‹ Bibliothèque égyptologique (volume 2)Chapitre 20 sur 247 · COMMUNIQUES PAR M. BOURQUELOT · texte numérisé non relu

COMMUNIQUES PAR M. BOURQUELOT

Les deux grands scarabées égyptiens dont notre confrère, M. Bourquelot, a communiqué, à la Société, des plâtres obtenus avec une grande perfection par les procédés du moulage à la gélatine1 2, sont du nombre de ceux qu’on appelle avec raison scarabées funéraires. Le beau style et les noms qu’on y lit peuvent les faire remonter jusqu’au temps de la XVIIIe dynastie, c’est-à-dire à plus de trois mille ans d’antiquité.

On trouve ordinairement les scarabées de ce genre sur la poitrine dos momies, et le Rituel funéraire contient, aux chapitres xxx et lxiv, la formule qu’ils portent le plus souvent gravée sous leur base. Cette formule qui constitue, avec de légères variantes, la partie la plus importante du premier de ces deux chapitres, n’est qu’annexée au second; mais, dans l’un comme dans l:autre, elle est accompagnée d’une rubrique ou annotation spéciale. Ainsi le chapitre xxx,

1. Lu à la Société des Antiquaires de France le 10 juin 1857; publié dans le Bulletin de la Société, 1858, p. 112-118.

2. Les originaux appartiennent à M. Naudot, médecin, à Boulogne, près Paris. Ils sont en serpentine verte.

DEUX SCARABÉES ÉGYPTIENS

dont le titre annonce qu’il se rapporte au cœur du défunt, se termine par une rubrique dans laquelle il est dit que le scarabée funéraire doit être placé à l’endroit du cœur de l’individu pour qui l’on exécute les prescriptions, et qu’il doit porter la formule mystérieuse commençant par les mots : Mon cœur de ma mère (bis), mon cœur dans mes transmigrations ce qui n’est que le commencement du texte que nous' lisons effectivement sous nos deux scarabées; et ce texte, qui se rapporte à la grande peinture du chapitre cxxv du Rituel funéraire, dans laquelle le cœur du défunt, placé sur le plateau d’une balance, ne doit pas l’emporter par le poids de ses iniquités sur la pesanteur d’une plume d’autruche ou d’une petite image de la déesse de la justice, dont cette plume était le symbole, et que l’on voit sur l’autre plateau de la même balance; ce texte, disons-nous, se fait remarquer par la séparation du défunt et de son cœur en deux êtres indépendants l’un de l'autre, et par l’allocution que le premier adresse au second en ces termes : C'est toi ( mon cœur, gui es) l’existence 5 dans mon sein3, et (c'est) Chnouphis (gui) donne la vie saine1' ci mes membres; sois manifesté dans le lieu bon 5 pendant 6 la perpétuité 7 du

1. Je pense que le sens de ces mots est, comme on l’a déjà proposé, Mon cœur est celui que j’ai reçu de ma mère, c’est celui que j’ai dans mes transmigrations. Le reste de la formule n'a pas encore été traduit d’une manière satisfaisante.

2. C’est le mot [J |. k’a. dont M. Birch a prouvé la signification.

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