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A VOL.GU, PRKS DlfiOIX
été rencontrée en Italie que sous des dimensions bien plus restreintes. Ce savant me cite notamment une flèche de silex en losange allongé, trouvée à Cumarola près de Modène, où elle gisait à côté d’un squelette parmi d’autres instruments de pierre et de bronze1 2.
Les fouilles pratiquées dans les monuments mégalithiques de la Bretagne n’ont pas fourni d’instruments de ce genre. Ceux de pierre polie en tiennent lieu, et, comme les roches employées à la fabrication de ces armes perfectionnées offraient plus de facilités et de ressources, on a trouvé des haches de pierre qui ont jusqu’à 45 centimètres de longueur, très minces et de fini merveilleux \ Celles de 30 à 36 centimètres ne sont pas rares. Avec ces magnifiques pièces, on a rencontré souvent le silex taillé en couteaux, avec ou sans retouches sur les côtés et de l'alu ication généralement peu soignée. L’un des plus longs qui aient été signalés a 24 centimètres et provient du dolmen de Moustoir-en-Carnac ; il ne dépasse que de cinq millimètres la longueur d’un autre couteau trouvé dans le dolmen de Kergonfalls.
Au dolmen du Resto, M. de la Fruglave a recueilli un couteau en silex pyromaque, de 0m248 de longueur sur 0m033 de largeur et O111 011 d’épaisseur, ayant une face en simple enlevage et l’autre arrondie en dos cl’âne ; celte dernière porte seule des retouches latérales3. Cette forme, qui est rare dans les dolmens, est précisément celle des couteaux trouvés dans la Saône dont nous avons parlé cidevant p. 420 et 421, note 1. On en a fabriqué de sem-
1. Voir Gastalcli, Nuovi Cc.nni, etc., Torino, 1862, pl. II, fig. 12.
2. Notamment à Tumiac, en Argon. Voir l’intéressante description des objets de pierre polie contenus dans le Musée de la Société polytnathique du Morbihan, à Vannes, par MM. de Cussé, L. Galles et d’Ault Dumesnil.
3. N° 313 de la Description du Musée de la Société polymathique à Vannes.
DÉCOUVERTE D’ARMES EN SILEX
blables avec les silex du Grand-Pressigny 1 , et tout porte à croire que ceux de la Saône sont de cette matière, aussi bien que celui qu’a publié M. Ponthieux2.
Nous ne poursuivrons pas plus loin cette nomenclature des grands silex, qui ne pourrait jamais être rendue complète, car beaucoup de collections particulières sont plus riches en pièces de choix que les musées publics. Faisons remarquer seulement que l’usage de ces armes s’est perpétué pendant toute la durée de l’époque historique, depuis les premiers temps de l’ancien Empire égyptien, 30 à 40 siècles avant notre ère, jusqu’à nos jours. M. le docteur Lepsius a publié les photographies en grandeur naturelle des grands couteaux de silex éclaté trouvés dans les hypogées de l’Égypte3. Il est véritablement intéressant et instructif de comparer ces instruments avec les pointes de lance en silex sans retouches de l’Australie du Sud, que les indigènes fixaient au moyen de bitume sur une hampe de bois. Les lames égyptiennes, dont la taille est parfaite et la forme savante, sont de cinquante siècles plus anciennes que le simple éclat de l’Australien. L’âge de pierre doit d’abord remplir ce vaste espace avant de déborder sur les périodes de dizaines el de centaines de mille années.
Nous venons de parler des musées et des collections particulières où s’entassent, trop souvent sans profit pour la science, une foule de précieux monuments. A l’occasion des recherches qu’il nous a été permis de faire pour préparer les éléments du présent rapport, nous avons plusieurs fois rencontré dans certains tiroirs ignorés des pièces d’intérêt capital, et nous avons cru de notre devoir de presser leurs possesseurs d’en hâter la publication. Trop souvent les
1. De Mortillet, Promenades à l’Exposition de 1867, p. 35. Expositions de MM. les abbés Bourgeois et Delaunay et de M. de Vibraye.