Prisse, Monuments , pl. XXX
4. Le Papyrus anaglyphique de Londres (Sait, 825) donne sur les châtiments de curieux détails qu’il serait trop long de rapporter ici.
SUR UN BAS-RELIEF ÉGYPTIEN
de l’épouse de ce pharaon, est armée d’un arc et lance des llèches sur le symbole des villes plusieurs fois répété, avec des légendes en grande partie effacées. Au-dessus d’elle, cinq colonnes d’hiéroglyphes se lisent de la manière suivante :
NTR UM-T S'P-N-S A'N-TÏ (?) PT
La divine épouse (Isis) s’est emparée des (territoires?) de la Libye et de
MN R R SU (?) MH AMNT ART R Il‘E(?)-F
l’Asie, au sud, au nord, à l’ouest et à l’est, à cause de son corps (?), rta'-n-f-n-s.
qu’il (Osiris) lui avait donné.
Cette légende fait allusion aux vengeances qu’Isis exerça partout contre les persécuteurs de son frère.
Au milieu du bas-relief, on voit l’arbuste, au pied duquel le coffre contenant le corps d’Osiris vient d’être exposé par les dots. Auprès de cet arbuste, on lit une autre colonne d’hiéroglyphes :
S'NT N HENU.
L’arbuste du coiïre.
et sur le coffre lui-même, les mots : aï ues-ar, arrivée d’Osiris.
A droite, le roi, dans l’attitude du combat, tient une masse d’armes d’une main et lance des projectiles de l’autre. 11 symbolise Horus qui seconda Isis dans les guerres typhoniennes.
Les autres inscriptions du même monument n’ajoutent aucun renseignement sur cette curieuse représentation; leur mauvaise conservation et les fautes du copiste les rendent d’ailleurs presque inintelligibles. Je remarque seulement qu’une d’elles est divisée en quatre parties, précédées chacune d’un des quatre groupes qui veulent dire la première fois, la seconde J'ois, la troisième fois et la quatrième fois. Je dislingue aussi le nom de la localité appelée (p-)ae-t'eme, ifaoTqjji'.c, qui est probablement celui de l’endroit où l’édifice subsiste encore (voir Brugsch, Géographie, t. I, p. 185).
SUR UN BAS-RELIEF ÉGYPTIEN
L’arbuste, dont nous donnons la figure, est appelé I ps?xr(, bruyère, dans le De Iside, mais les Grecs l’ont aussi connu sous les noms de y.uvoxé<pa),oç [L-cLt,, plante cynocéphale, ou 'Oaîpewc tacpï), TOMBE 1) OsiRIS 1 2 .
On doit peut-être en reconnaître la mention dans un passage du manuscrit magique de Leyde (Leemans, Monuments égyptiens du musée d' Antiyuités des Pays-Bas, Pap. A.
n° G5, pl. D. (IV), col. VIII, 1. 25-31), dont le texte démotique est traduit en grec par ces mots : Mr, pe Stoxe o 8s avoy*
Ha-tTre-ou Mexouêavec (la'TTaÇw ty;v Tatçr(v tou Oatoetoc x ai unayu) xaxaaTY)aat auTrjv etc AS'.Soç xaTaa'TTjaat en Taoraç x ai xaxaGeaOat etc alyac- eau ptot
o 8e y.oTiouc — apaoypi TrpotJTpe^o) auxTTjv auTw. Mais les mots domotiques qui répondent à tt,v xatpv tou Oatpswc, se lisent te kas n ues-
1. Voir Ducange, Glossarium mccliœ et infimes græcitatis , p. 1060; Pline, //. Nat., XXX, n; Goodwin, Fragment of a Grœco-Eggptian Work upon Magic from a Papyrus in tlxe British Muséum, p. 44.
2. Ce mot avoy est le pronom égyptien de la première personne ank, moi; il est ici transcrit et non traduit.
SUR UN BAS-RELIEF ÉGYPTIEN
ar, le tombeau d’Ositis, et ils ne sont pas accompagnés du signe générique des plantes, en sorte qu’ils doivent désigner plutôt la véritable sépulture d’Osiris que l’arbuste qui porte son nom.
Outre ce végétal, on se rappelle que la vigne 1 et le lierre étaient aussi consacrés à Osiris comme à Bacchus.
La fable ajoute que l’arbuste prit subitement un accroissement merveilleux pour cacher et enfermer dans son tronc le coffre qui contenait le corps d’Osiris, et que Malcander, roi de Byblos, admirant sa grandeur, en fit faire un pilier pour soutenir le toit de son habitation. C’est là qu’Isis, instruite par un souffle, renommée divine, parvint à découvrir le corps de son frère.
Le monument que je viens de signaler, est donc un document de plus à ajouter à ceux qui prouvent déjà la haute antiquité du mythe rapporté par Plutarque, avec des détails d’une exactitude remarquable. »
1. Voir Notice <1cs antiquités égyptiennes du musée de Lyon , p. 83, note 2 [du présent volume].