S LXXIV
Entrée des croise'* dans Damiette.
An 6t 6 [ 1219 ]. Dès que ïes chrétiens eurent passe le Nil, ils se mirent à cerner Damiette de toute part , et s'entourèrent eux-mêmes de bons retranchemens. Au rapport cflbnalatir, « la place se trouvait sans garnison. Tant que le sultan s'e'tait tenu, avec son armée, dans le voisinage de ses murailles, elle n'avait rien à craindre, et une garnison lui e'tait inutile; ensuite, quand le fils de Maschtoub jeta le trouble dans l'armée, la retraite du sultan fut si subite et le de'sordre tel, que personne ne songea à Damiette; ainsi cette ville se trouva réduite à ses propres habitans. Tel fut FefTet de la se'dition excitée par le fils de Maschtoub. Il fut donc facile aux chre'tiens de l'attaquer par eau et par terre. Pendant ce temps, les Arabes nomades qu'on avait appelés pour harceler l'ennemi, pillaient amis et ennemis, et la désolation ne faisait que s'accroître (1). »
L'historien des patriarches d'Alexandrie remarque, à ce sujet, que la terreur s'e'tait répandue dans toute l'Egypte. Les esprits e'taient aigris; et comme la cause première de ces malheurs devait être impute'e aux chre'tiens d'Occident, le peuple tourna sa fureur contre les chrétiens du pays; dans plusieurs villages on les massacra impitoyablement, L'auteur que nous citons e'tait lui-même chrétien, et eut sans doute à souffrir de cette persécution. II poursuit ainsi : * L'e'glise de Saint-Marc, située dans les environs d'Alexandrie, et objet de la vénération des fidèles , fut démolie , de peur que les Francs, envahissant le pays, ne s'en fissent une espèce de forteresse. En vain les chrétiens offrirent une grande somme d'argent pour prévenir ce mulheur; le sultan ordonna de raser la meilleure partie de l'église, et le reste fut abattu ie vendredi suivant, au sortir de la mosquée, au bruit des plus
(i) An reste, suivant Makriii, les Arabes furent fort ntiles sa sultan daus tout le cours de l'expédition : ils étaient sans cr**r occupés à harceler les ehre'tieus et a enlever ceux qui s'éloignaient ; ds s'introduisaient même dans leur camp pendant la nuit, et massacraieat ceux qui donnaient.
vives acclamations, par la multitude encore e'chauffe'e des exhortations des imams. Ainsi les chrétiens éprouvaient angoisse sur angoisse. •
» Les musulmans e'taient alors dans la plus grande consternation. Les principaux citoyens d'Egypte se cotisèrent pour venir au secours de l'islamisme; au Caire et au vieux Caire, les habitans offrirent deux mois de leurs revenus pour les frais de la guerre sacree : mais ce zèle ne tarda pas à se ralentir, et cette résolution fut presque sans re'sultat. »
a Cependant l'armée musulmane s'était avance'e jusqu'auprès de Damictte. Le sultan et son frère ne laissaient pas de repos aux Francs : ils essayèrent d'attaquer la partie de l'armée chre'ticnne qui e'tait reste'e sur la rive occidentale du Nil, dans son ancien camp. Le dimanche 7 de barmehat [commencement de mars], les musulmans s'avancèrent avec intrépidité; mais Dieu suscita ce jour-là un vent si violent, la pluie tomba avec une telle abondance , qu'il fallut revenir sur ses pas. Le quartier du sultan était alors à Farescour, à quelque distance de Dalniette (l). En vérité, tout fut extraordinaire cette année : l'hiver fut plus rigoureux que de coutume, et le sultan fit publier au Caire et au vieux Caire que la moitié' des habitans eussent à prendre les armes, de gre' ou de force; ceux qui avaient de l'aisance, et qui ne voulurent pas marcher, payèrent une somme d'argent, chacun selon ses moyens. On mit aussi à contribution les juifs et les chrétiens du pays, qui, d'après l'usage, ne pouvaient, en aucun cas, être assujettis au service des armes; et la somme qu'on leur imposa fut si forte, eu c'gard à leurs facultés, qu'ils fuient re'duits ù mettre en gage les vases sacre's des églises (2)
(î) Pour cette ville, comme pour toutes celles que nous citerons, nous renvoyons à la carte qui accompagne le xne livre de V Histoire des Croisades. f
(2) Parmi les chrétiens ôTEgyp'c , les uns e'taient de la secte }acobite ou secte d'Eutychès, et les autres melkhites. Ces derniers, qui professaient à-peu-près les mêmes dogmes que les catholiques romains , et qui, suivant la remarque de l'auteur, s'abstenaient de la circoncision et d'autres pratiques judaïques, ne formaient que le dixième des autres, et avaient beaucoup plus à souffrir, à cause qu'on ien soupçonnait d'avoir de l'attachement pour les Francs et pour le pape de Rome. L'auteur rapporte qu'au vieux Caire seulement, les cbrcUeus fureut taxes à quutre mille pièces d'or , sur lesquelles les
409 BlflLIOTHEQUE
et des synagogues. On parvint à équiper environ dix mille hommes , qui prirent aussitôt le chemin de Damiette. Mais la plupart étaient un ramas fie vagabonds et de gens sans aveu ; en route ils se livrèrent aux plus grands excès ; ils détruisirent les e'glises et les chapelles. Lorsqu'ils arrivèrent au camp, le sultan faisait livrer une attaque contre les diretiens : c'était un dimanche des Rameaux (l); et, chose remarquable, tous ceux qui avaient pris part à cette dévastation tombèrent sous le fer des chrétiens; le reste prit la fuite et arriva au Caire, sur des barques, dans l'e'tat le plus
» Un nouvel assaut, qu'on livra peu de temps après, ne réussit pas mieux. Les Francs s'e'taient entoures d'un mur flanque de bonnes tours, où l'on veillait comme dans une place de guerre, lis occupaient à-Ia-fois la rive occidentale et la rive orientale, et un pont de bateaux jeté' sur le fleuve assurait les communications entre les deux camps ; le même pont ôtait aux musulmans tout accès par eau vers Damiette. De loin, on voyait les maremmes chrétiennes, surmontées de leurs tours, s'avancer jusqu'au pied des remparts de la place; la ville était attaquée par eau et par terre , et ne recevait pas de secours. Le sultan, voulant procurer du soulagement à la garnison, forma le dessein de mettre à sec la branche du Nil qui baigne Damiette, et de faire couler les
m el khi tes devaient en payer mille. Les juifs furent taxes k six cents pièces d'or. Ce furent les prêtres qui répartirent cette somme sur leurs ouailles; c'était ordinairement k IVgfise qu'on faisait payera chacun sa quote-part. II résulte de là, suivant notre auteur* que beaucoup de chrétiens se dispensèrent pendant quelque temps d'aller k l'église; et comme il fallait pourtant que la somme exigée fût payée, on fut obligé d'envoyer solliciter la charité de* chrétiens des montagnes et des lieux sablonneux ; il n'y eut pas de inona>t«re, même dans les provinces les plus éloignées , qui ne fût mis k contribution.
(0 Oy^j • Cc mot nc se trouve pas dans les dictionnaires; mais il est déterminé par les passages rorrespondans des auteurs latins. Au reste , le mot en lui-même signifie olivier, et fait allusion k feutrée de Notre-Seigneur k Jérusalem , au jour où les rues furent sur son passage jonchées de branches d'olivier. Par une dénomination analogue, les chrétiens syriens se servent du mot cjy^*-" , qui signifie branches de palmier. Voyez le Faux Vakèdi, édition de M. Hauialer, notes, p. 167 et suiv.
eaux d'un autre côte' : par ses ordres, une forte digue fut e'feve'e du côte' de Zéfité, là où s'opère la séparation des branches du fleuve; mais bientôt, l'eau, s Vie vu ut à une hauteur prodigieuse, vint frapper la digue et en dispersa les débris.
» Pendant ce temps, les attaques continuaient contre Damiette. Les chre'tiens pressaient la ville de jour et de nuit, par eau et par terre, et le sultan les pressait à son tour. Dans une de ces attaques, les Francs essuyèrent un e'chec considérable. On fit plus dé quatre cents de leurs cavaliers prisonniers; plus de mille d'entre les fantassins furent tués. Un pigeon apporta la nouvelle de cette victoire au Caire; aussitôt l'on tapissa les rues et le peuple se livra à la joie. La plupart des chrétiens pris en cette occasion furent amenés au Caire et promenés par toute la ville. A l'égard des chefs, le sultan les retint auprès de lui, pour essayer si, par leur moyen, il pourrait en venir à un accommodement, il y eut à ce sujet plusieurs pourparlers, et l'on fut sur le point de se mettre d'accord. Le sultan o lirait de rendre Jérusalem , avec toutes les villes chrétiennes conquises par Saladin; mais les Francs, ayant reçu d'Occident de nouveaux secours, rompirent les conférences (1) et l'on recommença les hostilité?, n
Makrizi rapporte qu'en ce moment la ville était dans une grande extrémité. On ne pouvait rien y introduire par terre; et par eau , on courait les plus grands dangers; car les vaisseaux chrétiens occupaient le lit du fleuve, et les vaisseaux musulmans n'étaient pas en état de leur disputer le passage. On recourait à toute sorte de moyens pour tromper la vigilance des Francs. La sœur d'un des émirs qui étaient dans la ville, imagina de remplir la peau d'un chameau de volailles, de légumes, de fruits et de toute sorte de comestibles;'elle enferma le tout ensemble et le jeta dans le Nil. Ce moyen ayant réussi, elle recommença à plusieurs reprises; inuis les Francs, s'en étant aperçus, redoublèrent de précautions et ne laissèrent plus rien passer. Les vivres devinrent si chers , qu'un œuf de poule se vendait plusieurs pièces d'or; une vache valait huit cents pièces d'or; une poule en valait trente; une livre de sucre, cent quarante; il en coûtait quarante pièces d'argent pour avoir une outre d'eau; le
(1) De leur côté, les auteurs chrétiens rejettent la faute sur Ira musulman*. Voye* la Chronique déjà citée tUs Podestats de Reggio.
404 MOLioTiihorF
sucre finit par se vendre au poids d'une pierre pre'cieuse. Dans ces circonstances, le sultan tira de grands secours d'un Syrien appelé' Schamaïl. Ce.Syrien allaita la nage du camp à ia ville, et de la ville nu camp, et instruisait le sultan de l'état des choses (l). Pour le recompenser, le sultan lui donna plus tard le commandement du Caire.
Sur ces entrefaites , on usait de se've'rité dans toute l'Egypte pour faire armer la population, a Au Caire et au vieux Caire, suivant l'historien des patriarches d'Alexandrie, on fit une leve'e en masse : des hommes allaient par les rues, uae sonnette à la main , ordonnant à tous de partir. Les portes de ces deux villes furent fermées. On était si trouble, que personne ne s'occupait plus d'affaires; on ne songeait quau danger pre'sent : ce fut au point que le froment, qui la veille se vendait fort cher, baissa tout-à-coup, faute d'acheteurs. Dans le premier moment, on ne pensa pas aux chrétiens et aux juifs; mais bientôt, le commandant du Caire fit arrêter les chrétiens les plus riches, pour leur arracher de l'argent : cet exemple fut suivi par le commandant du vieux Caire, de manière qu'il n'y eut personne qui ne se ressentit de ces' temps de tribulations et de peines, »
u Cependant le sultan se disposant à livrer un nouvel assaut, fit venir du Caire une immense quantité de pots et de vasés de toute espèce , afin de combler les retranchemens des chrétiens. Il devait commander en personne l'attaque du camp de la rive occidentale , pendant que son frère Malekmoadam (i) combattrait sur la rive opposée. Mais au moment d'en venir aux mains , les Francs e'pouvantes demandèrent à négocier; on entra donc en conférences. Sur ces entrefaites, les chre'tiens réparèrent leurs fosses et lenrs retranchemens ; après quoi on reprit les hostilités. Le sultan reconnut alors que la force seule pourrait chasser les .chre'tiens. II se hâta
(1) Novaïri a aussi parle d'autres nageurs musulmans qui franchissaient la "flotte chrétienne à travers tous les obstacles; mais il ajoute qu'à la fin les Francs s'en étant aperçus, e'tendirent sur le fleuve des cordes et des filets où les nageurs se trouvèrent pris. Ccst à ce sujet qu'un auteur latin a appelé les Francs pêcheurs d'hommes. Voyei la Dissertation de M. Hamakcr, p. 106.
(2) L'auteur fuit mention de Malck-faîz; mais ce doit être par erreur, puisqu'il a déjà été' dit que Malek-faîz avait été renvoyé en Syrie, et que c'était io priuce de Damas qui demeura auprès du sultan.
de renvoyer son frère en Syrie , afin qu'il lui amenât de nouveaux secours. Pour lui , ii se prépara aux plus vigoureux efforts. Mais la ville e'tait à la dernière extrémité. Malek-moadam , en se mettant en marche , s'habilla de deuil et manifesta la plus grande tristesse. Les chrétiens s'étaient partages en deux corps ; l'un tenait tête au sultan , l'autre harcelait la ville, n
Dans ces conjonctures, un des émirs de la garnison , nomme' Gémal-cddin , qui avait inutilement jusque-là prodigue les marques de courage, se hasarda d'écrire une lettre au sultan. Cette lettre e'tait en vers et fut envoyée au bout d'une flèche; elle nous a e'te' conserve'c par Makrizi ; la voici :
« 0 mon souverain , la ville de Damiette , dont les créneaux sont renverse's et les fondemens presque arraches,
n T'envoie le plus sincère des complimens, avec un salut » aussi suave que le musc , dont fe moindre morceau, comme n le plus gros, a son parfum.
n Elle t'adresse ces mots de loin; mais tu l'entendras aussi « bjen que si tu e'tais son voisin et son hôte.
» 0 Roi, te dit-elle , qui n'as pas d'égal ni de pareil sur la n terre,
n Cette lettre te dira sur ma situation ce que je ne puis te n dire moi-même.
n Je viens me plaindre en son nom du cruel ennemi qui . n Ta entourée de toute part avec sa cavalerie et la multitude n de ses braves.
n Tout accès vers elle est ferme par terre; par eau, les » Hottes ont de la peine à y introduire du secours.
n Son humiliation s'est manifestée sur ses tours, aussi bien n que sa douleur , ses larmes et ses angoisses.
» Ah! si elle le pouvait, elle viendrait se précipiter à tes t pieds; mais toute issue lui est fermée.
n Le médiateur à qui elle a recours pour obtenir ce qu'elle n demande , c'est la religion de Dieu , de ses créatures et de n son prophète.
n Voilà que ses maux sont parvenus à leur dernier terme; n ses infirmités se sont aggravées, ses plaies ont épuisé ses n forces.
n 11 ne lui reste qu'un petit souille; c'est de toi qu'elle at- » tend sa guérison.
n Prends sa défense et celle des tiens, et délivre-la d'un 9 mal que toi seul peux faire cesser.
n Dieu t'a comblé de l'abondance de ses grâces ; une petite » partie de ces grâces su (Tira pour la délivrer.
n Toute excuse que tu apporterais pour te dispenser de » prendre en main la cause de Dieu et de sa religion serait n rejetee des musulmans.
n Dumiettc a les yeux tournés vers toi, et ne cesse de ré- » pandre des larmes.
» Si tu tardes de la secourir , sa verdure se dessécjiera , sa » langueur se découvrira.
s - L'AIcoran y perdra tout crédit, la croix s'y déploiera, et n I Kvangile retentira dans ses murs.
• On y entendra le bruit de la cloche; les louanges » de Dieu ne viendront plus frapper les oreilles des vrais » crovans.
Tel est, en vérité, son état et sa situation dans le plus
» grand détail.
• Pourquoi en dire davantage? C'est à toi, ô enfant de race » illustre, de lui porter aide.
• Justifie l'espérance qu'on met en toi , 6 toi qui n'as jamais *> deçu personne.
» Fais-toi , pour le jour de la résurrection , un trésor de » bonnes actions; c'est Dieu qui t'en donnera la récompense; » c est Dieu qui s'en fait garant, o
Le sultan , touché de ces paroles , résolut de faire un dernier effort. Au rapport de l'historien des patriarches d'Alexandrie, il se hata d'écrire de nouveau au Caire et au vieux Caire, pour que tous ceux qui n'avaient pas encore pris les armes le fissent sur-le-champ. Soixante-dix courriers furent envoyés. a-Ia-fois pour faire exécuter le même ordre dans toute I Egypte. Mais déjà Damiette ne laissait plus d'espoir : la plus grande partie des habitons avaient péri dans les combats , ou avaient ^été moissonnés par les maladies, et la ville manquait de défenseurs. En vain le sultan essaya d'v introduire pendant la nuit sept cents hommes de ses meilleures troupes; ils furent surpris au milieu des retranchemens de 1 ennemi, et presque tous massacrés. Enfin , les remparts n'étant plus défendus, les chrétiens entrèrent sans résistance. Un était alors au mardi 8 de hatour, ou 24 de schaban [4 novembre].
On lit dans Makrizi qu'au moment de la prise de la ville presque tous les habitant en état de porter les armes, au nombre de vingt mille, avaient péri. Les bras manquaient
pour enterrer les morts; il en coûtait quarante mitskals pour se faire enterrer. Les rues e'taient jonchées de cadavres; ceux qui vivaient n'avaient plus la force de se remuer. Aussi l'historien des patriarches d'Alexandrie a-t-il eu soin d'observer que la conquête de Damiette fut moins due à la bravoure des chre'tiens qua l'extinction de la garnison. Le même auteur ajoute que les Francs durent trouver dans la ville d'immenses richesses : l'or et l'argent y étaient amoncelés par quintaux. Le commerce y e'tait florissant; et d'ailleurs, Damiette passant pour imprenable , les e'niirs et les gens riches avaient cru y mettre leurs richesses en sure te'.
Au reste les auteurs arabes n'ont donne' que très-peu de détails sur l'occupation de Damiette. Makrizi se contente de dire que les Francs, en y entrant, se livrèrent à toute sorte d'excès, et qu'ils passèrent les bornes. Le même auteur, après avoir ajoute que la grande mosquc'c fut convertie en église, a remarque qu'entre la prise de Damiette et la descente des Francs sur les cotes d'Egypte , il s'était écoule seize mois et vingt-deux jours lunaires.
Pendant ce temps, le sultan, quoique campe' à peu de distance avec son arme'c, ne se doutait de rien. Si l'on en croit l'historien des patriarches d'Alexandrie, il ne s'aperçut de la prise de la ville qu'aux croix et aux bannières chre'tiennes plantées sur les remparts. Aussitôt il quitta son camp et se retira avec ses troupes vers le midi , sur les bords du canal d'Aschmoun , dans la direction du Caire.