Cfr. p. 161 et 333, note 6, du présent volume
3. Voir, par exemple, Teti, 1. 185-200, et Pepi /, 1. 396-436, une série de chapitres relatifs au passeur d’Ialou et à la navigation dans cette barque. Sur la forme grecque de ce mythe, cfr. Diodore, i, 29.
4. Un certain nombre des légendes, relatives au fleuve ou à l'Océan que le mort doit franchir, sont indiquées dans Tylor, la Civilisation primitive, t. ii, p. 78 sqq.
LE LIVRE DES MORTS
pu quelquefois être confondu avec la barque de Râ, mais il en était distinct au début, et servait à d’autres usages. L’opération que le mort avait à faire pour s’en emparer comportait deux moments. Il invitait d’abord le passeur à s’approcher de la rive orientale du ciel ou du lac de l’Autel, sur laquelle il se tenait, et à le prendre pour passager : une invocation de trente-deux lignes, qu’on trouve rarement dans la rédaction thébaine ', mais qui est relativement fréquente dans les exemplaires que nous possédons du Moyen-Empire 1 2, était censée produire ce résultat. Ensuite on s’adressait au bateau même, et on lui demandait la permission de monter. Le bateau était fée, comme toutes les barques divines en général 3 : il soumettait le suppliant à une sorte d’examen, où ses parties, qui étaient fées comme lui, prenaient successivement la parole. « Dis-moi mon nom, s’écrie le mât. — Celui qui conduit la grande sur son chemin est ton nom, répondait le défunt. — Dis-moi mon nom, disent les bras. — L 'échine d'Ouapouaïtou est ton nom. — Dis-moi mon nom, dit le calcet. — Le cou d’Amsite st ton nom. — Dis-moi mon nom, dit la voile. — Nouit est ton nom '. » Quand les réponses avaient été satisfaisantes, le bateau prenait l’homme et le transportait sur l’autre rive. Pour ceux qui croyaient que la barque de Râ était employée à ce service, on avait joint au chapitre du bac plusieurs « chapitres d’instruire le lumineux et de le faire