‹ Bibliothèque égyptologique (volume 2)Chapitre 163 sur 247 · OU ANTÉRIEURS A LEUR DOMINATION · texte numérisé non relu

OU ANTÉRIEURS A LEUR DOMINATION

Mon cher collègue,

Les nouvelles découvertes dont vous avez rendu compte dans une lettre adressée du Sérapéum de Memphis, le 2G février, à M. Alfred Mauryq sont venues confirmer par de plus récentes observations les résultats que vous aviez pressentis 1 2 3 * relativement à l’âge des deux grands sphinx de granit rose du musée du Louvre. Ces résultats reposent en effet, ainsi que vous le supposiez, sur la constatation du martelage de légendes royales antérieures à celles de la dix-neuvième dynastie qu’ils portent aujourd’hui h

L’examen attentif que M. le vicomte de Rougé fit avec moi des inscriptions du colosse dit de Ramsès II 5 ne fut pas aussi décisif pour ce monument, en ce sens que nous ne parvînmes pas à y reconnaître d’abord la présence d’un martelage; mais le style archaïque de cette belle sculpture, si bien caractérisé et si différent de celui des admirables statues de la dix-neuvième dynastie que possède le musée de Turin, a suffi pour

1. Publié clans la Revue archéologique , 2e série, 1861, t. IV.

2. Revue archéologique, t. III, 1861, p. 337. — 3. Reçue archéologique, t. III, 1861, p. 98. — 4. Reçue archéologique, t. III, 1861, p. 249.

5. A. 20, de la Notice des monuments exposés dans la galerie d’an¬

tiquités égyptiennes ( salle du rez-de-chaussée) au musée du Louvre, par Emmanuel de Rougé; n° 274, de l’inventaire de la collection Drovetti.

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MONUMENTS RELATIFS AUX HYQ-S OS

faire penser depuis longtemps à notre savant maître qu’il pouvait appartenir aussi à une époque antérieure aux rois pasteurs1. . Quant à moi, je ne conservais aucun doute à cet égard, et j’en étais si convaincu que je recommençai plusieurs fois le même examen, dans l’espérance toujours déçue de découvrir quelques traces de martelage. Je croyais donc que ce témoignage irrécusable de son antiquité n’existait pas, quand un hasard heureux me l’a fait découvrir : je m’avisai un jour de passer la main sur le champ des légendes profondément gravées de Ramsès, et le toucher me révéla de suite ce qui avait échappé à nos yeux.

Je reconnus en effet de cette manière, et avec la plus grande facilité, une différence de plan bien marquée entre les diverses parties des légendes, différence que le poli presque égal des surfaces et l’éclairage du monument empêchent de distinguer autrement. Je lis alors une empreinte qui ne me laissa plus la moindre incertitude, les traces du martelage étant parfaitement apparentes par une sorte de pointillage irrégulier dans les parties surbaissées. Voici comment ce martelage se présente sur les côtés du trône :

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