‹ Bibliothèque égyptologique (volume 3)Chapitre 56 sur 171 · Voy. Ungarelii, Obéi, later ariens · texte numérisé non relu

Voy. Ungarelii, Obéi, later ariens

NOTICE SUR LE NOM ÉGYPTIEN DU CÈDRE

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dans le pays de Rutekh. [Elle était] garnie d'or daüs [toute] son étendue

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et tous ses ornements [5] [étaient] sculptés dans la perfection [6],

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pour recevoir les grâces [7] de [son] père [8] Ammon dans sa navigation

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au commencement de l’inondation. C'est ce qu’a fait le fils du Soleil,

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ttms-s'a-s‘a-u td-anx.

Thoutmès [IV], vivant.

Lu traduction de cette phrase si simple présente néanmoins des difficultés provenant de l’absence de plusieurs déterminatifs essentiels ; je la ferai donc suivre plus loin de quelques notes analytiques.

En comparant les deux textes, on trouve qu’il est question, dans l’un et dans l’autre, d’un navire de grande dimension, consacré à Ammon, la principale divinité de Thèbes, et construit en bois de cèdre, coupé dans un pays éloigné, comme dit le texte égyptien ; car, bien qu’on ne sache rien autre chose du pays de Rutekh, il est évident qu’il n’a été mentionné que pour faire ressortir le mérite de la provenance étrangère de cette espèce de cèdre. Il faut re-

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NOTICE SUR LE NOM ÉGYPTIEN DU CÈDRE

marquer en outre que le groupe , placé avant le nom de Rutekh, indique un pays éloigné, et de plus, très probablement, un pays de montagnes, par opposition au groupe « pays plat », qui n’est pas employé ici. L’origine étrangère du bois d’Asch de choix se révèle surtout par cette circonstance que les textes accolent souvent au nom de ce bois l’épithète ma, vrai, véritable. M. Cliabas a cité le cèdre de Khentshe et signalé une circonstance caractéristique rapportée dans le récit du voyage qui fait partie du Papyrus Anastasi Ier. Dans ce précieux document, rAscli est cité comme le plus élevé des végétaux d’une région qui ne peut être que le Liban. Toutes ces particularités conviennent, on ne peut mieux, au cèdre. Il en serait autrement de l’acacia, qui est au contraire très abondant en Égypte, où on l’employait à toute espèce d’usages vulgaires, entre autres, à la construction des barques ordinaires, servant au transport des marchandises'. Je ne puis, du reste, mieux faire que de renvoyer le lecteur à l’intéressant Mémoire de M. Chabas, cité plus haut, où se trouvent d’amples détails sur le rôle que jouaient ces deux bois dans l’industrie et les arts des anciens.

Diodore attribue la construction du navire au roi Sésoosis. On sait que c’est le même souverain que le Sésostris d’Hérodote, personnage quasi légendaire, sur la tête duquel les historiens grecs ont accumulé les faits remarquables ou glorieux que les interprètes leur expliquèrent tant bien que mal. Aussi, quoique le renseignement de l’obélisque concerne réellement l’un des Thoutmès, et non pas Ramsès II, le Sésostris des Grecs, Diodore aura pu le rapporter à son héros favori. I! se pourrait toutefois que Ramsès II ait eu l’occasion de reconstruire la barque sacrée d’Ammon, laquelle a dû jouer un grand rôle dans les pompes du culte de Thèbes. Une importante légende, que m’a signalée M. Chabas, montre qu’à la barque Amen-user-ha était attaché

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