G PROCÉDÉ POUR DÉROULER LES PAPYRUS ÉGYPTIENS
manuscrits, le papyrus a repris toute sa flexibilité, et on le déroule sur des feuilles sèches du même papier, en plaçant des bandes de verre sur la partie déroulée à mesure qu’on avancé dans l’opération; puis, lorsque l’humidité a été complètement absorbée, on coupe le manuscrit par pages avec une règle et un canif, et on le colle sur des cartons minces, au moyen d’amidon additionné d’un peu d’acide arsénieux ou de bichlorure de mercure, ou bien, s’il est opisthographe, on le place entre des glaces.
Pour coller le papyrus, il faut avoir une feuille de papier fort de la même grandeur que le carton sur lequel on veut le fixer. On place le papyrus à l’envers, c’est-à-dire le revers en dessus, sur cette feuille de papier, de manière qu’il soit convenablement emmargé; puis on l’enduit de colle avec un pinceau doux, sans dépasser les bords, et on applique dessus la feuille de carton, puis on y passe plusieurs fois la main en tous sens pour y faire adhérer la colle. On retourne le tout, on enlève doucement la feuille de papier, on la remplace par une feuille de papier buvard bien propre que l’on frotte et tamponne fortement afin de compléter l’adhérence du papyrus avec le carton; enfin, pour terminer l’opération, après avoir enlevé cette nouvelle feuille, on la remplace par un morceau d’étoffe de laine blanche, puis on laisse sécher le fout en presse pendant une huitaine de jours. Voilà pour les cas ordinaires.
Maisilarri ve souvent que les manuscrits funéraires, placés dans les cercueils ou sous les bandelettes des momies', ont été plongés, avec les corps qu’ils accompagnent, dans la matière bitumineuse en fusion que les Égyptiens employaient pour préserver ces corps de la destruction ; cette matière s’est quelquefois introduite par les extrémités du rouleau et en a pénétré les différents tours plus ou moins complètement et presque jusqu’à réduire le manuscrit à l’état de masse bitu-
1 Champollion, Notice du musée Charles A, p. 144.