‹ Bibliothèque égyptologique (volume 2)Chapitre 5 sur 247 · XI.VII · texte numérisé non relu

XI.VII

de quelques pages si aisés à lire, si faciles à comprendre. L’intérêt des résultats obtenus compensait du moins la brièveté de chacun d’eux. Devéria est l’un des premiers parmi nous qui aient compris la méthode appliquée par E. de Rougé, et qui l’aient pratiquée avec bonheur : il analysait patiemment ses textes, accumulait les exemples pour découvrir le sens d’un mot ou d’une formule, ne risquait une traduction qu’après en avoir étayé toutes les parties des preuves qui lui paraissaient être le plus solides. Plus d’un parmi les Égyptologues de la génération présente, qui a toujours eu des professeurs prêts à l’aider, des Dictionnaires et des Grammaires pour lui éviter la peine de deviner le sens des mots et des tournures grammaticales, sourira en lisant les premières pages de ces volumes et s’étonnera à la vue des erreurs accumulées par nos devanciers sur des questions aujourd’hui résolues : il y a quarante ans, les plus forts se trompaient beaucoup, mais ils savaient se corriger eux-mêmes, et rien n’est plus curieux que de noter dans leurs oeuvres les moments de leur développement scientifique et, par les progrès qu’ils accomplissaient d’un mémoire à l’autre, les progrès de l’Égyptologie.

Je me suis attaché à rassembler tout ce que Devéria avait publié, jusqu’aux moindres notes. J’ai joint à ce premier fonds ceux de ses mémoires inédits qui m’ont paru compléter les autres ou donner une idée nette de sa façon d’étudier les monuments. Lorsqu’ils étaient inachevés, je n’ai eu garde d’y rien ajouter qui pût en dénaturer le plan : je me suis borné à choisir parmi les rédactions diverses celle qui était la plus complète, à en disposer les fragments dans l’ordre où l’auteur même les avait placés, et quand j’ai dû y intercaler quelques mots pour marquer la suite des idées, la différence des carac-

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NOTICE BIOGRAPHIQUE

tères employés trahit immédiatement aux yeux l’interpolation. L’ensemble forme une œuvre assez considérable, dont les pièces principales étaient peu connues même des Égyptologues, et pourtant que représente-t-elle à côté des matériaux que Devéria avait amassés et qu’il comptait employer s’il avait vécu? Les manuscrits, acquis par le Louvre après sa mort, sur l’initiative de M. de Rougé, comprennent, d’après le catalogue qu’en dressa M. Pierret :

11 volumes d’empreintes prises avec beaucoup de soin en Égypte et dans divers musées d’Europe (les monuments du Louvre y occupent la plus grande place).

7 volumes de reproductions de monuments (copies, empreintes, estampages, photographies) relatifs à l’histoire d’Égypte et classés chronologiquement.

1 volume de documents relatifs au culte.

1 volume de documents relatifs aux funérailles.

1 volume de documents relatifs aux mœurs.

3 volumes de documents relatifs au Livre des morts et aux imitations de ce livre.

1 volume de documents relatifs au Sérapéum de Memphis.

3 volumes de documents relatifs au Panthéon égyptien.

1 volume de travaux sur l’écriture démotique.

1 volume de documents relatifs à l’Égypte moderne.

1 volume de documents relatifs à l’histoire naturelle de l’Égypte. 3 volumes de vues de monuments classés géographiquement.

1 dictionnaire égyptien manuscrit en 6 volumes.

16 boîtes de fiches.

Beaucoup sont déjà venus puiser à pleines mains dans ces richesses, beaucoup viendront y puiser longtemps encore : Devéria mort continue de rendre service à notre science.

G. Maspero.

IM P A//E/LLFMARD & SES Fl LS, PARIS.

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LA DÉESSE D'OK DES ÉGYPTIENS'

Les notions que Champollion a laissées sur la théogonie égyptienne ont été considérablement accrues, par suite des travaux que les égyptologues ont publiés depuis la mort de l’illustre savant. Quelques divinités, cependant, sont encore peu connues, et de ce nombre est une déesse dont voici le nom avec toutes les variantes que j’ai pu recueillir :

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Noub, or (déesse), déesse-OR, ou déesse d’oR.

On trouve à la Bibliothèque impériale, sur le second cercueil de la momie du prêtre Amen-hôtep \ plusieurs images de cette divinité, jusqu’à présent inédites.

L’une des peintures de ce cercueil (pl. 1) représente l’introduction du défunt auprès d’Osiris; le dieu T/touih ibio—

1. Lu à la Société des Antiquaires de France , le 29 juillet 1853, par M. A. de Longpérier, conservateur des Antiques au Musée du Louvre; extrait des Mémoires de la Société, t. XXII (35 série, t. Il, p. 150-175).

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