‹ Bibliothèque égyptologiqueChapitre 49 sur 159 · Champollion, Grammaire Égyptienne , p. 128; cfr. p · texte numérisé non relu

Champollion, Grammaire Égyptienne , p. 128; cfr. p

sur l’expression MÂ-KHRÔOU

» et T’ e T, l’une et l’autre déterminée par l’homme qui porte » la main à sa bouche. Je pense donc que ces deux formes » reproduisent exactement les deux formes du radical copte )) le plus usité pour la parole, ^oo-v, ■xto, se et^^T, avec )) les suffixes. Les formes ^ et | sont complète-

» ment identifiées par l’orthographe (Rituelle » Turin, cliap. xcix. ligne horizontale) ; dans cette variante. » qui appartient à l’orthographe double, le caractère idéo- » graphique J est escorté de ses deux compléments phoné- » tiques T’, T ; <=, i ne sert ici qu’à carrer le groupe,

» objet très important aux yeux des hiérogrammates. Le M 'U=H= nous mène directement au thème «e ; je trans- » crirai donc T'A°OU la forme | ’. w H est inutile

de relever aujourd’hui les erreurs variées que renferme ce La véritable lecture de z 1 fut bientôt indiquée 1 2

passage.

puis démontrée clairement par Birch. « Dans un fragment du » Papyrus de Parme publié par Rossellini 3, cette formule est » trois fois répétée avec les variantes ,

» <==> | ^ . La dernière prouve évidemment qu’il

» faut lire ma-khcru. Pour lever toute hésitation, rela- » tivement au rôle de Si qu’on pourrait prendre pour la » préposition à, envers, de manière à traduire « fidèle à sa » parole, » je citerai l’expression ° hheru , qui

1. E. de Rougé, Mémoire sur l’inscription du tombeau d’Ahmès, chef des Nautonnicrs, p. 37-38.

2. S. Birch. The Aimais ofThotmes III , as derieedfrom the Hicroglyphical Inscriptions, p. 6, note a (cfr. Archœologia , t. xxxv, p. 119) :

« Tlie paddle J is not tu, as hitherto rend, but chr... Hence it is not » ma-tu, but ma che.ru; perhaps, the origin of the Greek Maxip-io;, » blest. »

3. Rosellini, Brccc Notifia intorno a unfranunento di Papiro funèbre Egiziano esistente nel ducale Masco di Parma, in fol. Parma, 1838.

sir l’kxpression mà-khroou

)> se trouve sur le cercueil de Neklit-her-Nebi ou Necta- » nebo Ier, et qui démontre que le dernier signe | est le cléter- » minatif du phonétique kheru' . »

La lecture corrigée, on ne changea rien au sens, et les Égyptologues admirent sans contestation la traduction justifié, que Ckampollion avait indiquée, jusqu’au jour où j’appelai leur attention sur les difficultés qu’elle présentait. « Le » sens justifié que l’on prête d’ordinaire à cette formule

» me parait complètement inadmissible : 1° parce que je n’ai » jamais rencontré suivi de la finale ^ ou ce qui ne

» manquerait pas d’arriver si ce groupe était réellement un » participe passé passif et signifiait justifié ; 2° parce que

» dans cette locution, c’est / - 1 qui est le verbe et non J

» comme on le croit généralement. Si l’on considère en effet » les nombreux passages du Livre des Morts où elle se » trouve, et notamment les chapitres xviii, xix et xx qui ont » trait à la couronne de justification, l’on trouvera des » phrases dans le genre de celle-ci :

O a-, ' ' i — * v ri fv æ q jT n © /a i i i

(. Papyrus Cadet, » col. 1 02-103), dans laquelle le pronom 33^ de la seconde

» personne s’attache à la syllabe » dans l’expression composée

, preuve évidente que, c’est bien cette

» syllabe qu’il faut considérer comme verbe. La locution » analogue f doit être formée de la même manière et » signifier non point celui dont a été justifiée la parole , le » justifié, mais bien celui qui justifie la parole, le justificatif teur, le diseur de vérité. Ajoutons que, clans tous les

1. S. Birch, Mémoire sur une patère égyptienne du Musée du Loucrc, trad. Chabas, p. 71.

SUR L EXPRESSION MÂ-KHROOU

» chapitres du Rituel, le défunt, même avant d’avoir subi » l’épreuve du jugement, est appelé ^ ce qui ne saurait » s’expliquer si l’épithète en question avait réellement la » valeur de justifié, qu’on lui attribue d’ordinaire ; au con- » traire, le sens diseur de vérité, justificateur, que je pro- » pose, convient parfaitement, même dans les chapitres » du Rituel qui précèdent le chapitre cxxv ' . » Quelque faible que fût le raisonnement, l’observation était juste, et Dévéria la reprit bientôt pour développer une théorie complète du ^ ^ Mâ-khrôou. « L’épithète ^ ^ mââ-xeru, » et ses variantes, est ordinairement placée dans les textes » funéraires de l’ancienne Égypte après les noms des morts. . . » Cette épithète réduite à la plus simple expression hiéro- » glyphique se compose de deux caractères : / — i ou jj mâà,

» vérité, justice, droit, autorité », et .=0 ou J xeru « voix,

» parole ; dire, parler, s’écrier. » . . . . mâà, vérité, justice,

» droit, autorité, » devenant verbe prend nécessairement la » signification des mots « donner la vérité, faire justice, faire » droit, autoriser. » Avecl’sjl transitive, Jl[^ jj s-mââ-xeru veut » donc dire : rendre vraie la parole, faire faire justice à la

» parole, donner autorité à la parole* . Aux chapitres 1,

» 18, 19 et 20 du Todtenbueh, l’avantage assuré par Tliot à » Osiris sur ses ennemis est tout simplement la persuasion.

» C’est cette sagesse éloquente et persuasive qui donnait à » sa parole une autorité suffisante pour subjuguer tous les » adversaires sans coup férir. Cela est exprimé par les » signes mââ-xeru, « justice de la parole, droit de la » parole, autorité de la parole. » C’est enfin la manifestation » toute-puissante du Xôyo;, de la raison, qui assure la supê-

1. Maspero, L’Inscription dèdicatoire du temple d’Abt/dos, p. 9, note 1 .

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