‹ Bibliothèque, essai sur le développement des bibliothèques publiques et de la librairie dans lesChapitre 2 sur 118 · BUDGET · texte numérisé non relu

BUDGET

1907.1 9U8 [en frBDCii]

T. Total M. Matériel

ia3.ooo 95.000 108.417I153.163

6a.5oo 460. o5o

COMMU?llCAT10MS

R. Référence [lur place]

P. Prêt, ti lektri

4o.ooop' "Ï.344 fjeueue 161.987

4o5.ooo 1.773.436

5So.5oo

(p. 1.146.086 So.ooo^R. 461. o4a

fPlbr.)69i.388

GLASGOW, outre ses musées, son université monumentale pourvue d'une des riches bibliothèques du Rojaume, et qui

achète pour 20.000 francs de livres par an, plus aS.ooofr. pendant cinq ans que lui alloue M. Carneg'ie, — a une organisation de bibliothèques libres qu'on peut prendre pour type, car c'est une des plus récentes. Comme Edimbourg, Glasgow résista longtemps à Tact Ëwart, et ne se décida que sur les libéralités particulières: Mitchell, d'abord, puis Carnegie, qui donna a.5oo.ooo fr. pour les bâtiments des librairies de districts, toujours à condition que la Ville ferait le surplus.

La Librairie Centrale n'a encore, en novembre 1906, qu'un local provisoire. Elle compte 176.000 volumes et 5oo périodiques en cours.

Elle ne prête pas à domicile, mais seize librairies de district y suppléent. Il y a 740.000 habitants à Glasgow. Cinq de ces librairies, dans les quartiers les plus peuplés, ont l'importance extérieure d'une mair'ieen France dans uneville de ao.ooo habitants

Toutes ont été bâties spécialement, et sont isolées, sauf une qui est rattachée à un vaste établissement de bains publics, ce qui justifie ce que j'ai avancé : la free library ressemble plus aux Thermes antiques qu'à nos bibliothèques municipales.

Nous ne dirons rien de la bibliothèque centrale, à laquelle on est en train de construire un palais, mais dont Paris envierait l'installation provisoire.

La construction et le mobilier des librairies de district ontcoûté ai2.5oo fr. chacune pour les cinq grandes, 176.000 pour les sept moyennes et 126.000 pour les plus petites. Deux ne sont pas terminées.

Le premier stock de livres a coûté pour chacune des cinq premières 87.000 francs, — 3o.6ooet 22.600 pour les autres. Chaque bâtiment comprend les trois salles indispensables : référence, prêt, journaux. Dans la plupart, il y a en plus une salle spéciale pour les dames et une salle pour les enfants.

Cet ensemble coordonné forme les bibliothèques de la cor» poration de Glasgoiv^enVreienues par le personnel de la corporation, éclairées par Télectricité de la corporation et desservies par les voitures de la corporation.

Nous ne décrivons pas les tables, les casiers à fiches pour le prêt, les livres courants à la disposition des lecteurs, les pupitres pour lire les journaux debout, etc. Cela se ressemble dans toute l'Angleterre. Le point capital ici, ce sont les voita» res de la corporation.

Ces voitures promènent chaque matin, sur demande, les

livres d'une bibliothèque à l'autre. Les romans et livres d'enfants sont seul exclus de cette faveur. Ces bibliothèques ont de 10 à 20.000 volumes ; mais avec le prêt de bibliothèque à bibliothèque cela fait bien davantag'e, car les achats sont faits en commun et répartis. J*ai sous les yeux deux catalogiies,ceux des librairies de Marjhill et d'Anderston. Ils donneront une idée de ce qu'offre une populaire de Glasgow.J'ouvre au hasard :

Renan. L'une contient g ouvrages traduits, 2 essais sur Renan, un sur Henriette Renan. Le catalogue de Tautre donne seulement des renvois à des études contenues dans des ouvrages de Brandès, Robinson et Saintsbury. — Page suivante :

Rhétorique, Ici Aristote, Bain et J. Bascom. Dans l'autre, Bain et Whately. Ce qui nous donne un ouvrage commun sur 19.

Sur r Afrique centrale, ici, Gibbons, Kollmann, Parke, Portman, Schweinfurth, — là, Barlh, Gordon, Troup. Il n'y a de •commun que Stanley.

Sur Vesthéiiquey ici Knight, Durke Raymond, Symonds, et Maeterlinck (le Trésor des humbles), — à Maryhill, Carman, Dobell, Hegel et Knight. Un seul livre commun aux deux.

Or, il y a 16 branches. Je n'en ai raconté que deux. Dans ces deux je trouve 46 ouvrages de zoologie dont 5 seulement se répètent, 56 de géologie dont un seul se répète, 46 opéras et 65 oratorios dont 6 communs, sur i5o et 200 poètes à peine un quart des mêmes auteurs et, de ceux-ci, pas les mêmes ouvrages. Ainsi, avec des bibliothèques assez restreintes, chaque citoyen jouit dans son quartier d'une bibliothèque d'environ deux cent mille volumes — sans les romans — tous modernes, et choisis avec grand soin — c'est-à-dire d'une bibliothèque comme il n'y en a pas une en France. Je dis pas une, avec un tel choix... Seule, la Nationale à Paris.. . , mais elle ne prête pas à domicile I

Ceci nous dit la commodité de ces catalogues, petits volumes couverts de toile bleue ou rouge, et qui coûtent douze sous.

Glasgow a résolument adopté la classification décimale. Ce sont à peu près les tables de Dewey qui ont servi à l'établissement des différentes rubriques, et la table méthodique de ces rubriques se trouve en tête. Suit une table des périodiques : 8a quotidiens (3 français : Matin, Journal, Echo de Paris), près de 3oo hebdomadaires, i5o mensuels, etc., avec l'indication

des districts où ils se trouvent. Quelques pages spéciales : livres pour les aveugles, auteurs en langues étrangères, livres à la disposition du public < bibliographies, encyclopédies et dictionnaires, toute une série de manuels de sciences, d'arts utiles, tels que jardinage, autoraobilisme, cuisine, bâtiments, médecine, atlas, guides de la contrée, etc. — en tout quatre cents ouvrages environ, dont quelques-uns en beaucoup de volumes) — Enfin le catalogue proprement dit. Il contient dans une unique série alphabétique les noms d'auteurs, les titres d'ouvrage, et les rubriques de la classification décimale avec les ouvrages s'y rapportant. Les titres sont très abrégés. Aux mots Essais, Poésie, ou Romans, le simple nom d'auteur comme renvoi.

Je tiens à faire remarquer que les renvois sont faits non seulement aux ouvrages, mais aussi à ce qu'ils contiennent. Il ne s'agit pas de mots typiques! comme dans nos catalogues officiels, où les bateaux ne renvoient pas aux navires. Au mot Déluge, l'on renvoie à la Science and Hebreu) tradition d'Huxley; — Esthétique, au Trésor des Humbles, k Voltaire aux Horœ Sabbatiœ de Stephen, vol. 2, et aux Essays de Carlyle. Aucune mention de format, d'éditeur, d'imprimeur, mais la date. On n'a pas regardé, même quand ce n'est pas dans le titre, à donner une liste de chapitres des ouvrages tels que les Lectures populaires de Gall et Robertson, les Frag^ menis de Tyndall, les biographies de savants d'Arago, et à faire desrenvoisaux sujets de ces chapitres. Le iiive Fragments oe vous dit nen, mais la note vous dit qu'il s'agit de la radiation, du Niagara, de la vie de Faraday. On trouve, non pas à A rago, nom d'auteur, mais à la rubrique Scientists^le nom des 9 savants dont parle Arago. Ceux qui ont perdu beaucoup de temps à lire des notes de catalogue en 10 lignes sans pouvoir deviner de quoi un livre parle, sont assez heureux de trouver des rubriques si brèves et si explicites. Sauf les notes explicatives des recueils, elles dépassent rarementune ligne, dont la largeur de 0, og, celle qui semble s'adapter le mieux aux fiches de catalogués, permet l'usage des machines àécrire.

Je me suis étendu un peu longuement sur ces petits catalo- ^es. J'écris de Paris, et ils m'ont servi déjà assez souvent comme bon petit guide pour le choix de lectures et comme référence bibliographique, pour que je puisse en faire un éloge fort intéressé, lis m'ont confirmé ceci : qu'en un millier de pages d'un petit volume commode, refait tous les cinq ans

au moins, on ferait tenir tout ce qui est bien utile en fait de bibliographie de livres sur n^imporle quel sujet, le surplus étant donné par des périodiques spéciaux.

J'ai choisi pour plus de détail la bibliothèque d'Edimbourg* parce que je m'en suis servi. J'aurais pu choisir celle de n'importe quelle ville; j'en ai visité une douzaine à Londres, d'autres h LitchHeld, Newcastle,Dunfermline,des petites, des grandes, toutes gaies, claires le jour, claires le soir, avec leur salle de la jeunesse, leurs journaux et leurs indicateurs. Les Français peuvent visiter à Saint-PieiTc-Fort de Guemesey (18.000 hab.) la bibliothèque Guille-AUès, Co.ooo volumes, annexée à un Artisans' Institute où on trouve non seulement des conférences, mais des jeux d'échecs, etc. Un touriste prend l'habitude d'aller \h dans chaque ville,comme en d'autres pays on demande où est le café des officiers... pour trouver un journal.

Voici quelques notes sur la bibliothèque libre d'une très grande ville : Liverpool (707.000 hab.).

LIVERPOOL. — Fondée en 1802, elle communiquait la première année i3. 456 volumes et nous l'avons vue ('p. i4) atteindre le demi-million vingt ans après. A son jubilé, en 1902 le chifire des communications est de 608.57 1 aux salles de référence (librariesBrown et Picton)et le prêt est de 1.717.G07 en comptant les six succursales, chiffre plus fort que celui de Paris. Quant aux revues et journaux lus sur place, on les estime à 1.478.866; ajoutez 100. 186 annuaires, dircctories, indicateurs, etc. C'est donc, sans parler des périodiques, plus de 5i millions de livres qui ont été lus en un demi-siècle.

En 1907, neuf succursales et près de 3 millions de prôLs. Le public des emprunteurs est donné en dél«ul chaque année. Les sans-profession, c'est-à-dire généralement les femmes, forment plus d'un tiers: 8.792 sur 23.84a, les empIoyés4.9i9, les étudiants et écoliers i .67 1 , les apprentis et bojs 984, les instituteurs 997; ce sont les gros chiffres. Ingénieurs et mécaniciens 490, employés des postes, de la police i.4o5, boulangers, épiciers et bouchers 363, cuisiniers et domestiques 102, marins 96» nurses 88, tailleurs 270, télégraphistes 287, pompiers 28,etc. La statistique du prêt nous donne 18 volumes volés, 6 perdus, i63 détériorés et remplacés aux frais des emprunteurs, a.8i3usés et non remplacés, 1.761 ajoutés dans l'année. Ceci est l't/sa^^ de 98.991 volumes prêtés 817.041 fois. Le rapprochement des volumes offerts a dans les salles de

référence avec les demandes du public et la nature des livres prêtés o£Frent quelque intérêt :

Volumes existants Communications Prêt à (salles de référence), sur place domicile.

Théologie, Morale, etc 8.3ig 7.434 8.ia8

Mathématiques , philosophie naturelle, etc 3.440

Histoire naturelle 6 . 837

Science et arts 16.753

Histoire, biographie 16.076

Topographie, antiquités 6.884

Vojasres, Atlas, etc 6.170

Miscelianées (renies, essais, œuvres,

sociétés, etc.) 30.374

Droit 10 09a

Commerce, science sociale, etc.). . . S.oss

Education et langage s . laô

Poésie et Théâtre 4.699

Romans 5.789

Latin et grec, traductions i .067

Encyclopédies, références générales. 4 '668

LÎTres pour les aveuîçles —

— — la jeunesse —

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