‹ Bibliothèque égyptologiqueChapitre 134 sur 159 · Ch. xiv, Naville, t. i, pl. xiii, Einleitung, p · texte numérisé non relu

Ch. xiv, Naville, t. i, pl. xiii, Einleitung, p

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entier, un hymne au Soleil’. La grande vignette (chap. xvi de Lepsius) qui sépare la première section du reste de l’ouvrage en est le complément nécessaire : elle montre le Soleil se levant le matin, puis accueilli le soir par les divinités de l’Occident et prêt à s’enfoncer dans la nuit, ainsi que l’homme dans la tombe, au milieu des acclamations des génies célestes 5.

La seconde section commence, elle aussi, par un chapitre de généralités, le dix-septième du Recueil complet; mais ce ne sont déjà plus des généralités vagues comme celles qui ont précédé, des « incantations pour sortir et aller dans le Klirinoutri, pour être glorieux dans l’Occident excellent, pour sortir pendant le jour ». Le titre seul ajoute des détails de nature plus précise, où se révèle l’esprit minutieux des Égyptiens : il parle de « jouer aux dames, de s’asseoir dans le kiosque de plaisance, de prendre toutes les formes qu’on veut, de sortir comme âme en vie après le jour de l’enterrement1 2 3 4. » Le chapitre xvn a été admirablement traduit et commenté par E. de Rougé ‘. C’est une sorte de résumé très condensé de ce que l’âme égyptienne devait savoir sur les dieux et sur ses destinées surhumaines. Les formules en sont brèves et énergiques, si brèves qu’on sentit debonneheure l’obligation d’y joindre un commentaire qui en

1. Ch. xv, Naville, t. i, pl. xiv-xx , Einleitung , p. 120-123. La rédaction saïte de ce chapitre a été publiée, traduite et commentée par E. Lefébure, Traduction comparée des hymnes au Soleil composant le XV" chapitre du Rituel funéraire égyptien, Paris, Franck, 1868.

2. Ch. xvi de Lepsius (pl. vi), dans Naville, t. i, pl. xxi-xxii.

3. Ch. xvii, Naville, t. i, pl. xxiii-xxx, Einleitung , p. 123-125.

4. E. de Rougé, Etudes sur le Rituel funéraire des anciens Égyptiens, p. 46-83. Lepsius, appliquant les principes établis dans le mémoire de Rougé aux versions du Moyen-Empire, a disséqué les premières lignes de ce chapitre dans ses Ælteste Texte , p. 25-53, et a essayé de séparer les couches successives de la glose. Le même travail a été refait depuis, sans grand changement, parBrugsch, Religion und Mythologie,

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éclaircit les obscurités. Ce commentaire à son tour ne sembla pas assez clair et on y ajouta des explications. Chaque verset y est donc accompagné d’une glose qui, elle-même, reçoit d’autres gloses. Le sort de l’homme est décrit sommairement. Après s’être identifié avec les dieux pour mieux triompher de ses ennemis, il quitte la terre afin d’aller rejoindre son pays, le royaume d’Osiris, et de pénétrer auprès du Soleil. Le double terme de son voyage sera atteint, au chapitre cxxv, lorsqu’il comparaîtra devant Osiris pour y être jugé et pour aller ensuite aux jardins d’Ialou, ou au chapitre cxxx, lorsqu’il s’embarquera sur le navire du Soleil. Les chapitres qui se succèdent dans l’intervalle nous feront connaître les opérations intermédiaires qu’il doit accomplir avant d’arriver au terme de sa course aventureuse.

Le premier point c’est de pouvoir employer efficacement les prières qui lui serviront de sauf-conduit, et en Égypte, comme dans tout le monde antique, la vertu d’une formule dépend beaucoup de la façon dont elle est récitée. Si elle est débitée d’une voix fausse, avec des gestes mal appropriés, elle ne vaut rien; si au contraire elle est déclamée avec l’intonation juste et la mimique convenable, les dieux ne peuvent se dispenser d’y obéir. Les chapitres xvm, xixet xx sont donc consacrés à donner au mort cette perfection d’intonation sans laquelle ses armes magiques devenaient impuissantes, à le transformer en juste de voix * 1 Mà-

khrôou \ Tliot, le dieu de la parole, du chant, de l’écriture, se chargeait de cette opération délicate ; le bénéfice en était assuré par la vertu de la couronne de feuillages, de fleurs ou de bandelettes, la couronne de voix juste qu’on plaçait sur la tête de la momie le jour des funérailles, et

1. Sur le sens de J Mâ-hhrôou qu’on traduit ordinairement par véridique , justifié, triomphant, voir le Mémoire imprimé plus haut, p. 93-114 du présent volume. Pour la valeur de l’intonalion juste dans les religions antiques, dans la religion romaine par exemple, cfr. Bouché- Leclercq, Les Pontifes de l’ancienne Rome, p. 70, 110.

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