Ed. Naville, la Litanie du Soleil, p. 75, notel
sur l'expression mâ-khrôou
» que celui qui la prononce ait la puissance de l’imposer à » ses ennemis ; l’expression le persuasif que propose » M. Dévéria me parait un peu faible ; le dominateur rendrait » mieux l’idée du mot égyptien ; cette domination est celle » de l’être qui commande, et à qui tout le monde, même ses » ennemis, doit immédiatement obéir. » D'autre part , M. Stern s’exprimait ainsi : « ^ ^ ne me paraît guère être » qu’un équivalent neutre de la locution active si fréquente » )<=^ (au propre edere sermones, puis jubere), si
» bien qu’il signifie à proprement parler ergehend , c’est-à- » dire waltend des Wortes, màchtig der Rede , et qu’il ré-
» pond pour le sens au mot prévaloir Les exemples en
» sont significatifs et ne laissent subsister aucun doute sur la
» nature de la voix qui passe sur les ennemis vaincus : c’est le » mot du commandement, l’ordre impérieux de la souverai- » neté, la victoire, le triomphe1. ».... « A cause de l’impor- » tance que les croyances égyptiennes attribuaient à ce » triomphe sur le mal, sur l’aiguillon de la mort et la victoire » de l’enfer, à ce fait de trouver grâce devant les juges éter- » nels, z 1 ou (peut-être en vertu d’une fausse étymologie) » P| est une épithète constante des morts, qu’on ajoute à » leur nom à partir de la xie dynastie, de même que notre mot » feu. Je le comprends à l’optatif de la même manière que ou ou 1^- « puisse-t-il prévaloir ou trouver
» grâce ! » presque à la façon de l’arabe aWI ou xyj » aMÎ . On trouve comme variante de ces courtes formules
° ^ ( Pap . Boul., n° 23) ou ©
» (Pap. Nebqet, 5, 29) ou ^ jj [Florence,
» n° 2567) ou c-o P ^ ^ 75*^ | < P ( Dümichen , Hist. » Inschr. , n, 4U) ; sur le sarcophage d’un certain Imhotep au
1. L. Stern, Hieroglyphisch-hoptisches, dans la Zeitschrift fùr Æguptisclie Sprache, 1877, p. 121.
sur l’expression mà-khrôou
» Vatican, la formule est derrière le nom de Takelmi, mère » du défunt : Puisse-t-elle trouver grâce et vivre
» éternellement’ ! » Enfin MM. Lefébure et Guieysse 2 admettaient que ^c=1 signifie « vraie (est) sa parole, c’est-à- « dire celui dont la parole est vraie, ou, pour employer un » adjectif plus concis qu’exact, véridique... Le sens de certain, » d’efficace, d’infaillible, qu’il faut ici attribuer au mot vrai, » ressort de la nuance spéciale que l’expression comporte et » qu’il reste à déterminer.... L’expression ma-kheru. . , . dési- » gnait une sorte d’acte belliqueux. Au Livredes Morts, sortir » en véridique, c’était sortir contre ses ennemis3 , et le déve- » loppement de l’idée y représente toujours l’élu comme » véridique contre ses ennemis ; au chapitre cxxvii, il est » véridiquedansV enfer comme les astres-, son cane est un feu » pour dévorer les corps des damnés qui s’élèvent pour nuire, » et ils sont enveloppés dans la destruction... . Il faut donc » reconnaître que les Égyptiens attribuaient à la parole (ou » peut-être à certaines paroles) des dieux et des élus un » véritable pouvoir *.... Cette puissance de la parole était en » quelque sorte surnaturelle : on invoquait Thoth, dont la » parole avait une vertu magique 5 ( hakau ), comme celui qui » donne l'élocution ci la bouche des élus pour la vertu » magique qui est dans leurs entrailles \ Le défunt, dans le « petit texte intitulé chapitre pour sortir en véridique , au » Livre des Morts, dit qu’il est muni (pour) des millions de
» fois de sa vertu magique 7 L’expression ma-kheru
» comprenait8 peut-être d’autres nuances que celle qui vient
1 . L. Stern, Hieroglyphisch-koptisches, dans la Zeitschrift, 1877, p . 124.
2. Lefébure et Guieysse, le Papyrus funéraire de Soutimès, p. 14-15.