‹ Bibliothèque égyptologique (volume 2)Chapitre 209 sur 247 · NOTATION DES CENTAINES DE MILLE, ETC · texte numérisé non relu

NOTATION DES CENTAINES DE MILLE, ETC

On remarquera que le quatrième et le cinquième caractère renferment exactement les mêmes éléments numériques que le groupe ^l, dans lequel nous avons reconnu l’expression de dix tritlions; cette observation me porte à croire que dans tous ces composés, quand on y distingue deux nombres, l’un doit être multiplié par l’autre, et qu’on doit lire, d’après ce système, dans le troisième, cent billions; dans les quatrième et cinquième, dix trillions, et dans le sixième, un quintillion. Mais ces nombres énormes d’années devaient être le plus souvent employés dans un sens indéterminé et seulement pour exprimer de longues et incalculables périodes de temps, des infinités de siècles; c’est au moins le sens qu’ils me paraissent avoir ordinairement dans les décorations symboliques des monuments, car ce n’est qu’aux plus basses époques de décadence que les figures combinées qui les représentent ont été introduites dans les textes hiéroglyphiques, et presque toujours avec une valeur purement phonétique, comme l’a bien observé Champollion ( Grammaire hiéroglyphique, p. 45).

En terminant cette courte étude, je suis heureux de pouvoir dire que ses résultats, au moins dans leur partie essentielle, c’est-à-dire pour la fixation de la valeur des trois signes numériques servant à noter les centaines de mille, les millions et les dizaines de millions dans le système hiéroglyphique, sont pleinement confirmés par un très bon travail de AI. Auguste Baillet, qui faisait cette petite découverte à Paris, tandis que je la faisais en Égypte. Ce jeune égyptologue a réuni des exemples pour le moins aussi probants que les miens, et y a joint une étude de certaines divisions du temps qui rend des plus désirables la prochaine publication de ses recherches; elles comprennent un nouvel examen d’un texte numérique important qui avait échappé à mon attention, bien qu’il eût été déjà l’objet d’un travail de M. Lepsius.

BAKENKHONSOU

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