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Bâk-n-æcn$u.
Bakenkhonsou
Dans la première partie de cette dernière inscription, Bakenkhonsou vante de nouveau ses mérites, et dit qu’il est architecte principal de la demeure d’Ammon (Thèbes); puis il s’adresse à toutes les générations futures, qu’il nomme à la troisième personne, suivant une forme très usitée dans la syntaxe égyptienne, et leur fait connaître ce qui lui est arrivé depuis sa naissance. Il énumère les différents grades par lesquels il passa successivement pour parvenir dans un âge avancé à celui de premier prophète ou grand prêtre d’Ammon : c’était la dignité la plus élevée du sacerdoce égyptien, dont il nous révèle toute la hiérarchie. Il est fort important de savoir en effet que le purificateur ( âb ou uab)
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INSCRIPTIONS DE BAIvENCIIONSOU.
Biul. ÉGYPT., T. IV
était inférieur au divin père (ntr-atio), et que ce dernier était inférieur au prophète ( ntr-lin ). Ces diverses notions sont confirmées et complétées par l’ordre qu’on remarque dans les processions de prêtres décrites dans les Notices publiées de Champollion, t. I, p. 564 et suivantes. Quant aux premiers prophètes ou grands prêtres d’Ammon, on se rappelle que leur puissance prit une si grande extension sous la XIXe et la XXe dynastie, qu’ils finirent par usurper la couronne pour former la XXIe dynastie1.
Notre personnage fut d’abord, dit-il, dans l’enfance absolue jusqu’à quatre ans, puis jeune homme pendant douze années, ou jusqu’à seize ans; alors il avait déjà un emploi dans l’intendance de Séti Ier, qui lui donna ensuite, pour son entrée dans la classe sacerdotale, le titre de purificateur d’Ammon, qu’il porta pendant quatre années, ou de seize à vingt ans; puis les titres de divin père d’Ammon pendant douze années, ou de vingt à trente-deux ans; troisième prophète d’Ammon pendant quinze années, ou de trente-deux à quarante-sept ans; deuxième prophète d’Ammon pendant douze années, ou de quarante-sept à cinquante-neuf ans; et enfin à cause de son mérite, celui de premier prophète ou grand prêtre d’Ammon, dont il occupa les fonctions en véritable bienfaiteur pendant vingt-sept années, ou de cinquanteneuf à quatre-vingt-six ans.
On remarque, dans cette partie du texte, la mention d’une charité qu’on n’est pas dans l’habitude d’attribuer aux anciennes civilisations, et qui est exprimée dans un langage qu’on pourrait appeler biblique, car il rappelle celui des Psaumes : « Il fut, dit-il, un bon père pour ses phylacites, pourvoyant à l’existence de leur génération, tendant la main aux malheureux et faisant vivre les pauvres. » J’ai traduit le mot smd-u par phylacites, faute d’une expression
1. Il est à noter que cette haute dignité fut conférée à Bakenkhonsou par le roi lui-même.
Bibl. égypt., t. iv.
plus juste; on sait que c’était une partie de la population, souvent enrôlée militairement, préposée à la garde des temples ou chargée de l’exploitation et de la culture des domaines qui en dépendaient, mais toujours placée sous la dépendance absolue du grand prêtre ' .
Voyons maintenant quelles déductions chronologiques on peut tirer des indications que j’ai données plus haut. Puisque Bakenkhonsou était à seize ans employé dans l’administration du palais de Séti Ier, un espace de quarante-trois ans sépare cette époque de celle de sa nomination à la dignité de premier prophète, dont il fut investi à l’âge de cinquanteneuf ans par le même Pharaon. 11 est donc facile, en faisant monter ou descendre ces quarante-trois ans dans les cinquante et un ans du règne de Séti Ier, d’arriver à placer sa naissance, d’après la chronologie de M. Brugsch, non pas sous Ramsès Ier, prédécesseur immédiat de Séti 1er, qui ne régna que six ans au plus, mais entre l’an 2 et l’an 10 d’Har-em-heb ; son entrée en fonction dans l’administration du palais de Séti Ier, entre l’an 1 et l’an 8 de ce Pharaon, et sa nomination de grand prêtre d’Ammon entre l’an 43 et l’an 51 du même règne. Mais il porta ce dernier titre pendant vingt-sept ans; il dut donc en exercer les fonctions jusqu’à une époque dont le terme se place entre l’an 19 et l’an 27 de Ramsès II, fils et successeur de Séti I01'.
Il eut en effet l’occasion d’exécuter d’importants travaux pour ce dernier roi, dont les cartouches sont gravés sur les bras de sa statue; aussi déclare-t-il, dans la suite du texte, qu’il fut son architecte principal dans le lieu appelé ^ ^ x'ent-Zlàm, et qu’il dirigea la construction d’un monument dédié à Ammon par Ramsès II, sous le nom d’ édifice sacré de Ramsès-aimé-d’ Ammon-qui-écoute-le-croyant, à la porte supérieure de la demeure d’Ammon, c’est-à-dire probablement dans la partie la plus élevée de Thèbes. Nous voyons.