‹ Bibliothèque égyptologique (volume 5)Chapitre 223 sur 237 · PI. II · texte numérisé non relu

PI. II

Le silex avec lequel ces lames ont été fabriquées est de l’espèce appelée pyromaque; quelques lames sont de couleur blonde et entièrement diaphanes, mais la plupart sont parsemées de taches noirâtres, qu’on n’aperçoit qu’à l’aide de la transparence. Si la masse siliceuse formait d’abord une sorte de gelée limpide d’un jaune pâle, elle devait contenir des grumeaux irréguliers de mucosités noirâtres qui ne sont pas mélangées à la masse et se sont solidifiées telles quelles. Ces taches noirâtres interceptent complètement la transparence ; lorsque la matière qui les compose avoisine les surfaces extérieures, le silex prend une teinte foncée : tel est le cas de la lame n° 5, qui n’est transparente que par rares endroits.

Lorsqu’on observe avec le microscope, à un grossissement de cent fois, le silex des lames les plus claires de nuances

Bibl. ÉGYPT., T XII.

DÉCOUVERTE D’ARMES EN SILEX

et par conséquent les plus diaphanes, on distingue par transparence des multitudes de points noirs et de petites stries qui paraissent être de la même nature que celle des taches; l’instrument n’y fait pas reconnaître la trace de corps organisés quelconques.

Quelques silex présentent aussi dans leur texture des taches blanches et des zones rubanées de même nature : tel est le n° 2 de la planche II, sur lequel elles sont reconnaissables dans la figure. Sur le n° 10 (pl. III), la matière blanche et la matière noire sont en masses distinctes et donnent au silex un aspect particulier. Cette matière blanche fait obstacle à la transparence aussi complètement que la noire.

On a pu voir que les onze silex de Yolgu se distinguent par des dimensions exceptionnelles ; ils ne sont pas moins remarquables au point de vue du travail. Leur forme commune est celle du losange allongé; sur hune des lames (le n° 11, pl. III), les angles obtus du losange sont tellement peu accusés, que la forme est presque exactement celle à laquelle on adonné le nom de feuille de saule1. Elles sont pointues des deux bouts, et l'une et l’autre de leurs pointes sont taillées avec le même soin, à très petits coups, et tellement aiguës, qu’on peut à juste titre les nommer acérées. Chaque extrémité est renforcée d’un renflement arrondi, sensible au toucher, et destiné à donner de la solidité à la pointe de l’arme. A partir de ce point, les lames conservent une épaisseur à peu près égale dans toute leur étendue. On voit qu’elles sont taillées au moyen de coups portés sur les tranches, enlevant des éclats minces qui traversent souvent une grande partie de la largeur ; souvent aussi il a été nécessaire d’enlever des éclats au milieu des surfaces plates, ce (pii a été fait dans le sens opposé avec une très grande habileté. L’arme étant ainsi amenée à un degré de minceur

1. Le losange et la feuille de saule sont les deux types les plus ordinaires de tètes de lance de Solutrë.

A VOLGU, PRÈS ÜlGOlN

dont l’acier parait seul susceptible, on la retaillait finement sur les bords : toutes les pièces sont aussi remarquables sous le rapport des tranchants latéraux que sous celui des pointes. En un mot, les silex de Volgu peuvent être considérés comme autant de chefs-d’œuvre en ce genre d’instruments.

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