STÈLES FUNÉRAIRES DE LA XI L" DYNASTIE
de la bouche des savants égyptologues, MM. Maspero et Na ville, prouve que les Égyptiens avaient, au sujet de cette question, bien des préjugés et des superstitions qui auront décidé Moïse à laisser cette question dans l’ombre, dans la crainte de n’être nas bien compris de son peuple, naturellement imbu des croyances égyptiennes.
L’on a pu remarquer que la législation de Moïse est frappée au coin de la clarté et de l’évidence. « Laissons à Dieu les choses mystérieuses, a dit Moïse, et ne nous occupons que de celles qui sont à notre portée. » Or, l’immortalité de l’àme appartient à ces choses mystérieuses et l’on ne peut soulever le voile qui la cache. D’ailleurs il faut laisser quelque chose à la foi. Si l’immortalité était prouvée d’une manière certaine, il n’y aurait plus de mérite aux bonnes œuvres, parce qu’elles auraient un but intéressé, l’attente d’une récompense dans l’autre monde.
Il y a bien, dans le livre de l’Ecclésiaste, un passage qui semblerait donner raison aux matérialistes. Maisil faut savoir ce que c’est que ce livre. Salomon, qui en est l’auteur, et qui était peut-être un peu sceptique lui-même, discute le pour et le contre sur les plus graves problèmes de la théodicée et de la morale. C’est ainsi qu’il se pose la question de savoir si l’âme humaine ne meurt pas comme celle de la brute. A la fin de l’ouvrage, il conclut cependant qu’il n’y a que le corps qui retourne à la terre d’où il est venu, tandis que l’àme retourne vers Dieu qui l’a donnée. (Ecclés., xii, 7.)
Nous trouvons également dans les Psaumes des passages où la croyance à la vie future est clairement énoncée. « Un bonheur éternel m’attend à ta droite, ô Seigneur. » (Ps. x.vi, 11.) « Le Seigneur notre Dieu, qui est éternel, nous conduira au delà de la mort. » (Ibid, xi.viii, 15.)
Je soutiens donc que rien n’est, plus erroné, plus faux, que le préjugé qui a existé jusqu’ici, et d’après lequel le dogme de l’immortalité de l’âme ne serait pas mentionné dans les livres de Moïse et de tout l’Ancien Testament. Si ce dogme a