Le
rnasniou ,
^ masnitiou , les forgerons (voirplus loin l’article sur les Forgerons d’Horus), sont représentés à Edfou la pique à la main et formaient la garde d’Horus (Lanzone, Dhionario di Mitologia F gicla, p. 326-327, tav. x, 3). Leur nom vient de la racine
^ jl mas, mos, piquer, percer , d’où sculpter et naître. Ils sont littéralement ceux qui piquent avec un instrument quelconque, par suite, ceux qui pointent de la lance.
LE RITUEL DU SACRIFICE FUNÉRAIRE
du tombeau. La momie du mort était Osiris, les pleureuses, ses deux sœurs, Isis et Neplithvs ; Anubis, Horus, tous les dieux de la légende osirienne se pressaient autour de lui. On se demandera peut-être combien d’acteurs exigeait la représentation de ce drame? Autant qu’on voulait ou qu’on pouvait s’en procurer pour toutes les scènes qui s’accomplissaient à l’extérieur du tombeau, le convoi, la lamentation, le sacrifice sanglant, le repas funéraire ; fort peu pour celles qui avaient le caveau comme théâtre. La momie n’avait presque jamais autour d’elle, plus de quatre personnages à la fois: Horus et ses trois enfants, les dieux des quatre points cardinaux du ciel, ceux qui avaient jadis enseveli Osiris, et qui lui avaient donné chacun le droit de circuler et de vivre dans la partie du monde qui était placée sous sa protection. Ces quatre personnages, dont le principal, l’officiant, représentait Horus, devenaient tour à tour, selon les besoins de l’action, Yamiasi, les amioukliontit, les masnitiou, peut-être même le fils du mort.
Leurs mouvements et leurs discours sont consignés dans
l’écrit spécial qui portait pour titre : « Faire l’ouverture
de la bouche ( \J ouap-ro) et des yeux ou au mort lui-même. Elle aurait dû s’accomplir toujours dans l’intérieur du tombeau, que les Égyptiens appellent la salle d'or ( rwn hatnoubou), c’est-à-dire dans la chambre
la statue »,
même du sarcophage, mais l'étude directe des monuments montre qu’il ne pouvait pas en être ainsi le plus souvent. Dans la plupart des mastabas et des hypogées de l’Ancien et du Nouvel-Empire, la chambre funéraire n’est pas de plain-pied avec les autres salles ; on n’y parvient que par un puits vertical, dont la profondeur varie entre trois et quarante mètres. Si donc l 'ouverture de la bouche avait dû y être célébrée, les prêtres et les gens de la famille auraient été obligés de descendre et de remonter à chaque instant au bout d’une corde, ce qui aurait compliqué leur œuvre de piété et l’aurait rendue périlleuse. Il me paraît résulter de l’examen
des peintures et des bas-reliefs que l’on dressait le plus souvent la statue, soit dans l’une des chambres de la chapelle extérieure, soit même sur la petite plate-forme qui précédait le tombeau, et qui devenait la salle d’or pour la circonstance. On la posait, face au sud1, sur une couche de sable de dix ou quinze centimètres d’épaisseur qu’on façonnait en une sorte de petit tertre. Le sable était à deux fins : il simulait la montagne funéraire, la région stérile de l’Occident, puis surtout, il montrait qu’on établissait, pour le temps présent, un véritable temple, dont l’image du mort devenait la statue. C’est en effet un usage remontant fort liant, qu’après avoir creusé le sol où un temple devait s’élever à deux, trois ou quatre mètres, selon les cas, on couvrait de sable à l’épaisseur d’une dizaine de centimètres toute la surface surbaissée; on établissait ensuite les fondations sur ce lit de nature particulière. Cette cérémonie faisait part ie du rituel observé à la fondation, et le versement clu sable, figure à Edfou, à Esnèh, à Dendérah, parmi les scènes où le roi officie lui-même. Tout endroit où l’on célébrait un rite devait être une chapelle, et l’amoncellement du sable sur un point quelconque suffisait probablement, si on l’opérait avec les précautions voulues, à constituer une chapelle provisoire. Cela fait, le domestique ou Y ami entrait en scène. Il tournait autour de la statue, l’encensoir à la main, en répétant à quatre reprises : « Tu es pur, tues pur, û Osiris N. », et commençait les purifications préliminaires. C’était d’abord avec l’eau contenue dans quatre vases à goulot latéral 'Q. I! passait quatre fois derrière la statue et l’aspergeait en récitant une courte formule : « Ta propreté est la propreté d’Horus et réciproquement, ta propreté est la propreté de Si t et réciproquement, ta propreté est la propreté de Tliot et réciproquement, ta propreté est la propreté de Sopou et réciproquement : tu as pris ta tète et tu as purifié tes os auprès de Sibou. » Les quatre dieux invoqués