SIXIÈME PIÈCE
On entre, après avoir traversé une porte détruite, dans un appartement bâti tout entier en granit rouge. A droite et à gauche, il y a des couloirs qui conduisent à beaucoup d’autres appartements, de sorte que cette partie de l’édifice, qui a le même trait que la première, est divisée en plusieurs appartements et est fort ruinée. La plus grande partie des toits est tombée. Au milieu de ces appartements est celui de granit, dont le toit est sur le point de tomber. On distingue à droite des restes de colonnes, et dans les couloirs on voit des portes entières de granit noir très beau. Un petit appartement, à droite, a plusieurs faces de murs intérieurs entièrement couvertes de figures hiéroglyphiques, plus que je n’en ai vu en aucun autre endroit. C’est là qu’on trouve des signes en grande quantité, qui paraissent représenter des nombres, sur les débris de pierres voisines.
On trouve beaucoup de carrés qui paraissent contenir des lignes de nombres dans le temple de granit. La plupart ou environ plus de la moitié des figures sont des Harpocrates, avec un pied et le membre droit. Dans un des couloirs voisins, à droite, on voit un membre viril qui éjacule.
Dans cet appartement de granit, tous les murs sont peints; les toits sont faits de dalles de granit qui, par-dessus, contiennent déjà des hiéroglyphes, ce qui prouve qu’elles
avaient été employées longtemps auparavant. Au delà de la première salle de granit est une seconde également en granit.
Toute cette partie de l’édifice est fort détruite et contient, à droite et à gauche de l’appartement de granit, une quantité considérable d’appartements. Au delà est une vaste cour, on voit à gauche les restes d’une espèce de corps de logis. Traversant la cour, on arrive dans la dernière partie du bâtiment qui contient beaucoup de colonnes et de piliers. Là se trouve un nombre considérable d’appartements moins importants que ceux que nous avons décrits. On en voit plusieurs qui sont éclairés par des ouvertures rectangulaires. Fort au delà du bâtiment est une grande porte.
Des femmes ayant un uræus pour tête, pour coiffure la dépouille d’un vautour, pour pieds des têtes de chacal, pour chaussures un assemblage bizarre. — Des hommes à têtes d’épervier et des têtes de chacal ou de chien pour chaussures. — Des serpents dressés sur des pieds et dans des mains portant des vases. — Un vase à eau porté sur des jambes qui marchent. — Une figure dont la tête a la croix à anse qui est portée sur des jambes et qui, avec ses bras, tient un étendard. — Des lions dressés sur les pattes de derrière et tenant des couteaux avec celles de devant. — Ils ont sur la tête une espèce de perruque à queue fort longue. — Des hommes difformes ayant une tête de crocodile sur une perruque à très longue queue qui descend jusqu’à terre. On voit que ces lions et ces têtes de crocodiles représentent le mauvais génie. — Une figure difforme vue de face; la verge est tenue par la main droite; c’est aussi la représentation de Typhon. — Des figures humaines à têtes d’épervier, d’ibis, de lion, de chien, de chacal, de lapin, de crocodile, de poisson. — Figures de femmes avec des scorpions qui servent de bonnets. — Isis a toujours sur la tête la dépouille d’un vautour, des cornes et un croissant. — Des figures ayant un seul pied, un seul bras, le membre viril
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droit. Ailleurs, un membre viril et les testicules; le membre éjacule. — Une variété considérable de bonnets. — Des hommes à un seul pied et dont les bras sortent du ventre, tenant un grand nombre de signes, qui indiquent la puissance sacerdotale ou celle des dieux. — Des serpents ayant des bonnets sur la tête. — Un chacal à queue de lion. — Têtes de femmes parmi les ornements. Les derniers ornements précèdent souvent les bateaux sacrés emblématiques.
Une profusion étonnante de signes hiéroglyphiques placés dans des salles toujours obscures et dans des lieux où la vue peut à peine se porter.
Le tableau hermétique semble avoir des crans. La figure qui tient le style paraît écrire ou compter, l’extrémité du style est appuyée entre deux crans voisins, le bout du bâton est courbé et parait porter une lampe suspendue. Quelquefois, au lieu de la lampe, on trouve des sentences dans les cartouches, ou bien on y trouve d’autres objets.
On voit des signes hiéroglyphiques abstraits et personnifiés, et qui tiennent avec les bras des enseignes religieuses, et qui marchent.
Au nord de l’édifice, sur le mur, ou remarque des forts crénelés, à plusieurs étages. Des hommes sont dessus, quelques-uns paraissent se précipiter au dehors. L’armée du vainqueur attaque le fort et l’escalade. Des hommes vaincus montés à cheval bridé, sans étrier, sans selle. Les vaincus ont une robe pliée et longue ; ils ont une grande barbe. On voit le vainqueur descendu de son char. Il tient les rênes de la main gauche et tend la main droite aux vaincus. Quelquesuns de ces derniers brisent leurs armes et coupent avec des haches les arbres d’une forêt. D’autres retiennent, avec des cordes qui passent dans les arbres voisins, ceux qu’on a coupés et qui vont tomber. Le char du vainqueur passe sur le corps des mourants.
Les roues évidées paraissent faites avec art, et l’on peut croire qu’elles étaient de fer ou garnies de fer. Le guerrier
est dèbôut sur son char; une des roues passe dans un anneau fixé sur le char, l’autre est libre. La bride enveloppe fortement la tête du cheval et retient le mors qui est attaché aux rênes, une pièce de la bride agit sur le mors, dans la bouche du cheval . Des hommes fuient précipitamment, chassant devant eux leurs troupeaux, et paraissent se retirer sur des montagnes. Une figure assez grande tient dans ses mains les extrémités des cordes qui retiennent les captifs enchaînés trois à trois, quatre à quatre. Il les présente au vainqueur qui est assis. Le conducteur tient dans son autre main un sabre recourbé., dont la lame présente une côte. Dans la même main où sont les trois cordes principales qui tiennent les rangées, on voit trois croix à anse. Cette figure est très grande, et trois fois plus que celles des captifs. On voit les vaincus sur leurs chars, ils en sont précipités ou les chars sont brisés. Le vainqueur paraît être le seul guerrier qui tient une flèche. Les vaincus, qui sont en très grand nombre, sont les uns percés de javelots, d’autres renversés, ou suppliant, ou fuyant à grand pas ou écrasés sous les roues du char, sous les pieds des chevaux.
Sur les murs presque entièrement détruits des môles qui précèdent les appartements de granit, on voit les restes de bas-reliefs représentant deux bateaux d’une grande étendue, qui contiennent une multitude de figures confuses, et dont la plupart sont occupées à ramer ou plutôt poussent la barque avec des perches dont l’extrémité est appuyée sur le bord.
Il n’y a aucune pièce, dans l’intérieur de laquelle il n’y ait des figures humaines.
Cet édifice séparé, devant lequel se trouve une belle porte pyramidale isolée, est composé de pierres qui ont servi à des édifices précédents. Presque toutes les faces de ses colonnes sont garnies d’un mortier dur ou enduit, qui supplée aux imperfections qui sont très nombreuses. C’est sur cet enduit que sont sculptés les hiéroglyphes ; ils sont aussi marqués
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dessous, sur la pierre, le creux de l’hiéroglyphe étant souvent plus grand que l’épaisseur de l’enduit. Les pierres qui ont servi à bâtir sont sculptées et peintes, les hiéroglyphes y sont renversés. Sur le toit de cet édifice, on trouve des inscriptions familières faites par des Égyptiens qui y ont laissé ou leur profil ou la trace de leurs pieds.
La porte pyramidale qui précède cet édifice est d’une grande beauté. A côté de cet édifice, est un petit temple, dont les sculptures paraissent faites avec plus de soin qu’ailleurs. Les parois du temple intérieur sont de granit; il n’y a aucune salle du temple où l’on ne voie des figures humaines : il y en a jusque dans la niche la plus reculée, qui est très petite. Les faces extérieures des murs qui enceignent tout le palais présentent plutôt des scènes guerrières et civiles, et dans l’intérieur on voit, la plupart du temps, des scènes religieuses.
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Karnak est un village sur la rive droite du Nil, à un mille et demi au-dessous de Louqsor. Un petit bras du fleuve coule auprès du bois de palmiers, derrière lequel est Karnak. De l’autre côté du bras du Nil est une ile très petite. Elle produit d’excellents melons et pastèques. On débarque à l’est du bras, où nos barques s’arrêtèrent. On descend à un village bâti à cent pas du fleuve, il est situé à l’ouest de la porte est de Thèbes. On arrive à cette première porte, après cent cinquante pas, en venant du fleuve.
La porte occidentale de Thèbes est bâtie entre deux môles; ces môles ont essuyé des arrachements, ils ne portent aucun hiéroglyphe. Les môles paraissent n’avoir point été achevés. Il y a quatre fenêtres qui traversent l’épaisseur du môle. Il y a au môle du sud trente et une assises de deux pieds un pouce et demi chaque. Ce môle a soixante pieds de long et quatorze d’épaisseur. Le dessus de la porte est détruit et les blocs sont â terre. Le pied de la porte occidentale porte sur une butte de décombres. Au bas et au sud sont des bois de palmiers et une fontaine; là où campa la première Commission.
Un gros bloc de granit rouge, à l’entrée de la première porte, annonce qu’il y a eu un colosse. On passe la porte et on descend dans une vaste cour carrée. Quatre colonnes ont été élevées au milieu et semblent avoir porté des statues; une seule est encore debout, les trois autres sont renversées
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et leurs assises couchées obliquement les unes sur les autres. La hauteur des assises des colonnes est de l°-9°.
Sur les côtés de la cour sont, à droite et à gauche, deux galeries d’un seul rang de colonnes, à chapiteau de Louqsor. Le dé de la grande colonne, qui est debout, a trois assises, le chapiteau cinq et le fût vingt-trois. La base de la colonne est enterrée, et son piédestal sans doute caché sous la terre. La galerie gauche de la cour est percée d’une porte qui répond à l’entrée d’un petit palais presque encombré, et évacuant sur la galerie droite qu’il interrompt. Ce petit temple a trente et un pas de large. De chaque côté de la porte sont des figures colossales, dont l’une lève le couteau et l’autre est prête à assommer les vaincus tous accroupis, et quelle tient liés par les cheveux; le même sujet est répété de chaque côté.
Le palais est comblé en dedans. Il est à découvert dans le milieu, et sur les côtés est une galerie de douze piliers, sur le devant de chacun desquels est une cariatide. Toutes ont les mains croisées sur la poitrine, les têtes brisées et abattues. Leur hauteur est de douze pieds de chaque côté. Le plan de l’épaule au sofïîte a cinq pieds de haut. Au fond du temple, la galerie est à deux rangs de colonnes : le premier formé de pilastres, semblables aux latéraux et au nombre de deux, le second de quatre colonnes, toutes couvertes d’hiéroglyphes jusqu’à la moitié du chapiteau. Au milieu de cette dernière galerie est une corniche qui désigne une porte. Elle communique dans une seconde partie du temple, mais moins grande que la première, toute couverte, et dont la terrasse est aujourd’hui de niveau avec la base des môles. La troisième partie du temple, qui suivait la seconde, n'a plus de toiture; elle est entièrement comblée; on ne voit plus que le sommet des murs du bâtiment.
Le temple a trente-deux pas de largeur, de l’est à l’ouest, et de longueur soixante-quinze, du sud au nord, plein d’hiéroglyphes au dedans; même on y voit des figures humaines
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de dieux, de prêtres. La grande cour paraît carrée : elle a trente-neuf pas de la porte à la première colonne renversée, trente de la première à la seconde qui est debout, et dixhuit de la dernière au pilastre avancé de la porte du grand palais. Au devant et sur les côtés de cette porte étaient deux superbes colosses de granit rouge. Celui à gauche est tombé, et il n’en reste que des blocs encore droits et debout jusqu’aux épaules. Deux môles s’étendent des côtés de la porte aux galeries latérales de la grande cour; ces môles offrent chacun un immense tas de pierres.
La grande porte qui donne entrée au propylée a au moins dix-huit assises de deux pieds d’épaisseur; elle est pratiquée entre les môles dont on voit les ruines dans la cour; elle a vingt-huit pas d’épaisseur et est fort bien décorée. Elle est ruinée et à découvert par en haut, et comblée de décombres jusqu’à l’entablement qui fermait le haut de la porte pratiquée entre les môles.
Les murs latéraux de la porte ont tassé, et les pierres sont toutes cassées et éclatées. Fort belle figure d’hiéroglyphes. Grands tableaux.
On traverse cette belle porte, et on descend dans le propylée. Le môle septentrional est renversé du côté de la cour; la face qui regarde dans le propylée est fort bien conservée, avec des hiéroglyphes colossaux figurés dessus. Il y a dans le propylée une grande allée de douze énormes colosses, six de chaque côté, à chapiteau en tête de lotus; elle répond à la porte. Sur chaque côté de la grande allée, est un péristyle de soixante-quatre colonnes. Les allées sont sur sept rangs, de neuf chacune, de l’est à l’ouest. La première rangée n’en a que sept, et la porte orientale du propylée, par son môle, tient de chaque côté la place de deux.
Le péristyle du nord, à gauche des colonnes, est bien plus bas que celui au sud. Ce dernier ne montre que dix assises depuis les soffites jusqu’au sol, et celui à gauche, treize. Les grands côtés de l'allée ont seize assises découvertes, de onze
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décimètres chaque. Du péristyle à droite, on arrive, par une porte taillée, à une enceinte qui répond au quatrième môle en partant du sud.
Sortant du propylée, on franchit un amas de blocs représentant les côtés de la porte; on arrive à un lieu bas où est debout un obélisque de granit rouge de deux mètres de large; un pareil est en morceaux, à côté.
En marchant jusqu’à l’est, il y a une porte et des monts de décombres provenant de môles. Je vis une porte bien conservée, sur le côté gauche de laquelle est un obélisque de trente-deux décimètres à la base; le pareil, qui était à droite, a été ruiné et brisé, et est couché.
Enfin on arrive au sanctuaire, qui est tout en granit. Deux piliers latéraux, ornés de trois lotus et de figures, soutiennent l’architrave de la porte d'entrée.
Du propylée à l’obélisque, il y a vingt-six pieds; de l’obélisque au deuxième, trente-cinq; du deuxième au fond du temple de granit, soixante. A l’extrémité est une cour de soixante-dix pas de long, terminée par une colonnade qui a des piliers et des attaches à l’extérieur. Elle a deux rangs de dix colonnes, quarante-cinq pas de long pour la colonnade du nord au sud, douze de profondeur. La cour aboutit, sur les côtés, aux murs qui fermaient l’enceinte, derrière le temple, sur plus de cent pas de large.
Au-dessous des piliers sont des dés fort élevés, avec la toiture en dessus.
A l’est de cette colonnade sont d’immenses débris : huit colonnes et d’autres à chapiteau conique, aussi fort bien exécutées, sont au nombre de quatre.
A l’est de la colonnade est un charmant temple, où je dessinai, caché sous les blocs.
A l’extrémité nord de la colonnade à chapiteaux de lotus renversés, est une salle peinte, à murs élevés en talus. On voit les débris d’un colosse en grès brèche, au pied duquel on a fouillé, et où se trouve un morceau de granit rouge
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d’un poli rare, d’un mètre et demi de long sur six décimètres; il est cassé à une extrémité et porte quatre figures d’un relief plein, et une sur chaque côté.
A trente pas de l’enceinte est la porte de l’est, de huit pas de long et quinze de profondeur. L’intérieur de la porte a trente assises de quarante-deux centimètres; elle est bien conservée et bien couverte. Il n’y a dans l’intérieur, sur l’intérieur, de croix à anse que jusqu’à la douzième assise, et qu’une rangée de figures hiéroglyphiques. Dans la cour, on franchit des colonnes disposées en plan régulier sur un rang, et répondant à chaque côté de la porte; ceci, en venant de l’enceinte à la porte.
Les tertres et huttes de décombres se continuent à deux cents pas, du côté de la porte de l’est, et conduisent à un méchant village planté de dattes et de doums, bâti en terre et couvert en nattes.
Six rangées d’architraves au-dessus de la porte.
De la porte du nord, au nord de cette porte, est une allée; sur chaque côté de l’allée, des sphinx et des tertres, ensuite des décombres, où se voient des portions de monuments ruinés. A cent quatre-vingt-sept, pas au nord de la porte, sont des fondations qui paraissent avoir appartenu à une porte; elles sont aussi larges et aussi épaisses que l’allée des sphinx. A cent pas encore au delà, se terminent les buttes de poteries. Il y a là un beau champ de doura. Les sphinx ont deux mètres de long, il y en a huit encore en bon état.
Au sud, à trente pas, sont d’immenses blocs de chapiteaux et des débris de décombres de granit noir; à soixante pas, un petit colosse entier en granit rouge. C’est à peu près à cette distance que cessent les ruines que l’on peut dire dépendre de cette porte.
A l’ouest de ces débris, il en est de pareils qui s’étendent jusqu’auprès de la grande enceinte; on reconnaît les murs des piliers à des portes enfoncées. Du dernier colosse rouge à la grande enceinte, il y a trois cents pas.
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Dans le propylée, il y a aussi une porte de la colonnade du nord.
Au midi et dans la direction du petit obélisque, à soixantedix pas de l’enceinte, deux môles offrent chacun un tas de pierres.
Un mur se trouve à gauche du propylée, à vingt-cinq pas à l’est de la porte sud, et va répondre au môle.
Au sud de chaque môle est un colosse de granit rouge, tout détruit. Une meule de vingt-trois décimètres de diamètre sur neuf et demi d’épaisseur en a été tirée; elle est là et n’a pas été achevée.
A quarante-cinq pas du premier môle, deux autres assises bien conservées, avec un mur latéral qui les unit. A l’est est un bassin d’eau salée.
Au troisième môle, il y a un morceau de granit annonçant qu’il y a eu là un colosse.
Au côté oriental de la cour, qui sépare le troisième môle du quatrième, est un petit temple écroulé, à douze pilastres au lieu de colonnes. Il déborde sur la ligne des môles et avance sur l’est. Je n’y vis que des hiboux, des têtes de gazelles et des hiéroglyphes non achevés. On voit un pilier de granit.
Du troisième môle, enfin, on arrive au quatrième, revêtu de granit. Près de la porte au nord, sont deux colonnes de pierre blanche marmorée.
Il y avait aussi des colosses de grès dur au sud du môle de granit. A cent cinquante pas à l’ouest du môle granitique, est une belle porte, avec une allée de sphinx correspondant à cette porte. La porte du midi, à laquelle on arrive par une allée de sphinx, vient du midi au nord.
A cinquante pas au nord de la porte, se trouve un môle, ainsi qu’un propylée de vingt-huit colonnes.
La salle dans laquelle on arrive a quatre colonnes à chapiteaux de lotus écrasés, et quatre à la Louqsor.
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Des fenêtres à barreaux donnent sur les côtés, au-dessus des colonnes.
On arrive enfin dans une troisième salle de vingt pas de long, puis dans une quatrième, qui est l’extrémité du temple. Les deux dernières salles ont deux salles latérales couvertes, comblées en partie. A l’ouest du môle dont je viens de parler, est le petit temple que Jomard a décrit.
Du Temple de P allas à Latopolis
Ce temple se voit à une lieue nord-ouest d’Esné. Nous nous y rendîmes le 23 fructidor au matin, après avoir visité le temple de Jupiter Ammon, à Esné, où nous étions arrivés la veille, au jour tombant.
La façade de ce temple regarde le Nil, qui en est au moins éloigné d’un mille et demi. Les murs sont en talus à l’extérieur et couverts d’hiéroglyphes. Il paraît y avoir eu des constructions en briques, au sud du temple ; on doit le conjecturer des monceaux de larges briques qui s’élèvent au pied des murs du temple. Ce temple est composé de deux parties : la première est un péristyle de huit colonnes, dont quatre de front regardent le Nil, et deux seulement de profondeur soutiennent un plafond décoré de magnifiques hiéroglyphes peints en couleurs très vives ; l’azur et le rouge sont celles qui dominent. Au milieu et au fond du péristyle, se voit une porte bien taillée, au bas d’un vaste encadrement fort saillant. On passe de cette porte dans la deuxième partie du temple, qui est plus profonde que la première, mais de moitié moins large. Cette seconde partie renferme deux chambres, l’une longue et étroite, sur chaque côté de laquelle se voit un corridor de même longueur que la salle. Il n’y a que le corridor du côté gauche qui soit percé à son extrémité. La dernière salle du temple est large et peu profonde. On y entre par une porte qui s’ouvre du lion de la salle précédente, et se trouve être vis-à-vis celle de la
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dernière salle qui donne aujourd’hui sur la campagne. La corniche qui la couronne et les hiéroglyphes dont elle est sculptée, sont très soignés. Au delà de la dernière salle du temple, se voient des fondations, sur le même plan que la partie postérieure du temple, et qui paraissent avoir servi à son sanctuaire.
Les chapiteaux des huit colonnes du péristyle sont tous différents, et leur forme approche de celle d’une cloche renversée, et les ornements qui les revêtent varient dans chacun. On remarque entre autres, parmi les hiéroglyphes du plafond, diverses figures du zodiaque : un serpent porté sur les jambes d’un homme offrant avec des bras humains des présents ; on voit un bélier à quatre têtes dans une barque.
La forme et la construction de ce temple sont les mêmes que dans ceux que l’on voit dans les autres villes de l’ancienne Égypte. Il est à observer que les murs du péristyle, élevés en talus, et plus épais en conséquence à leur base qu’au sommet, sont évidés dans leur épaisseur jusqu’à la huitième assise. Ces évidements sont pratiqués de telle manière qu’au-dessus des trois premières assises, la quatrième traverse le mur de part en part, ce qui a lieu encore dans la huitième, au-dessus de laquelle le mur est plein.
Tout ce temple est, comme celui d’Esné et ceux de Karnak et de Louqsor, bâti en grès mou, pareil à celui dont on fait les meules en France. A trente pas au devant du temple, se voient encore de larges blocs qui forment une espèce de bassin, avec l’ouverture d’un canal antérieur qui parait se diriger vers le temple.
Nous avons quitté Latopolis, à midi passé, la chaleur étant fort grande, pour retourner à Esné. J’ai recueilli, autour du temple, Y Asclepias rjigantea (plante qui à cet endroit est fort commune dans la campagne, les Fellahs l’appellent occhar) et des coloquintes sur le bord du chemin qui mène à Esné. Nous nous sommes procuré, à notre retour,
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des pilotes qui connaissaient le Haut-Nil, et avons remis à la voile, pour Edfou, à quatre heures après midi.
Le 24, au lever du soleil, à Edfou. Ce village est du même côté qu’Esné, dont il est éloigné de huit à neuf lieues. Il est bâti à un mille de distance du bord du fleuve; il renferme un temple très vaste.