Lettre du 12 décembre
DE PHILIPPE-JACQUES DE HORRACK
et par les moyens que vous avez si bien indiqués dans vos mémoires 1 * .
Cependant il prouvait à Chabas qu’il avait déjà accompli des progrès sérieux, en faisant pour lui, à Paris, d’utiles recherches sur les variantes hiéroglyphiques du nom de Rakoti\ et lui indiquait qu’il s’était constitué une bibliothèque égyptologique assez importante. Mais il se plaignait d’être souvent embarrassé pour le choix des livres à acheter, à cause du prix élevé des publications hiéroglyphiques. Chabas lui répondit, le 30 décembre 1858 :
... Vous m’avez mis parfaitement à même de traiter mon sujet3. Merci donc de votre complaisant empressement.
Comme vous le dites très bien, il est fâcheux que les ouvrages de la nature de ceux qui sont nécessaires à nos études soient d’un prix élevé. Indépendamment de ces inconvénients, lorsqu’on débute dans l’étude, on manque de guide et l'on se procure à grands frais des livres parfaitement inutiles. J’ai passé par cette épreuve, et je puis vous conseiller de n’agir dorénavant que d’après ce principe : des hiéroglyphes, des hiéroglyphes, et toujours des hiéroglyphes. Les ouvrages de Brugsch, de Rougé, Birch et les miens ne vous seront utiles qu’autant que vous pourrez collationner avec les textes toutes les traductions, en les faisant ainsi de nouveau pour votre propre compte.
Vous pouvez renvoyer à plus tard l’étude du démotique et de la géographie de l’Égypte, et par conséquent des ouvrages qui s’y rapportent ; mais vous ne pouvez pas vous passer du Todtenbuch, du Kônigsbuch, du Sharpe, des Select Papyri, des textes publiés par Greene, enfin de tous les ouvrages de textes purs qui vous seront accessibles. La possession des Denkmâler de Lepsius serait inestimable, mais c’est ruineux. Les Monuments de Champollion et son Dictionnaire, comme aussi son Panthéon, peuvent aisément
1 et 2. Lettre du 28 décembre 1858.
3. Par l’envoi des variantes hiéroglyphiques du nom de Rakoti, dans
la lettre du 28 décembre 1858.
NOTICE BIOGRAPHIQUE
être laissés de côté. Je n'ai pas eu l’occasion de voir le grand ouvrage de llosellini...
Chabas recommandait ensuite à M. de Horrack les publications de textes du British Muséum , et terminait ainsi :
Un excellent moyen de progrès consisterait à copier au Louvre les nombreuses inscriptions qui s’y trouvent exposées... Si vous avez besoin de quelques facilités spéciales, je me ferai un plaisir de vous recommander à M. de Rougé...
— 11 y a un an, répondit M. de Horrack que j’ai une permission de copier les inscriptions du Musée du Louvre, et j’en ai fait usage aussi souvent que mes occupations me le permettaient, en commençant par les stèles d’Apis (2243, 2244, 2259, 2035), dont j’ai copié les plus remarquables et les mieux conservées, ainsi que les canopes du Sérapéum, intéressantes à cause des variantes... D’après vos conseils, je me suis procuré les Select Papyri, les papyrus Belmore, ainsi que les inscriptions de Sliarpe, dont je sentais bien le besoin, à cause des références... J’ai aussi eu occasion d’acheter, à des conditions avantageuses, la Géographie de M. Brugsh ; ces ouvrages, joints au Todtenbuch, Kônigsbuch et Greene, que je possédais, complètent la liste des textes que vous avez eu la bonté de me recommander, à l’exception des Denkmâler. Je suis donc en état de suivre de plus près la méthode que vous avez bien voulu m’indiquer. . .
Chabas se réjouissait de voir ses conseils si consciencieusement suivis, quand au printemps de 1859 la santé de M. de Horrack parut ne pouvoir plus supporter, en même temps que les fatigues nécessitées par sa profession, le surcroît de travail que lui imposait son goût pour les études égyptologiques. Au mois de mars 1859, il alla dans un établissement hydrothérapique chercher vainement à regagner un peu des forces perdues par un travail trop fatigant. Il fut