Pierret, Le Panthéon Égyptien, p
ment. Mais l’inaltérabilité du livre saint ne prouve rien pour l’inaltérabilité du dogme. Les Evangiles et les écrits canoniques du Nouveau Testament ne se sont pas modifiés depuis le m1’ ou le iva siècle : le dogme et la discipline chrétienne attachés à ces écrits ne sont pas demeurés immuables. Toutes les hérésies, tous les systèmes de théologie qui ont prévalu tour à tour, se sont appuyés sur la lettre toujours la même des Livres Saints : la forme ne s’est pas modifiée, mais on l’a interprétée de mille manières. Il en était de même en Egypte. Le chapitre xvu du Rituel qu’on transcrivait pour les morts de la VIe dynastie était, phrase à phrase et sauf erreur du scribe, identique au chapitre xvu qu’on transcrivait pour les morts d’époque romaine; mais la signification s’en était tellement transformée en chemin, que, où les uns entendaient le feu primordial, les autres comprenaient l’eau primitive. En résumé, je substituerais volontiers à la formule de M. Pierret la formule diamétralement opposée : « Les différences d’époque portent sur le fond plus que sur la forme; elles n’ont pas amené seulement des variantes d’expression, mais surtout des variantes de dogme. »
Voilà les principaux ouvrages qui ont paru depuis que j’ai parlé pour la première fois de religion égyptienne dans la Reçue de l’Histoire des Religions. Pour être complet, il me faudrait citer quantités d’articles parus isolément soit dans la Zeitschrift de Berlin, soit dans le Recueil de Travaux , soit dans les Mémoires des congrès de Florence, de Saint-Étienne et de Lyon. Malheureusement, il n’est pas facile d’analyser en quelques lignes des articles qui souvent n’ont pas plus de quelques lignes. Je préfère terminer en annonçant que M. Naville va bientôt publier la première partie de sa grande édition du Livre des Morts. Quand cet ouvrage sera livré au public, il me fournira l’occasion de rassembler toutes les notions ou toutes les hypothèses éparses dans les articles de revue, et de dire ce qui me parait pouvoir être admis dans le nombre ou devoir être rejeté.
Boulaq, décembre 1881.