‹ Bibliothèque égyptologiqueChapitre 120 sur 159 · Cfr. plus haut p. 334 du présent volume · texte numérisé non relu

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4. Pour les représentations figurées de ce mythe, voir, entre autres, Lanzone, Dizionario di Mitologia Egizia, pl. clvi sqq.

LE LIVRE DES MORTS

vers l’emplacement de la porte Sacrée \ Shou arrachait la déesse aux embrassements de son époux et la soulevait graduellement : les deux pieds et les deux mains demeuraient attachés au sol et figuraient les quatre étais du firmament. A la fin de la douzième heure de la nuit, elle enfantait le soleil, qui, sortant d’entre ses cuisses q naviguait le long du ventre et de la poitrine jusqu'à la bouche de sa mère, par laquelle il disparaissait le soir. Pendant la nuit, la déesse se rabattait de nouveau sur Sibou, qui la fécondait : elle accouchait au matin, et les différentes fonctions de sa vie, répétées régulièrement de vingt-quatre en vingt-quatre heures, devaient s’exercer aussi longtemps que durerait la vie de l’Univers et des dieux 1 2 3.

Dans un monde construit de la sorte, où était la place des morts ? Selon les uns, elleétait sur terre, dans les chambres du tombeau : ils y subsistaient tant bien que mal des offrandes réelles qu’on leur apportait à certaines fêtes, puis des provisions fictives qu’on dessinait sur les murs de la chapelle funéraire, sur les parois du sarcophage et jusque sur les ais du cercueil. Que la survivance fût un double, une ombre, un oiseau, cela ne changeait rien à sa condition : elle pouvait sortir de son tombeau, y rentrer, se promener ou se reposer pendant le jour à l’ombre des arbres de son jardin, y respirer le vent frais du Nord, voyager par toute l'Égypte, et même s'envoler vers le ciel, mais son point d’attache, celui auquel elle devait sans cesse revenir, ce que nous aurions le droit d’appeler son domicile légal, était le caveau où reposait son corps embaumé. D’autres ne se tenaient point pour satisfaits de cette conception. Ils pensaient que le mort restait en Égypte le temps nécessaire à l’embaumement et à la mise au

1. Livra des Morts (édit. Naville), ch. xvii, t. i, pl. xxm, 1. 26-27 ; cfr. plus haut, p. 337 et note 4 du présent volume.

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