LE SYSTÈME ÉGYPTIEN DE CONSANGUINITÉ
On ne saurait trop répéter que nous ne savons rien des commencements de l’Égypte. Lorsqu’elle se révèle à nous par ses monuments les plus anciens, elle est déjà incrustée dans le moule hiératique, dont elle n’est sortie que pour disparaître de la scène du monde. Déjà, sous les premières dynasties (4000 ans avant notre ère), l’Égypte connaissait tous les métaux usuels; elle cultivait les sciences et les arts; sa civilisation n’était pas moins avancée qu’elle ne le fut à l’époque des Lagides. Conséquemment, le tableau des termes de consanguinité, qu’il est possible de former avec les plus anciens documents écrits, se rapporte à un état social déjà épuré par la religion et par la morale : quoiqu’un tel tableau doive l’emporter de beaucoup, sous le rapport de l’antiquité, sur ceux que fournissent les autres nations du globe, il n’est nullement le plus rapproché de ce qu’on a supposé être l’état de nature.
Les Égyptiens observaient la monogamie, et chez eux les femmes jouissaient de privilèges qui tranchent singulière-