‹ Bibliothèque égyptologique (volume 5)Chapitre 154 sur 237 · Le mot égyptien signifie littéralement sapiens · texte numérisé non relu

Le mot égyptien signifie littéralement sapiens

4. La science et la sagesse assurent la plénitude de l’existence et régularisent l’usage de toutes les facultés.

5. Sans doute un fonctionnaire de rang élevé; le texte joue ici sur l homophonie du mot égyptien signifiant obéir, avec le nom de cette fonction.

HYMNES ET INVOCATIONS 253

De l’obéissant, il est dit qu’il écoute la parole. Or, aimer à écouter, c’est accomplir les bons préceptes.

Un fils obéissant à son père, c’est la joie; le fils dont on dit cela est agréable en tout.

L’homme docile, qui écoute celui qui parle ainsi, a la vertu dans les entrailles; il est cher à son père, et son renom est dans la bouche des hommes qui vivent sur la terre.

Si un fils devenu homme reçoit la parole de son père, aucune de ses actions ne sera déréglée. Élève en ton fils un homme docile; ses qualités feront la joie des Sars : il réglera sa bouche pour parler; le mérite d’un fils se découvre dans l’obéissance. Ceux qui l’accompagnent, qui sont-ils? Le déréglé passe, le docile demeure au lendemain; le sage l’affermit et l’indiscipline l’opprime.

L’indiscipliné est celui qui n’obéit pas; il ne fait absolument rien; il voit la science dans l’ignorance; son bonheur, c’est le mal. Il commet toute espèce d’iniquités et s’en sert chaque jour comme un moyen de s’élever. En cela, il vit dans la mort; son aliment, c’est la fraude; il s’en fait gloire. Ce que les Sars savent être la mort, c’est sa vie de chaque jour. A cause de sa conduite, il est écarté de la société, qui s’éloigne de lui chaque jour.

Un fils docile à servir Dieu, son bonheur est la conséquence de sa docilité; sa vieillesse atteindra la vénération, et c’est ainsi qu’il exhortera ses enfants, en renouvelant les instructions de son père. Tout homme prêche par la manière dont il accomplit les préceptes qui lui ont été donnés dans l’enfance. Ah! puissent ses enfants le dire à leur tour!

Fais tout ce que te dit ton maître; c’est excellent; c’est pour l’homme l’instruction de son père, de celui de qui il est sorti, dans les membres duquel il était; déjà il lui parlait lorsqu’il était encore dans le sein (maternel). C’est pour lui un grand avantage d’agir selon ce qui lui a été dit; car

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un bon fils est un don de Dieu; il ajoute même à ce qui lui a été prescrit par son maître; il agit selon la vérité.

C’est ainsi que tu acquerras santé du corps et approbation du roi en toute circonstance, et que tu prolongeras ta vie jusqu’à cent dix ans sans mensonge1.

UN COMBAT SINGULIER, RACONTÉ PAR SINÉHA (24 siècles avant notre ère)

Un fort du pays de Tennou vint pour me braver dans ma demeure; c’était un homme éminent, n’ayant pas de pairs : il les avait tous exterminés.

Il disait : « Qu’il se batte contre moi ! » et il espérait me faire peur. Il voulait s’emparer de mon bétail pour en faire le butin de sa tribu.

Le roi en conféra avec moi; je lui dis alors : « Je ne le » connais pas; donc, je n’ai pas été son hôte; je me suis » écarté de sa demeure; il n’est point arrivé que j’aie ou- » vert sa porte, ni franchi ses clôtures. 11 lui crève le cœur » de me voir remplir ses fonctions. Il m’enlève chats et » chiens au milieu de mes vaches; il épouvante taureaux, » chèvres et boucs pour s’en saisir. Est-ce qu’il y a lieu pour » moi de lui rendre affection pour ce qu’il a entrepris contre » moi? Ce n’est pas un Petti2 qu’il rencontrera en moi.

» Si c’est une vache qu’il demande, les armes à la main, » qu’on fasse sortir la vache qui lui plaira; qu’on réitère

1. Cent dix ans formaient il y a cinquante siècles la limite extrême de l’existence de l’homme sur la terre. Le patriarche Joseph, qui vécut et mourut en Égypte, obtint ce privilège promis aux bons fils par les moralistes égyptiens: sa vie fut précisément de cent dix ans.

2. Les habitants de Tennou appartenaient à une race nommée Sati ; c’étaient des Asiatiques; les Petti étaient leurs ennemis.

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» ensuite, et qu’on lui en donne plus qu’il n’en faut pour le » contenter.

» Mais si son désir est de combattre, qu’il dise ce qu’il a » dans le cœur! Est-ce que Dieu méconnaîtra (le droit), lui » qui est le principe de la science ! C’est un homme mort ! »

Je bandai mon arc, je sortis mes flèches, j’aiguisai mon poignard, je me vêtis, et je sortis à la pointe du jour.

Le pays de Tennou vint, toutes ses tribus étant réunies, ainsi que les nations ses voisines; on désirait voir ce combat.

Tous les cœurs étaient ardents pour moi; femmes et hommes poussaient des cris; tous les cœurs étaient dans l’anxiété à cause de moi. Ils disaient : « Est-il un autre » champion assez fort pour combattre contre lui ? »

Alors il se revêtit de sa cuirasse; il prit ses armes.

Lorsque je parus, il se redressa. Je détournai ses traits sur le sol, de telle sorte que pas un ne se trouva près cl’un autre. Il me courba sous lui, je le frappai; ma dague resta fixée dans son cou. Il poussa un cri et tomba sur la face1. Je lui fis tomber son glaive, et je lançai mon cri de triomphe sur son dos.

Tous les Amous2 furent ravis. J’adressai des actions de grâces au dieu Month3.

Ce roi Ammou-Anschou4 fut satisfait; il me donna tout ce que possédait le vaincu. Alors je m’emparai de ses biens, je me saisis de son bétail; ce qu’il voulait me faire à moi, c’est ce que je lui ai fait à lui-même. Je pris ce qu’il y avait dans sa demeure, je dépouillai son habitation, j’augmentai mes richesses, j’amassai de nombreux troupeaux.

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