spectacle. »

u Ainsi^ s'écrie Aboulféda, les places chrétiennes rentrèrent sous les lois de l'islamisme; ainsi fut lavée la souillure imprimée par la présence des Francs , de ces Francs naguère si redoutables. C'est à Dieu que nous sommes redevables de ce bienfait ; soyons-en reconnaissans, et rendons au Seigpneur de solennelles actions de grâces, n

Ibn-férat termine aussi son récit par cette réflexion : « Les Francs ne possédèrent donc plus rien en Syrie. Espérons , s'il plaît à Dieu, que cela durera jusqu'au jour du jugement. 9

Ce qui suit, dans les auteurs arabes, n'a plus de rapport à notre sujet. II y est, à la vérité, quelquefois question de tentatives faites par les guerriers chrétiens pour rentrer en Palestine. Les débris des templiers et des hospitaliers essayèrent, au rapport d'AbouIféda, en 699 ou 1300 de notre ère, de reconquérir, de concert avec les Tartares, les anciennes provinces chrétiennes, et parvinrent même à occuper un moment Jérusalem ; mais ces succès furent de peu de durée, et la Syrie retomba au pouvoir de l'islamisme. Quelques chevaliers chrétiens, à la même époque, se cantonnèrent dans File d'Aradus, sur les câtes de Phénicie, en face de Tortose, d'où ils tentèrent de faire des courses sur les terres

575 BIBUOTBBQUB DB0 CROISADES.

voisines : mab en 709 on 1 303 de notre ère , FNe fut attaquée par les musulmans, et les Francs obligés d'aller chercher fortune ailleurs. Cest alors que les hospitaliers songèrent a s'établir dans llle de Rhodes. Cette île et celle de Chypre furent une des dernières conquêtes des croisades. Plus taid, llie de Malto devint le boulevart de la chrétienté. Tout cela n'est plus maintenant qu'un souvenir.

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