‹ Bibliothèque égyptologiqueChapitre 115 sur 159 · Papi /cr, lig. 664, dans le Recueil, t. vin, p · texte numérisé non relu

Papi /cr, lig. 664, dans le Recueil, t. vin, p

4. Livre des Morts (éd. Naville), ch. xvii, 1. 3-4. Dans le passage de Papi I" que j’ai cité, Toumou est aussi le dieu primordial et a pour femme Nouit (1. 664 sqq.).

LE LIVRE DES MORTS

les eaux sur l’escalier qui est dans Khmounou1. La terre s’aplanit sous ses pieds comme une longue table unie, le ciel apparut au-dessus de sa tête comme un plafond de fer sur lequel roulait l’Océan divin Horus et ses fils Hapi, Amsit, Tioumaoutf, les dieux des points cardinaux, allèrent aussitôt se poster aux quatre coins de la table inférieure et reçurent les quatre angles du firmament sur lapointe de leurs sceptres3 ; le soleil apparut à la voix du dieu, le premier jour se leva et le monde fut désormais constitué tel qu’il devait rester à jamais. On avait cru d’abord de bonne foi que les quatre supports étaient des poteaux fourchus au sommet comme ceux qui étayaient le toit des maisons, et l'on craignait sans cesse qu’ils ne fussent renversés au milieu de quelque tourmente, pendant laquelle le ciel s’abattrait sur la terre : les mots qui désignent l’orage, la tempête, les pluies torrentielles, ont pour déterminatif le signe du ciel détaché de ses quatre soutiens et tombant Plus tard, on en modifia la nature et la forme. On imagina d’entourer la terre d’une

1. Livre des Morts (écl . Naville), ch. xvii, 1. 4 sqq. C’est de là que

, soulever. Ce

vient son nom Shou de la racine shou

n’est, je crois, que plus tard, et par calembour, qu’il devint le lumineux.

2. Cfr. p. 159-160 du présent volume. Les peintures et les figurines en terre émaillée nous montrent deux moments dans l’acte de Shou. Il est

d’abord à genoux ^ et soulève péniblement la masse des eaux; puis il paraît debout, les jambes écartées, les bras allongés au-dessus de la tête et soutenant le ciel sans effort apparent qp . C’est l’illustration très

exacte d’un passage de l’hymne à Râ-Hartnakhis : « Tu as élargi la terre à l’écartement de tes enjambées ; tu as élevé le ciel à la longueur de tes bras », où Rà-Harmakhis, selon la doctrine syncrétique de l’époque Ramesside, joint à son rôle propre celui de Shou et des autres dieux.

3. Cfr. Ounas, 1. 474; Tcti , 1. 232-233. Deux de ces sceptres-piliers

| sont figurés sur beaucoup de stèles, adroite et à gauche de l’inscription ou du tableau.

LE LIVRE DES MORTS

ceinture de hautes montagnes, sur le sommet desquelles le firmament s’appuyait de tous côtés, plat selon les uns, légèrement voûté selon les autres \ Quatre pics signalaient les quatre points cardinaux : le nom de celui qui se dressait au Nord est encore inconnu, ceux du Sud, de l’Est et de l’Ouest s’appelaient Apitto la corne du monde*, Bâ-

khou J Manou ou

' o^-o , le mont de la naissance,

Bàkhou et

mont

fa a

la montagne de vie 3 4 o-^i °

Manou, qui marquaient le lever et le coucher du soleil, étaient de beaucoup les plus importants. Bàkhou n’était pas une montagne fictive. Le pays situé entre le Nil et la mer Rouge renferme plusieurs pics, dont quelques-uns s’élèvent à près de deux mille mètres et sont visibles de la vallée. L’un d’eux, qui est souvent mentionné dans les listes géographiques, s’appelait Bàkhou JJ , Bàshou JJ

nnm ,et est

identifié par Brugsch avec le Mont des Emeraudes des géographes anciens1 2. Sans insister sur cette hypothèse, on peut admettre que le pilier oriental du ciel a été placé, par les plus anciens habitants de l’Égypte, sur l’un de ces pics qu’ils apercevaient à l’horizon lointain, et derrière lequel le soleil parais¬

sait naître : de là, ce nom de Bàkhou

enfante¬

ment , qu’ils lui donnèrent. Plus tard, quand le cercle de leurs connaissances géographiques s’agrandit, le nom resta à la montagne, mais on supposa qu’il y avait, bien loin à l’Est, un autre pic Bàkhou, qui était le soutien véritable du firmament.

1. C’est ainsi que le signe du cielF=si, qui surmonte beaucoup de stèles funéraires ou historiques, s’arrondit et suit le cintre de la pierre.

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