‹ Bibliothéque du Paris médical enseignement et bibliographie de la médecine avec un plan de Paris indiquant les hospitaux, orné de seize vues des principaux hospicesChapitre 12 sur 36 · ENSEIGNEMENT D’HISTOIRE NATURELLE · texte numérisé non relu

ENSEIGNEMENT D’HISTOIRE NATURELLE

«lard in des Plan&tes*

Muséum d’histoire naturelle.

Ce jardin, comme toutes les choses éminemment utiles de ce monde, a eu les commencements les plus modestes, et l’histoire de ses métamorphoses successives est une des plus curieuses. Ce jardin fut d’abord un terrain de 24 arpents tout nu, et environné de marais.

Depuis ce temps les flores de toutes les parties du monde, et les échantillons vivants et inanimés des richesses du globe y sont accumulés. Tout, en effet, a été mis en réquisition pour y apporter des spécimens de chacune des parties de la création, depuis la pierre extraite des terrains primitifs qui sert de fondement à la vieille Cybèle, jusqu’à l’humble lichen des hautes montagnes; depuis les infusoires jusqu’à l’homme, en passant par tontes les nuances intermédiaires delà formation, par toutes les gammes ascendantes du davier panthéistiqne.

Gui de la Brosse, médecin ordinaire de Louis Xîiî, eut le premier l’idée de cette œuvre utile, et qu’on peut appeler nationale. Un édit de ce monarque, du 15 mai 1635, permit la réalisation de cette idée féconde ; et Gui de la Brosse prit possession du bâtiment et des 24 arpents achetés dans le faubourg Saint-Victor, près de ces réceptacles impurs appelés

les Copeaux et les Bouchers, et les lit disposer pour leur destination nouvelle. Cette destination était purement et simplement de réunir « un échantillon « de toutes les drogues , tant simples que compoor sées, » pour qu’on pût y faire « aux écoliers la « démonstration de l’intérieur des plantes, et de tous u les médicaments, » et pour qu’on pût y travailler « à la composition de toutes sortes de drogues, par « voie simple et chimique... d

Gui de la Brosse avait pris son œuvre à cœur; il dressa un parterre de 45 toises de longueur sur 35 de largeur, défonça les terrains, se procura, par son argent, scs démarches et sa correspondance, toutes sortes d’espèces et de variétés de plantes, et lit le tracé du jardin dans une étendue de dix arpents. L’ouverture du nouvel établissement ne put avoir lieu qu’on 1640. En 1641. Gui de la Brosse publia le catalogue des plantes cultivées dans ce jardin; le nombre de ces plantes, y compris les variétés, était de 2,360.

Ce médecin, si dévoué à la science, ne devait pas jouir du fruit de ses travaux et des bénéfices de son œuvre. Il mourut en 1643, et Fagon, son neveu, lui succéda dans la surintendance de cet établissement. Mais Fagon était premier médécin du roi ; il comprenait quels devoirs celte charge lui imposait, elle lui semblait incompatible avec celle de surintendant du Jardin-des-IMantes, à cause des devoirs non moins sérieux qui lui en incombaient. Il se lit remplacer dans cette dernière charge par Joseph Litton de Tournefort , un des hommes les plus éclairés de son siècle, et un des créateurs de la botanique.

Après Tournefort, qui légua au Jardin le fruit de ses méditations, de ses recherches et de ses voyages

c’est-à-dire sa méthode qui comprend 10,1 46 espèces, rapportées à 698 genres, vint Sébastien Vaillant, dont l’herbier a formé la base du grand herbier du Muséum.

Après Vaillant, vinrent Antoine et Bernard de Jussieu, deux savants sérieux et modestes. Puis Chirac et Chicoisneau, médecins du roi ; puis François Du Fay, naturaliste distingué ; puis enfin Buffon

Sous cet administrateur célèbre, le Jardin-des- Plantes prit un nouvel essor. C’est de lui que datent les premiers agrandissements de ce jardin. Jusqu’à lui cet établissement se réduisait à un cabinet composé de deux petites salles pour les curiosités naturelles, et à des terrains mal plantés de quelques arpents. Par les soins de Buffon, les collections occupèrent deux grandes salles des galeries actuelles, les terrains vagues disparurent et des plantations surgirent. L’enseignement, un peu négligé jusque-là, devint aussi l’objet de sa sollicitude ; toutes les chaires furent occupées par des hommes d’élite, par Daubanton, Bernard et Laurent de Jussieu, Rouelle, Winslow, Portai, Desfontaines, Macquer, Fourcroy, Brongniart, Antoine Petit et Vicq-d’Azir.

Ce fut l’époque florissante, l’ère glorieuse du Jardin-des-Plantes. Les découvertes faites dans toutes les parties du monde y aboutissaient. A cette époque aussi cet établissement doubla d’étendue, par des échanges de terrain avec les religieux de l’abbaye Saint-Victor et par l’achat des chantiers environnants. Un vaste bassin fut préparé, creusé au niveau de la Seine ; mais les plantes aquatiques ayant refusé d’y vivre, on abandonna le projet; le bassin se changea en carré creux comme on le voit aujour— d hui, et 1 on y cultiva des plantes d’ornement. Puis

on créa le jardin des semis, qui est devenu une école où l’on enseigne à semer, à faire lever, et où l’on peut suivre la série des procédés d’éducation pour les végétaux de tous les climats jusqu’au moment de leur transplantation.

Buffon mourut le 16 avril 1788. Pendant la durée de son administration, le Jardin-des-Plantes avait énormément coûté en acquisitions et en constructions de toute sorte. La dépense était alors d’environ 100,000 livres. On dut songer à procéder plus économiquement.

Ces économies se firent sous l’administration de Bernardin de Saint-Pierre. l)e sages réductions rendirent possibles les dépenses nécessaires, et la pénurie du moment (on était eu pleine révolution) n’empêcha pas la construction d’une serre.

Les orages politiques de cette époque n’atteignirent pas cet asile de ki science; le Jardin- du- Roi fut, par un décret de la Convention, du 23 juin 1793, changé en Muséum d'histoire naturelle; mais en revanche, il y fut institué douze cours de minéralogie, de chimie générale, des arts chimiques, de botanique rurale, de culture, de zoologie, d'anatomie humaine, d’anatomie des animaux, de géologie et d'iconographie naturelle, et une bibliothèque y fut créée.

Mais jusque-là le Jardin-du-Roi n’avait été que le Jardin-des-Plantes. 11 y avait bien de< galeries d’histoire naturelle, des galeries de végétaux et de minéraux, mais il n’y avait pas de ménagerie. En ce temps les animaux étaient à Versailles, et encore en très petit nombre et d’espèces peu variées; la ménagerie de \ersailles ressemblait beaucoup à celledela Tour de Londres, où l'on avait l’usage de

puis Édouard ïï de conserver des bêtes farouches. L’ouragan révolutionnaire, en chassant les hôtes illustres du palais de Versailles, chassa aussi les hôtes de sa ménagerie. Leux de ces derniers qui ne moururent pas de faim furent recueillis au Muséum dans des écuries et dans des logis provisoires. On recueillit également tous les ours, loups, renards, oiseaux, etc., qui couraient les foires des campagnes et les marchés de la ville; ce fut là le noyau de la ménagerie.

Vinrent les guerres de la République, du Consulat et de 1 Empire. Dans le butin de chaque victoire il y avait beaucoup de choses ; il y avait des animaux rares. Le Muséum s’enrichit de toutes ces conquêtes. Ses hôtes devinrent de plus en plus nombreux. On dut alors songer à leur élever des logements plus en harmonie avec les serres, les galeries et les parterres, seuls, jusque-là, en possession de l’admiration des curieux et des savants.

A partir de cette époque les accroissements et les embellissements du Jardin-des-Plantes allèrent toujours én augmentant. Nous avons dit en commençant ce qu il est aujourd hui. 11 nous reste maintenant à donner le tableau du personnel officiel du Muséum.

Le Muséum dépend du ministre de l’instruction publique; son personnel se compose de quinze professeurs, d’un bibliothécaire, de deux maîtres de dessin, de quatorze aides naturalistes, de dix-huit préparateurs, de soixante quatorze employés et gens de service, de huit voyageurs naturalistes. Et cet établissement, qui est à la fois « un jardin botanique pourvu de vastes serres, une pépinière générale, une ménagerie, une bibliothèque, un immense musée.

une école scientifique supérieure établie sur le plus large système, un centre de distribution et de correspondance pour les nombreux établissements scientifiques des déparlements; » cet établissement coûte à l’Etat moins de 500,000 fr. par an !

iNousdonnonsci-après les dénominations des cours avec les heures auxquelles ils se tiennent, en tant quelles sont fixes, en y ajoutant, outre les noms des professeurs, ceux des aides ou suppléants.

Cours du muséum d'histoire naturelle.

Semestre d'hiver.

Physique appliquée : M. Becquerel, les lundi et vendredi à onze heures et demie; aide: M. Ed. Becquerel fils.

Chimie appliquée : M. Chevrcul , les jeudi et samedi à dix heures un quart, à partir d’octobre; aide : M. Cloez.

Cours de géologie :M. Cordier, les mardi, jeudi et samedi à dix heures et demie ; aide : M. d'Orbigny.

Anatomie et histoire naturelle de l'homme (anthropologie) : M. Serres, les mardi, jeudi et samedi à deux heures et demie ; aide : M. Jacquart.

Histoire naturelle des mammifères et des oiseaux : M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, les mardi et samedi à une heure ; aide et chef des travaux zoologiques : M. F. Prévost.

Histoire naturelle des annélides , des m llusqus

et zoophytes : M. Valenciennes, les mardi et vendredi à deux heures ; aide : M. Louis Rousseau.

Tous ces cours, à l’exception de celui de chimie, commencent dans les premiers jours de novembre;

Semestre d'été.

Minéralogie: M. Dufrénoy, L. M. Y. à iOh.

Anatomie comparée : M. Duvernoy, mardi, jeudi et samedi à 5 h. ; aide et chef des travaux anatomiques : M. Emmanuel Rousseau.

Botanique rurale : M. A. de Jussieu (herboris).

Culture : M. Decaisne, mardi et samedi à 10 h.

Botanique et physique végétale: M. A Brongniart, lundi, mercredi et vendredi à 8 h. ifâ du mat.; aides : MM. Tulasne et Weddel.

Chimie générale : M. Frémy , mardi, jeudi et samedi à 9 h. ; aide : M. Larivièré.

Physiologie comparée : M. Flourens , mardi , jeudi et samedi à midi ; aide : M. Philippeaux.

Zoologie (reptiles et poissons) : M. G. Duméril , M. J. S. à 11 h. Ifi ; aide : M. A. Duméril.

Zoologie (invertébrés): M. Milne-Edwards, lundi, mercredi et vendredi à 1 h.; aide : M. Blanchard.

Zoologie ( Annelides et mollusques) : M. Valenciennes; L. M. Y. à 11 h. 1 fl.

Cours d'iconographie pour les plantes : M. Lesourd de Beauregard, professeur, mardi, jeudi et samedi à 11 h.

Cours d'iconographie pour les animaux : M. Chazal, professeur, lundi, mercredi et vendredi à il h.

Bibliothécaire en premier: M. Desnoyers.

Bibliothécaire en second: M. Lemercier.

Conservation des galeries d’anatomie comparée : M. Lan ri! lard.

Conservation de la galerie de botanique : M. Gaudieliaud.

Conservation des galeries d'histoire naturelle: M. Louis Kiéner.

Jardinier en chef : M. Pépin.

Chef des serres : M. Neumann.

Chef des bureaux: M. Hipp. Prévost.

Les galeries sont ouvertes au public les mardi et vendredi de deux à cinq heures, pendant rautomne et l'hiver; et de trois àsix, pendant le printemps et l’été.

Les étudiants sont admis les lundi, jeudi et samedi, de onze heures à trois, avec des cartes délivrées aux cours, et valables pendant une année.

Les étrangers et toutes personnes munies d'un billet spécial d’un professeur administrateur peuvent visiter, aux jours et heures consacrés à l’étude, les galeries d’histoire naturelle, la ménagerie et les serres. Tout est gratuit dans l’établissement.

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