Planches 16 et 17, revers
du même document. Un autre pointage de 51 mesures est au revers de la planche 15.
Ces notes cursives n’étaient que des brouillons, que l’on reportait ensuite sur des rôles ou registres de comptabilité
nommés ^es scr^es ^es inscrivaient sans
ordre, sur des tablettes de matières peu dispendieuses (cailloux ou tessons de poterie), ou au revers de papyrus déjà utilisés, il ne faut pas s’étonner conséquemment que, pendant la durée de leurs pointages, les jeunes commis aient parfois employé leur calame à tracer des ligures de fantaisie ou des mots et des phrases sans connexion avec les comptes. Ces caprices graphiques peuvent être encore observés de nos jours dans des cas semblables; ils ne donneraient guère moins d’embarras à quiconque voudrait se donner la tache d’en chercher une explication.
Rentrés aux différents magasins de dépôt ( Khenaou , Shennou, Oudja, etc.), les grains étaient de nouveau comptés par tas; il était tenu note du nombre des tas et de celui des mesures contenues dans chaque tas. Je suppose que ces tas, qui pouvaient être aussi bien des sacs ou des caisses, étaient représentés dans les comptes par le groupe ® O ; leur contenance ne pouvait être toujours absolument la même, on les livrait aux boulangers, soit entiers, soit par fractions de Y, y ou mais, tout en tenant compte de leur nombre, on
1. Voyez Voyage d’un Égyptien, p. 22. Un de ces rôles est inscrit sur la planche XIV de M. Pleyte; il a pour titre : « Août de la récep- » tion de farine, du grenier royal de Memphis, pour faire la farine » pour les pains de la maison de service, et donnée à la main du Ha » Neferhotepou de Memphis. Livreur : le préposé du grenier royal. » Ici les quantités de et O sont notées en gros; il en était livré de 250 à 290 à la fois, tous les cinq jours, d’après la relation des deux premières dates, les seules conservées. Toutes les mentions nécessaires sont soigneusement inscrites. On voit que, pour les détails de comptage, on pouvait recourir soit à la comptabilité de Neferhotepou, partie prenante, soit à celle du Mer du grenier royal.
notait en même temps leur contenance totale en mesures, et c’est cette dernière supputation qui servait à évaluer le rendement.
Les planches XIX et XX de M. Pleyte donnent un compte de grains enlevés du grand grenier de Memphis
pour faire Le texte s'arrête ici, mais il est certain
qu’il s’agit de livraisons pour la mouture ou pour la panification. Chaque article se compose de ® £3 24, une seule fois de 24- Après l’indication des quantités de @ £3, le scribe a écrit à l’encre rouge dix fois le chiffre 54 et treize fois le chiffre 50. Vis-à-vis la quantité 24 il a été écrit 56. Il y a de plus des croix x à la suite de chaque article de la planche XIX et du dernier article de la planche XX. Je crois que ce sont des marques de contrôle. A côté du nombre 56, se voit un point, qui semble mis pour distinguer cet article; et, en effet, le chiffre 56 est reproduit séparément dans la mention du total, en marge de la planche XX, à côté du nombre 1170; les autres articles additionnés montent à 1190. Y a-t-il erreur de 20 de la part du scribe? Ces totaux ne s’appliqueraient-ils pas aux chiffres de ces deux planches consécutives? J’incline à penser qu’il s’agit ici d’une erreur. Quoi qu’il en soit, j’ai voulu faire ressortir que le @£3 ne représente pas une quantité ou contenance lixe, mais une masse admettant des valeurs variables, et déterminée seulement par son évaluation en autres mesures. Les transcriptions hiéroglyphiques varient entre -j-j" et O pour la même forme hiératique, mais f4 est la mesure fixe de 4 boisseaux; on n’a pas encore signalé
La première explication d’un document difficile ressemble souvent à un bloc à peine ébauché ; mais souvent cette première ébauche est le point capital; c’est la première entaille, dans laquelle chacun pourra introduire ciseau et levier. Du bloc, le travail commun finira par faire sortir une statue régulière. M. Pleyte, dont je ne saurais trop recommander la belle publication, a commencé le travail; je continue son
œuvre; d’autres, je l’espère, viendront à leur tour y mettre la main.
Un certain nombre d’autres expressions employées par les Papyrus Rollin présentent de l’intérêt et mériteront une étude spéciale. On y trouve la confirmation du sens boulanger, qui a été donné au groupe 63 . , £ n . d’après les Pa-
pyrus du Musée Britannique1. Les Papyrus Rollin donnent
à ce mot la forme 63 ^ £ n , et montrent qu’il s’agit
des ouvriers travaillant la farine pour faire le pain.
Pour ce qui concerne l’histoire proprement dite, nous ne rencontrons, dans ces manuscrits, que quelques indications relativement à la présence du roi Séti Ier dans certains lieux, à des dates déterminées. Voici le tableau de ces indications, qui pourront être de quelque utilité :
du côté du Nord
PI. I. L’an 3, 18 de Pashons, le roi était à Héliopolis. XII. L ’an 2, 2 de Thoth, le roi était à Memphis.