RUE BONAPARTE
NOTICE BIOGRAPHIQUE
DE
PHILIPPE-JACQUES DE HORRACK
Par Philippe VIREY
Pliilippe-Jacques-Ferdinand de Horrack1 naquit à Francfort-Sur-le-Mein, le 7 septembre 1820. Il était d’origine autrichienne, fils aîné de Michael von Horrack2 et de Catherine Herzog3. Son père Michael von Horrack résidait à Francfort en qualité d’administrateur des finances du Deutsche Bundestag , ou diète de la Confédération germanique, alors présidée par l’Autriche ; il se recommandait par la rectitude de sa vie, son intégrité, et toutes les qualités qui distinguèrent plus tard Philippe de Horrack, sans excepter le goût de l’archéologie; il consacrait ses loisirs à
1. Ces renseignements biographiques et généalogiques m’ont été procurés par M"IC de Horrack.
2. Né à Vienne (Autriche) en 1775; mort à Francfort-su r-le-Mein en 1837 ; Catherine Herzog mourut à Francfort en octobre 1872.
3. De ce mariage naquirent cinq enfants : deux fils, Philippe-Jacques- Ferdinand, à qui nous consacrons cette notice; et Cari, qui devint officier dans l’armée autrichienne, et fut blessé mortellement, en 1866, à la bataille de Sadowa-Kônigsgratz; et trois filles aujourd’hui décédées, dont l’une épousa Louis Tolhausen, qui fut consul général de France à Cologne jusqu’à l’année 1870, et mourut à Francfort-sur-le-Mein en 1903.
Bibl. égypt., t. xvii.
NOTICE BIOGRAPHIQUE
l’étude des antiquités romaines, et avait formé une collection importante, qui fut vendue après sa mort (1837).
De bonne heure, son fils aîné se prépara à la pratique des affaires. Peu de temps après la mort de son père, il alla à Coblenz, puisa Mayence, pour s’instruire dans le commerce. En 1843, il vint à Paris, et travailla quelques années chez les banquiers Greene et Cie. En 1851, il entra dans la maison Tiffany, Reed et Cie, aujourd’hui Tiffany et Cia, où il acquit une situation considérable, et demeura jusqu’au bout de sa carrière commerciale. Héritier des goûts de son père, qui consacrait à l’étude de l’archéologie les loisirs que lui laissait son travail, il se mit, vers la fin de l’année 1856, à étudier l’ancienne langue égyptienne. En 1858, désireux de lire le mémoire de Chabas intitulé : Une inscription de Séti Iet et publié dans les Mémoires de la Société d' Histoire et d’ Archéologie de Chalon-sur-Saône , il demanda à l’auteur1 où il pourrait s’en procurer un exemplaire. Ainsi commencèrent ses relations avec Chabas2, relations qui devinrent si amicales et si précieuses à l’un et à l’autre. Bientôt M. de Horrack racontait au savant dont il devenait le disciple ses premiers essais dans l’égyptologie :
Il y a maintenant deux ans que je me suis livré à l’étude des hiéroglyphes. Mon début fut très malheureux. Sans aucun guide, les ouvrages de MM. Seyffarth et Uhlemann m’étant tombés sous la main les premiers, j'ai perdu presque une année dans des études stériles 3. . .
... J’avais bien pensé que la langue copte était de la dernière importance pour le déchiffrement des hiéroglyphes ; mais, depuis un an, je suis revenu de mon idée, et je crois avec vous que l’ancienne langue égyptienne doit être recherchée dans les textes,