La signification radicale du groupe est chair
viande, ainsi qu’on le voit dans les légendes des tableaux d’offrandes. Ce mot indique la filiation probablement par l’identité de substance entre le père et le fils. Nos monuments donnent les variantes
, qui montrent
bien la variabilité des voyelles.
2. C’est le groupe . w -, , que je traduis par favorisa- et par
bonté. Il s'agit ici d’une action bienfaisante, protectrice, par opposition à l’acte de repoussement mentionné immédiatement après.
3. Cette phrase est un peu embrouillée. Je crois qu’elle signifie que
Bim.. ÉGYPT. , T. XII. ^
HORUS SUR LES CROCODILES
» Ta mère a exercé pour toi l’action de repoussement;
» La sainteté du dieu de Sokhem a fait ta sauvegarde.
» Toi qui as eu soin de clore la bouche de tous les reptiles, » qui sont dans le ciel,
» qui sont dans la terre,
» qui sont dans les eaux,
» afin de faire vivre les humains, de tranquilliser les » dieux, et de faire triompher le soleil', par tes invocations; » Viens à moi promptement, en ce jour !
» Comme tu fais dans la divine barque2;
» Repousse de moi les lions venant de la terre ;
» les crocodiles sortant du fleuve;
» la bouche de tous les reptiles sortant de leur trou !
)) Rends-les pour moi comme de petites pierres sur la » terre !
» Comme des débris de vases auprès des habitations3. »
toutes les choses voulues par le dieu, son père Seb ordonne qu'elles se réalisent.
1 . Ceci se rapporte à des incidents de la guerre contre Set, qui avait pour alliés tous les animaux malfaisants. Horus sut les conjurer et les rendre inoffensifs. La formule demande que cette puissance du dieu s'exerce au profit du possesseur du talisman.
2. Horus est le pilote de la barque solaire; il en écarte le serpent qui chaque jour renouvelle sa lutte contre le dieu soleil.
3. Cette phrase varie sur tous les monuments que je connais; le texte le plus ancien est sans contredit celui du Papyrus mayique Harris (voir page 66), dans lequel les deux comparaisons sont gouvernées par
deux particules différentes
et les stèles d’Horus donnent
les deux cas. On trouve ordinairement la forme bien connue
J dans
vase, marmite, au lieu du groupe que j’ai lu hakeru, faim; il faut sans doute y lire ^ =0= i; il ne saurait toutefois être question de la liqueur
haq, mais du vase qui la renferme. Sous le groupe signifie bien briser, rompre, les variantes sont
qui
dont le sens ne peut être le même. La phrase
HORUS SUR LES CROCODILES
De même que pour la première formule, la fin de celleci est très obscure et très incomplète; mais je n’y distingue absolument rien de bien intéressant. Des textes plus corrects que ceux que j’ai eus à ma disposition permettront sans doute de tenter l’interprétation du petit nombre de phrases restées sans traduction.
Nous en savons assez maintenant pour bien connaître la nature et l’usage des petits monuments de cet ordre; ils étaient préparés et consacrés par des souvenirs mythologiques pour protéger ceux qui les possédaient, contre les attaques des animaux qui peuvent nuire. On pourra relire à ce sujet ce que j’ai dit des formules magiques en général1. Ce n’est point le cas de revenir ici sur le goût des Égyptiens pour le mystérieux; leur science abstruse et les caractères de leur écriture se prêtaient facilement à un emploi abusif. Des vases, des anneaux, des scarabées, etc., étaient couverts de vœux de bonheur ou de formules préservatrices, auxquels les hiéroglyphes donnaient une apparence mystérieuse5. La confection de ces sortes d’amulettes était du domaine des prêtres, ils y trouvaient à la fois puissance .et profit. Du reste, aucune nation de l’antiquité n’a échappé à cette crédulité, qui est encore, de nos jours, le partage de tant de gens, même dans l’Europe civilisée.
S’il est vrai que les stèles d’Horus sur les crocodiles soient d’une date assez récente dans l’histoire égyptienne, il est certain toutefois que les formules qui couvrent ces monuments appartiennent à la science antique de l’Égypte. J’en ai signalé quelques-unes qui se rencontrent dans le Pa-
semble décidément indiquer soit la terre de fabrication des
vases culinaires, soit des débris de ces vases entassés, comme les pierres du chemin, au voisinage des maisons habitées.