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Lettre de Mariette, écrite au Caire le 22 décembre

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vateur de contenter au même degré l'administration, la science et un public parfois plus exigeant que la science et l’administration à la fois. Le fait suivant, qui aurait pu servir à justifier plus tard la création de l'École du Louvre, nous le montre au moins désireux de satisfaire au delà de son strict devoir les travailleurs qui s’adressaient à lui. Quelques jeunes gens vinrent le trouver un jour et lui dirent : « Un professeur » étranger nous avait proposé de nous faire un cours sur » l’écriture démotique; nous avons déjà entendu plus de dix » de ses leçons, mais il n’est, pas parvenu à nous faire com- » prendre ce qu’était cette écriture et quels en sont les élé- » ments. — Je n’ai pas le temps de vous faire un cours, » répondit Devéria, mais asseyez-vous, je crois qu’en une )> heure ou deux, je pourrais vous donner quelque satisfac- » fion. » En effet, une heure après, ces jeunes gens, grâce à la méthode et à la clarté du jeune professeur, possédaient au moins quelques éléments généraux de l’étude qu’ils voulaient poursuivre’. Était-ce-là un cours, une conférence, une simple conversation? A l’époque dont il s’agit, Devéria aurait pu être inquiété comme ayant contrevenu aux dispositions de l’art. 2 du décret du 17 mars 1808 qui régissait l’enseignement supérieur!

Sa bonne volonté savait encore supporter une autre épreuve : ses amis scientifiques l’entretenaient de leurs travaux, et il ne cherchait pas à se soustraire à la correspondance considérable qui en résultait. Ses lettres à M. Chabas,

1. Culte anecdote est un souvenir d’une petite scène dont fut témoin au Louvre M. Édouard Charlon, alors député, anecdote qu’il eut l’occasion de citer à la Chambre le 8 juin 1875, lors de la délibération sur la proposition de M. le C" .haubert, relative à la liberté de l’enseignement supérieur.

N OTICE m or, R A P H I QU E

do Chalon-sur-Saône, les seules dont nous ayons eu la collection sous les yeux, marquent particulièrement l’attention bienveillante qu’il prêtait à l’œuvre de ses confrères. Elles son! consacrées presque entièrement à des échanges de vue sur des lectures ondes interprétations de textes, qu’il serait intéressant de faire connaître. Je me bornerai à en citer ici quelques considérations générales que j’y ai relevées. Chabas, qu’un tempérament primesautier ne préparait guère à supporter les longueurs minutieuses de la pure philologie, faisait volontiers bon marché des questions relatives à la nuance précise des sons et à la valeur des formes grammaticales. Devéria l’en reprenait avec beaucoup de raison :

Plus j’avance et plus je m’éloigne de votre opinion sur ce système vague que vous adoptez et qui nous empêche de voir clairement ce qu’était la langue égyptienne. J’ai au contraire la conviction absolue que tout était fixe et précis dans cette langue et dans son écriture, et que, dans les bons textes des bonnes époques, les voyelles sont aussi fixes et immuables que les consonnes. J’attends pour changer d’opinion l’ouvrage que vous m’annoncez, mais j’ai grand’peur qu’il n’ait pas prise sur moi; cependant, croyez bien que je me rends toujours aux bonnes raisons...

Plus j’étudie et plus je suis convaincu que la langue antique est tout entière dans le copte, et que, lorsque nous n’y retrouvons pas le correspondant ou au moins le dérivé d’un mot hiéroglyphique, c’est que nous ne savons pas encore lire ce dernier...

Les scrupules philologiques de Devéria ne réussirent pas à modifier la fougueuse allure scientifique de son confrère. Voici la réponse qu’il en reçut :

Nous différons dans l’appréciation des quelques règles philologiques que vous considérez comme importantes, tandis que je les

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crois inexactes et clans tous les cas inutiles. Ce n’est pas un motif pour nous contrecarrer. Nous n’avons pas l’espoir, ni vous ni moi, cle voir la science à son apogée. En conséquence, la solution de bien des questions est réservée forcément à l’avenir. Le mieux, quant à présent, est de noter et d’observer au lieu de légiférer. Quant à aller piano ce n’est pas dans ma nature ni dans mes possibilités... Trompons-nous, corrigeons - nous , la science en profite toujours et pendant ce temps elle marche, tandis qu’elle s’arrête si nous nous arrêtons.

Dans le cours de cette même année 1860, qui le vit nommer conservateur adjoint, Devéria avait fait paraître un Spécimen de l' interprétation des écritures de V ancienne Égypte, décrit les pièces égyptiennes du musée d’Aix, et fourni à M. Fétis, de Bruxelles, pour son Histoire générale de la Musique, une notice sur les instruments de musique employés chez les anciens Égyptiens. Élu membre de l’Institut d’Alexandrie, il présenta à cette compagnie un travail sur un Monument biographique de Bakenkhonsou, grand-prêtre d'Ammon et architecte principal de Thcbes, contemporain de Moïse.

Mariette-Bcy lui ayant offert de nouveau l’hospitalité, il le rejoignit au Caire, le 21 janvier 1862. Il visita cette fois l’intérieur de la grande pyramide et le tombeau des khalifes. Il remonta ensuite le Nil au delà de la première cataracte et poussa jusqu’à Ouadi-Halfa, en Nubie, dernier point où Champollion fût parvenu. Il visita Ibsamboul, que ses colonnes de pierre font apercevoir de loin, et ses temples aux énormes cariatides, revint à Boulaq où Mariette le pria de s’occupera son retour en France de la publication, consentie par le vice-roi, du résultat général des fouilles. Ce fut le

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commencement d'une collaboration qui dura autant que la vie de Devéria. M. de Rougé, qui sentait quels avantages l’Égvptologie devait en retirer, s’efforça d’en assurer le jeu et d’obtenir pour Devéria toutes les libertés compatibles avec la situation qu’il occupait de conservateur au Louvre. D’entrée de jeu, Mariette réclamait la présence de son aide en Egypte pendant l’hiver de 1801-1862; M. de Rougé écrit aussitôt à M. de Nieuwerkerke :

Il y aurait un grand avantage à ce voyage pour la connaissance un peu pins complète des découvertes qu’ont amenées les nouvelles fouilles. Vous savez que M. Mariette travaille maintenant très difficilement et qu’on 11e peut en tirer la copie d’aucune inscription quand il 11’a pas M. Devéria pour aide. Ses yeux et sa tête sont un peu fatigués du climat. Je regarderai donc un voyage de quelques mois de la part de Devéria comme quelque chose de très heureux. Les arrangements que Mariette lui offre lui permettraient de faire ce voyage moyennant une simple contribution de 500 francs, payables au retour. Je pense que vous pourrez lui trouver cette modique somme sur le budget de 1862 b

Les permissions nécessaires ne furent jamais refusées, grâce à cette intervention, et Devéria put se mettre plusieurs années de suite à la disposition de Mariette. L’œuvre allait bon train quand la mort de Said-Pacha en suspendit le progrès : Mariette se hâta de prévenir son collaboraleur.

Mon cher ami, vous aurez appris par les journaux la mort regrettable du vice-roi. J’ai tout lieu d’espérer que cet événement n’arrêtera pas la publication que nous avons en train... Cependant, comme il faut tout prévoir, je crois prudent d’arrêter provisoire-

1. Lettre de M. de Rougé, datée de Paris, le 26 décembre 1861.

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ment l’affaire. Quant aux planches dont j’ai reçu les épreuves, je vais vous en écrire un de ces jours... Le vice-roi a décrété la construction d’un musée monumental sur la place de l’Esbékieh. J’en fais les plans. Je tâcherai que ce soit sérieux et durable '.

L’interruption fut courte, et Ismaïl-Pacha se montra, dès le début, tout disposé à marcher sur les traces de Said. C’est avec une joie véritable que Mariette en donne avis :

. Le nouveau vice-roi, bien entendu, continuera l’œuvre

commencée par son prédécesseur en faveur des antiquités, mais nous n’aurons plus comme avant à obtenir de ces faveurs qui nous mettaient si à l’aise. Ismaïl-Pacha calcule, et avec lui il faut des comptes non seulement en règle (ce qui est tout naturel), mais ne dépassant jamais d’un centime ce que lui -même a prévu et ordonné.

M. de Rougé est ici et déjà nous avons fait une tournée à Tanis, à Sakkarah et aux pyramides. En ce moment nous voguons vers la Haute-Egypte... Dès son arrivée au Caire, j’ai envoyé un ordre à tous mes réis sans exception de déblayer partout, de nettoyer partout les chemins, de ne pas laisser une pierre écrite sans qu’elle soit facilement abordable. Moi-même je ne quitte pas M. de Rougé d’une minute. Je le mène aux fouilles, je lui montre tout, et jusqu’à présent il n’a pas eu d’autre peine que de copier tout ce que je lui ai mis sous les yeux. En somme, son voyage est le plus facile qu’on ait jamais fait et je suppose que notre cher maître est content. M. de Rougé a écrit à M. Guigniaut une lettre qu’il m’a montrée sur les fouilles de Tanis. Il s’agit d’une stèle découverte par moi, vue par moi pour la première fois, traduite par moi en entier avant que M. de Rougé l’ait même aperçue, et enfin indiquée par' moi à M. de Rougé qui certainement, retournée contre terre comme elle l’était, aurait passé dessus cent cinquante fois sans la voir si je

1. Lettre de M. Mariette, datée de Boulaq, le 26 janvier 1863.

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l’avais voulu. Dans ces circonstances, peut-être M. de Rougé outil dû me laisser le plaisir de la faire connaître le premier. 11 ne l’a pas voulu. .le n’ai rien à dire. Du reste, c’est là le véritable hommage que je veux rendre à M. de Rougé : de tout ce que. je possède, de tout ce que je connais de monuments, je ne veux rien lui cacher. J’ai en ce moment 1,000 hommes qui travaillent à déblayer des inscriptions pour qu’il ait moins de mal à les copier. Maintenant c’est à lui de juger s’il doit me laisser ou non la primeur de ces découvertes... Pour moi, j’aurai fait ce que je regarde comme un devoir. Nous avons dépassé Béni-Souëf et notre première station hiéroglyphique sera Abydos. Là aussi j’ai bien du nouveau à faire voir à M. de Rougé. Tliôbes viendra ensuite. Nous resterons là certainement quelques semaines. Karnak surtout sera un lieu à explorer à fond '.

Devéria cependant avait craint, lui aussi, que la mort de Said ne portât un coup fatal à l’œuvre commune, et, comme il désirait avant tout en assurer l’exécution, il avait proposé à Mariette de se charger gratuitement du travail des planches. Le Bcy, très touché de ce désintéressement, car il connaissait exactement les ressources dont son correspondant disposait, se hâta de lui annoncer que l’Égyptologie n’avait rien perdu au changement du maître de l’Egypte :

Le Caire, le 2 mars 1863.

Mon cher ami, permettez-moi de vous dire tout d’abord que vous avez des scrupules d’hounôte homme que je ne crois pas justifiés. La proposition que vous me faites, de ne plus toucher les petites sommes qui vous reviennent pour la peine que vous voulez bien vous donner de diriger nos publications, vous honore assurément; mais c’est là un excès de délicatesse que je ne puis accepter. En

1. Lettre de M. Mariette, en date de Béni-Souëf, le 2 février 1863.

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effet, si maintenant vous n’avez pas assez de besogne pour vous persuader à vous-même que vous gagnez votre argent., peut-être viendra-t-il un temps où vous en aurez trop, et alors le système de compensation doit mettre dès à présent votre conscience à l’aise. D’un autre côté, songez bien que je suis loin de vous demander un travail de simple réviseur d’épreuves, et qu’une direction scientifique comme celle que je réclame de vous est de celles qu'aucun prix ne peut jamais payer. Tranquillisez-vous donc, mon cher ami, vous que j’estime infiniment: mais je crois que cette fois-ci vous vous exagérez le sacrifice que j’impose pour vous à la bourse du vice-roi, en même temps que vous amoindrissez vos propres services. Le Th. Devéria direxit ne m’a nullement choqué, soyezen sûr. A chacun selon ses œuvres. Il ne faut jamais en vouloir qu’à ceux qui se parent de plumes qui ne sont pas à eux.

Il est bien entendu qu’à vous seul revient le bon à tirer. Acceptez donc, refusez, corrigez, cela vous regarde. Si je demande qu’on m’envoie des épreuves, c’est à titre de renseignements...

Maintenant, j’ai un service à vous demander: celui de mettre le feu aux poudres et de faire en sorte que d’ici à un mois, coûte que coûte, nous ayons un certain nombre de planches prêtes^ pouvant être réunies en une, deux ou trois livraisons. Je vais vous dire naïvement le motif de la hâte excessive que je réclame de votre obligeance et de votre amitié.

Je n’espère aucunement le fameux prix de vingt mille francs que l’Académie des Inscriptions va décerner cette année. Peut-être, en faisant certaines démarches, pourrais-je arriver à prendre place parmi les candidats sérieux. Comme M. de Rougé me l’a écrit une fois, j’ai fait une grande chose dans ma vie, le Sérapétim, et, en ce moment, j’en termine une autre, le musée du Caire. Je crois donc qu’il ne m’est pas défendu de regarder de loin le fameux prix dont il s’agit et de songer tout au moins à l’honneur de l’accessit. Mais pour en arriver là, je vous répète qu’il me faudrait faire certaines

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démarches auxquelles je ne me résoudrais que difficilement. Je ne me regarde donc pas comme un candidat sérieux, et d’avance je me résigne au rôle de vaincu. — Cependant si mes goûts personnels ne me portent à m’occuper de cette affaire qu’avec répugnance, je suis ramené vers elle par les devoirs toujours sacrés que m’impose ma position de père d’une très nombreuse et très pauvre famille. Je serais coupable en effet si je laissais passer une occasion de laisser après moi à ceux qui portent mon nom un petit patrimoine. Dans ces circonstances, j’ai donc résolu de ne faire aucune demande, de ne tenter aucune démarche directe, mais de laisser parler en ma faveur mes meilleurs avocats, c’est-à-dire les faits, et de publier vers la fin d’avril le plus de livraisons possible de mes Fouilles. On verra par là que je vis.

Vous comprenez le reste. Allez donc voir G***., à qui d’ailleurs j’écris dans le même sens. Que les planches se tirent, se gravent, se photographient, que tout marche à la vapeur. Vous avez entre les mains les matériaux nécessaires pour marcher en avant. De mon côté, je vais vous envoyer des planches à faire graver.

Une fois que quelque chose comme 40 planches seront réunies, je fais faire (ou plutôt vous ferez faire) une jolie couverture; nous assemblons le tout en trois ou quatre livraisons; s’il se peut, je vous envoie un court texte à y joindre, et au moins je n’aurai rien à me reprocher. 11 va sans dire que les livraisons seront envoyées aux 40 membres de l’Académie.

Ainsi donc, mon cher ami, je compte sur vous et je vous remercie d’avance de tout ce que vous voudrez bien faire.

Je travaille à force au texte du Sërapéum et de trois chapitres dont cette première partie de mes Fouilles sera composée. J’ai achevé complètement le premier. Le second va m’embarrasser beaucoup, parce qu’il comprend le catalogue des monuments découverts. C'est là que j’aurai besoin de faire appel à votre com-

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plaisance, les objets étant à Paris plus près de votre main que delà mienne1.

Je vous ai adressé deux pierres; elles viennent du Paslophoriurn et j’ai été autorisé par le leu vice-roi à les offrir au Louvre. Elles entrent toutes deux dans ma publication et vous devez en avoir trace dans vos notes. Elles sont à graver d’après un modèle photographique.

Je prends occasion de ces pierres pour vous prier de hâter la confection des planchesgrecques. 11 n’est pas mal que mes livraisons futures ne s’adressent pas qu’aux Égyptologues... Vous avez au Louvre un fragment grec publié autrefois par Egger, et qui fait partie des envois du Sérapéum. Ne croyez-vous pas que nous ferions bien de l’intercaler dès à présent dans nos livraisons? A vous alors le soin de le faire graver. Je vous laisse libre. Il vient aussi du Pastophorium et prendrait sa place avec les autres monuments de cette partie du temple.

Le nouveau vice-roi m’a parlé spontanément de son désir de continuer la publication ordonnée par son prédécesseur. Comme nous sommes en Ramadan, il n’y a rien à faire en ce moment pour terminer cette affaire, arranger les crédits, etc., mais vous pouvez annoncer à ceux qui s’intéressent à notre affaire qu’elle est loin d’être abandonnée.

Là-dessus, mon cher ami, je vous serre bien affectueusement la main.

Auguste Mariette.

1. La première série de la description des fouilles exécutées en Egypte par Auguste Mariette en 1850-1854, comprenant le Sérapéum de Memphis , fut en etîet impriméeen 1863 sous la direction de Théodule Devéria: l'œuvre est demeurée inachevée comme tout ce que Mariette projetait de faire sur le Sérapéum. Devéria publia, la même année, dans la Revue Archéologique plusieurs Mémoires importants : La nouvelle Table cl' Abf/clos, une Description des objets composant une donation du prince Jérôme Napoléon au Louvre, la Notation des centaines de mille, Quel-

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Il faut reconnaître pourtant que, malgré beaucoup de bonne volonté réciproque, les choses ne marchaient pas aussi bien qu’on l’aurait voulu. Mariette avait changé plusieurs fois de programme; ses hésitations étonnaient et le gouvernement égyptien qui devait en supporter les frais, et les éditeurs parisiens. 11 avait d’ailleurs obtenu le prix de 20,000 francs; il chargea Devéria d’une dernière démarche auprès d’un imprimeur, à l’effet d’obtenir un devis ferme qu’il pourrait soumettre au vice-roi :

Boulaq, le 17 juin 18G4.

. . . Quant à l’affaire de la publication, il faut en sortir à tout prix. Deux fois commencé, l’ouvrage a été deux fois interrompu. Je viens donc vous demander de me faire (avec Lemercier, si vous le jugez bon) un petitdevis. Voici comment je comprends l’ouvrage: Je ne veux pas faire de luxe. Je désire au contraire éditer une sorte de Vade-mecum contenant des matériaux pour l’Égyptologie, quelque chose comme l’ouvrage de S harpe, plus soigné. Pourvu que les textes y soient fidèlement reproduits, peu importe que le papier soit plus ou moins fin, etc Cependant je voudrais quelque chose de présentable.

Un premier volume contiendrait le Sérapéum.

Un second volume contiendrait Edfou.

Un troisième volume contiendrait Thèbes.

Un quatrième volume contiendrait Abydos et Saqqarah. — Ainsi de suite. Je mettrais peu de texte, seulement j’y ajouterais beaucoup d 'index destinés à faciliter les recherches.

Le devis arrivé, je le soumettrai au vice-roi. Si le vice-roi veut me laisser faire l’ouvrage à ses frais, tout est pour le mieux. S’il ne veut pas, je suis décidé à le faire à l’aide de mes humbles

ques Personnages d’une famille pharaonique, La Race supposée proloceltique, qu’on trouvera reproduits parmi ses œuvres.

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petits capitaux. L’Empereur me prendra bien cent exemplaires; le le prince Napoléon cinquante : le vice-roi cent. Avec cela, je me rembourserai. Mais à tout prix il faut que je sorte de cette situation fausse. J’ai planté avec beaucoup de peine un arbre. Je l’ai littéralement arrosé de mes sueurs. Je vois les fruits qui commencent à mûrir. Mais si je ne me hâte, ce n’est pas moi qui les mangerai. Coûte que coûte, je veux donc aller de l’avant.

Pour le Sérapéum tout peut être fait à Paris, mais pour le Musée du Caire, pour Edfou, pour Abydos, etc., il me faudra ici un personnel. Vous, par exemple, acceptez-vous de passer un nouvel hiver près de nous comme directeur de l’ouvrage? Un photographe serait aussi indispensable. Bref, mon cher ami, soyez assez bon pour étudier la question. Je compte sur votre complaisance habituelle.

...Rien de nouveau dans nos fouilles. Je ne fais plus que déblayer pour pouvoir copier cet hiver. Un secret espoir me dit que je vous verrai bientôt et que nous copierons ensemble. . .

Je fais imprimer ici une petite Histoire d'Égypte qui m’a été demandée par le vice-roi pour les écoles du Gouvernement. Je vous en envoie un exemplaire. Vous n’y trouverez pas grand’chose de nouveau .

Devéria s’acquitta fort habilement de la mission qui lui était confiée : le devis qu'il dressa de concert avec Lemercier fut soumis au vice-roi, adopté, et voici en quels termes Mariette annonce la solution de l’affaire :

Boulaq, le 4 novembre 18(14.

Mon cher ami, j’ai tardé à vous répondre pour avoir du positif. Cettefois,je liens irrévocablement mon crédit et je suis autorisé par le vice-roi à dépenser une somme de 28,000 francs pour notre publication... Mon intention est de me passer d’un libraire-éditeur,

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si cela est possible; dans le cas contraire, j’accepterai qui vous m’indiquerez, X... excepté.

Quant il vous-même, mon cher ami, il y a moyen de tout arranger... Sous le rapport délicat de l’argent, je m’en rapporte à vous. Je vous ai déjà dit que mon grand désir est que tous les modèles, quels qu’ils soient, sortent de vos mains. Maintenant faites-vous payer au mois par Lemercier, ou à tant la planche fournie, à votre gré. Sous le rapport de votre participation intellectuelle à l’œuvre, je considère aussi comme un devoir de la reconnaître par l’adjonction de votre nom dans le titre général du volume : celui qui a été à la peine doit être à l'honneur. Voyez donc la rédaction qui conviendrait le mieux. Le principe est adopté.

Comme nous nous contenterons pour le moment du Sérapéum, vous n’aurez pas à venir cet hiver en Égypte. Mais l’année prochaine, nous entamerons Edfou. Nous verrons alors à nous arranger en conséquence...

Devéria était donc libre cette année, mais l’intérêt qui l’attirait vers l’Égypte était si puissant qu’il ne résista pas à la proposition que M. Henri Péreire lui lit de l’accompagner dans l’excursion qu’il méditait. Mariette revit donc l’ami qu’il n’attendait pas cette année-là, et il profita de sa présence pour mettre de nouveau sa bonne volonté à contribution :

Boulaq, le 7 janvier 1865.

Mon cher ami, Brugsch m’a demandé instamment à venir passer quelques jours avec moi à Edfou. Vous savez combien il a besoin des inscriptions nouvelles que ce temple renferme pour le second volume du Calendrier. Faciliter Brugsch dans cette besogne est pour moi plus qu'un plaisir; c’est un devoir. Je n’aimerais pas la science si je ne le faisais pas.

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Mais Brugsch est souffrant... et il ne peut être prêt à partir que dans une huitaine de jours.

Dans ces circonstances, j’ai recours à vous pour vous prier de solliciter, en mon nom, de M. Henri Péreire, une faveur: ce serait celle de m’amener Brugsch jusqu’à Kcneli. Là il s’embarquera sur mon bateau et tout sera dit. J’espère que M. Péreire ne me refusera pas ce service. Demandez-le-lui pour moi en l’assurant d’avance de tous mes remerciements.

J’ai pris le parti de rester quelques jours à Dendérah où je vais faire déblayer quelques chambres pour notre ouvrage. Je vous y attendrai, et nous pourrons ensuite voyager de conserve... Ilâtezvous donc un peu et ne vous arrêtez que quand nous nous rencontrerons.

C’était le troisième voyage que Devéria accomplissait en Égypte. Il avait, cette fois, pour compagnons, avec M. Henri Péreire, MM. Surell et Rhoné : tandis que ce dernier recueillait des notes pour son Égypte à petites journées, Devéria prenait des photographies, réunies plus tard par les soins de M. Péreire en un album d’une soixantaine de planches dont aucun exemplaire n’a été mis dans le commerce. Il comptait ensuite aller en Syrie, où il eût voulu s’assurer par luimême si les inscriptions commémoratives des conquêtes de Ramsès-Sésostris, qu’ Hérodote affirme avoir vues en Phénicie, sont, ou ne sont pas, dans la vallée de Nalir-el-Kelb près de Beyrout. 11 espérait même se former de visu une opinion sur l’époque de la construction des fondations du Temple de Jérusalem, question si longuement débattue entre MM. de Vogüé et de Saulcy. Mais ce voyage, qu’il projetait depuis quinze ans et en prévision duquel, à l’âge de dix-huit ans, il avait étudié la géométrie descriptive, se fit sans lui. Il y re-

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nonca, non sans regret, pour obliger encore M. Mariette qui avait besoin de son concours et dont il subissait évidemment le charme. En Égypte, à cette époque, « le Grand-Bey » comme il l’appelait, et « le Grand Français », Ferdinand de Lesseps, absorbaient dans leur puissante personnalité tout ce qui les approchait. A peine arrivé au Caire, il annonçait à sa mère son changement de résolution :

Le Caire, 30 décembre 1864, 1er janvier 1865.

Ma chère mère, M. et Mme Mariette m’ont fait le meilleur accueil et parlent déjà de me retenir quelque temps après mon retour de la Haute-Égypte... 11 est donc fort possible que je sois obligé de prolonger mon absence au delà' des limites que j’avais prévues, et qu’après avoir remonté le Nil comme touriste avec M. Henri Péreire et ses compagnons, je le remonte une seconde fois avec Mariette-Bey pour préparer enfin sérieusement la publication de ses fouilles par ordre du vice-roi. Depuis mon arrivée, il est entré dans une bien meilleure voie de travail et a heureusement renoncé à recommencer une troisième fois son Sérapéum... Je vais presque tous les jours chez lui à Boulaq... Il est dix heures du soir et mes compagnons ne sont pas encore rentrés delà foire deTantah, où ils sont allés ce matin par chemin de fer pour voir les aimées et les marchands d’esclaves. Grand bien leur fasse! Quant à moi, le beau Musée de Mariette me donne assez d’occupation pour qu’il ne me soit pas loisible de les suivre dans ces sortes d’expéditions...

Dendérah, 10 février 1865.

Jusqu’à présent, mon voyage n’a été en somme qu’une longue partie de plaisir que je ne vois pas finir sans quelque regret, la tâche que je vais accomplir avec notre grand Bcy est cependant aussi intéressante qu’utile et sérieuse... Je vais coucher ce soir à bord de son bateau et je resterai une huitaine ici pour travailler

Bibl. ÉGYPT., T. IV. ***

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avec lui... J’ai écrit aujourd’hui même à M. de Nieuwerkerke pour obtenir une prolongation de congé... Quant à la possibilité d’un emploi qui me permettrait un séjour permanent en Égypteoù je me trouve si bien du soleil africain, tu serais loin de le désirer si tu connaissais comme moi l’instabilité des choses de ce pays et le peu d’honorabilité des hommes qui y exercent le pouvoir. Quelle que soit la fonction qu’on y occupe, on peut toujours être remercié du jour au lendemain et congédié sous le moindre prétexte, ou même sans prétexte, comme un va-nu-pieds. Ce n’est, qu’à force de diplomatie et d’habi lités qu’on peut se maintenir quelque temps. Notre excellent Beya fait des prodiges eu ce genre pour rester dix ans en fonction, et maintenant, après avoir beaucoup lutléet passé partoutes les phases de la faveur etde ladisgrâce, il n’aspire plus qu’à venir se reposer en France où il n’a pas de position faite. — Il en est exactement des petits comme des grands, et je ne me sens pas de force à remplir ce rôle. — Ce n’est donc pas de ce côté qu’il faut tourner nos efforts ; je me déciderais d’ailleurs difficilement à quitter le Louvre où je suis très bien, et le petit avenir scientifique que j'ai en France. Il y a mieux à faire : si nos excellents amis ont un peu de crédit à notre disposition, ne le gaspillons pas inutilement et tâchons seulement d’arranger nos affaires de manière à ce que je puisse venir en Égypte tous les ans ou même tous les deux ans. Cela suffira parfaitement à ma santé. — II se peut qu’à l’avenir, malgré les bonnes dispositions de M. de Nieuwerkerke, j’éprouve quelque difficulté à obtenir un congé suffisant pour m’absenter tout l’hiver ; c’est alors que l'influence de nos amis pourra nous être véritablement utile...

Le Caire, 27 février 1865.

... Mes compagnons partiront dans quelques jours pour la Syrie où je n’irai décidément pas, afin de travailler avec Mariette... De leur bateau j’ai passé sur le sien où j’ai trouvé moins de luxe et de confort. mais un excellent accueil et où j’ai déjà pu faire de bons tra-

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vaux pour une publication qui promet force besogne à un dessinateur habile.. Nous comptons par centaines les planches à reproduire pour cet ouvrage... M. Renan a quitté le Caire le jour de mon retour; il paraît que dans une ville syrienne où il débarqua avec sa femme, le consul de l’endroit allait leur donner l’hospitalité pour la nuit, lorsque la femme de ce dernier déclara qu’elle ne coucherait jamais sous le même toit que ces impies; comme il n’y avait pas d’auberge, force a été d’aller frapper à la porte d’un couvent d’où on les a expulsés sur la déclaration de nom; ils ont donc dû se résigner à passer la nuit dans un caravansérail malpropre avec des Arabes plus malpropres encore. J’en connais plus d’une qu’enchantera la sottise de cette bigote et de ces moines; leur attitude en cette circonstance prouve simplement que les musulmans sont plus humains et charitables qu’eux, puisque le caravansérail est ouvert à tout le monde...

Bonlaq, 9 mars 1865.

A Dendérah, Mariette a fait faire beaucoup d’estampages quenous copions à qui mieux mieux ainsi que les inscriptions du mont Barkal, qui vont entrer dans la première partie de la publication. Je suis bien satisfait d’utiliser de la sorte ma présence en Égypte.

5 avril 1865.

J’ai tant travaillé que je n’avais pas une minute à moi, mais je suis presque à la fin de ma première tâche, qui était la copie de toutes les inscriptions du mont Barkal, arrivéesici,à Boulaq ; c’est un travail souvent fort difficile, vu l’état des pierres, mais des plus intéressants etauquel je consacre tout mon temps avec le plus grand plaisir.

A son retour en France, Th. Devéria acheva et publia clans le Journal Asiatique une étude égyptologique des plus importantes, intitulée : Le Papyrus judiciaire de Turin et les

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Papyrus Lee et Rollin, faite sur un document officiel, pièce originale provenant des archives pharaoniques et datant du règne de Ramessès III, premier roi de laXXedynastie, c’està-dire-environ un demi-siècle après l’Exode. L’interprétation de ce document intéressantau point de vue historique, onomatologique et judiciaire, nous fait voir, à cette époque séparée de notre temps par trois mille ans au moins, tout le procès d’une conspiration fomentée dans le harem contre la personne ou l’autorité du roi, et un tribunal régulièrement constitué. en cour de justice. Il nous fait connaître les formules judiciaires et la rigueur des lois égyptiennes, tout en fournissant d’utiles notions philologiques sur la langue parlée de cette époque. « Ce travail, écrivait M. E. de Rougé, place Devéria parmi les maîtres et l’a rendu complètement digne de la position de conservateur... Je désire ardemment voir ainsi couronner ses services. Sera-ce une simple consolation pour des jours déjà comptés ? Hélas! Je le crains bien. »

Au mois d’octobre suivant, Devéria repartait une quatrième et dernière fois pour l’Égypte, appelé par un télégramme pressant, qui lui laissait juste quarante-cinq heures afin de quitter ses affaires, sa famille et d’obtenir un congé. Mais plus tard il adressait de Boulaq à M. de Nieuwerkerke, en date du 6 mars 1866, le compte rendu de ce voyage improvisé :

M’étant mis, aussitôt arrivé, à la disposition de mon savant collègue et ami M. Mariette-Bey, nous n’avons pas tardé à partir ensemble pour la Haute-Égypte avec tout un attirail d’échelles et d’échafaudages destinés à faciliter nos travaux. Nous avons fait une première station à Arabat el-Madfouneh (^'ancienne Abydos), où j’ai pu copier la plus grande inscription monumentale qui existe

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de nos jours; elle n’a pas moins de quatre-vingt-seize colonnes d’hiéroglyphes. Le fait le plus important que j’ai relevé dans ce beau texte, qui date du commencement du règne de Ramsès II et qui a été entièrement mis au jour par les travaux de M. Mariette, est la mention de sépultures royales dans la même localité; de nouvelles fouilles pourront en amener la découverte. Nous avons ensuite été rejoints par le sous-gouverneur de l’Algérie, M. le général Desvaux, que nous avons accompagné jusqu'à la première cataracte du Nil. En revenant, nous nous sommes arrêtés à Dendérah, où nous avons copié ou estampé tout ce qui mérite publication, c’est-à-dire environ quatre cents bas-reliefs et inscriptions. Puis nous avons achevé une monographie complète de tout ce qui est actuellement à découvert des admirables ruines d’Abydos. Après cela, nous avons remonté le Nil une seconde fois pour conduire les enfants du vice-roi jusqu’à l’île de Philæ. Nous sommes revenus avec eux. Dans l’île de Séhel, à Assouan et dans les environs nous avons recueilli bon nombre de proscynèmes hiéroglyphiques entièrement inédits. Le seul incident fâcheux de cette longue exploration qui a duré plus de trois mois, c’est qu’au retour, un bateau à vapeur mal dirigé est venu se briser sur le nôtre. Si l’on a à regretter les avaries des deux bateaux, nous avons par contre été assez heureux pour que personne n’ait péri et qu’il n’y ait eu que des contusions sans trop de gravité dans notre équipage. Nous étions par bonheur déjà eu vue de Boulaq, et M. le duc d’Aumont, qui habite près du lieu de l’accident, s’est empressé de mettre à notre disposition un canot qui nous a permis d’arriver promptement au Musée; nous avions une voie d’eau qui pouvait nous faire sombrer d’un moment à l’autre.

M. Mariette a également été secondé dans l’accomplissement de la tâche scientifique qu’il s’était imposée cette année par M. Vassalli, conservateur du Musée du Caire, qui nous accompagnait. La grande publication qui se prépare en ce moment par ordre du khédive permettra de faire prochainement profiter la science de

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tous nos travaux. Je suis heureux pour ma part que vous m’ayez permis de coopérer à cette grande œuvre.

L’état de ma santé est satisfaisant, j’ai même éprouvé une très notable amélioration. En attendant le retour de la belle saison en France, j’aide M. Mariette à mettre au net les nombreux documents scientifiques que nous avons recueillis.

De retour en France, il reprit enfin ses travaux personnels trop souvent interrompus. Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1868, au moment où il venait de commencer l’impression du catalogue des Papyrus du Louvre, œuvre qu’on a pu égaler, mais que nul travail du même genre n’a encore surpassée.

Je corrige mes premiers placards, écrit-il à cette occasion, et ce n’est pas sans quelque hésitation que je vais me décider à les renvoyer à l'imprimeur. Qui ne risque rien n’a rien, dit le proverbe.... Je ferai de mon mieux, mais sans prétendre à la perfection, c’est le seul moyen de sortir de difficulté-. . Quelques-unes de mes appréciations sont peut-être aventurées... Certaines tentatives de traduction sont trop littérales et par suite illisibles etc., etc. Je ne vois tout cela que sur la composition typographique, c’est-à-dire un peu tard, mais j’ai en dernier ressort le grand moyen de la suppression, avant la mise en pages1.

Il roulait dans sa tête le projet de bien d’autres travaux sur la Mythologie et sur la Grammaire égyptienne auxquels il se mettrait après l’achèvement de celui-ci, mais il eut. à peine le temps d’en dresser le plan.

L'Emblème d’Hermanoubis dans le tombeau de Baleen- /ortsou premier prophète d'Ammori , l’Expression Maâ-

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